William S.(eward) Burroughs

William Seward Burroughs II (5 février 1914 – 2 août 1997) était un romancier, essayiste, critique social, peintre et performer de spoken word américain. Une grande partie de l’œuvre de Burroughs est semi-autobiographique, tirée de ses expériences comme la dépendance aux opiacés, condition qui a marqué les 50 dernières années de sa vie. Membre premier de la Beat Generation, c’était un auteur avant-gardiste qui a affecté la culture populaire ainsi que la littérature. En 1984, il a été reçu à l’American Academy of Arts and Letters.

Burroughs est né en 1914, cadet de deux fils nés de Mortimer P. Burroughs (16 juin 1885 – 5 janvier 1965) et Laura Hammon Lee (5 août 1888 – 20 octobre 1970). Les Burroughs étaient une famille proéminente de St. Louis dans le Missouri. Son grand-père, William Seward Burroughs Ier, a fondé la société Burroughs Adding Machine, qui a évolué en Burroughs Corporation. La mère de Burroughs, Laura Hammon Lee, était la fille d’un ministre dont la famille déclarait être lié à Robert E. Lee. Son oncle maternel, Ivy Lee, était un pionnier de la publicité plus tard employé comme agent des Rockefeller. Son père, Mortimer Perry Burroughs, tenait une boutique d’antiquités et de cadeaux, Cobblestone Gardens ; d’abord à St. Louis, puis à Palm Beach en Floride.

Burroughs est allé à la John Burroughs School à St. Louis où son premier essai publié, Personal Magnetism, a été imprimé dans la John Burroughs Review en 1929. Il est ensuite allé à la Los Alamos Ranch School au Nouveau Mexique, ce qui était stressant pour lui. L’école était une pension pour riches « où les fils chétifs des riches pouvaient être transformés en spécimens viriles ». Burroughs tenait des journaux qui documentaient un attachement érotique pour un autre garçon. Ils demeuraient secrets, et à cause du contexte répressif dans lequel il a grandit et d’où il a fui, c’est à dire une “famille où les manifestations d’affection étaient considérées embarrassantes”, il a bien caché son orientation sexuelle jusqu’à l’âge adulte où, paradoxalement, il est devenu un écrivain homosexuel bien connu après la publication du Festin nu en 1959. Il a rapidement été expulsé de Los Alamos après avoir pris de l’hydrate de chloral à Santa Fe avec un camarade. Pourtant, selon lui, il est parti volontairement : “Durant les vacances de Pâques de ma deuxième année, j’ai persuadé ma famille de me laisser rester à St. Louis”.

Il a fini le lycée à la Taylor School à St. Louis et, en 1932, il a quitté le foyer parental pour faire un diplôme d’art à la Harvard University. Durant l’été, il a travaillé comme jeune reporter pour le St. Louis Post-Dispatch, couvrant même le registre de la police. Il détestait le travail, et a refusé de couvrir quelques événements comme la mort d’un enfant qui s’était noyé. Il a perdu sa virginité dans un bordel de East St. Louis cet été là avec une prostituée qu’il allait souvent voir. À Harvard, Burroughs allait souvent à New York et a été présenté à la sous-culture gay de là-bas. Il allait dans des bars lesbiens, des piano bars et dans l’underground homosexuel de Harlem et Greenwich Village avec un ami riche originaire de Kansas City, Richard Stern. Ils allaient à New York en partant de Boston d’une manière folle. Une fois Stern a tellement fait peur à Burroughs qu’il a demandé à descender du véhicule.

Burroughs a été diplômé de Harvard en 1936. Selon Literary Outlaw de Ted Morgan : “Ses parents, lorsqu’il a été diplômé, avaient décidé de lui donner une rente mensuelle de 200$ de leurs bénéfices de Cobblestone Gardens, jolie somme à l’époque. Cela suffisait à le faire vivre, et effectivement, elle a garanti sa survie pour les 25 années à suivre, arrivant avec une régularité bienvenue. La rente était un ticket pour la liberté ; elle lui permettait de vivre là où il voulait et de renoncer au travail”.

Les parents de Burroughs n’étaient pas ouvertement riches ; ils avaient vendu les droits de l’invention de son grand-père et n’avaient aucune action dans la Burroughs Corporation. Peu avant le crack de 1929, les parents de Burroughs avaient vendu leurs actions dans la Burroughs Corporation pour 200 000$.

Après avoir quitté Harvard, l’éducation formelle de Burroughs s’est terminé, à part quelque temps passé comme étudiant en maîtrise d’anthropologie à Harvard et étudiant en médecine à Vienne en Autriche. Il a voyagé en Europe, ce qui s’est avéré être une fenêtre dans l’homosexualité autrichienne et hongroise de l’époque de Weimar ; il levait des garçons dans les termes à Vienne, et évoluait dans un cercle d’exilés, d’homosexuels et de fugueurs. Là-bas, il a rencontré Ilse Klapper, juive qui fuyant le gouvernement nazi du pays. Les deux n’ont jamais été liés de manière romantique, mais Burroughs l’a épousée, en Croatie, contre le souhait de ses parents, pour lui permettre d’obtenir un visa pour les États-Unis. Elle est arrivée à New York, et a finalement divorcé de Burroughs, bien qu’ils sont restés amis pendant de nombreuses années. Après son retour aux États-Unis, il a eu un chapelet d’emplois peu intéressants. En 1939, sa santé émotionnelle est devenue un souci pour ses parents, surtout après qu’il se soit délibérément coupé la dernière phalange de son petit doigt gauche, bien sur l’articulation, pour impressionner un homme dont il était amoureux. Cet événement est entré dans ses premières fictions dans la nouvelle intitulé The Finger (“le doigt”).

Burroughs s’est enrôlé dans l’armé américaine au début de l’année 1942, peu après que le bombardement de Pearl Harbor ait fait entrer les États-Unis dans la Seconde guerre mondiale. Mais quand il a été classé dans le 1er bataillon d’infanterie, non pas comme officier, il s’est découragé. Sa mère a reconnu la dépression de fils et a obtenu à Burroughs une décharge d’handicap civil – levée de devoir fondée sur le principe qu’il n’aurait pas dû être autorisé à s’enroller à cause d’un précédent d’instabilité mentale. Après avoir été évalué par un ami de la famille, qui était également neurologiste dans un centre de traitement psychiatrique, Burroughs a attendu cinq mois à Jefferson Barracks en périphérie de St. Louis avant d’être déchargé. Durant ce moment, il a rencontré un soldat de Chicago qui était dans le même cas, et une fois que Burroughs a été libérée, il s’est installé à Chicago et a eu divers emplois, dont un comme employé de désinfection. Quand deux de ses amis de St. Louis, Lucien Carr, étudiant de l’University of Chicago et David Kammerer, l’admirateur homosexuel de Carr, sont partis pour New York, Burroughs a suivi.

