Europe

Cité dans A Vision Of Dead Desire :
“Vision of dead desire – mainline’s on a death fixVision of dead desire – bleed the thoughts of throwing bricks
Europa land, realise your thoughts / Kill all ruling class laws”
et dans Born To End :

Europe freed by McDonalds and Levis – born to end
Can’t afford it so I hate it all – born to end”
et dans Miss Europa Disco Dancer :

et dans P.C.P. :
“Doctors arrested for euthanasia
Kill smokers through blind vanity
If you’re fat don’t get ill
Europe‘s gravestone carved in plastic”
et dans le sample dans The Intense Humming Of Evil :

“The court has come
The court of the Nations
And into the courtroom will come
The martyrs of Majdanek and Oswiecim
From the ditch of Kerch the dead will rise
They will rise from the graves
They will rise from the flames
Bringing with them the acrid smoke
And the deathly odour of scorched and martyred Europe
And the children, they too will come
Stern and merciless
The butchers had no pity on them
Now the victims will judge the butchers
Today the tear of a child is the judge
The grief of a mother is the prosecutor”
et dans UK Channel Boredom :

“UK channel boredom
You bleed the thought of throwing bricks
Europa kid realise your thoughts
Kill all ruling class laws”
et dans Valley Boy :

“And now I’ve lost the power to speak
And now I’ve lost the power to eat
Idle and out of touch in Europe

L’Europe est un continent ou une partie des supercontinents de l’Eurasie et de l’Afro-Eurasie. Elle est parfois appelée le “Vieux Continent”, par opposition au “Nouveau Monde” (l’Amérique). Sur le plan culturel, l’Europe a reçu de multiples influences au cours des âges, et comprend de nombreux pays qui possèdent à la fois un héritage commun, des différences linguistiques, religieuses et historiques, et des apports récents venus depuis la mondialisation. À ce titre, l’Europe est un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire. Une communauté de peuples, de différents États, tend à se constituer politiquement avec l’Union européenne.


Dans Miss Europa Disco Dancer – chanson critique adressée à la formation de l’Union Européenne et aux masses stupides qui vont à Ibiza et Salou – “Europa” se réfère à l’Union Européenne.

L’Union européenne (UE) est une association politico-économique sui generis de vingt-huit États européens qui délèguent ou transmettent par traité l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires. Elle s’étend sur un territoire de 4,5 millions de kilomètres carrés, est peuplée de plus de 511 millions d’habitants et est la première puissance économique mondiale en termes de PIB nominal. L’Union européenne est régie par le traité de Maastricht (TUE) et le traité de Rome (TFUE), dans leur version actuelle, depuis le  et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Sa structure institutionnelle est en partie supranationale et en partie intergouvernementale : le Parlement européen est élu au suffrage universel direct, tandis que le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne (informellement le “Conseil des ministres”) sont composés de représentants des États membres. Le président de la Commission européenne est pour sa part élu par le Parlement sur proposition du Conseil européen. La Cour de justice de l’Union européenne est chargée de veiller à l’application du droit de l’Union européenne.

La déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, est considérée comme le texte fondateur de la construction européenne. Sous l’impulsion de personnalités politiques surnommées les “pères de l’Europe”, comme Konrad Adenauer, Jean Monnet et Alcide De Gasperi, six États créent en 1951 la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Après l’échec d’une Communauté européenne de défense en 1954, une Communauté économique européenne est instaurée en 1957 par le traité de Rome. La coopération économique est approfondie par l’Acte unique européen en 1986. En 1992, le traité de Maastricht prend la suite de l’Acte unique et institue une union politique qui prend le nom d’Union européenne et qui prévoit la création d’une union économique et monétaire dotée d’une monnaie unique : l’euro. Instituée en 1999, la zone euro compte dix-neuf États en 2017. De nouvelles réformes institutionnelles sont introduites en 1997 et en 2001. À la suite de l’échec d’un projet de constitution européenne après le refus par référendum des peuples français et néerlandais, les institutions sont à nouveau réformées en 2009 par le traité de Lisbonne pour y intégrer les mesures prévues par ce projet de constitution.

Depuis la formation de la CEE, le nombre d’États membres est passé de 6 à 28. Les membres fondateurs de la Communauté économique européenne, en 1957, sont l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ils sont rejoints en 1973 par trois membres de l’Association européenne de libre-échange : le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni. L’Union s’élargit vers le sud avec d’abord l’adhésion de la Grèce en 1981, puis celle de l’Espagne et du Portugal en 1986. Entre temps, en 1985, le Groenland a décidé de se retirer en ratifiant le Traité sur le Groenland et a désormais le statut de pays et territoire d’outre-mer associé. Avec la fin de la Guerre froide, la partie orientale de l’Allemagne rejoint la Communauté économique européenne en 1990. L’Union européenne intègre en 1995 des États neutres : l’Autriche, la Finlande et la Suède. En 2004, dix nouveaux États, en majorité issus du bloc de l’Est, s’ajoutent aux quinze déjà membres : Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et République tchèque. Deux États supplémentaires, la Bulgarie et la Roumanie, complètent en 2007 ce cinquième élargissement, Enfin, en 2013, la Croatie rejoint l’Union. Le , les citoyens britanniques votent en majorité pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne dans le cadre d’un référendum. La procédure de retrait est enclenchée le  par l’activation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne.

Le , le prix Nobel de la paix est attribué à l’Union européenne pour “sa contribution à la promotion de la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme en Europe”.


Histoire

Prémices de l’idée européenne (1945-1951)

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe cherche un moyen de consolider la paix. À la suite du Coup de Prague qui renforce la peur de l’expansion soviétique, la France, les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) et le Royaume-Uni signent le  le traité de Bruxelles qui prévoit une Union occidentale, instituant une collaboration en matière économique, sociale, culturelle, et de défense collective. Ce traité est concurrencé dès l’année suivante par la création de l’OTAN, véritable alliance militaire qui inclut un plus grand nombre de pays européens, mais également le Canada et les États-Unis.

Dans le même temps, le principe d’une “Europe unie” est posé, en particulier sous l’impulsion de la France et de l’Allemagne de l’Ouest, même si le discours du Britannique Winston Churchill à Zurich le  a été déterminant ainsi que le rôle des pays du Benelux et de l’Italie. L’Europe recherchait alors un modèle d’intégration qui la mettrait à jamais à l’abri d’une nouvelle guerre. L’idée est concrétisée par Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, dans sa déclaration du 9 mai 1950 appelant à mettre le charbon et l’acier sous une Haute Autorité commune de la France et de l’Allemagne fédérale. Le choix de ces deux secteurs économiques vise à établir une garantie de paix : l’industrie sidérurgique est hautement stratégique, puisque étroitement liée à l’industrie de l’armement et dépendant de ces ressources.

“L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait”.

— Robert Schuman, déclaration du 9 mai 1950.

Le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est signé le  à Paris : les six pays fondateurs sont les pays du traité de Bruxelles à l’exception du Royaume-Uni. France, Allemagne de l’Ouest, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Italie s’entendent pour favoriser les échanges de matières premières nécessaires à la sidérurgie pour accélérer la dynamique économique après la guerre, afin de doter l’Europe d’une capacité de production autonome. Ce traité est l’acte fondateur visant au rapprochement entre les vainqueurs et les vaincus européens, au sein d’une Europe qui à terme prendrait son destin en main, indépendamment des influences extérieures alors considérables, et notamment celle des États-Unis via son plan Marshall et en dépit de la tentative de concertation de cette aide américaine au sein de l’OECE.


Échec de la CED et de l’UEO (1952-1954)

Le  est signé à Paris un traité instituant la Communauté européenne de défense (CED) permettant le réarmement de l’Allemagne de l’Ouest dans le cadre d’une armée européenne, ce réarmement était justifié par le contexte de la Guerre froide. Alors que les cinq autres pays de la CECA ont ratifié le traité, le , le Parlement français rejette la ratification, en raison de l’opposition conjointe des gaullistes et des communistes qui refusent une armée supranationale. L’ancien traité de Bruxelles de 1948 est alors modifié le  à Paris pour créer l’Union de l’Europe occidentale (UEO) qui est, jusqu’au traité d’Amsterdam, la seule organisation uniquement européenne à s’occuper de défense et de sécurité.

Quoique renforçant l’ancien traité d’alliance, l’UEO reste une entité symbolique sans pouvoir, ni coopération réelle face à la puissance de l’OTAN surtout lors de la Guerre froide et le durcissement du régime soviétique dans sa zone d’occupation à l’est de l’Europe. Son principal rôle reste toutefois lié au développement des forces nucléaires autonomes françaises et britanniques (notamment après l’épisode du Canal de Suez et lors des conflits de décolonisation des deux anciennes puissances coloniales), en assurant la neutralité des autres pays européens dans ces conflits et en évitant de laisser la défense de l’Europe occidentale au seul contrôle américain dans l’OTAN.

En matière de défense européenne, les missions de Petersberg fixent en 1992 un cadre de coopération et d’intervention dans la “gestion des crises” commun à l’UEO, l’OTAN et l’Union européenne (au titre de la PESD). En février 2003, avec la mise en application du traité de Nice, l’UE intègre les compétences opérationnelles de l’UEO.


Établissement de la CEE (1957-1986)

Le traité de Rome est signé le  : les “six” décident d’approfondir leur coopération. Les domaines économiques, mais aussi politiques et sociaux, sont concernés. Le but est d’aboutir économiquement à un marché commun permettant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux. La Communauté économique européenne (CEE) est l’entité internationale, de type supranational, instituée par le traité de Rome. Elle se dote d’une capacité autonome de financement, indépendante du plan Marshall mise en place dans le cadre de l’Organisation européenne de coopération économique (OECE). Ce traité fonde également une troisième communauté européenne d’une durée indéfinie, la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA), entre les membres des deux autres communautés (la CECA originelle et la nouvelle CEE).

Le traité de fusion des exécutifs communautaires est signé à Bruxelles en 1965 et fusionne les exécutifs (par la création de la Commission européenne et du Conseil européen) des trois Communautés européennes (CECA, CEE et Euratom), alors que ces communautés disposent déjà d’institutions communes en matière de justice.


Achèvement du marché intérieur (1986-1993)

L’Acte unique européen est signé à Luxembourg le  par neuf États membres, suivis par le Danemark (à la suite du résultat positif du référendum de 1986), l’Italie et la Grèce le . Entré en application le , il avait pour but de redynamiser la construction européenne en fixant l’achèvement du marché intérieur en 1993, permettant la libre circulation également des capitaux et des services. Par ce traité, les compétences communautaires sont élargies aux domaines de la recherche, du développement technologique, de l’environnement et de la politique sociale. L’Acte unique consacre aussi l’existence du Conseil européen, réunissant les chefs d’État et de gouvernement. Il décide de renforcer les pouvoirs du Parlement européen au moyen de la procédure de coopération.

Ce traité amorce une démarche commune en matière de politique étrangère ainsi qu’une coopération en matière de sécurité sans qu’il soit porté atteinte ni à l’UEO, ni à l’OTAN. L’UEO trouve un rôle limité dans le règlement des conflits en Europe, notamment après la chute du communisme en ex-URSS et lors des conflits ethniques menant au démantèlement de la fédération yougoslave à la mort de Tito. L’UEO parvient à éviter l’extension des conflits à l’Albanie (via le Kosovo) et participe aux missions de maintien de la paix et de reconstruction dans les Balkans (opération Sharp Guard).


