Poland

(la Pologne)
Cité dans Ifwhiteamericatoldthetruthforonedayit’sworldwouldfallapart :
“Images of perfection, suntan and napalm
Grenada, Haiti, Poland, Nicaragua
Who shall we choose for our morality
I’m thinking right now of Hollywood tragedy”

La Pologne (Polska en polonais), ou la République de Pologne pour les usages officiels (Rzeczpospolita Polska), est un pays d’Europe centrale peuplé par plus de 38 millions d’habitants. Il est bordé par la mer Baltique, l’enclave russe de Kaliningrad et la Lituanie au nord, la Biélorussie et l’Ukraine à l’est, la Slovaquie et la République tchèque au sud, et l’Allemagne à l’ouest. Le pays partage également des frontières maritimes avec le Danemark et la Suède.

Ancien État du bloc de l’Est durant la guerre froide, la Pologne est membre de l’ONU depuis le 24 octobre 1945, du Conseil de l’Europe depuis le 26 novembre 1991, de l’OTAN depuis 1999, de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004, et fait partie de l’Espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.

Après avoir progressivement tourné la page de l’économie planifiée au cours des décennies 1990 et 2000, l’économie polonaise est désormais une des plus dynamiques d’Europe et c’est le seul État européen à ne pas avoir connu la récession lors de la crise économique de 2008-2010.

Malgré sa politique plutôt conciliante envers l’Allemagne nazie (signature d’un pacte de non-agression en janvier 1934, participation conjointe à l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1938 et possibilité d’une alliance avec l’Allemagne contre l’Union soviétique si celle-ci venait à faire passer ses troupes sur son territoire pour aider la Tchécoslovaquie), la Pologne est envahie par les forces allemandes le 1er septembre 1939 (Campagne de Pologne), ce qui conduit à la fin de la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale.

La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du “blitzkrieg” et à sa supériorité technologique (la ville capitule le 28 septembre 1939). Conformément aux accords secrets du pacte germano-soviétique signé quelques jours avant, l’URSS entre à son tour en Pologne, le 17 septembre. La Pologne en tant qu’État disparaît donc pour la quatrième fois de son histoire, partagée cette fois-ci entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique.

L’avancée soviétique est plutôt bien accueillie par les populations locales, qui sont majoritairement biélorusses et ukrainiennes et ont été annexées par la Pologne en 1920 (traité de Riga). De nombreux Polonais – surtout parmi l’élite, partagée entre russophobie et anti-communisme – sont cependant déportés en URSS, voire assassinées comme à Katyn.

De leur côté, les Nazis entendent ouvertement réduire les Polonais à l’état de “sous-hommes” et de “peuple d’esclaves” et plongent le pays dans une terreur totale et meurtrière, responsable de la disparition en six ans de près de 20 % de la population totale.

Dès les premiers jours, les élites polonaises sont systématiquement exterminées par les Einsatzgruppen et le SD, entraînant la mort de plus de 50 000 membres du clergé, de l’aristocratie, du corps enseignant et universitaire. Les théâtres, les séminaires, les journaux, l’enseignement secondaire et supérieur sont fermés. Deux millions de civils sont raflés et envoyés au travail forcé dans le Reich, où ils subissent maltraitances et discriminations systématiques. Tortures, pendaisons de masse et massacres de villages entiers deviennent quotidiens.

La Pologne devient aussi le lieu principal de la mise en œuvre du génocide des Juifs d’Europe occupée. Spoliée, terrorisée et réduite à une misère inimaginable dans des ghettos surpeuplés et affamés (dont le ghetto de Varsovie, rasé après son insurrection du 19 avril 1943), la communauté juive de Pologne, jusque-là la première du monde, est anéantie à 97 %, par les fusillades ou dans les chambres à gaz des camps d’extermination de Belzec, Sobibor, Treblinka, Maidanek et surtout d’Auschwitz-Birkenau, où ont péri au total un million de Juifs déportés de toute l’Europe, ainsi que 30 000 Tziganes et des résistants, notamment polonais catholiques.

En tout, la terreur nazie a fait périr trois millions de Polonais catholiques et autant de Polonais juifs. Une puissante résistance, autour de l’AK (Armia Krajowa), parvint à mettre sur pied un véritable État clandestin, disposant de ses ministres, de sa justice, de son administration et de son réseau d’enseignement secret. Du 1er août au 2 octobre 1944, l’insurrection de Varsovie a été châtiée par les nazis de la mort de 200 000 personnes et par la destruction à 90 % de la capitale polonaise, à laquelle l’Armée Rouge, arrêtée aux portes de la ville, n’a apporté aucune aide.