En 1944, Burroughs a commencé à vivre avec Joan Vollmer Adams dans un appartement qu’ils partageaient avec Jack Kerouac et Edie Parker, la première femme de Kerouac. Vollmer Adams a été mariée à un GI avec qui elle a eu une jeune fille, Julie Adams. Burroughs et Kerouac se sont attirés des ennuis avec la loi pour ne pas avoir rapporté un meurtre impliquant Lucien Carr, qui avait tué David Kammerer dans une confrontation à propos des avances incessantes et non voulues de Kammerer. Cet incident a inspiré Burroughs et Kerouac pour collaborer sur un roman intitulé And the Hippos Were Boiled in Their Tanks. Fini en 1945, les deux auteurs naissants ont été incapables de le publier, mais le manuscrit a été finalement publié en novembre 2008 par Grove Press et Penguin Books.

Durant ce moment, Burroughs a commencé à prendre de la morphine et est rapidement devenu dépendant. Il a fini par vendre de l’héroïne à Greenwich Village pour financer son accoutumance.

Vollmer est également devenue droguée, mais son choix de drogue était la Benzédrine, amphétamine vendue légalement à l’époque. À cause de son accoutumance et son cercle social, son mari a immédiatement divorcé d’elle à son retour de guerre. Vollmer deviendra la concubine de Burroughs. Burroughs a rapidement été arrêté pour avoir falsifier une ordonnance médicale et a été puni de retourner aux soins de ses parents à St. Louis. L’accoutumance de Vollmer a mené à une psychose temporaire, qui a résulté en son admission à l’hôpital et la garde de son enfant a été mise en danger. Pourtant après que Burroughs ait purgé sa “peine” à St. Louis, il est retourné à New York, a sorti Vollmer de l’aile psychiatrique de Bellevue Hospital et s’est installé avec elle et sa fille au Texas. Vollmer est rapidement tombée enceinte de Burroughs. Leur fils, William S. Burroughs Jr, est né en 1947. La famille s’est brièvement installée à la Nouvelle Orléans en 1948.

Burroughs a été arrêté après que la police ait fouillé sa maison et trouvé des lettres échangées en lui et Allen Ginsberg [voir “And shocks of hospitals and jails and wars / Whole intellects disgorged in total recall” (Samples) et “Moloch whose soul is electricity and banks! / Moloch whose Poverty is the specter of Genius / Moloch whose fate is a cloud of sexless oxygen / Moloch whose name is the Mind. Robot apartments” (Citations)] se référant à une possible livraison de marijuana.

Burroughs a fui pour le Mexique pour échapper à la détention possible dans la prison d’État d’Angola en Louisiane. Vollmer et leur enfants l’ont suivi. Burroughs projetait de rester au Mexique pendant au moins cinq ans, durée du statut des limitations de sa peine. Burroughs a également assisté à des cours au Mexico City College en 1950 étudiant l’espagnol, “l’écriture mexicaine en images” (les codex) et la langue des Mayas.

En 1951, Burroughs a tiré sur Vollmer et l’a tuée lors d’un jeu d’ivrognes de “Guillaume Tell” pendant une fête au-dessus du Bounty Bar à Mexico. Il a passé 13 jours en prison avant que son frère ne vienne à Mexico et ne corrompt les avocats et fonctionnaires mexicains, ce qui a permis à Burroughs d’être libéré sous caution tandis qu’il attendait d’être jugé pour le meurtre, qui a été déclaré homicide volontaire. La fille de Vollmer, Julie Adams, est allée vivre avec sa grand-mère, et William S. Burroughs Jr est allé à St. Louis vivre avec ses grand-parents. Burroughs s’est présenté tous les lundis matins à la prison de Mexico tandis que son proéminent avocat mexicain travaillait à résoudre le cas. Selon James Grauerholz, deux témoins étaient d’accord pour témoigner que le coup était parti accidentellement alors qu’il vérifiait s’il était chargé et les experts de la ballistique ont été payés pour soutenir cette histoire. Néanmoins, le jugement a été sans cesse repoussé et Burroughs a commencé à écrire ce qui deviendra la nouvelle Queer tout en attendant son jugement. Cependant, quand son avocat est allé au Mexique après son propre problème avec la loi impliquant un accident de voiture et une altercation avec le fils d’un fonctionnaire du gouvernement, Burroughs a décidé, selon Ted Morgan, de “filer” et retourner aux États-Unis. Il a été reconnu coupable par contumace d’homicide et condamné à deux ans d’emprisonnement, qui a été suspendu. Bien que Burroughs écrivait avant la mort de Joan Vollmer, cet événement l’a marqué et, selon les biographes, a également marqué son œuvre jusqu’à sa mort.

Après avoir quitté le Mexique, Burroughs a flâné en Amérique du Sud pendant plusieurs mois, cherchant une drogue nommé Yagé, qui promettait à celui qui la consomme la télépathie. Un livre, composé de lettres entre Burroughs et Ginsberg, Lettres du Yage, a été publié en 1963 par City Lights Books.

Burroughs a plus tard dit que tirer sur Vollmer a été un événement pivot de sa vie, et un qui a provoqué son écriture : “Je suis forcé d’arriver à l’horrible conclusion que je ne serais jamais devenu écrivain sans la mort de Joan, et au fait que je me suis rendu compte de la mesure dans laquelle cet événement a motivé et formulé mon écriture. Je vis avec la constante menace de possession, et un besoin constant de sortir de la possession, du contrôle. Ainsi la mort de Joan m’a mis en contact avec l’envahisseur, l’Esprit Laid, et m’a fait entrer dans une vie de longue lutte, dans laquelle je n’ai eu autre choice que d’écrire pour en sortir”.