Établissement de l’Union européenne (1993-2009)

Le traité de Maastricht est signé le  et entre en vigueur le . L’Union européenne prend la suite du marché commun et de la Communauté économique européenne (CEE), devenue Communauté européenne (CE) en fusionnant avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui expirait en 2002. Il marque une nouvelle étape dans le “processus d’union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe”.

Les Communautés européennes reposent alors sur trois piliers :

  • 1er pilier : le pilier communautaire (la CE, le CECA et l’Euratom)
  • 2ème pilier : la politique étrangère et de sécurité commune
  • 3ème pilier : la coopération policière et judiciaire en matière pénale

Le traité de Maastricht crée également la citoyenneté européenne et permet de circuler et de résider librement dans les pays de la Communauté, le droit de voter et d’être élu dans l’État où l’on réside pour les élections européennes et municipales. Il est aussi décidé de créer “une monnaie unique sous l’égide d’une Banque centrale européenne”, le futur euro. Les compétences de la Communauté sont étendues, selon le principe de subsidiarité / suppléance, à de nouveaux domaines : éducation, formation professionnelle, culture, santé publique, protection des consommateurs, réseaux transeuropéens de transport, politique industrielle, services (eau, énergie) et environnement.

Le traité d’Amsterdam est signé le  et entre en vigueur le . Reposant sur les trois piliers de Maastricht, il affirme les principes de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme et propose la mise en place d’un “espace de liberté, de sécurité et de justice”. Il inclut explicitement le principe du développement durable. Il pose le principe des coopérations renforcées permettant aux pays qui le souhaitent d’avancer plus vite. Il ébauche la réforme des institutions européennes en vue de l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Il élargit la liste des droits, dont il garantit le respect : droits sociaux, égalité hommes-femmes, services publics, renforce la protection des droits fondamentaux et interdit toute discrimination. Un Haut représentant de la PESC est nommé, assisté par une “unité de planification et d’alerte rapide” (UPAR). Un protocole reprend le principe de subsidiarité du TCE.

Le traité de Nice est signé le  et entre en vigueur le . Ce traité, qui devait réformer les institutions de l’Union en vue de l’adhésion des PECO, n’est que partiellement parvenu à cet objectif. Celui-ci donne au Parlement un rôle co-législateur renforcé. Le droit de recours devant la Cour de Justice des Communautés est étendu. Le traité fournit une base juridique aux partis politiques des pays membres. Afin de faciliter le processus de décision à la majorité qualifiée à 28 au sein du Conseil, le système de pondération des voix est remanié. Le traité de Nice améliore la procédure relative à la mise en œuvre des “coopérations renforcées” : le droit de veto est supprimé, et le domaine étendu à la PESC y compris en matière de défense. Une “déclaration sur l’avenir de l’Union” a été annexée au traité.

Le traité avait quelques failles : la charte des droits fondamentaux a été adoptée au cours de ce sommet de Nice, mais aucune valeur juridique contraignante ne lui est reconnue bien qu’elle ait été adoptée par toutes les instances de l’Union. De plus, le traité fixe les principes et les méthodes d’évolution du système institutionnel au fur et à mesure que l’Europe s’élargit. Il définit une nouvelle répartition des voix attribuées à chaque État au Conseil, ainsi qu’une redéfinition de la majorité qualifiée. Cependant, le système de décision prévu par ce traité est complexe et privilégie les pays à démographie médiane, comme l’Espagne et la Pologne, par rapport aux autres États membres. Le risque de paralysie, qui constitue la motivation principale à réviser les traités, n’est pas résolu. En 2002, entre la signature du traité de Nice et son entrée en vigueur, une Convention sur l’avenir de l’Europe se forme pour réfléchir au développement futur de l’Union.

À la suite des travaux de la Convention sur l’avenir de l’Europe, dont il reprend l’essentiel, le Conseil européen du  adopte un projet de “Constitution européenne”. La Convention propose de pallier le risque de paralysie en redéfinissant la majorité qualifiée comme suit : “la majorité qualifiée requise est constituée des deux tiers des États membres, représentant au moins les trois cinquièmes de la population de l’Union” (art. 24-2). De plus, le nouveau traité proposé intègre et rend juridiquement opérante la Charte des droits fondamentaux dans la Partie II. Signé à Rome le , il était appelé à remplacer les traités fondateurs.

Mais ce traité, qui corrigeait les failles du traité de Nice et instaurait un traité constitutionnel pour l’UE, n’a pas été ratifié par référendum par la France et les Pays-Bas au premier semestre 2005. Un traité simplifié, reprenant en particulier la partie institutionnelle du projet, apparaît en 2007 sous la présidence de la chancelière allemande, Angela Merkel.


Entrée en vigueur du traité de Lisbonne (2009-2015)

Le 23 juin 2007 à Lisbonne, le Conseil européen mandate une conférence inter-gouvernementale afin d’adopter ce traité avant 2009. Ce traité de Lisbonne a été surnommé “traité modificatif” en France, d’après le nom d’un autre projet de traité que le président français Nicolas Sarkozy avait proposé à ce même Conseil européen mais qui n’a pas été retenu. Le traité de Lisbonne préserve notamment les fondamentaux du projet esquissé par la Convention sur l’avenir de l’Europe :

  • L’Union reçoit la personnalité juridique.
  • La Charte des droits fondamentaux acquiert force contraignante.
  • La création d’une présidence stable du Conseil européen (et non plus tournante).
  • La décision sur la base de la double majorité (avec la possibilité de demander la pondération de Nice jusqu’en 2017 et avec un filet de sécurité de type compromis de Ioannina renforcé).
  • La création de la fonction de Haut représentant pour les Affaires étrangères.
  • Une certaine extension du vote à la majorité qualifiée (sauf dérogation pour les Britanniques sur certains aspects de la justice et des affaires intérieures).

Ce nouveau traité fait l’objet d’une ratification par les parlements de 26 États européens et par référendum en Irlande. Le peuple irlandais rejette ce traité le , par 53,4 % des suffrages, et gèle son application initialement prévue au 1er. Lors d’un second référendum le , les Irlandais acceptent le traité à 67,1 %. Ce dernier entre en vigueur le 1er, permettant d’appliquer la réadaptation institutionnelle qui était visée depuis les conclusions de la Convention sur l’avenir de l’Europe.

La deuxième décennie du XXIème siècle s’ouvre sur une triple crise au sein de l’espace communautaire : une crise économique, une crise politique, une crise institutionnelle. Celle-ci prend sa source dans la crise économique mondiale et la crise des dettes souveraines qui affectent particulièrement les États européens, conduisant les plus fragiles à des réductions budgétaires très importantes. Au niveau européen, cette période de grande instabilité conduit les 28 à revoir leurs capacités de réaction et à chercher des solutions communes, quitte à confier une partie de leurs compétences exclusives au profit de Bruxelles. Le pacte budgétaire européen, officiellement appelé “traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance” (TSCG), est un mécanisme sur lequel se sont accordés 25 des 28 États membres de l’Union européenne sur la convergence de leur politiques économiques et monétaires, notamment la zone euro. Le texte du traité, signé le  par les chefs d’État et de gouvernement, est entré en vigueur le 1er.

Parallèlement, un système de coordination des politiques budgétaires appelé semestre européen a été mis en place. Avec pour base juridique, le six-pack, un ensemble législatif le rendant contraignant pour l’ensemble des États membres, le semestre européen a pour objectif principal de tendre vers une Union économique et monétaire (UEM) plus approfondie et plus intégrée, capable de mieux résister aux chocs économiques internationaux, développer une économie prospère à long terme (objectifs repris dans la stratégie Europe 2020) et maîtriser aux mieux les finances publiques de l’ensemble des États membres. Le six-pack prévoit entre autres un système de décisions et de sanctions financières graduelles applicables par les instances européennes aux États membres.

Le , le prix Nobel de la paix est attribué à l’Union européenne pour “sa contribution à la promotion de la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme en Europe”, éléments qui sont ancrés dans les principes même de la construction européenne.


Crises mondiales et sortie du Royaume-Uni (depuis 2015)

Avec un afflux de migrants et réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et d’Asie qui augmente de manière très significative depuis 2014, l’Union européenne traverse une nouvelle crise mettant à mal son unité politique et sociale. Plus d’un million de personnes entrent de manière non officielle dans l’Espace Schengen en 2015 et la politique de répartition de ces personnes parmi les pays membres, décidée au niveau communautaire, est rejetée par une partie de l’opinion publique et des gouvernements. L’Allemagne choisit d’en accueillir une grande partie mais en raison des flux physiques de personnes se déplaçant des pays d’Europe du Sud vers ceux du nord et des problèmes engendrés, certaines des frontières intérieures et extérieures de l’Espace sont fermées.

Le , une majorité de la population du Royaume-Uni décide par référendum de sortir de l’Union européenne, un nouveau gouvernement est formé en ce sens et la majorité des gouvernements européens pressent celui-ci d’activer la procédure de sortie dans les meilleurs délais sans certitudes concernant les conséquences qui en découleront pour le Royaume-Uni ou l’Union européenne. Cette démarche s’inscrit dans la succession de crises que traverse l’Europe et qui mène à un retour de politiques nationales davantage conservatrices ; deux référendums relatifs à l’UE sont également rejetés en 2016 aux Pays-Bas et en Hongrie. Suite à la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union, le , la Haute Représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, se déclare en faveur d’une “réflexion en profondeur” sur l’UE, dont elle souhaite réaffirmer le rôle. Elle présente dans ce contexte incertain la nouvelle stratégie globale de l’Union sur la politique étrangère et de défense commune.

Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni devient le premier État membre à activer l’article 50 du TUE lançant officiellement et de manière irréversible la procédure de retrait du pays de l’Union européenne qui se traduit par des négociations pour défaire les différents liens d’une durée de deux ans (prolongeable).

En dépit de cette crise, l’Union européenne reste un pôle attractif pour ses voisins. Certains États, comme l’Islande, envisagent de relancer son processus d’adhésion à l’Union européenne, tandis que d’autres entités politiques – dont l’Écosse et la Catalogne – souhaitent rester dans l’Union européenne tout en accédant à l’indépendance.


Géographie

L’Union européenne se subdivise en deux grands ensembles : le territoire continental situé en Europe et, en raison de son passé colonial, des territoires extra-européens répartis sur l’ensemble du globe (à l’exception de l’Asie) : les “Régions ultrapériphériques” (RUP). Cependant, certains territoires spéciaux des États membres disposent d’un statut dérogatoire qui les exclut de l’Union européenne : les “pays et territoires d’outre-mer”.

L’espace continental est un milieu fortement anthropisé. Les principaux reliefs sont, du sud-ouest au sud-est, la Meseta, les Pyrénées, les Alpes – où se trouve le mont Blanc, plus haut sommet de l’Union avec ses 4 809 m – et les Carpates. Plus au nord se trouve la chaîne des Alpes scandinaves. Le reste du territoire se compose d’anciens massifs érodés (Armorique, Apennins, Alpes dinariques, etc.) et d’un ensemble de plaines qui constituent les subdivisions de la grande plaine européenne s’étendant plus à l’est, hors de l’Union, jusqu’à la chaîne de l’Oural. Parmi les autres plaines de tailles inférieures se trouvent la plaine du Pô et la plaine de Pannonie. Celles-ci sont traversées par de nombreux fleuves dont six dépassent les 1 000 km et, parmi ceux-ci, le Danube – qui dépasse les 2 000 km de longueur – et le Rhin, reliés entre eux et avec de nombreux autres fleuves à grand gabarit, constituent les plus importantes voies de communication fluviale européenne. Plus au nord, sur la péninsule scandinave, se trouvent deux des plus grands lacs de l’Union, le Vänern et le Saimaa dépassant respectivement les 5 000 km² et 4 000 km².

