Buchenwald

Cité dans We Her Majesty’s Prisoners :
“England’s glory lives on in worldwide genocide
So celebrate Buchenwald as her majesty’s heir
Now an obsolete face on a currency of illusion
No matter what we own we can’t buy freedom”

Buchenwald a été un camp de concentration nazi créé sur la colline d’Ettersberg près de Weimar, Thuringe, Allemagne, en juillet 1937.

L’origine du camp de Buchenwald est la décision prise le 20 mai 1936, par Fritz Sauckel, représentant du Reich en Thuringe, et Theodor Eicke (Inspecteur) de déplacer le camp de concentration de Lichtenburg vers la Thuringe, “pour des raisons de sécurité”. Comme celui de Sachsenhausen, près de Berlin, ce camp de Thuringe, prévu pour 8000 détenus, devra être un camp de concentration de type nouveau, combinant  “de manière optimale” les intérêts organisationnels, politiques et économiques de la SS.

Le site du camp n’est définitivement choisi que quatre mois plus tard : il s’agit de la colline de l’Ettersberg près de Weimar, ville symbole des classiques de la culture allemande Goethe, Schiller, Nietzsche… Le camp sera baptisé Buchenwald (Forêt de hêtres), officiellement KL Buchenwald bei Weimar ; le nom d’Ettersberg, utilisé au départ, est abandonné parce que trop fortement associé à celui de Goethe.

Les premières baraques sont construites sur le versant nord, entièrement boisé, d’une superficie de 190 hectares. Le 15 juillet 1937, 149 prisonniers qualifiés pour les travaux de construction sont amenés du camp de Sachsenhausen. Ils doivent défricher, installer les canalisations d’eau et poser les installations électriques, construire les routes et les chemins, les casernes, les casinos, un manège à cheval, les villas des SS… . Les conditions de travail, l’encadrement de triangles verts, “des criminels professionnels” et le manque d’équipement adéquat causent de nombreuses victimes. La clôture du camp des prisonniers est parcouru par un courant électrique de 380 volts ; la porte porte une inscription en fer forgé : Jedem das Seine (“À chacun son dû”).

Le “Comité international clandestin” de Buchenwald, “ILK” voit le jour l’été 1943 suite à une réunion secrète. Le colonel Frédéric-Henri Manhès, déporté en 1943, et Marcel Paul, dirigeant communiste français, déporté à Auschwitz, puis à Buchenwald, y représentent le Comité de défense des intérêts français.

Début avril 1945, les nazis tentent d’évacuer le camp alors que les troupes américaines approchent. Ils jettent des milliers de déportés sur les routes. Ce sont les “marches de la mort”. Cependant, l’organisation clandestine du camp parvient à limiter le nombre des départs et à prendre le contrôle du camp sur les SS le 11 avril 1945, quelques heures avant l’arrivée des blindés américains.

Les habitants de la ville voisine de Weimar, distante d’environ 5 km, sont réquisitionnés pour l’évacuation des corps de déportés, la plupart d’entre eux disant qu’ils ignoraient ce qu’il se passait alors à Buchenwald. Le commandement américain a souhaité que des notables de Weimar se rendent au camp, le 16 avril 1945 afin que chacun puisse constater l’horrible réalité du régime porté au pouvoir en 1933.

Comme dans la plupart des camps, les détenus libérés des camps de concentration de l’époque nazie n’ont pas tous pu regagner tout de suite leur pays. Il s’est écoulé des jours, parfois des mois. Le camp de concentration de Buchenwald avait été libéré par les troupes américaines, mais faisant partie de la zone d’occupation soviétique, il a été remis aux troupes soviétiques.

Le camp spécial (Speziallager) numéro 2 de Buchenwald a été créé en 1945 à l’endroit même où se trouvait l’ancien camp de concentration. Il a été utilisé jusqu’en 1950 comme camp d’internement des nazis mais aussi d’opposants politiques au régime soviétique, tout comme trois autres camps de concentration nazis (dont Torgau).

Les Soviétiques ont utilisé l’infrastructure du camp de Buchenwald, comme les Américains à Dachau par exemple, pour interner des nazis, membres du NSDAP, des collaborateurs et des criminels de guerre, dans le cadre du travail de dénazification fixé par les accords interalliés. Au total, 28 000 personnes (dont environ 1000 femmes) seraient passées dans le camp spécial. 7113 seraient morts pendant leur détention, une surmortalité due particulièrement au manque de nourriture pendant l’hiver 1946/1947.

En RDA, le souvenir du camp spécial ne donnait pas lieu à commémoration. C’est seulement après la disparition de la RDA, que les autorités de l’Allemagne fédérale ont encouragé l’étude et la commémoration de cet épisode, ce qui a conduit à la conception d’une exposition permanente sur le Speziallager Nr. 2 sur l’Ettersberg à côté de celle consacrée au camp de concentration. Cette exposition a rencontré la vive opposition des associations d’anciens déportés de tous les pays et du Comité international de Buchenwald, qui ont considéré que tout amalgame représente un dangereux révisionnisme.

Les nazis ont fait abattre par leurs prisonniers des dizaines d’hectares de forêt pour la construction du camp de concentration de Buchenwald. Un arbre, un chêne ou un hêtre, placé au milieu du camp, qui selon la légende était celui sous lequel le poète, philosophe et dramaturge Goethe (qui a vécu et est mort à Weimar) avait l’habitude de se reposer, méditer et travailler, a été épargné, étonnant symbole d’une Allemagne humaniste au cœur de l’horreur concentrationnaire nazie. L’arbre a été brûlé lors du bombardement allié de juillet 1944. Un proverbe circulait parmi les déportés : l’Allemagne nazie devrait disparaître quand le chêne de Goethe s’abattrait.

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