Pourtant il avait commencé à écrire en 1945. Burroughs et Kerouac ont collaboré sur And The Hippos Were Boiled In Their Tanks, roman policier vaguement fondé sur la situation Carr/Kammerer qui était resté inédit. Des années plus tard, dans le documentaire What Happened To Kerouac?, Burroughs l’a décrit comme “une œuvre pas très distinguée”. Un extrait de cette œuvre, dans laquelle Burroughs et Kerouac ont écrit un chapitre sur deux, a finalement été publié dans Word Virus, compendium des écrits de William Buroughs qui a été publié après sa mort en 1997.

Avant la mort de Vollmer, Burroughs avait grandement fini ses deux premiers romans au Mexique, bien que Queer ne sera publié qu’en 1985. Junkie a été écrit à la demande de Allen Ginsberg qui a contribué à la publication de l’œuvre, même sous la forme d’un poche bon marché. Ace Books a publié le roman en 1953 sous le nom de William Lee, le renommant Junkie: Confessions of an Unredeemed Drug Addict. (Il a plus tard été republié sous le nom de Junkie ou Junky.) En tout cas, le fait demeure que Burroughs n’est pas devenu écrivain à temps plein avant le meurtre.

Durant l’année 1953, Burroughs ne savait pas quoi faire. À cause de problèmes avec la loi, il était incapable de vivre dans les villes vers lesquelles il était le plus attiré. Il a passé du temps avec ses parents à Palm Beach en Floride et à New York avec Allen Ginsberg. Quand Ginsberg a refusé ses avances romantiques, Burroughs est allé à Rome pour rencontrer Alan Ansen lors d’un voyage financé par le soutien continu de ses parents. Quand il a trouvé Rome et la compagnie de Ansen ennuyeuse, inspiré par la fiction de Paul Bowles, il a décidé de se diriger vers Tanger au Maroc. Dans une maison appartenant à un homme connu pour procurer des prostitués homosexuels pour touristes américains et anglais, il a loué une chambre et a commencé à écrire un grand corps de texte auquel il se référait personnellement sous le nom de Interzone. Burroughs a vécu à Tanger pendant plusieurs mois, avant de retourner aux États-Unis où il a souffert de plusieurs indignités personnelles – Ginsberg était en Californie et a refusé de le voir, A.A. Wyn, éditeur de Junkie, n’était pas ouvert à propos de ses droits d’auteur et ses parents menaçaient de lui couper les vivres.

Tous les signes l’ont redirigé vers Tanger, endroit où ses parents devraient continuer leur soutien et un où les drogues étaient librement disponibles. Il est parti en novembre 1954 et a passé les quatre années suivantes là-bas à travailler sur la fiction qui deviendra plus tard le Festin nu, en tentant également d’écrire des articles commerciaux sur Tanger. Il a envoyé ces écrits à Ginsberg, son agent littéraire pour Junkie, mais rien a été publié jusqu’en 1989 quand Interzone, recueil de nouvelles, a été publiée. Sous la forte influence d’une confection de marijuana connue sous le nom de majoun et d’un opoïde de fabrication allemande nommée Eukodol, Burroughs s’est mis à écrire. Finalement, Ginsberg et Kerouac, qui étaient venus à Tanger en 1957, ont aidé Burroughs à taper, éditer et arranger ses épisodes en le Festin nu.

Tandis que Junkie et Queer étaient de style conventionnel, le Festin Nu était sa première aventure dans un style non-linéaire. Après la publication du Festin nu, un livre dont la création était dans une certaine mesure le résultat d’une série de contingences, Burroughs a été exposé à la technique cut-up de Brion Gysin au Beat Hotel de Paris en septembre 1959. Il a commencé à découper des expressions et des mots pour créer de nouvelles phrases. Au Beat Hotel, Burroughs a découvert “un port d’entrée” dans les tableaux de Gysin : “Je ne pense pas que j’ai vu la peinture jusqu’à ce que je voie la peinture de Brion Gysin”. Les deux cultiveront une amitié de longue-date qui tournait autour un intérêt mutuel pour les maquettes et les techniques de cut-up. Des scènes étaient glissées ensemble sans soin particulier adressé à la narration. Pensant peut-être à ce chercheur fou, Dr Benway, il a décrit le Festin nu comme un livre qui pouvait être coupé à n’importe quel endroit. Bien que n’étant pas de la science fiction, le livre semble prédire – avec une prescience lugubre – des phénomènes bien plus tardifs tels que le Sida, la liposuccion, les accidents mortels autoérotiques et la pandémie de la cocaïne.

Des extraits du Festin nu ont été publiés pour la première fois aux États-Unis en 1958. Le roman a été à l’originie rejeté par City Lights Books, éditeur de Howl de Ginsberg, et l’éditeur de Olympia Press, Maurice Girodias, qui avait publié des romans en langue anglaise en France qui étaient controversés pour leurs visions subjectives du sexe et leurs personnages anti-social. Mais Allen Ginsberg a travaillé pour avoir des extraits publiés dans Black Mountain Review et Chicago Review en 1958. Irving Rosenthal, rédacteur en chef étudiant du Chicago Review, journal trimestriel subventionné par l’université, a promis de publier plus d’extraits du Festin nu, mais il a été renvoyé de son poste en 1958 après que le journaliste du Chicago Daily News Jack Mabley (1915-2006) ait traité le premier exrait d’obscène. Rosenthal en publiera plus dans son journal littéraire nouvellement créé Big Table No. 1, cependant, ces exemplaires mettaient à jour tant de mépris que les rédacteurs en scène ont été accusé par le directeur de la poste américaine d’envoyer du contenu obscène par courier. Il a déclaré que les exemplaires ne pourraient être envoyés par courrier aux abonnés. Cette contreverse a rendu le Festin nu intéressant aux yeux de Maurice Girodias et il a publié le roman en 1959.

Après la publication du roman, il est devenu lentement notoire en Europe et aux États-Unis, rassemblant de l’intérêt non pas simplement des membres de la contreculture des années 1960, mais des critiques littéraires tels que Mary McCarthy. Une fois publié aux États-Unis, le Festin nu a été poursuivi en justice pour obsénité par le Commonwealth du Massuchussetss, suivi par d’autres États. En 1966 la Cour Suprême du Massachusetts a déclaré l’œuvre “non obscène” sur la base du critère développé largement pour défendre le livre. L’affaire contre le roman de Burroughs reste encore le dernier jugement pour obsénité contre une œuvre de littérature – c’est à dire, une œuvre constituée uniquement de mots, et n’incluant pas d’illustrations ou de photographies – poursuivi aux États-Unis.