L’espace ultramarin se caractérise par son hétérogénéité géographique. La plupart des régions ultrapériphériques (RUP) sont insulaires, à l’exception de la Guyane qui se trouve sur le continent sud-américain. Les autres RUP sont pour la plupart au nord de cette région, à l’exception de La Réunion qui se trouve dans l’océan Indien. À noter la présence d’enclaves espagnoles sur le continent africain – Ceuta et Melilla, ainsi que d’autres petits territoires – qui font partie de l’Union, quoique disposant d’un statut spécial.

Administrativement parlant, l’Union européenne se compose de 28 États membres ayant chacun leur propres subdivisions territoriales.

Toutefois, au début des années 1990, la Commission européenne propose dans ses rapports “Europe 2000” et “Europe 2000 +”, une régionalisation relative aux dynamiques transnationales et rapprochements transfrontaliers au sein des États membres. Huit ensembles se détachent alors : l’aire des capitales, l’Arc atlantique, l’Arc méditerranéen, la diagonale continentale, la mer du Nord, les nouveaux Länder allemands et les régions ultrapériphériques. Cependant, compte tenu des élargissements de 1995 et 2004, cette régionalisation nécessite une actualisation en y ajoutant notamment l’espace Baltique et en considérant l’Europe centrale et orientale.

Enfin, le Parlement et le Conseil ont adopté un règlement visant à renforcer la coopération territoriale au sein des espaces frontaliers des États membres de l’Union européenne : les groupements européens de coopération territoriale (GECT) qui ont été institués par le règlement (CE) n°1082/2006. Ces GECT disposent de la personnalité juridique au regard du droit de l’Union, ainsi que de la capacité juridique la plus large reconnue aux personnes morales par la législation nationale de l’État membre.


Territoires associés à l’Union européenne

Les régions ultrapériphériques (RUP) sont des territoires qui font partie de l’Union européenne tout en se trouvant en dehors du continent européen. Elles regroupent :

  • Les cinq départements d’outre-mer (DOM) français : la Guadeloupe (GP), la Guyane (GF), la Martinique (MQ), Mayotte et La Réunion (RE), ainsi que la collectivité d’outre-mer française de Saint-Martin (MF).
  • Les deux régions autonomes portugaises : les Açores (Azo) et Madère (Mad).
  • Une communauté autonome espagnole : les îles Canaries (Can).

Pays et territoires d’outre-mer

Les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) ne font pas partie de l’Union européenne mais ils peuvent bénéficier de fonds européens de développement de la Banque centrale européenne. Ceux-ci regroupent :

  • Un des pays constitutifs du Royaume de Danemark : le Groenland.
  • Plusieurs dépendances de la France : la Nouvelle-Calédonie et ses dépendances, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Wallis-et-Futuna et Saint-Barthélemy.
  • Plusieurs dépendances des Pays-Bas : Aruba, et les territoires des anciennes Antilles néerlandaises (Bonaire, Curaçao, Saba, Saint-Eustache et Saint-Martin).
  • Plusieurs dépendances du Royaume-Uni : Anguilla, les Bermudes, les Îles Caïmans, la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud, les îles Malouines, Montserrat, les îles Pitcairn, Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, le Territoire antarctique britannique (BAT), le Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT), les îles Turques-et-Caïques et les îles Vierges britanniques.

Régions à statut spécifique

Les régions à statut spécifique sont des territoires rattachés aux États membres où la totalité du droit européen ne s’applique pas ; leur statut est parfois proche de celui des PTOM mais ils ne bénéficient pas des fonds structurels spécifiques alloués au PTOM et aux RUP. Juridiquement, certaines de ces régions font partie de l’Union européenne et d’autres non.


Région à statut spécifique au sein de l’Union européenne

  • L’archipel d’Åland, État libre associé à la Finlande.
  • La ville allemande de Büsingen am Hochrhein, enclavée en Suisse.
  • Les villes italiennes de Campione d’Italia et Livigno, dont la première est enclavée en Suisse et la seconde jouit d’un statut historique.
  • Les villes espagnoles de Ceuta et Melilla au nord du Maroc.
  • La zone tampon des Nations unies entre le nord et le sud de Chypre et de jure Chypre du Nord.
  • Gibraltar, territoire britannique d’outre-mer autonome frontalier de l’Espagne.
  • L’archipel d’Heligoland, fiscalement détachée de l’Allemagne.
  • La République monastique du Mont-Athos, région autonome de Grèce.

Région à statut spécifique hors Union européenne

  • Les bases de souveraineté britanniques Akrotiri et Dhekelia à Chypre.
  • L’île de Clipperton, atoll français inhabité dans le Pacifique.
  • Les îles Féroé, pays constitutif du Royaume du Danemark
  • Les dépendances de la Couronne britanniques : Jersey, Guernesey et l’île de Man.
  • Une partie du canal de Saimaa louée par la Finlande à la Russie.

États candidats et candidats potentiels

“La politique d’élargissement de l’Union européenne fait de l’Europe un espace plus sûr et plus stable ; elle nous permet de devenir plus forts, de promouvoir nos valeurs et d’assumer notre rôle en tant qu’acteur mondial sur la scène internationale”.

— Štefan Füle, Commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage

Les pays européens ayant un gouvernement démocratique, possédant une économie de marché viable, ayant la volonté et la capacité d’appliquer les lois de l’Union européenne déjà établies et répondant aux critères de Copenhague et à l’article 49 traité sur l’Union européenne peuvent prétendre à intégrer l’Union européenne.

L’Union européenne reconnaît en 2016, six pays qui ont déposé une candidature et ont été reconnus comme “candidat officiel”. Ces États ont entamé, ou entameront bientôt, le processus d’adhésion en adoptant progressivement les lois européennes afin de se rapprocher des critères requis. La Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie font partie des pays issus de l’ex-Yougoslavie ayant vu leurs candidatures reconnues ; le Kosovo a un statut de candidat potentiel. La Turquie a soumis sa candidature dès 1987 et n’a obtenu le statut de candidat qu’en 1999. Cette situation doit autant à la difficulté à aligner le pays avec les standards de l’UE qu’aux problèmes politiques entourant l’adhésion du pays. Pour sa part, l’Islande a obtenu son statut de candidat reconnu en moins d’un an mais l’a retiré en 2015. La procédure d’adhésion de l’Albanie a été présentée le  et le statut de candidat lui a été accordé le . La Géorgie, l’Ukraine et la Moldavie ont signé un Accord d’association (AA) en 2014 et cette dernière devrait présenter sa candidature à l’UE en 2015 prévoyant de faire du pays un candidat dès 2017 et un membre en 2020.


Statut et gouvernance de l’Union

Statut

Au regard du droit international, l’Union européenne dispose de la personnalité juridique et son statut résulte d’un traité qui ne peut être modifié que par l’accord unanime de tous ses signataires. Comme les autres organisations régionales (Mercosur, ASEAN, etc.), l’UE exerce ses prérogatives sur un champ géographique restreint ; cependant, elle dispose d’un rôle politique propre et d’un pouvoir de contrainte sur ses membres de façon plus importante que dans une organisation régionale classique.

Les États membres de l’Union européenne la distinguent nettement des autres organisations internationales. Elle est, par certains aspects, une confédération et, sur d’autres aspects, a des caractéristiques d’État fédéral, au point qu’on préfère souvent y voir une entité sui generis, formant une catégorie à elle seule et ne rentrant dans aucune autre. Les Allemands, les Autrichiens et les Belges germanophones donnent à ce type de structure le nom de staatenverbund, terme allemand sans équivalent dans d’autres langues mais qui revient à penser en termes de gouvernance multi-niveau : comme dans une fédération, il y a une entité supérieure aux États ; mais bien que les compétences de celle-ci dans certains domaines relèvent d’un transfert de souveraineté, les États membres restent unitaires (à moins d’être déjà fédéraux comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Belgique).

Au cours des années 2000, le modèle de l’UE a inspiré la formation d’autres organisations régionales visant elles aussi une intégration politique poussée : l’Union africaine en 2002, l’Union des nations sud-américaines en 2008 et l’Union économique eurasiatique en 2015.

La conduite de l’UE a toujours hésité entre les voies intergouvernementales (où les États conservent l’ensemble de leurs prérogatives) et fédérale (où une partie de la souveraineté des États est déléguée à l’Union). Dans le premier cas, les décisions communautaires sont en fait des traités entre États et doivent donc être prises à l’unanimité. Ce modèle, proche du principe des organisations intergouvernementales classiques, est défendu par le courant “eurosceptique” pour qui seuls les chefs d’État ont la légitimité démocratique pour représenter leurs citoyens. Ce sont donc les nations qui doivent contrôler les institutions de l’Union. Le second cas correspond au modèle défendu par le courant “europhile” des fédéralistes, qui estiment que les institutions doivent représenter directement les citoyens et que les modalités de prise de décision au sein des institutions doivent être adaptées au fil des élargissements.

La question de l’évolution de l’Union européenne est très discutée par les opinions et les gouvernements des pays membres. Après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le contrôle de l’Union reste hybride : le Conseil est le représentant des États (pour les décisions ne requérant pas l’unanimité, les voix de chaque État sont cependant pondérées par leur poids démographique) et le Parlement, le représentant des citoyens. Le mode de gestion de l’Union est donc aujourd’hui un des enjeux des luttes d’influence entre les différentes institutions européennes.


Compétences propres et partagées

Le traité sur l’Union européenne (TUE) de 1992 fonde l’UE sur trois “piliers”. L’image du pilier s’est imposée au printemps 1991 sur le modèle du temple antique (romain ou grec) : le fronton (l’Union) soutenu par trois piliers donnant à l’ensemble sa stabilité et son équilibre. Les trois piliers sont :

  • 1er pilier : Pilier supranational relatif aux politiques intégrées (politique agricole commune (PAC), union douanière, marché intérieur, euro, etc.) des anciennes “Communautés européennes” (CECA, CEEA et CEE).
  • 2ème pilier : Pilier intergouvernemental relatif à la coopération en matière d’Affaires étrangères et de sécurité, appelé pilier de la “politique étrangère et de sécurité commune”.
  • 3ème pilier : Pilier intergouvernemental relatif à la coopération policière et judiciaire en matière pénale, appelé pilier “justice et affaires intérieures”.

Les compétences diverses au sein des trois piliers, qui souvent se recoupent et se superposent, constituent un enchevêtrement difficile à aborder, même pour les experts. Cette opacité pousse les États membres à donner mission à la Convention sur l’avenir de l’Europe de simplifier le fonctionnement des institutions. Cette dernière a notamment suggéré de fusionner les trois piliers, ce qui est réalisé avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. On peut toutefois continuer à distinguer les domaines, selon que l’Union y exerce une “compétence exclusive”, une “compétence partagée” (ou concurrente) avec les États membres, ou une “compétence complémentaire” (d’appui ou de coordination).

L’Union européenne est dotée de sept institutions principales, qui jouent chacune un rôle spécifique.