Le gouvernement polonais en exil quitte la Pologne en 1939 et va se réfugier en France. Les divers ministères polonais s’installent au château de Pignerolle (Sud-Est d’Angers) ainsi qu’à Angers, qui devient de fait la capitale politique temporairement de la Pologne. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu’à l’invasion de la France par les troupes allemandes en juin 1940. Comme au XIXème siècle, où aucune révolution en Europe et en Amérique n’avait lieu sans une participation de polonais, les armées polonaises luttent sur de nombreux fronts, en France en 1940, dans le ciel de Londres pendant le Blitz, ou de l’Afrique du Nord à l’Italie en passant par la Normandie. Elles constituent par leurs effectifs la 5ème armée alliée lors du conflit aux côtés des soldats soviétiques, américains, britanniques et français. Des exilés ont participé aussi à la Résistance intérieure française, notamment dans le réseau F2, intégralement polonais.

À la fin du second conflit mondial, les Soviétiques imposent le Comité polonais de libération nationale comme gouvernement et conservent la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d’Ukrainiens, annexée en 1939, et la Pologne “glisse” vers l’ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie. Le motif invoqué par Moscou pour expulser les Allemands de ces territoires, qu’ils peuplent depuis déjà plusieurs siècles, est que ces territoires sont historiquement polonais. Elle devient une république populaire membre du Pacte de Varsovie.

En juin 1956, des émeutes ouvrières à Poznań ont annoncé les manifestations massives d’octobre 1956, qui ont obligé les Soviétiques à accepter l’arrivée au pouvoir de Władysław Gomułka, un communiste réputé réformateur (en partie à tort). Celui-ci a été évincé en 1970 au profit de Edward Gierek lors de grèves ouvrières importantes contre la hausse des prix alimentaires. En 1968, après la guerre des six jours, le régime a tenté de faire diversion par une campagne antisémite responsable du départ de la plupart des derniers Juifs de Pologne.

Dans les années 1970 et 80, de violentes révoltes éclatent à nouveau dans le pays. Dans ce climat, l’élection sur le trône de Saint-Pierre de l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła (Jean-Paul II), en octobre 1978, est vécue par les autorités communistes comme une provocation.

En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa, d’abord reconnu à contre-cœur par les autorités, et qui regroupe vite plusieurs millions d’ouvriers soutenus par les intellectuels réformateurs. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981.

En 1989, ont lieu les “Tables rondes”, réunions entre le gouvernement et Solidarność, qui permettront la naissance en douceur de la troisième république de Pologne. Les élections semi-démocratiques de juin voient le succès de Solidarnosc. En août le premier gouvernement non communiste est dirigé par Tadeusz Mazowiecki. À cette période, la Pologne est le deuxième pays du pacte de Varsovie à se libérer de l’emprise soviétique et à former un gouvernement non totalement lié au Bloc de l’Est.

En 1990 Lech Wałęsa est élu Président de la République. Il est battu cinq ans plus tard par Aleksander Kwaśniewski (1995-2005).

En 1993 les troupes russes quittent la Pologne. Les élections de la même année ramènent au pouvoir les anciens communistes. Waldemar Pawlak devient Premier ministre. En 1997 la droite revient au pouvoir et Jerzy Buzek (aujourd’hui président du Parlement européen) devient Premier ministre. Cette année-là voit l’adoption de la Constitution définitive instituant la Troisième République. Cette période permet à la Pologne d’intégrer, et ce depuis 1999, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

En 2003, les États-Unis lui attribuent le commandement d’une zone d’occupation en Irak. Le 1er mai 2004, elle intègre l’Union européenne. Le 23 octobre 2005, Lech Kaczyński est élu président. Il meurt dans l’exercice de ses fonctions le 10 avril 2010 dans un accident d’avion en Russie, où il se rendait pour les commémorations de Katyn. Avec lui se trouvait une partie du gouvernement polonais. Le paysage politique du pays est bouleversé, alors que la Pologne traverse de plus une crise économique et financière mondiale issue des États-Unis. Malgré cela, la Pologne est un des pays d’Europe centrale qui supporte le mieux la crise, et le pays compte toujours devenir un important acteur régional, compte tenu notamment de sa démographie importante en Europe. Elle a formé le Triangle de Weimar avec la France et l’Allemagne, les deux moteurs économiques et politiques de l’Union européenne.

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