Les manuscrits qui ont produit le Festin nu ont également produit les œuvres plus récentes la Machine molle (1961), le Ticket qui explosa (1962) et Nova Express (1963). Ces romans présentaient une utilisation extensive de la technique cut-up, qui a influencé toute la fiction subséquentes de Burroughs dans une certaine mesure. Durant son amitié et ses collaborations artistiques avec Brion Gysin et Ian Sommerville, la technique a été combinée avec des images, les tableaux de Gysin et du son, via les magnétophones de Sommerville. Burroughs était si consacré à la méthode cut-up qu’il a souvent défendu son utilisation de la technique devant les éditeurs, plus notamment Dick Seavers à Grove Press dans les années 1960 et Holt, Rinehart & Winston dans les années 1980. La méthode cut-up, à cause de sa base hasardeuse et mécanique de génération de texte, combinée avec les possibilités de mélanger des textes écrits par d’autres écrivains, enlève l’emphase faite sur le rôle traditionnel de l’écrivain en tant que créateur ou origine d’une ligne de mots, tout en exaltant l’importance de la sensibilité de l’écrivain comme éditeur. Dans ce sens, la méthode cut-up peut être considérée conne analogue à la méthode de collage dans les arts plastiques.

Burroughs s’est installé dans un hôtel délabré dans le quartier latin de Paris en 1959 quand le Festin nu cherchait encore un éditeur. Tanger, avec son accès facile aux drogues, aux petits groupes homosexuels, de troubles politiques montants et de rassemblements bizarres de criminels, est devenue de plus en plus malsain pour Burroughs. Il est allé à Paris rencontrer Ginsberg et parler à Olympia Press. En faisant cela, il a laissé un problème légal en court, qui a fini par se transférer à Paris. Paul Lund, ancien criminal de carrière britannique et contrebandier de cigarettes que Burroughs a rencontré à Tanger, a été arrêté sur suspicion d’import de narcotiques en France. Lund a donné Burroughs et quelques preuves impliquaient Burroughs dans l’importation possible en France de narcotiques. Encore une fois, l’homme a fait face à des chefs d’accusation, cette fois à Paris pour complot d’importation d’opiacés, quand les autorités marocaines ont transféré leur enquête aux autorités françaises. Pourtant c’était sous cette menace imminente de sanction criminelle que Maurice Girodias a publié le Festin nu et il a contribué à donner à Burroughs une condamnation suspendue, étant donné que la carrière littéraire, selon Ted Morgan, est une profession respectée en France.

Le Beat Hotel était un hôtel de meublés typiquement européen, avec des toilettes communs à chaque étage et un petit endroit pour la cuisine dans la chambre. La vie dedans a été documentée par le photographe Harold Chapman, qui vivait dans le grenier. Cet hôtel miteux bon marché a été peuplé par Gregory Corso, Ginsberg et Peter Orlovsky pendant plusieurs mois après la première publication du Festin nu. Le processus véritable de la publication était en partie une fonction de son présentation cut-up à l’imprimerie. Girodias n’avait donné à Burroughs que dix jours pour préparer le manuscrit pour les galées, et Burroughs a envoyé le manuscrits en morceaux, préparant les parties dans un ordre non particulier. Quand il a été publié dans cet ordre authentiquement au hasard, Burroughs l’a préféré au projet initial. Les droits internationaux de l’œuvre ont été vendus peu après, et Burroughs a utilisé l’avance de 3000$ de Grove Press pour acheter de la drogue. Le Festin nu était présent à la une d’un magazine Life de 1959, en partie comme article qui soulignait le mouvement littéraire montant des Beats.

Burroughs a quitté Paris pour Londres en 1966 pour refaire une cure avec le Dr. Dent, docteur anglais connu qui préconisait un traitement indolore de sevrage à l’héroïne en utilisant une boîte électronique fixée sur la tempe du patient. Ketih Richards des Rolling Stones et Anita Pallenberg feront cette même cure plus de dix ans plus tard avec l’infirmière du Dr. Dent, Smitty. Bien qu’il ait fini par rechuter, Burroughs a fini par travailler six ans à Londres, revenant aux États-Unis à plusieurs occasions notables, dont une fois pour accompagner son fils à la Lexington Narcotics Farm and Prison après que le jeune Burroughs ait été accusé de fraude à l’ordonnance en Floride. Dans la “Suite” du recueil des deux romans inédits de son fils, Speed et Kentucky Ham, Burroughs écrit qu’il pensait qu’il était “un peu intoxiqué” et a quitté Londres rapidement sans narcotiques parce qu’il soupçonnait que les douanes américaines le fouilleraient méticuleusement à son arrivée. Il déclare être passé par les deux mois de sevrage à l’opium les plus insupportables tout en voyant son fils se faire juger et condamner, allant avec Billy à Lexington dans le Kentucky en partant de Miami pour s’assurer que son fils entre à l’hôpital dans lequel il avait séjourné volontairement. Cet aveu, publié en 1981, pourrait frapper de nombreux lecteurs comme preuve que Burroughs était un mauvais père et mauvais exemple, mais lu à la lumière complète des circonstances difficiles dans lesquelles il se trouvait, il semble être une preuve obstinée que Burroughs tenait assez à son fils pour retourner le voir durant les procédures criminelles, même si cela lui a causé beaucoup de douleur personnelle. Auparavant, Burroughs est retourné à St. Louis dans le Missouri prenant une grosse avance de Playboy pour écrire un article à propos de son retour à St. Louis qui a fini par être publié dans The Paris Review, après que Burroughs ait refusé de modifier le style pour les éditeurs de Playboy. En 1968, Burroughs a rejoint Jean Genet, John Sack et Terry Southern pour la couverture de la convention nationale démocrate de 1968 pour le magazine Esquire. Southern et Burroughs, qui s’étaient rencontrés à Londres, resteront des amis et des collaborateurs de toute une vie. En 1972, Burroughs et Southern ont tenté sans succès d’adapter le Festin nu à l’écran en conjonction avec le producteur de jeu télévisé américain Chuck Barris.