Pouvoir exécutif

  • Le Conseil européen est le sommet des chefs d’État et de gouvernement des États membres, il donne à l’Union les impulsions nécessaires à son développement et les grandes orientations de ses politiques. Le Conseil élit son président pour deux ans et demi.
  • La Commission européenne est le moteur de l’Union, elle a un rôle co-exécutif avec le Conseil européen ; son président, élu par le Conseil européen pour un mandat de cinq ans et approuvé par un vote du Parlement européen ; nomme 28 commissaires avec lesquels il est responsable devant le Parlement, qui peut les censurer par un vote des deux tiers.

Pouvoir législatif

  • Le Conseil de l’Union européenne est la composante législative de l’Union où se réunissent les ministres des États membres (par portefeuille), représentant les gouvernements. Le Conseil de l’Union est présidé à tour de rôle par le ministre des Affaires étrangères de chaque État membre, pour six mois. Le nombre de voix d’un pays est plus ou moins fonction de sa puissance démographique. Pour les décisions importantes, le traité de Nice, puis celui de Lisbonne instituent de nouvelles règles de vote, notamment la nécessité d’avoir une majorité qualifiée en faveur de la décision envisagée. La majorité qualifiée est atteinte si elle “regroupe au moins 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’Union européenne”. Lorsque le Conseil ne statue pas sur une proposition de la Commission, la majorité qualifiée doit alors atteindre “au moins 72 % des États membres représentant au moins 65 % de la population”.
  • Le Parlement européen a un rôle co-législatif avec le Conseil de l’Union et vote seul le budget, ses membres sont directement élus tous les cinq ans par les citoyens des États membres. Les eurodéputés élisent leur président pour trente mois, au début et à la moitié de chaque législature.

Pouvoir judiciaire

  • La Cour de justice de l’Union européenne garantit le respect de la législation et veille à l’uniformité de son interprétation. Elle regroupe trois juridictions : la Cour de justice, le Tribunal et le Tribunal de la fonction publique.

Institutions économiques et financières

  • La Cour des comptes est l’organe de contrôle de l’utilisation correcte et légale du budget de l’Union.
  • La Banque centrale européenne est responsable de la politique monétaire et de la gestion de l’euro.

Autres institutions

À côté de ces sept institutions, on trouve quatre autres organes importants :

  • Le Comité économique et social qui exprime les opinions de la société civile organisée dans les domaines économique et social.
  • Le Comité des régions qui exprime les opinions des collectivités locales et régionales.
  • Le médiateur européen qui traite les plaintes des citoyens européens pour mauvaise administration de la part des institutions ou organes de l’Union.
  • La Banque européenne d’investissement qui contribue à la réalisation des objectifs de l’Union en finançant des projets d’investissement.

Jusqu’au , le chef d’État ou de gouvernement d’un États membre – pendant les six mois où son ministre des Affaires étrangères présidait le Conseil de l’Union européenne – présidait de son côté les sommets européens ayant lieu entre chefs d’État et de gouvernement pendant le semestre (les conseils européens), il était alors appelé par analogie “président du Conseil européen”. À la suite de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne instituant le poste de président du Conseil européen, élu pour deux ans et demi par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres, les sommets entre exécutifs ont une présidence fixe et indépendante tandis que la présidence tournante de l’Union entre ministres des Affaires étrangères continue d’exister.


Processus de décision

Deux principes guident les processus décisionnels de l’Union européenne depuis le traité de Maastricht de 1992 : le principe de subsidiarité (ne mettre en œuvre que les actions que les États ne pourraient conduire) et le principe de proportionnalité dégressive (privilégier les moyens d’actions les moins contraignants pour les États membres). Ces principes font l’objet de protocoles annexés au traité d’Amsterdam de 1997.

La procédure législative européenne, présidée par ces deux principes, existe en outre sous deux formes selon que le domaine sur lequel il s’agit de légiférer relève de la compétence exclusive de l’Union ou bien d’une compétence partagée avec les États membres :

Dans les domaines où l’Union a des compétences propres (domaines de l’“ex-premier pilier”) :

  1. La Commission européenne émet un règlement ou une directive (la directive, moins contraignante que le règlement, est souvent privilégiée en vertu du principe de proportionnalité).
  2. Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen adoptent ou rejettent le texte juridique (au Conseil de l’Union, chacun des États avait un nombre de voix, redéfini en 2001 par le traité de Nice, pour déterminer l’adoption ou non des lois ; le traité de Lisbonne remplace ce système de voix par un système de double majorité qualifiée basé sur la démographie des États).
  3. Si le texte est adopté, les gouvernements des États membres transposent cette législation dans leurs États. Ces transpositions sont ensuite vérifiées par la Cour de justice de l’Union européenne.

Dans les domaines où l’Union a des compétences partagées (domaines des “ex-deuxième et troisième piliers”) :

  1. Le Conseil de l’Union européenne prépare les réunions du Conseil européen.
  2. À l’issue de ces sommets, le Conseil européen rédige des conclusions qu’il adresse à la Commission européenne.
  3. La Commission européenne émet un règlement ou une directive répondant aux demandes du Conseil européen.
  4. Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen adoptent ou rejettent le texte juridique, qui traduit en actions les orientations fixées par le Conseil européen.
  5. Si le texte est adopté, les gouvernements des États membres transposent cette législation dans leurs États. Ces transpositions sont ensuite vérifiées par la Cour de justice de l’Union européenne.

Dans le premier cas (légifération dans un domaine relevant de l’“ex-premier pilier”), la Commission dispose donc d’un monopole de l’initiative législative. L’alinéa 1 de l’article 293 du TFUE (après la révision de 2007) accroît encore l’importance de ce rôle : il stipule que le Conseil de l’Union “ne peut amender la proposition que statuant à l’unanimité” (le Conseil de l’Union ne peut s’écarter de la proposition de la Commission qu’à l’unanimité, ce qui confère parfois à la Commission un rôle de conciliation entre États membres). Dans tous les autres dossiers (relevant des “ex-deuxième et troisième piliers”), la Commission partage le droit d’initiative avec les États membres.

Dans les domaines où la Commission a le monopole de l’initiative, le Parlement et le Conseil de l’Union peuvent toutefois lui demander de légiférer. En outre, si le Parlement ne peut pas directement proposer de lois, il peut déposer des amendements à celles émises par la Commission ou user de son veto. Il est à noter que dans l’histoire de l’Union, le Parlement acquiert un poids toujours plus important : simple organe consultatif au départ, il a aujourd’hui acquis un pouvoir de codécision à parité avec le Conseil. Sa représentativité reste toutefois handicapée par un taux d’abstention important aux élections européennes, souvent supérieur à ceux d’élections nationales.

En France, l’activité pré-législative de l’Union européenne fait en principe l’objet d’un système d’alerte du Parlement français, selon la procédure de l’art. 88-4 de la Constitution de 1958.


Budget

Chaque pays participe au budget européen, et reçoit des aides de l’Union européenne en fonction de sa situation économique et de la richesse de ses habitants. L’élaboration et le contrôle du budget communautaire répondent à des règles strictes, qui placent le pouvoir décisionnel entre les mains des États membres au travers du Conseil de l’Union européenne et du Parlement.

Pour la période 2007–2013, le budget est proposé par la commission Prodi au Conseil européen à 1 025 milliards d’euros sur 7 ans (soit 1,24 % du PIB de l’UE), celui-ci le refuse. Un accord médian entre les nouvelles propositions de la présidence luxembourgeoise et celle du Royaume-Uni est trouvé avec 862,3 milliards d’euros sur 7 ans (soit 1,045 % du PIB de l’UE). Ce nouveau budget est le premier décidé après les élargissements de 2004 à 2007, les 10 nouveaux États membres voient les fonds structurels qui leur sont alloués réduits par rapport au projet initial.

Les discussions sur l’élaboration du cadre financier 2014-2020 aboutissent à un accord politique entre les institutions européennes, les dirigeants du Parlement, du Conseil et de la Commission sont parvenus à un compromis en adéquation avec les objectifs d’Europe 2020, soit 960 milliards d’euros. Dans les grandes lignes, cette proposition budgétaire vise à répondre aux objectifs suivants :

  • Renforcer la croissance et l’emploi.
  • Encourager une agriculture plus écologique.
  • Construire une Europe davantage respectueuse de l’environnement et plus présente sur la scène internationale.

Les propositions prévoient un financement accru pour la recherche et l’innovation, l’éducation et la formation ainsi que les relations extérieures. Des fonds spécifiques sont utilisés pour la lutte contre la criminalité et le terrorisme et pour les politiques de migration et d’asile.


Poids institutionnel des 28 États membres

Depuis le 1er et l’intégration de la Croatie, le Parlement européen compte 765 députés représentant les 28 États membres de l’Union européenne. Le traité de Lisbonne porte ce nombre à 751 (en comptant le président) et modifie la répartition des sièges de manière à intégrer les changements intervenus après les cinquième et sixième élargissements. Ces changements prennent effet à la suite des élections européennes de 2014.

Au Conseil, un minimum de 255 votes sur 345 est requis pour constituer une majorité qualifiée. De plus :

  • Toute décision doit être approuvée par une majorité (dans certains cas des deux tiers) des États membres.
  • Tout État membre peut demander confirmation que le nombre de votes favorables représente au moins 62 % de la population totale de l’UE.

Coopérations renforcées

Association européenne de libre-échange (AELE) Euroïsation par accord avec l'UE Espace Schengen Espace économique européen Accord de libre-échange centre-européen (ALECE) Conseil de l'Europe Union européenne Zone Euro Union douanière de l'Union européenne Union économique eurasiatique Union de la Russie et de la Biélorussie Suisse Islande Liechtenstein Norvège Kosovo (UNMIK) Albanie Bosnie-et-Herzégovine Macédoine Monténégro Serbie Moldavie Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM) Ukraine Géorgie Azerbaïdjan Kazakhstan Biélorussie Russie Arménie Vatican Saint-Marin Monaco Andorre Turquie Croatie Bulgarie Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord Roumanie Tchéquie Danemark Hongrie Lituanie Pologne Suède Chypre Irlande Autriche Belgique Estonie Finlande France Allemagne Grèce Italie Luxembourg Lettonie Malte Pays-Bas Portugal Slovaquie Slovénie Espagne

Certains États membres de l’Union européenne travaillent ensemble sur des projets communs auxquels l’ensemble des pays ne souhaitent pas participer. Ces projets sont régis par des procédures de coopérations renforcées. Parmi ces projets, on trouve : l’euro – la monnaie officielle de l’Union européenne, inscrite dans les traités, seuls deux États membres ont obtenu une clause dite d’opting-out), Europol – collaboration policière et échange de renseignements, l’espace Schengen – organisation de la libre circulation des biens et des personnes, le mécanisme de taux de change européen, etc. Il existe en outre des organismes européens qui fonctionnent en dehors du cadre de l’Union, comme l’Agence spatiale européenne (ESA) ou qui ne répondent pas au principe politique de subsidiarité.

Les initiatives franco-allemandes sont importantes depuis la signature du traité de l’Élysée en 1963 qui officialise le rapprochement d’après-guerre. Depuis, un certain nombre de projets voient le jour tels que :

  • L’Eurocorps, dont une brigade franco-allemande, basée en Allemagne.
  • La chaîne de télévision Arte, diffusée dans les deux langues.
  • Un manuel d’histoire commun franco-allemand, visant à créer une vision commune franco-allemande.
  • L’Office franco-allemand pour la jeunesse, qui a pour mission d’encourager les relations entre les jeunes des deux pays.

