(les manuscrits de la Mer Morte)
Cité dans So Why So Sad :
“Dependent on above
Searching for the dead sea scrolls
So why, so why so sad”
Les manuscrits de la mer Morte, également appelés manuscrits de Qumrân, sont une série de parchemins et de fragments de papyrus juifs retrouvés entre 1947 et 1956 à proximité du site de Qumrân, alors en Transjordanie. La découverte officielle de ces 900 manuscrits rédigés entre le IIIème siècle av. J.‑C. et le Ier siècle ap J.-C. a été faite dans onze grottes où ils avaient été entreposés. Les manuscrits bibliques hébreux de la mer Morte sont antérieurs de plusieurs siècles aux plus anciens textes connus jusqu’alors et présentent un intérêt considérable pour la science biblique. On estime aujourd’hui qu’il y avaient environ 850 rouleaux dont on a retrouvé plus de 15000 fragments.
Ils ont été fréquemment attribués, mais sans preuve définitive, au groupe des Esséniens.
La découverte majeure de Qumrân est le rouleau d’Isaïe A, devenu mondialement célèbre. C’est le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d’un livre biblique : le Livre d’Isaïe. Le texte est écrit en 54 colonnes sur 17 feuilles de cuir cousues ensemble bout à bout, d’une longueur totale d’environ 7,30 m. Il a été confectionné au IIème siècle av. J.‑C.
Rappelons que d’autres lieux de la rive occidentale de la mer Morte ont produit des manuscrits, entre autre Massada, Nahal Hever.
La version la plus communément acceptée de cette histoire est largement basée sur des enquêtes de John C.Trever. Selon Trever, durant le printemps 1947 un pâtre bédouin, Muhammed edh-Dhib Hassan, parti à la recherche de l’un de ses animaux, trouve dans une grotte de grandes jarres qui, pour la plupart, contiennent des rouleaux de cuir étonnamment bien conservés, enveloppés dans de la toile. Des recherches ultérieures mettent au jour de nombreux autres documents. Les rouleaux sont en premier lieu apportés à un antiquaire de Bethléem nommé Ibrahim ‘Ijha.
La grotte, et celles qui seront découvertes par la suite, sont situées sur les pentes désertiques de Qumrân, sur les rives nord-ouest de la mer Morte, et sont d’un accès assez difficile.
L’archéologue israélien Eleazar Sukenik a compris l’importance des rouleaux de la mer morte et a participé à convaincre l’État israélien d’acheter ceux qui avaient été mis en vente.
“De 1947 à 1956, plusieurs dizaines d’excavations ou de grottes furent explorées dans les environs plus ou moins proches de Qumrân. Dans onze d’entre elles, on retrouva des manuscrits en nombre et en qualité variables : certains avaient été déposés dans des jarres. De ces cachettes, on retira quelques rouleaux bien conservés, mais surtout des milliers de fragments aux dimensions diverses allant de plusieurs colonnes à quelques millimètres carrés”.
“Le déchiffrement et le regroupement de la multitude de pièces furent étonnamment rapides. Commencé en 1953, le travail était achevé, pour l’essentiel, en 1960. Il en fut tout autrement pour la publication : après un bon début, puis des essoufflements et des crises, il fallut attendre la fin du siècle pour disposer de la totalité des textes”.
“Les péripéties et les lenteurs qui ont émaillé ces travaux de lecture et de transcription pendant quarante-six ans ont été qualifiées par Geza Vermes, professeur à l’université d’Oxford, de scandale académique du XXème siècle”.
“Les éditions Oxford University Press ont publié aux États-Unis les manuscrits de la mer Morte. L’ensemble forme trente-neuf volumes est présenté sous le titre général de Discoveries in the Judaean Desert. L’édition est encore incomplète en novembre [2010]. Le dernier volume comprenant l’introduction et un index” est sorti, mais les volumes XXXII et XXVII sont toujours en préparation.
Un travail d’examen et d’interprétation se poursuit encore aujourd’hui.
“L’ensemble des pièces découvertes représente quelque huit cent cinquante écrits ou livres différents. La datation, celle de la copie et non de la rédaction première, oscille entre le IIIème siècle av. J.-C. et le milieu du Ier siècle chrétien”.
Le plus ancien texte biblique, trouvé à Qumrân, est probablement un fragment d’un rouleau des livres de Samuel, datant du milieu ou de la fin du IIIème siècle av. J.‑C..
Le rouleau d’Isaïe A, le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d’un livre biblique (Livre d’Isaïe) a été confectionné au IIème siècle av. J.‑C..
Au-delà de la date de l’écriture des documents retrouvés se pose la question de la date de leur dissimulation. Pour Daniel Stoekl Ben Ezra, historien des religions et chargé de recherche au CNRS, “l’analyse des deux tiers des manuscrits nous a permis de constater que des documents plus récents et d’autres plus anciens d’environ cinquante à soixante-dix ans ont été retrouvés ensemble, dans les mêmes grottes. [...] Il est communément admis que l’ensemble des documents a été caché dans les grottes aux alentours de 68, [...] au moment de la première révolte juive contre les romains. [...] Il va falloir désormais tenir compte de l’existence de [...] deux bibliothèques qui, de surcroît, ont peut-être été cachées à deux moments différents. Non seulement en 68 [...], mais aussi environ soixante-dix ans plus tôt !”.
Dans cette chanson, la recherche des manuscrits de la Mer Morte est assimilée avec le désir d’un Dieu (“dependent on above” — “dépendant d’une chose supérieure”), dont on peut lire plus dans les œuvres de Kierkegaard et de Camus. Voir aussi les citations de Camus à propos de ce désir métaphysique ou religieux : “In a universe suddenly divested of illusion and lights, man feels an alien, a stranger. His exile is without remedy since he is deprived of the memory of a lost home or the hope of a promised land.” et “Then came human beings, they wanted to cling but there was nothing to cling to.”.