Burroughs s’est financé avec son accoutumance en publiant des petits textes dans des petites presses littéraires. Sa réputation avant-garde a monté sur le plan international tandis que la contre-culture hippie découvrait ses œuvres plus anciennes. Il a développé une proche amitié avec Anthony Balch et a vécu avec un jeune prostitué nommé John Brady qui ramenait continuellement des jeunes femmes à la maison malgré les protestations de Burroughs. Au milieu de ce trouble personnel, Burroughs a réussi à finir deux œuvres : un roman écrit dans le format pièce de théâtre, les derniers Mots de Dutch Schulz (1969) et le roman en prose traditionnelle les Garçons sauvages (1971).

Burroughs était un fan de Harold S. Schroeppel et a passionnément étudié les manuscrits qui ont été rendus disponibles de la part de l’Institute For Advanced Perception. Les enseignements étaient connus sous le nom de Lessons in Advanced Perception. Des copies de ces manuscrits avec quatre pages de notes existent dans les archives de William S. Burroughs à l’Ohio State University. Elles sont datées de février 1960.

Dans les années 1960, Burroughs a également rejoint et quitté l’Église de Scientologie. Parlant de l’expérience, il a déclaré que les techniques et la philosophie de la Scientologie l’ont aidé et qu’il pensait qu’une étude plus poussée de la Scientologie produirait de grands résultats. Cependant, il était sceptique de l’organisation en elle-même, et pensait qu’elle créait un environnement qui n’acceptait pas la discussion critique. Ses écrits critiques subséquents sur l’église et sa critique de Inside Scientology de Robert Kaufman ont mené à une bataille de lettres entre Burroughs et les supporters de la Scientologie dans les pages du magazine Rolling Stone.

En 1974, soucieux du bien-être de son ami, Allen Ginsberg a obtenu pour Burroughs un contrat pour enseigner l’écriture créative au City College de New York. Burroughs s’est sevré avec succès de l’héroïne et s’est installé à New York. Il a fini par trouver un appartement, surnommé affectueusement “Le Bunker” dans le Lower East Side de Manhattan. L’immeuble était une salle de gymnastique partiellement reconvertie, avec des vestiaires et des douches communes. L’immeuble était géré par la politique de contrôle des loyers de New York qui le rendait extrêmement bon marché ; en fait, il ne coûtait que 400 $ par mois jusqu’en 1981 quand les règles sur le contrôle des loyers a changé, doublant le loyer du jour au lendemain. Burroughs a ajouté « enseignant » à une autre profession qu’il n’aimait pas, étant donné qu’il n’a duré qu’un semestre comme enseignant ; il a trouvé les étudiants peu intéressants et sans talent créatif. Bien qu’il avait désespérément besoin d’un revenu, il a même refusé un poste de professeur à l’université de Buffalo pour 15 000$ par semestre. “La gigue de l’enseignement a été une leçon de plus jamais. On donne toute cette énergie et rien ne revient”. Son sauveur a été le nouveau libraire de 21 ans et fan de la Beat Generation James Grauerholz, qui a travaillé pour Burroughs à mi-temps comme secrétaire tout en étant libraire. C’était Grauerholz qui a donné l’idée de tournées de lectures, similaires à celles des groupes de rock ou de comiques dans des clubs de part et d’autres du pays. Grauerholz avait managé plusieurs groupes de rock dans le Kansas et a réservé pour Burroughs des tournées de lectures qui l’aideront finalement à le financer pendant les 20 années à venir. Cela a fait monté son profil public, ce qui a fini par l’aider à obtenir de nouveaux contrats de publications. Par Grauerholz, Burroughs est devenu un journaliste mensuel pour le magazine culturel populaire Crawdaddy, pour lequel il a interviewé Jimmy Page de Led Zeppelin en 1975. Ainsi, Burroughs a décidé de se réinstaller aux États-Unis de manière permanente en 1976. Il a alors commencé à s’associer avec les joueurs culturels new yorkais Andy Warhol, John Giorno, Lou Reed, Patti Smith et Susan Sontag, les divertissant fréquemment au Bunker. Au début de l’année 1977, Burroughs a collaboré avec Southern et Dennis Hopper à une adapation à l’écran de Junky. Financé par une connaissance recluse de Burroughs, le projet a perdu de la vitesses après des problèmes financiers et des désaccords créatifs entre Hopper et Burroughs.

Organisée par Sylvère Lotringer, professeur à Columbia, Giorno et Grauerholz, la Convention Nova était une rétrospective multimédia de l’œuvre de Burroughs tenue du 30 novembre au 2 décembre 1978 à divers endroits de New York. L’événement incluait des lectures de Southern, Ginsberg, Smith et Frank Zappa (qui a remplacé à la dernière minutes Keith Richards, alors empêtré dans un problème légal) en plus de panneaux de discution avec Timothy Leary et Robert Anton Wilson et des concerts des B-52s, Suicide, Philip Glass et Debbie Harry & Chris Stein.

En 1976, Billy Burroughs dînait avec son père et Allen Ginsberg à Boulder dans le Colorado dans l’école de poésie bouddhiste de Ginsberg (Jack Kerouac Schood of Disembodied Poetics) quand il a commencé à vomir du sang. Burroughs senior n’avait pas vu son fils depuis plus d’un an et a été alarmé par son apparence quand Billy est arrivé à l’appartement de Ginsberg. Bien que Billy avait avec succès publié deux nouvelles dans les années 1970 et était considéré par les critiques littéraires tels que Ann Charters comme un véritable « écrivain beat de la seconde génération », son bref mariage avec une serveuse adolescente s’était désintégré. Constamment sous l’emprise de l’alcool, il y a eu de longues périodes où Billy était incontrôlable avec son famille et ses amis. Le diagnostique a été une cirrhose du foie si avancée que le seul traitement était une opération rarement effectuée d’une transplantation de foie. Heureusement, l’University Of Colorado Medical Center était l’un des deux endroits du pays qui pratiquaient des transplantations grâce à l’œuvre du pionnier Dr. Thomas Starzl. Billy a été opéré et a survécu. Son père a passé de nombreux mois en 1976 et 1977 à Colorado, soutenant Billy lors de nombreuses chirurgies et complications additionnelles. La biographie de Ted Morgan déclare que leur relation n’était pas spontanée et manquait de vraie chaleur et d’intimité. Allen Ginsberg a soutenu Burroughs et son fils durant la longue période de rétablissement.