Représentation démocratique dans l’Union européenne

La question de l’intégration européenne ne peut plus être pensée sans prendre en compte le principe de “démocratie”. La construction originelle s’était légitimée indirectement sous le principe d’une organisation internationale classique de type rationnelle-légal (c’est-à-dire le principe de respect du traité comme de la loi et expertise des acteurs institutionnels). L’adoption du traité de Maastricht, avec l’augmentation des compétences de l’Union, a marqué la fin du “consensus permissif”. Or, le caractère démocratique ne s’analyse pas seulement sur la base de critères objectifs tels que l’analyse du système et des institutions, mais aussi sur la perception des citoyens.

Le modèle d’un Parlement fort a été une première réponse à ce déficit originel. Cela a été renforcé dans le traité de Lisbonne dont un titre est consacré aux principes démocratiques et l’article 10 du TUE dispose que l’Union doit être basée sur le principe de démocratie représentative et de double représentation des citoyens :

“Les citoyens sont directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen.

Les États membres sont représentés au Conseil européen par leur chef d’État ou de gouvernement et au Conseil par leurs gouvernements, eux-mêmes démocratiquement responsables, soit devant leurs parlements nationaux, soit devant leurs citoyens”.

— Article 10(2) du TUE

Ainsi, il y a création d’un système parlementaire à deux étages avec l’élection au suffrage direct du Parlement européen et l’accroissement des pouvoirs des parlements nationaux devant lesquels chaque gouvernement membre du Conseil européen et du Conseil sont respectivement responsables. Enfin, l’article 10(3) contient une disposition concernant la démocratie participative.

Les institutions de contrôle jouent aussi un rôle dans le processus de démocratisation. En effet, la judiciarisation de la politique aurait permis dans le contexte européen un contrôle important des Cours sur le respect du processus-décisionnels (éviter les abus de pouvoir) notamment en augmentant la transparence et la sécurité juridique.


Critiques

Le fonctionnement de l’Union européenne est souvent dénoncé comme insuffisamment démocratique.

L’une des critiques porte sur les suites données aux référendums tenus sur des questions européennes dans certains États membres. On peut ainsi relever que :

  • le premier référendum danois sur le traité de Maastricht, qui voit le rejet en 1992 de ce traité par le Danemark, est suivi un an plus tard de l’adoption d’un second référendum sur un texte spécialement conçu pour les Danois ;
  • en 2001, les Irlandais rejettent par référendum le vingt-quatrième amendement de la Constitution d’Irlande lors des référendums irlandais de 2001. L’amendement prévoyait l’application du traité de Nice. Les Irlandais votent à nouveau un an plus tard et acceptent le traité avec l’approbation du vingt-sixième amendement de la Constitution d’Irlande ;
  • en 2005, la France et les Pays-Bas rejettent le projet de Constitution européenne. Le traité de Lisbonne, considéré comme similaire au projet de Constitution, est adopté en 2008, sans qu’un nouveau référendum soit organisé en France ;
  • en 2008, les Irlandais rejettent par référendum le traité de Lisbonne conçu pour remplacer le traité constitutionnel. Il sera adopté un an plus tard après un nouveau vote des Irlandais ;
  • en 2011, Giórgos Papandréou propose un projet de référendum grec de 2011 au sujet de la crise de la dette publique grecque ; à la suite des pressions, le référendum est annulé et Papandreou démissionne.
  • en janvier 2015, les grecs élisent le gouvernement Tsipras sur un programme d’opposition à l’austérité. Tsipras engage des négociations avec l’Union européenne et dès le 29 janvier 2015, Junker, président de la Commission européenne déclare : “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”. Toutefois, ce propos est nuancé par une autre déclaration : “nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe. Des arrangements sont possibles, mais ils n’altéreront pas fondamentalement ce qui est en place”. Finalement, le 13 juillet 2015, Tsipras accepte les conditions de l’Eurogroupe, bien qu’une semaine auparavant les électeurs grecs aient confirmé leur choix contre l’austérité lors du référendum auquel ils répondirent à 61 % “non”.

Grands axes des politiques menées

L’Union européenne, au travers de ses institutions et des exécutifs des États membres met en œuvre un ensemble de politiques supranationales en fonction des compétences qui lui sont dévolues dans les traités.


Politique étrangère et de sécurité

L’Union européenne possède, à travers la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), les compétences légales pour couvrir tous les domaines de la politique étrangère ainsi que l’ensemble des questions relatives à la sécurité de l’Union, y compris la définition progressive d’une politique de défense qui peut conduire à une défense commune. Cette politique est conduite par le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Le président du Conseil européen joue également un rôle majeur dans la représentation extérieure de l’Union, en étroite collaboration avec les représentants des autres institutions européennes.

Concernant le processus décisionnel de la PESC, les États membres et le Haut Représentant ont un droit d’initiative ; toutefois les décisions au Conseil européen doivent être prises à l’unanimité des 28 États membres. Les procédures de vote sont assouplies depuis le traité de Lisbonne. Les gouvernements ont la possibilité de s’abstenir, en recourant au vote à la majorité, ou en permettant à une majorité de pays d’agir seuls. Toutefois, pour les décisions impliquant des questions militaires ou de défense, l’unanimité reste la règle.

Placé sous l’autorité du Haut Représentant, le SEAE constitue le service diplomatique de l’Union tant à Bruxelles qu’à l’étranger. Il organise les représentations diplomatiques de l’UE auprès des gouvernements étrangers et institutions internationales. L’Union est un acteur présent sur la scène internationale qui, selon les cas, représente l’ensemble des États membres ou se positionne à leurs côtés. La politique étrangère est structurée autour de grands thèmes propres à la communauté européenne : la diplomatie et les actions menées auprès des gouvernements, instances et représentants étrangers, les négociations commerciales, l’aide au développement ou encore les opérations de maintien de la paix.

Ces compétences sur le plan international se traduisent par un dialogue bilatéral avec les pays émergents comme la Russie ou la Chine tant sur le plan économique et commercial que sur la lutte contre le changement climatique ou une médiation dans le processus de paix israélo-palestinien à travers le Quartet pour le Moyen-Orient, dont l’Union fait partie.

La politique de défense de l’Union européenne, dite politique de sécurité et de défense commune (PSDC) consiste quant à elle à mutualiser les forces et les moyens militaires des États membres pour répondre à des missions dites de gestion de crises ou “missions de Petersberg”, c’est-à-dire pour le maintien de la paix, les missions humanitaires ou encore le secours et l’évacuation des citoyens de l’Union.

Les moyens de l’Union en matière militaire reposent sur les efforts nationaux accomplis par les États membres. La Grèce, la France et le Royaume-Uni sont les trois nations qui consacrent le plus grand pourcentage de leur PIB à leur défense. De ce fait, l’Agence européenne de défense (AED) constitue un élément essentiel de la politique de défense communautaire. Elle a pour mission de coordonner les efforts nationaux dans le domaine de l’armement, renforcer la base industrielle et technologique européenne, et accroitre l’efficacité en recherche et développement technologique.

Ces missions se traduisent concrètement par une harmonisation des moyens militaires dans l’Union dite interopérabilité et un renforcement du tissu industriel dans ce domaine avec la réalisation de programmes d’armement commun, notamment ceux de la branche Defense and Space du groupe Airbus (Eurofighter Typhoon ou A400M Atlas).


Politique économique, monétaire et financière

La politique économique et financière de l’Union, définie aujourd’hui par le TFUE, se fixe comme objectifs de coordonner la politique économique des États membres sur le marché intérieur avec la définition d’objectifs communs. Cette politique engage l’ensemble des États membres dans une “union économique et monétaire” et entérine la création d’une monnaie dite “unique”, l’euro (€). Le pacte de stabilité et de croissance (PSC) détermine quant à lui les engagements budgétaires pris par les États de l’Union ayant introduit la monnaie unique.

Actuellement, l’euro est ainsi la monnaie effective de 19 États membres sur 28, définissant la zone euro, ainsi que, de facto, de certains États et territoires ; à savoir, le Kosovo et le Monténégro qui n’ont pas d’accord formel et Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican sur la base d’accords monétaires antérieurs à l’euro et renouvelés depuis. Tout pays appartenant à l’Union européenne doit adhérer à l’euro. Seul le Danemark et le Royaume-Uni ont obtenu une dérogation lors de la rédaction du traité de Maastricht, toutefois, ces deux pays font partie de l’Union économique et monétaire. La Suède a, quant à elle, retardé l’échéance à la suite d’un référendum défavorable. Les nouveaux États membres doivent pour leur part satisfaire aux critères de convergence économique avant de pouvoir remplacer leur monnaie nationale par l’euro.

Les grandes orientations de la politique monétaire sont définies par la Banque centrale européenne, située à Francfort-sur-le-Main, qui est chargée de gérer son émission et de garantir sa valeur vis-à-vis des autres monnaies, notamment le dollar américain. Mis en circulation depuis le 1er sous sa forme fiduciaire pour les particuliers, mais en usage dès le 1er pour les entreprises, il succède à l’European Currency Unit (ECU), soit l’unité de compte européenne, mise en service en 1979.

L’euro est aujourd’hui la deuxième monnaie de réserve dans le monde, la deuxième monnaie au monde pour les transactions financières, derrière le dollar américain, et depuis octobre 2006, la première monnaie au monde pour ce qui est de la quantité de billets en circulation.

Outre la monnaie unique, la politique économique de l’Union définit également une stratégie économique. Cette stratégie économique s’inscrit dans le cadre défini par les traités européens, dont les principes sont énoncés dans toute une série d’articles. Les principes fondamentaux sont les suivants :

  • libre circulation des marchandises dans le marché intérieur de l’UE : pas de contrôle des marchandises aux frontières entre États membres et pas de droits de douane.
  • liberté des mouvements de capitaux : toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
  • libre concurrence : les ententes entre entreprises dominantes sur un marché (ententes sur les prix ou les quantités de production) sont interdites, les abus de position dominante sont interdits, et les interventions de l’État sont interdites si elles sont susceptibles de fausser la concurrence, par exemple en autorisant l’accès aux entreprises publiques à du crédit à taux d’intérêt moindre que celui supporté par les entreprises privés.
  • la privatisation des entreprises publiques n’est pas obligatoire, mais les États doivent veiller à ne pas fausser la concurrence, et ne doivent donc pas donner aux entreprises publiques des avantages concurrentiels. La Commission européenne se limite en général à promouvoir la libéralisation des services. Par exemple, dans le domaine des transports, elle réclame qu’il soit rendu possible la mise en concurrence de la SNCF avec des sociétés privées de transport.

Le Conseil européen de Lisbonne (2000) a défini l’objectif commun qui vise à faire de l’Union européenne entre 2000 et 2010, l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale”.

À mi-parcours, en 2004, l’analyse de la stratégie de Lisbonne a montré que celle-ci avait été jusqu’alors un échec parce que les États membres n’avaient pas tenu leurs engagements pris selon la méthode ouverte de coordination, non contraignante. La stratégie a été recentrée en 2005 sur la croissance économique et l’augmentation de l’emploi.

La stratégie de Lisbonne est arrivée à terme fin 2010 dans un contexte de crise financière mondiale. L’Union européenne a alors fixé un nouveau projet – Europe 2020 – qui définit la stratégie de croissance pour l’Union avec pour mots d’ordre, “une économie intelligente, durable et inclusive”. Cette stratégie fixe les objectifs nationaux dans les domaines de l’emploi, la recherche et l’innovation, le changement climatique et l’énergie, l’éducation ainsi que la lutte contre la pauvreté.


Politique sociale et de l’emploi

Dans les domaines de la politique sociale et de l’emploi, c’est la méthode ouverte de coordination, non contraignante pour les politiques publiques des États membres, qui s’applique et permet de fixer des objectifs communs. Ces objectifs pour 2020 sont les suivants :

  • Un taux d’emploi de 75 % pour la population âgée de 20 à 64 ans.
  • Une réduction du taux d’“abandon scolaire” à moins de 10 % et l’augmentation à 40 % au moins du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur dans la classe d’âge des 30-34 ans.
  • Une diminution d’au moins 20 millions, le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale.

Tous les ans, le Comité de l’emploi définit un bilan, et le cas échéant de nouvelles orientations, accompagnés par un rapport de la commission.

En matière de droit du travail, l’Union européenne “soutient et complète l’action des États” dans plusieurs domaines et instaure des prescriptions minimales s’agissant notamment de “la santé et de la sécurité des travailleurs” (temps de travail, etc.), “l’information et la consultation des travailleurs” (licenciements collectifs, transferts, santé et sécurité, comité d’entreprise européen, société européenne et société coopérative européenne, etc.) ou des règles de non discrimination dans l’emploi et en particulier de l’égalité de traitement et de rémunération entre les femmes et les hommes.

Des accords-cadres entre les partenaires sociaux européens ont également vu le jour de façon à introduire, sur proposition de la Commission, le droit aux congés parentaux et pour des raisons familiales dans l’Union (1996). Le travail partiel a également été facilité (1997) et le recours à des contrats à durée déterminée successifs limité (1999), avec des mesures pour éviter les abus et assurer l’égalité de traitement. Des accords volontaires sur le télétravail ont également été conclus (2002), de lutte contre le stress sur le lieu de travail (2004), contre le harcèlement et la violence (2007) et les règles des marchés du travail inclusifs (2010).

Des recommandations aux décideurs politiques sont également effectuées via la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (l’agence communautaire chargée de “la planification et la mise en œuvre de meilleures conditions de vie et de travail en Europe”).

Enfin, compte tenu de la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union européenne, un portail européen sur la mobilité de l’emploi (EURES) a été mis en place afin de faciliter l’accès aux informations sur les offres d’emploi. Il existe également une carte européenne d’assurance maladie afin de bénéficier du même accès aux soins de santé publique que les ressortissants de l’État où le citoyen se déplace.


Politique régionale, agricole et maritime

La politique agricole commune (PAC), créée en 1957 et mise en place à partir de 1962, est fondée principalement sur des mesures de contrôle des prix et de subventionnement des exploitations agricoles, visant à les moderniser et à développer l’autosuffisance alimentaire et la pérennité du secteur et de ses acteurs. Le budget alloué aux dépenses liées au développement de l’agriculture s’élève en 2014 à près de 58 milliards d’euros, soit 40 % du budget communautaire pour un secteur qui représente 0,5 % du PIB de l’UE. À l’origine, les objectifs de la PAC étaient les suivants :

  • Accroître la productivité en développant le progrès technique et en assurant une utilisation optimale des facteurs de production et notamment de la main d’œuvre.
  • Assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l’agriculture.
  • Stabiliser les marchés et les prix des matières premières agricoles et des produits agro-industriels finis.
  • Garantir la sécurité des approvisionnements et l’autosuffisance alimentaire.
  • Assurer des prix raisonnables aux consommateurs.

Mais conséquemment aux décisions qui sont prises dans le cadre de l’élaboration du budget de la période 2014-2020 et du projet Europe 2020, la quatrième réforme de la PAC entre en vigueur au 1er ; la refonte des objectifs et des financements s’opère afin de répondre aux nouvelles attentes des citoyens et des organes politiques en matière de qualité et de sécurité des filières agricoles, de leur compétitivité et leur impact sur les zones rurales. La réforme met davantage en avant une agriculture durable, de l’innovation, soutenant la création d’emplois et la croissance des activités liées.

La politique européenne en matière de pêche (PCP) a été introduite en 1983 en adaptant la PAC au secteur halieutique, elle concerne les 23 États membres de l’Union ayant un accès à la mer. Le secteur contribue à moins de 1 % du PIB de l’Union et emploie près de 400 000 pêcheurs et aquaculteurs auxquels il convient d’ajouter les emplois dans les activités en aval de l’industrie agroalimentaire liée aux produits marins. Ainsi, l’UE, avec plus de 6 millions de tonnes de poissons pêchés et élevés (soit 4,6 % de la production mondiale) chaque année et une flotte de plus de 80 000 navires, est le quatrième producteur mondial de produits de la mer.

Aux côtés de la PCP, la nouvelle politique maritime cherche à apporter des réponses aux problèmes connexes : la pollution des mers, la protection de l’environnement, le développement des régions côtières, la création d’emplois et la surveillance des frontières et des ZEE des pays membres. Ainsi, la PCP se compose de quatre volets :

  • Réglementation de la production, labels de qualité, calibrage, emballage et étiquetage.
  • Soutien aux organismes de protection des pêcheurs contre les aléas du marché.
  • Fixation de prix minimums et rachat des invendus.
  • Négociation avec les pays tiers.

Politique énergétique et environnementale

L’Union européenne a créé au total six programmes d’action pour l’environnement depuis 1972. Un plan climat-énergie a par ailleurs été adopté en 2008, dont les objectifs d’ici 2020 sont les suivants :

  • diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (30 % en cas d’accord international) ;
  • abaisser la consommation d’énergie de 20 % grâce à une meilleure efficacité énergétique ;
  • couvrir 20 % de nos besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables.

Les actions destinées à soutenir ces objectifs sont nombreuses et visent essentiellement le secteur industriel. Parmi celles-ci, les constructeurs automobiles devront réduire les émissions de CO2, l’efficacité énergétique de nombreux types d’appareils domestiques doit être améliorée, et le recours aux énergies renouvelables : éolienne, solaire et hydroélectrique, à la biomasse et aux biocarburants doit être accru.

Toutefois, cette politique ne peut porter ses fruits que si elle est suivie à l’international. L’UE a participé à l’élaboration de traités internationaux tels que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques en 1992 et son Protocole de Kyoto, en 1997. Ce protocole s’était traduit par la mise en place d’un Système communautaire d’échange de quotas d’émission. Le prochain sommet de la Terre ayant lieu en 2012, le Comité économique et social européen a recommandé que l’UE joue un rôle moteur dans l’élaboration de ce sommet.

Au-delà de ces plans d’action, l’Union européenne dispose d’une Agence européenne pour l’environnement (AEE) dont la mission est de fournir des informations fiables et indépendantes sur l’environnement afin de mettre en œuvre et évaluer la politique environnementale. L’AEE utilise pour cela le réseau européen d’information et d’observation pour l’environnement (EIONET) constitué de points focaux nationaux, généralement des agences environnementales nationales.

Par ailleurs, la Commission européenne désigne chaque année plusieurs villes qui reçoivent le prix de la Capitale verte de l’Europe et celui de la Feuille verte ; ces programmes récompensent respectivement les villes qui prennent en compte l’environnement dans leurs aménagements urbains et la volonté d’obtenir de meilleurs résultats environnementaux en mettant l’accent sur la croissance verte et la création d’emplois dans les secteurs du développement durable.


Politique judiciaire et droits de l’homme

La politique judiciaire de l’Union européenne prend pour cadre ce qui deviendra à terme l’“Espace judiciaire européen”, un espace de convergence progressive des législations nationales des pays membres. Elle répond d’abord au troisième pilier du TUE (la coopération policière et judiciaire en matière pénale), mais a été élargie à l’“Espace de liberté, de sécurité et de justice” par le traité d’Amsterdam. En parallèle, divers programmes de rapprochement judiciaire ont été mis en place tels que la création d’un mandat d’arrêt européen en 2003, le développement de la reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires et d’une politique de coordination judiciaire, l’Unité de coopération judiciaire de l’Union européenne (Eurojust).

L’Union européenne a mis en place un ensemble de programmes ainsi qu’une charte visant à assurer le respect des droits de l’homme au sein de ses États membres, l’Agence des droits fondamentaux contrôle au niveau communautaire que les politiques de lutte contre les discriminations, le racisme et la xénophobie et la protection des groupes vulnérables soient effectives. La défense des droits de l’homme au sein de l’UE vise à répondre aux points définis dans la charte des droits fondamentaux, notamment les trois premiers chapitres portant sur les valeurs de liberté, dignité et égalité. Ses fonctions portent sur la collecte, l’analyse, la diffusion et l’évaluation des mesures prises par l’Union européenne du respect des droits fondamentaux. Elle collabore également avec d’autres organisations nationales et internationales mais n’a pas le pouvoir de sanctionner l’un des États membres pour le non-respect de ses engagements.

Dans son rapport annuel de 2009, l’Union européenne mettait en avant les efforts engagés avec une quarantaine de pays hors de l’UE pour développer un dialogue centré sur les droits de l’homme, notamment dans le cadre de l’accord de Cotonou signé en partenariat avec les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique membres de l’ACP. À ce titre, l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDE), chargé de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme dans le monde a été doté d’un budget d’1,1 milliard d’euros pour la période 2007-2013 ; cette politique s’intègre également dans le cadre de la politique extérieure menée par l’UE.

En déterminant des actions et positions communes, les États membres se sont dotés d’instruments juridiques afin de déterminer les mesures à prendre et actions à mettre en œuvre en cas de violation des droits de l’homme ou de situation de crise. Des positions communes ont ainsi été prises en 2011, lors de la prise de pouvoir tumultueuse d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, de la guerre civile en Libye visant à destituer Mouammar Kadhafi ou encore contre les hautes personnalités du gouvernement syrien.


Futur de la politique européenne

Les évolutions politiques de l’Union sont orientées d’une part par les conjonctures des différents États membres ; les institutions européennes se concentrent alors sur les problèmes rencontrés ; et d’autre part, par les travaux des différentes commissions du Parlement européen qui réalisent des études prospectives et proposent des axes politiques en conséquence.


Europe 2020

La stratégie Europe 2020 vise à coordonner les politiques économiques au sein de l’UE et succède à la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi qui avait été adoptée par le Conseil européen des 23 et  ; elle cherche à concilier l’amélioration des indicateurs de développement durable en matière de croissance, d’emploi et de protection de l’environnement tout en augmentant la compétitivité de l’Europe au niveau mondial. Cette politique porte sur les investissements dans la recherche et l’innovation, la croissance verte ou encore l’éducation et l’emploi et entend créer une nouvelle forme de “gouvernance économique”.


Gestion des crises internationales

La “crise de la dette publique des États membres de la zone euro” a débuté en 2010, de profonds changements structurels ont eu lieu dans les pays les plus touchés, notamment en Grèce, au Portugal et en Irlande (les pays du PIIGS où la crise de la dette s’est accompagné de réductions budgétaires très importantes). En parallèle, les crises économico-financières ont conduit les acteurs européens à engager des réformes en profondeur afin de mieux contrôler les acteurs du monde de la finance et de protéger les consommateurs.

En 2013, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance est entré en vigueur et le FESF et le MESF ont été remplacés par le MES, une institution avec la capacité de lever des fonds sur les marchés financiers afin d’aider les États en difficulté, de participer aux sauvetages de banques privées et de limiter les taux d’intérêts sur les marchés obligataires.