À Londres, il avait commencé à écrire ce qui deviendra le premier roman d’une trilogie. Entre 1981 et 1987, il a publié les Cités de la nuit écarlate (1981), Parage des voies mortes (1983) et les Terres occidentales (1987). Grauerholz a contribué à publier les Cités quand il a été rejeté pour la première fois par l’éditeur de longue date de Burroughs, Dick Seaver chez Holt Rinehart, après qu’il ait été jugé trop décousu. Le roman a été écrit comme une narration directe et puis découpé en un modèle plus hasardeux laissant le lecteur chercher qui est qui et ce qu’il s’est passé. Cette technique était définitivement différente des méthodes cut-up utilisées auparavant qui étaient organiquement accidentelles dès le départ. Néanmoins, le roman a été réassemblé et publié, toujours sans forme linéaire continue, mais avec moins de cassures dans l’histoire. Les allées et venues dans la lecture imitaient le thème de la trilogie, des aventures de voyages dans le temps où les narrateurs de Burroughs réécrivent des épisodes de l’Histoire et reforment ainsi l’humanité. Les critiques étaient mitigées pour les Cités. Le romancier et critique Anthony Burgess a démoli l’œuvre dans Saturday Review, disant que Burroughs ennuyait les lecteurs avec des épisodes répétitifs de fantasmes et strangulations sexuelles pédérastes qui manquaient de vision mondiale complète ou de théologie, mais d’autres écrivains, comme J.G. Ballard, avançaient que Burroughs formait une nouvelles “mythographie” littéraire.

En 1981, Billy Burroughs est décédé en Floride. Il avait coupé tout contact avec son père plusieurs années auparavant, publiant même un article dans Esquire déclarant que l’auteur avait empoisonné sa vie et révélant qu’il avait été maltraité par l’un des amis de son père à 14 ans quand il avait rendu visite à son père à Tanger, chose qu’il n’avait jamais révélé avant. La transplantation de foie n’avait pas soigné son envie de boire et Billy a souffert de graves complications de santé des années après l’opération. Il avait arrêté de prendre des médicaments anti-rejet et a été retrouvé près du bord d’une autoroute de Floride par un étranger. Il est mort peu après. Burroughs était à New York quand Allen Ginsberg lui a appris la tragédie.

Burroughs lui-même, en 1979, était retombé dans l’héroïne. L’héroïne bon marché qui s’achetait facilement devant sa porte dans le Lower East Side “trouvait son chemin” dans ses veines, couplée avec des “cadeaux” d’admirateurs trop zélés même si bien intentionnés qui fréquentaient le Bunker. Bien que Burroughs aura des épisodes libéré de l’héroïne, à partir de ce moment jusqu’à sa mort, il était régulièrement drogué. Il est mort en 1997 sous un programme de méthadone. Dans une introduction de Ultimes paroles, James Grauerholz (qui a managé les tournées de lecture de Burroughs dans les années 1980 et 1990) mentionne qu’une partie de son travail était d’aller dans le “monde souterrain” de chaque ville pour s’assurer que l’auteur ait toutes les drogues dont il avait besoin.

Burroughs s’est installé à Lawrence dans le Kansas en 1981 et y a vécu le restant de sa vie. En 1984, il a signé un contrat de sept livres avec Viking Press après avoir signé avec l’agent littéraire Andrew Wylie. Ce contrat incluait les droits de publication du roman non publié de 1953, Queer. Avec cet argent il a acheté un petit mobil-home pour 29 000$. Il a finalement été installé dans l’American Academy and Institute of Arts and Letters en 1983 après plusieurs tentatives de la part d’Allen Ginsberg de le faire accepter. Il a assisté à la cérémonie d’installation en mai 1983. Lawrence Ferlinghetti a remarqué que l’installation de Burroughs dans l’Academy a prouvé l’argument de Herbet Marcuse que la société capitaliste avait une grande capacité à incorporer ses marginaux d’une époque.

À la fin des années 1980, Burroughs était devenu une figure de la contre-culture et collaborait avec des artistes qui allaient de Bill Laswell à Laurie Anderson en passant par Throbbing Gristle, Disposable Heroes Of Hiphoprisy et Ministry et dans le film Drugstore Cowboy de Gus Van Sant en 1989, jouant un personnage basé sur une nouvelle qu’il avait publiée dans Exterminateur!, The “Priest” They Called Him. En 1990, il a sorti l’album de mots parlés Dead City Radio, avec le soutien musical des producteurs Hal Willner et Nelson Lyon, et le groupe de rock alternatif Sonic Youth. Une collaboration avec les musiciens Nick Cave et Tom Waits a résulté en un recueil de prose courte, Smack My Crack, plus tard sorti comme album de mots parlés en 1987. Il a également collaboré avec Tom Waits et le réalisateur Robert Wilson pour créer The Black Rider, pièce qui s’est ouverte au Thalia Theatre de Hambourg en 1990, acclamée par la critique, et a plus tard été jouée dans l’Europe et les États-Unis. En 1991, avec le consentement de Burroughs, le réalisateur David Cronenberg a entrepis la tâche apparemment impossible d’adapter le Festin nu en un long-métrage. Le film a été acclamé par la critique. Il est devenu membre d’une organisation de la Magie du Chaos, les Illuminés de Thanatéros en 1993, groupe dont l’existence même n’aurait pas été possible sans les œuvres de Burroughs.

Durant ses dernières années à Kansas, Burroughs a également développé une technique de peinture avec laquelle il créait des compositions abstraites en plaçant des bombes de peinture devant des toiles noires et puis il tirait avec un fusil sur les bombes. Ces toiles éclaboussées ont été exposées dans au moins une galerie de New York au début des années 1990.

La dernière performance filmée de Burroughs était dans le clip de Last Night On Earth du groupe de rock irlandais U2, tourné à Kansas dans le Missouri et réalisé par Richie Smyth dans lequel joue également Sophie Dahl.

Burroughs est décédé à Lawrence à 18.50 le 2 août 1997 de complications d’une attaque cardiaque dont il avait souffert la veille. Il est enterré dans le caveau familial du Bellefontaine Cemetery à St. Louis dans le Missouri, avec une plaque portant son nom en entier et l’épitaphe “Écrivain américain”. La tombe est située à la droite de l’obélisque de granite blanc de William Seward Burroughs Ier (1857-1898).

Depuis 1997, plusieurs recueils posthumes de l’œuvre de Burroughs ont été publiés. Quelques mois après sa mort, un recueil d’écrits qui s’étendent sur toute sa carrière, Word Virus, a été publié (selon l’introduction du livre, Burroughs lui-même a approuvé son contenu avant sa mort). À part de nombreuses œuvres inédites, Word Virus incluait également l’un des quelques fragments survivants de And The Hippos Were Boiled In Their Tanks, roman inédit de Burroughs et Kerouac. Un recueil d’entrées de journal intime écrites durant les derniers mois de la vie de Burroughs a été publié en livre sous le titre de Ultimes paroles en 2000. La publication des mémoires de Burroughs intitulées Evil River chez Vikking Press a été retardée plusieurs fois ; après avoir été à l’origine annoncée pour une sortie en 2005, les sites web tels que Amazon indiquaient une sortie en 2007, avec un numér ISBN, mais aucune sortie, à ce jour, n’est arrivée. En décembre 2007, Ohio State University Press a sorti Everything Lost: The Latin American Journals of William S. Burroughs. Édité par Oliver Harris, le livre contient des transcriptions d’entrées de journal intime faites par Burroughs durant l’époque où il composait Queer et Lettres du Yage. En plus, des éditions spéciales de Lettres du Yage, le Festin nu et Junkie/Junky ont été publiées ces récentes années, contenant toutes des bonus et des essais sur les œuvres.

Le manuscrit Kerouac/Burroughs, And the Hippos Were Boiled in Their Tanks, a été publié pour la première fois en novembre 2008. Auparavant, un fragment du manuscrit avait été publié dans le compendium Word Virus.

Les œuvres majeures de Burroughs peuvent se diviser en quatre périodes différentes. Les dates se réfèrent au moment d’écriture, pas de la publication, qui dans certains cas est arrivée des décennies plus tard :

Œuvres des débuts (début des années 1950) : Junkie, Queer et Lettres du Yage sont des narrations linéaires relativement directes, écrits à l’époque où Burroughs était à Mexico et en Amérique du Sud.

La période Cut-Up (milieu des années 1950 à milieu des années 1960) : le Festin nu est un recueil fragmentaire de “routines” extraites de The Word Hoard – manuscrits écrits à Tanger, Paris, Londres, ainsi que d’autres textes écrits en Amérique du Sud comme The Composite City, mélangé à de la fiction cut-up et fold-in également lourdement inspirées de The Word Hoard: la Machine molle, Nova Express, le Ticket qui explosa, également nommées la Trilogie Nova ou l’Épique Nova, décrite par Burroughs comme une tentative de Burroughs de créer « une mythologie pour l’ère spatiale ». Interzone dérive également de cette période.

Expérimentation & Subversion (milieu des années 1960 à milieu des années 1970) : Cette période a vu Burroughs conitnuer l’écriture expérimentale avec un contenu de plus en plus politique et une dérivation vers le multimédia comme le film et l’enregistrement sonore. Le seul roman majeur écrit dans cette période était les Garçons sauvages, mais il a également écrit des dizaines d’articles publiés, de nouvelles, de scrap books et d’autres œuvres, plusieurs en collaboration avec Brion Gyson. Les anthologies majeures représentant l’œuvre de cette période sont The Burroughs File, The Adding Machine et Exterminateur!.

La Triologie Nuit Écarlate (milieu des années 1970 au milieu des années 1980) : Les livres les Cités de la nuit écarlate, Parage des voies mortes et les Terres occidentales sont venus de Burroughs dans un étape finale et mature, créant une mythologie complète.

Burroughs a aussi produit de nombreux essais et un grand corps de matériel autobiographique, dont un livre de récits détaillés de ses rêves (Mon Éducation: Un Livre des rêves).

Burroughs est souvent nommé l’un des plus grands et plus influents écrivains du XXème siècle, plus notamment par Norman Mailer, dont la citation sur Burroughs, “Le seul romancier américain vivant aujourd’hui qui pourrait concevablement être possédé du génie”, apparaît sur de nombreuses publications de Burroughs. D’autres, cependant, le considèrent surestimé. D’autres considèrent toujours ses concepts et son attitude plus influents que sa prose. Des admirateurs proéminents de l’œuvre de Burroughs ont inclus le critique et biographe britannique Peter Ackroyd, le critique rock Lester Bangs et les auteurs J.G. Ballard, Angela Carter, Jean Genet, William Gibson, Charles Bukowski, Alan Moore [voir Watchmen (Littérature)] et Ken Kesey.

Burroughs continue à être nommé comme influence par des écrivains contemporains de fiction. Les écoles de science-fiction de la Nouvelle Vague et, surtout, la cyberpunk lui sont redevables, admirateurs de la fin des années 1970 et du début des années 1980 du milieu de ce sous-genre incluant William Gibson et John Shirley, pour en nommer que deux. D’abord publié en 1982, le magazine de fiction britannique Interzone lui rend hommage avec son nom de baptême. Il est également cité comme influence majeure par les musiciens Roger Waters, Patti Smith, Genesis P-Orridge, Ian Curtis, Laurie Anderson et Kurt Cobain.

Les thèmes des drogues, de l’homosexualité et de la mort, communs aux routines de Burroughs, sont repris par Dennis Hopper, de qui Burroughs a dit : “Dennis Hopper, Dieu le bénisse, est un écrivain né”. Cooper, en retour, a écrit, dans son essai King Junk, “avec Jean Genet, John Rechy, et Ginsberg, [Burroughs] a contribué à rendre l’homosexualité cool et intellectuelle, fournissant une libération gay avec un côté délicieux”. L’écrivain splatterpunk Poppy Z. Brite a également référencé continuellement cet aspect de l’œuvre de Burroughs. Les œuvres de Burroughs continuent à être référencées des années après sa mort ; par exemple, un épisode de novembre 2004 de la série télé les Experts incluait un personnage malfaisant nommé Dr. Benway (nommé en hommage d’un médecin amoral qui apparaît dans de nombreuses œuvres de Burroughs). C’est un écho de la scène d’hôpital du film Repo Man, réalisé du vivant de Burroughs, dans laquelle le Dr. Benway et M. Lee (nom de plume de Burroughs) reçoivent un message sur leur pager.