Économie

PIB et croissance économique

L’Union européenne à 28 pays représente un poids économique majeur sur la scène internationale : en 2007, à l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie, le PIB de l’Union européenne était de 16 748 milliards de dollars, à comparer avec les 13 811 milliards de dollars des États-Unis. Elle représente 23,64 % des richesses du monde, pour 8 % de la population mondiale. Cependant, le PIB par habitant reste inférieur à celui des États-Unis. Le dynamisme économique des nouveaux États membres a tiré le taux de croissance globale de l’Union : les pays baltes ont affiché une croissance moyenne annuelle de près de 10 % entre 2004 et 2008, alors que les pays de l’Ouest accusaient un ralentissement de leur activité. En 2010, le produit intérieur brut de l’Union européenne est de 12 268 milliards d’euros, ce qui représente une moyenne de 24 500 euros par habitant. Cependant, avec la montée en puissance des “pays émergents”, son poids relatif dans le PIB mondial a tendance à se contracter : de 30,35 % en 2005, il est passé à 25,85 % en 2010 puis à 23,64 % en 2014.


Répartition entre États membres

Malgré une politique de cohésion territoriale, la production de richesse des régions de l’UE demeure inégalement répartie ; ainsi, l’Ouest de l’Union concentre 85 % des richesses totales, soit 14 156 Md$, alors que l’Est contribue pour 2 592 Md$), on retrouve cette distinction au travers d’autres indicateurs d’homogénéité de la répartition des richesses ou du niveau de développement tels que l’IDH ou le coefficient de Gini.

Les disparités économiques sont parfois très révélatrices au sein d’un seul et même pays. La région avec le PIB le plus élevé de l’UE est la Rhénanie-du-Nord-Westphalie avec un PIB de 488 milliards d’euros, devant l’Île-de-France avec 483 milliards d’euros.

Situation inverse en Bulgarie, où la région la plus pauvre est l’oblast de Pleven, dont le PIB par habitant n’est que de 27 % de la moyenne de l’Union (6 400 €/habitant), ou encore en Roumanie où la région de développement Nord-Est n’atteint que 29 % de la moyenne européenne.

C’est au Danemark que le salaire horaire médian est le plus élevé. La France, avec 14,22 euros de l’heure, est le seul grand pays européen à ne pas figurer dans le top dix.

En 2008, selon le classement du magazine américain Fortune, 167 des 500 premières entreprises mondiales, classées selon leur chiffre d’affaires, avaient leur siège dans l’UE (soit 33,4 %), contre 153 aux États-Unis (30,6 %) et 64 au Japon (12,8 %).


Commerce extérieur

L’Union européenne est le premier ensemble du commerce mondial : 16,4% des échanges mondiaux de biens et services en 2012, contre 19,6% en 2004 (OMC) : 1er exportateur mondial de biens manufacturés (14,7% des exportations mondiales en 2012) et de services (24,6 % des exportations mondiales en 2012) selon l’OMC. Une économie ouverte : le taux d’ouverture de la zone euro (total des importations et exportations/PIB) = 33% du PIB européen (monde 20%, Asie 15%), faible protection douanière : 1,6% en moyenne. L’Union européenne est le premier partenaire commercial des États-Unis, de la Chine, de l’Inde, de la Russie et des pays composant le Mercosur, ainsi que de la Corée du Sud et des pays composant l’OPEP.


Monnaies officielles

L’euro est la monnaie de jure de l’union économique et monétaire (UEM) ; le traité de Maastricht (TUE) de 1992 instaure l’UEM et établit les fondements de la monnaie unique avec la libéralisation de la circulation des capitaux, une coordination renforcée des politiques économiques et l’établissement d’une Banque centrale européenne. L’euro est commune à dix-neuf États membres de l’Union européenne qui forment ainsi la zone euro. À ceux-ci s’ajoutent quatre états hors de l’UE ayant des accords officiels et utilisant donc l’euro de façon officielle, ainsi que deux autres états l’ayant adopté unilatéralement (le Kosovo et le Monténégro). La livre sterling britannique, la couronne danoise, la couronne suédoise, la couronne tchèque, le forint hongrois, la kuna croate, le leu roumain, le lev bulgare et le złoty polonais ont également valeur de monnaie officielle dans leurs pays respectifs. Ces monnaies ne sont pas toutes liées au cours de l’euro par le mécanisme de taux de change européen (MCE II) mais servent d’intermédiaire dans les échanges pour le commerce intra- et extra-européen. Par convention, la comptabilité des échanges commerciaux au niveau européen est réalisée en euro ou en dollar.

Sur le plan international, l’euro est devenu une monnaie de référence au sein du Système monétaire international, il représente 27 % des réserves de change et la moitié des obligations internationales avec 50 % des encours mondiaux. On observe une confiance croissante en l’euro. Cependant, elle est peu utilisé comme monnaie de transaction ou dans les échanges de matières premières et de produits manufacturés par rapport au dollar américain. Dans les échanges commerciaux, il est surtout utilisé avec les pays méditerranéens, au Proche-Orient et en Afrique subsaharienne. Au cours des dernières années, le poids de la livre sterling s’est réduit du fait du recul du poids de l’économie britannique et plus récemment du choix des Britanniques de sortir de l’UE.

Au niveau européen, le transfert de la politique monétaire des États membres de la zone euro à la BCE engendre des modifications de fonctionnement et dans l’ordre des priorités relatives aux politiques monétaires nationales : la BCE a pour mission principale la stabilité des prix ce qui implique une maîtrise de l’inflation et de la création monétaire. Les pays membres conservent une totale liberté dans la mise en place de leur politique budgétaire, mais leurs actions sont encadrées par le Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Pour ce qui est des pays candidats à l’adhésion à la zone euro, ils doivent arrimer leur monnaie au Mécanisme de taux de change européen (MCE) pendant deux ans et respecter des critères de convergence.

L’euro accélère la mise en place d’une Europe fédérale (convergence économique, budgétaire, monétaire, etc.), mais aussi d’une zone monétaire optimale répondant aux critères énoncés par Robert Mundell ; la baisse des coûts d’échange et de financement entraînent une hausse de la croissance mais dans le cas de la zone euro, la zone monétaire n’est pas optimale en raison de niveaux de coordination des politiques budgétaires et économiques hétérogènes et encore en stade de développement (semestre européen, six-pack, two-pack, etc.).


Population et société

Démographie

Avec près de 511,8 millions d’habitants au 1er, l’Union européenne constitue la 3ème puissance démographique mondiale. Toutefois, l’UE pourrait être marquée par une baisse de sa population. En effet, certains pays voient tendanciellement leur population diminuer comme la Pologne et ses 38 millions d’habitants, la Roumanie qui passerait de 22 à 17 millions d’habitants en l’an 2050 ou la Bulgarie qui perdrait 30 % de sa population, qui passerait de 7 à 5 millions d’habitants. À ce rythme, 17 pays de l’UE verront leur population chuter d’ici 2050, cette baisse de la population européenne est due au faible taux de natalité des pays européens, ce qui nécessite selon la commission européenne de 2006 une réponse constructive au défi démographique.

Quelques pays (dont le Royaume-Uni et la France) limitent ce phénomène, en gagnant à eux seuls 9 millions d’habitants et l’Espagne pourrait gagner environ 2,4 millions d’habitants d’ici à l’an 2050, essentiellement grâce à sa politique migratoire. On peut estimer que la France sera toujours le deuxième pays le plus peuplé en 2050 (avec 71 millions d’habitants) après l’Allemagne (74,5 millions), mais que l’écart pourrait être bien moindre en raison notamment du maintien d’un taux de natalité plus élevé et d’une immigration plus importante. Les trois principales puissances : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni représentent près de 42 % de la population de l’Union européenne (214 millions d’habitants sur 510 en 2016), leurs superficies cumulées est de 1,145 million de kilomètres carrés, soit près de 25,4 % de la superficie totale de l’UE et ils représentent plus de 55 % du PIB de l’UE (9 600 Mds € de PIB sur 17 500 en 2015).

Au 1er, la population estimée de l’UE était de 511 millions d’habitants en progression d’environ 0.90 % par an sur les trois dernières années ; en 2009, la croissance démographique avérée était imputable à la natalité pour 0,6 million (29 %) et à 1,5 million (71 %) au solde migratoire ; l’UE a vu naître 5,4 millions d’habitants, soit un taux de 1,09 naissance pour 100 habitants. Le taux de natalité a augmenté partout dans l’Union, sauf en Allemagne, de plus, le taux de mortalité a augmenté en Allemagne (de 10,1 ‰à 10,3 ‰), en France (de 8,3 ‰à 8,5 ‰) et à Malte (13 ‰ à 13,2 ‰). Au total, la population a augmenté en France (+368 000), en Espagne (+545 000), en Italie (+434 000) et au Royaume-Uni (+441 000), elle a cependant diminué en Allemagne (-168 000).

En 2010, la Commission européenne publiait son rapport Eurostat (bi-annuel) sur la démographie de l’Union européenne, elle estimait que la population totale de l’UE serait de 505,718 millions d’habitants en 2050 contre 501,103 millions recensés en 2009 ; l’accroissement naturel négatif (−1,695 million d’habitants par an en 2050) n’étant plus compensé par l’immigration (+924 000), l’accroissement démographique serait alors négatif. Autre point problématique, le taux de dépendance des personnes âgées vis-à-vis des actifs passerait de 24,5 % en 2009 à 50,4 % en 2050, traduisant une société dont la pyramide des âges serait totalement déréglée et les conséquences sociales importantes.

En 2010, il y avait 47,3 millions de personnes nées à l’étranger et vivant dans l’UE27, dont 16 millions (3,2 %) nées dans un autre État membre de l’UE27 et 31,4 millions (6,3 %) nés dans un pays hors de l’UE27. Au total, la population née à l’étranger comptait pour 9,4 % de la population totale de l’UE27. Les pays avec le plus grand nombre de personnes nées hors de l’UE27 sont l’Allemagne (6,4 millions), la France (5,1 millions), le Royaume-Uni (4,7 millions), l’Espagne (4,1 millions), l’Italie (3,2 millions) et les Pays-Bas (1,4 million).


Citoyenneté

La notion de citoyenneté dans l’Union européenne est née de la ratification du traité de Maastricht en 1992. Depuis, cette notion a été intégrée au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

“Dans toutes ses activités, l’Union respecte le principe de l’égalité de ses citoyens, qui bénéficient d’une égale attention de ses institutions, organes et organismes. Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union s’ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas”.

— Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Article 9

Ainsi, tout citoyen d’un pays membre de l’Union européenne est également citoyen de l’Union européenne et bénéficie à ce titre d’un “espace de liberté, de sécurité et de justice”.

Avec la citoyenneté européenne, de nouveaux droits sont apparus. Ils sont garantis par les traités (articles 17 à 22 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) et par la Charte des droits fondamentaux.

  • Tout citoyen de l’UE a droit de circuler et de séjourner, de travailler et d’étudier, sur le territoire des autres États membres, qu’il soit un citoyen actif ou inactif. L’entrée dans un autre État membre ne peut être refusée que pour des raisons d’ordre public, de sécurité ou de santé publique, et la restriction, comme l’expulsion, doivent être justifiées.
  • Les citoyens européens bénéficient du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et aux élections du Parlement européen, dans l’État membre où ils résident et ce dans les mêmes conditions que les ressortissants de cet État.
  • Les citoyens de l’Union européenne bénéficient aussi d’un droit de pétition devant le Parlement ainsi que d’une protection consulaire effective, et ce, même dans des pays tiers où les ressortissants de l’Union ne bénéficieraient pas de la représentation de leur propre État.
  • Dans le cas où un État membre d’origine n’est pas représenté dans un pays tiers, la protection consulaire des autorités diplomatiques d’un autre État membre peut être accordée aux citoyens de l’UE, au nom de la protection consulaire effective mise en place à partir de 2008.
  • Pour finir, suivant les dispositions du traité d’Amsterdam, tout citoyen de l’Union et toute personne physique ou morale ayant son siège dans un État membre a un droit d’accès aux documents du Parlement européen, du Conseil de l’Union européenne et de la Commission européenne, dans la limite des raisons d’intérêt public ou privée.

Par ailleurs, le préambule de la Charte des droits fondamentaux pose comme principe : “La jouissance de ces droits entraîne des responsabilités et des devoirs”.


Langues

Des quatre langues officielles des débuts de la CECA (français, allemand, italien et néerlandais), l’Union européenne dispose désormais de vingt-quatre langues officielles et trois alphabets pour vingt-huit États. L’irlandais, “première langue nationale” de l’Irlande, a bénéficié en outre entre 1973 (entrée en vigueur du traité d’adhésion) et 2007 d’un statut spécial (traduction des traités et droit d’être utilisée dans la correspondance avec l’Union) : il est devenu au 1er janvier 2007 une langue de travail sans devenir pour autant une langue officielle.

Le français est, avec l’anglais et l’allemand, langue de travail et langue officielle des institutions de l’Union européenne, conformément au règlement CE n° 1/1958 du .

À chaque élargissement, la tension est forte, y compris en matière linguistique, en raison non seulement des difficultés supplémentaires de traduction et d’interprétation, mais aussi pour satisfaire des susceptibilités nationales. Le traité d’adhésion de l’Autriche (langue officielle : allemand) comprend ainsi une liste de termes spécifiquement autrichiens.

Des langues minoritaires, mais davantage parlées dans l’Union que le maltais ou l’irlandais, se sentent également délaissées ou ignorées (c’est le cas notamment de l’occitan, du catalan, du basque, du breton, du russe des pays baltes, du turc parlé par des Chypriotes, voire du luxembourgeois). L’Irlande souhaitant pour sa part éviter que sa langue nationale ne soit mise sur le même plan que des langues régionales ou minoritaires, le gouvernement a réclamé qu’elle soit portée au statut de langue officielle, celui-ci lui a été accordé au 1er, avec le roumain et le bulgare. D’autre part, les traductions en maltais demeurent incomplètes en raison de difficultés matérielles.

Le rapport Grin compare plusieurs modes de fonctionnement linguistique et conclut que l’adoption d’une langue commune neutre comme l’espéranto serait, d’un point de vue économique, la meilleure solution (en procurant 25 milliards d’euros par an d’économies, soit 17 % du budget annuel).


Religions

Le christianisme est la religion majoritaire dans tous les pays de l’Union. On retrouve les trois grandes confessions réparties géographiquement suivant les épisodes qui ont marqué l’histoire du christianisme ; ainsi, les catholiques sont-ils principalement concentrés à l’ouest, au centre, au sud-ouest et au nord-est de l’UE (notamment en Italie, Espagne, Portugal, Irlande et Pologne), les orthodoxes dans les pays du sud-est à forte proportion de croyants (Grèce, Chypre, Bulgarie, Roumanie) et les protestants, essentiellement au centre, à l’ouest et au nord, dans les pays Scandinaves, le Royaume-Uni et le monde germanique.

De plus, l’Union accueille quelques communautés juives et d’autres minorités religieuses qui se développent principalement du fait de l’immigration : islam, bouddhisme, christianisme oriental, hindouisme, etc.

D’autre part, l’Europe peut être considérée comme un des continents les moins religieux du globe ; selon une enquête de l’eurobaromètre de juin 2005, si 52 % des Européens disent croire en un dieu, 18 % affirment ne croire en aucune forme de divinité, d’esprit ou de force supérieure. Selon ce sondage, dans 15 des 27 pays que comptait l’Union à cette époque, les personnes indiquant croire en un dieu étaient minoritaires ; la France était le pays avec la plus forte proportion de personne ne croyant en aucune force surnaturelle (13 de la population), tandis que l’Estonie et la République tchèque étaient les deux pays où le nombre de personnes croyant en un dieu était le plus faible.


Urbanisme

La présence des principaux sièges d’institutions européennes dans le “quartier européen” de Bruxelles font de la capitale belge un des symboles de l’UE, si bien qu’on se réfère au substantif “Bruxelles” pour désigner ces institutions ou leurs représentants. Les villes de Strasbourg, Luxembourg, Francfort ou La Haye sont également des villes qui accueillent au moins un des principaux sièges institutionnels européens ; Strasbourg accueille également de nombreuses autres institutions liées au Conseil de l’Europe, au point de prétendre également au titre de Capitale européenne”.

D’un point de vue démographique, les aires urbaines de Paris (12,7 millions d’habitants) et de Londres (10 millions), ainsi que l’aire urbaine de Rhin-Ruhr (11,7 millions d’habitants) constituent des “mégapoles” et sont fortement interconnectées au réseau de la “mégalopole européenne” qui s’étend du Grand Londres à la plaine du Pô. Les aires urbaines de Milan (6,8 millions), du Randstad (6,6 millions), de Madrid (6,4 millions), de Barcelone (5 millionsBerlin (4,4 millions) et Rome (4,3 millions) dépassent les quatre millions d’habitants et font partie des villes mondiales selon les divers classements effectués.

Sur le plan touristique, ParisLondres, Rome et Barcelone sont les quatre villes les plus visitées d’Europe et enregistrent plus de 5 millions de visiteurs chaque annéeParis est la plus visitée d’Europe et du monde depuis les années 2000 en enregistrant plusieurs millions de visiteurs chaque année.

Du point de vue de la qualité de vie, une étude publiée annuellement par le cabinet Mercer établissant un classement des villes les plus agréables du monde, plusieurs villes européennes sont présentes dans le haut du classement et en 2016, Vienne a été classée première pour la septième année consécutive. Parmi les dix villes les mieux notées, viennent ensuite les villes allemandes : Munich (4ème), Düsseldorf (6ème) et Francfort (7ème) ; enfin Copenhague arrive en 9ème position. Ces dernières années, plusieurs grandes villes comme Paris, Londres, Madrid et Athènes ont reculé dans le classement basé sur la sécurité personnelle “en raison d’attentats terroristes ou d’agitations sociales”. Des villes comme Prague, Budapest, Varsovie ou Bucarest rythment l’activité économique, culturelle et politique des pays d’Europe de l’Est (les anciens PECO, en plein développement), tandis que Stockholm, Helsinki et Copenhague sont les capitales et plus grandes villes Fenno-scandinaves ; Riga, Tallin et Vilnius, les capitales baltes et Dublin, La Valette et Nicosie, les capitales des États membres insulaires.


Culture

Le traité de Maastricht a permis à l’UE d’étendre ses champs de compétence et de développer une politique communautaire orientée vers la culture. Cela se traduit par diverses actions et projets menés sur le terrain tels qu’Europeana, un projet de bibliothèque numérique européenne, l’attribution du titre de capitale européenne de la culture pour une ou plusieurs villes chaque année, des aides pour des projets culturels ou encore Culture 2000, le programme-cadre en la matière de 2000 à 2006.


Fêtes et vie quotidienne

Il n’existe pas de jours fériés inscrits dans le droit européen ; cette compétence appartient aux États membres. Dans la plupart des États européens, il existe une dizaine de jours fériés par an. Le jour de l’an, observé par tous les États membres, est la seule fête civile commune à toutes les régions et communautés, car l’ensemble des États membres utilisent le calendrier grégorien. Certaines fêtes religieuses, principalement chrétiennes, sont également communes à de nombreux pays européens. La Journée de l’Europe célèbre depuis 1985 l’anniversaire de la Déclaration Schuman le . Elle fait partie des symboles de l’Union européenne, mais n’est un jour férié dans aucun État membre.

Chaque année, des capitales européennes sont désignées dans différentes catégories : culture, jeunesse, environnement, etc. et des projets sur le long terme sont développés (GECT, programmes régionaux) ce qui contribue notamment au renforcement des échanges régionaux. Depuis 1983 et sur le modèle des années internationales décrétées par l’ONU, des thématiques communautaires sont mises en valeur ; l’année 2013 est consacrée Année européenne des citoyens” sur le thème des droits et avantages concrets qui résultent de la citoyenneté de l’Union européenne, attachés notamment aux “quatre libertés” fondamentales dont les citoyens européens jouissent au quotidien.


Symboles

L’Union reçoit en 2012 le prix Nobel de la paix.

  • Le drapeau européen, un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu. Les étoiles représentent les peuples d’Europe, et forment un cercle en signe d’union. Elles sont au nombre invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude dans la tradition grecque antique, et non, comme on pourrait le croire, les douze pays qui faisaient alors partie de la CEE, de 1986 à 1995. D’après son concepteur, il s’agit d’une allusion aux “12 étoiles qui entourent la couronne de la Vierge Marie”. Le drapeau a été adopté le  par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, exprimant le souhait de voir les autres organisations européennes adopter ce même symbole. Le Parlement européen en prend l’initiative lors d’une proposition de résolution en 1979, à la suite des premières élections du Parlement au suffrage universel direct, alors qu’il siégeait dans des bâtiments du Conseil de l’Europe à Strasbourg où flottait déjà ledit drapeau européen. Cette résolution est adoptée en 1983, confirmée par le Conseil des ministres en juin 1985 et mise en application en 1986, dans toutes les institutions communautaires.
  • L’hymne européen : l’Ode à la joie, mélodie tirée de la 9ème symphonie de Ludwig van Beethoven (1823), dont un arrangement de Herbert von Karajan a été retenu par le Conseil de l’Europe comme hymne européen officiel en 1972.
  • Le 9 mai, la Journée de l’Europe, qui commémore la déclaration Schuman, le 9 mai 1950, considérée comme l’acte de naissance de la construction européenne.
  • La devise de l’Union européenne In varietate concordia (expression latine signifiant Unie dans la diversité) proclamée devise officielle le  par le Parlement européen (ne serait devenue la devise européenne officielle que si le traité de Rome de 2004 avait été ratifié). Elle a été choisie par un regroupement de jeunes européens.
  • L’euro comme monnaie unique : mis en place par le traité de Maastricht (ratifié en 1992), l’euro est introduit en 1999 comme monnaie unique invisible, puis les pièces et billets en euros sont introduits le 1er dans les pays remplissant les conditions, avec une distribution commencée en décembre 2001. En 2015, c’est la monnaie commune de dix-neuf des États membres de l’Union européenne et elle est utilisée comme monnaie nationale dans six autres pays.
  • L’Union reçoit en 2012 le prix Nobel de la paix “pour avoir contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe”. Au-delà du prix, ce sont les valeurs et les idéaux des Européens qui sont saluées et notamment les principes fondateurs sur lesquels est bâtie l’UE.
  • Les logotypes, choisis par les États assurant la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne et servant généralement de second emblème après le drapeau européen pour représenter l’UE étant donné qu’elle ne possède pas d’armoiries officielles.

Source : Wikipédia en français
Dernière modification : 28 février 2018

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