Burroughs a participé à de nombreux albums de Giorno Poetry Systems, dont The Nova Convention (avec Frank Zappa, John Cage et Philip Glass) et You’re the Guy I Want to Share My Money With (avec John Giorno et Laurie Anderson). Il apparaît sur un morceau de mot parlé intitulé Sharkey’s Night sur l’album de Laurie Anderson Mister Heartbreak. En plus, Burroughs a fourni des samples vocaux pour la bande sonore du film concert de Anderson en 1986, Home of the Brave et est apparu dedans. Il récite également les paroles de Star Me Kitten de R.E.M. pour une version spéciale de la chanson sur la bande originale Songs in the Key of X: Music from and Inspired by the X-Files.

En 1990, Island Records a sorti Dead City Radio, compilation de lectures mises en musique. Elle était produit par Hal Willner et Nelson Lyon, avec un accompagnement musical de John Cale, Donal Fagen, Lenny Pickett, Chris Stein, Sonic Youth et d’autres. L’édition remasterisée de l’album Goo de Sonic Youth inclut une version plus longue de Dr. Benway House, qui était apparue, dans une forme plus courte, sur Dead City Radio.

En 1992, il a enregistré Quick Fix avec Ministry, qui est apparu sur leur single Just One Fix. Le single comprenait une pochette réalisée par Burroughs et un remix de la chanson intitulé “W.S.B. mix”. Burroughs est aussi apparu dans le clip de Just One Fix.

Sur l’album The Priest They Called Him, Burroughs lit la nouvelle du même nom, tandis que Kurt Cobain crée des couches de larsen et de distorsions de guitare. Le bassiste de Nirvana, Krist Novoselic, apparaît sur la pochette comme le “Prêtre”.

Burroughs apparaît vers la fin du clip de U2, Last Night On Earth, poussant un caddie avec un gros projecteur dedans. Le clip se finit sur un gros plan de ses yeux.

Stoned Immaculate: The Music Of The Doors sorti en 2000 comprend une lecture psychédélique de Burroughs intitulée Is Everybody In. Plusieurs musiciens de l’époque “grunge” apparaissent également ; comme : Days of the New, Smash Mouth, The Cult, Stone Temple Pilots et Train.

Burroughs a joué Opium Jones dans le film culte de Conrad Rooks de 1966, Chappaqua, qui comprenait aussi des apparitions de Allen Ginsberg, Moondog et d’autres. En 1968, un version raccourcie – 77 minutes au lieu des 104 minutes originales – du film de Benjamin Christensen de 1922, Häxan, est sortie avec le sous-titre Sorcellerie à travers les âges. Cette version, produite par Anthony Balch, comprend une bande sonore jazz éclectique de Daniel Humair, et une narration de William S. Burroughs. Il a également fait de nombreux court métranges dans les années 1960, réalisés par Balch.

Burroughs a narré une partie du documentaire de 1980 Shamans of the Blind Country par l’anthropologue et cinéaste Michael Oppitz. Il a donné une lecture sur Saturday Night Live le 7 novembre 1981, dans un épisode animé par Lauren Hutton.

Burroughs a par la suite fait des apparitions dans de nombreux autres films et clips, tels que Wax: or the Discovery of Television among the Bees de David Blair dans lequel un joue un apiculteur, dans une histoire elliptique à propos de la première guerre du Golfe et Decoder de Klaus Maeck. Il a joué un prêtre camé vieillissant dans le film de 1989 de Gus Van Sant Drugstore Cowboy. Il est également apparu brièvement au début de Even Cowgirls Get the Blues de Van Sant (d’après le roman de Tom Robbins) dans lequel on le voit traverser une rue ; tandis que le bruit de la ville monte autour de lui il s’arrête au milieu de la route et dit le simple mot “ominous”. Le court métrage de Van Sant, Thanksgiving Prayer comprend Burroughs lisant le poème Thanksgiving Day, Nov. 28 1986 extrait de Tornado Alley, coupé par un collage d’images en noir et blanc.

Un documentaire intitulé Burroughs, réalisé par Howard Brookner, est sorti en 1984. Il incluait des images de Burroughs et de ses nombreux amis et collègues.

Près de la fin de sa vie, des enregistrements de Burroughs lisant ses nouvelles A Junky’s Christmas et Ah ! Pook est là ont été utilisés à grands effets sur les bandes originales de deux adaptations de films d’animations à succès.

Burroughs a été romancé dans le roman autobiographique de Jack Kerouac Sur la route sous le nom de “Old Bull Lee”.

Dans le roman de 2004 Move Under Ground, Burroughs, Neal Cassady et Kerouac font équipe pour battre Cthulhu.

Burroughs apparaît dans la première partie de The Illuminatus! Trilogy de Robert Shea et Robert Anton Wilson durant les émeutes de la convention démocrate de 1968 et est décrit comme une personne dénué de rage, de passion, d’indignation et d’espoir ou de toute émotion humainement reconnaissable. Il est présenté comme un opposé polaire d’Allen Ginsberg, étant donné que Ginsberg croyait en tout et Burroughs croyait en rien. Robert Anton Wilson racontera dans son Cosmic Trigger Vol II qu’il a interviewé à la fois Burroughs et Ginsberg pour Playboy le jour où les émeutes ont commencé ainsi que son expérience avec Robert Shea durant les émeutes, fournissant des détails sur la création de la séquence de fiction.

L’œuvre de Burroughs a inspiré le nom de plusieurs groupes de musique. Le plus connu est Steely Dan, groupe nommé d’après un godmichet dans le Festin nu. Également du Festin nu est venu le nom The Mugwumps. Le groupe Soft Machine a pris son nom du roman de Burroughs du même nom (la Machine molle), tandis que le groupe d’alt-country Clem Snide est nommé d’après un personnage de Burroughs. Le groupe proto-punk Dead Fingers Talk originaire de Hull en Angleterre a pris son nom du roman du même nom, et leur seul album était intitulé Storm the Reality Studios, d’après une citation de Nova Express. Thin White Rope a également pris son nom de l’euphénisme de Burroughs pour l’éjaculation.

VOIR AUSSI :

Article suivant
Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :