Elizabeth II

Mentionnée dans Repeat (UK) et Repeat (Stars And Stripes) :
“Repeat after me
Fuck queen and country
Repeat after me
Royal Khmer Rouge
Repeat after me
Imitation demi-gods”
et dans We Her Majesty’s Prisoners
et dans Door To The River :

The majesty, the majesty
Door to the river
Pre-eminent amongst the free
Door to the river
Happy and drifting endlessly
Door to the river”
et dans Ghost Of Christmas :

“Sleep through the Queen’s speech
‘Cause it means nothing to me
Zulu’s on, the Milk Tray’s out
So it must be love”

Élisabeth II (en anglais : Elizabeth II), née le  à Mayfair (Londres), est le monarque constitutionnel du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ainsi que de quinze autres États souverains (appelés royaumes du Commonwealth) et de leurs territoires et dépendances, ainsi que le chef du Commonwealth of Nations regroupant 52 États.

Lorsque son père George VI accède au trône en 1936 à la suite de l’abdication de son frère Édouard VIII, Élisabeth devient l’héritière présomptive de la Couronne britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s’enrôle au sein de l’Auxiliary Territorial Service. Le 20 novembre 1947, elle épouse Philip Mountbatten avec qui elle aura quatre enfants : Charles, Anne, Andrew et Edward. Son couronnement le  est le premier à être retransmis à la télévision.

À son accession au trône britannique le , Élisabeth II devient la reine de sept États indépendants du Commonwealth : l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, Ceylan, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan et le Royaume-Uni. Entre 1956 et 1992, le nombre de ses royaumes change car des territoires obtiennent leur indépendance et certains royaumes deviennent des républiques. En plus de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni susmentionnés, Élisabeth II est reine aujourd’hui de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Îles Salomon, de Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Belize, d’Antigua-et-Barbuda et de Saint-Christophe-et-Niévès.

Au cours d’un long règne où elle voit passer quatorze Premiers ministres britanniques, elle réalise de nombreuses visites historiques et supervise plusieurs changements constitutionnels dans ses royaumes comme la dévolution du pouvoir au Royaume-Uni et le rapatriement de la Constitution du Canada.

Elle rencontre également des moments difficiles, comme l’assassinat de l’oncle du prince Philip, Louis Mountbatten, les séparations et le divorce de trois de ses enfants en 1992 (année qu’elle qualifie d’annus horribilis), la mort de sa belle-fille, Diana Spencer, en 1997, et les décès de sa mère et de sa sœur en 2002. La reine a dû faire face à de virulentes critiques de la presse à l’encontre de la famille royale, mais le soutien à la monarchie et sa popularité personnelle restent élevés au sein de la population britannique.

Depuis le , elle est le souverain britannique ayant régné le plus longtemps (à ce jour 65 ans, 10 mois et 17 jours), dépassant la durée de règne de son arrière-arrière-grand-mère la reine Victoria (63 ans, 7 mois et 2 jours). Le 13 octobre 2016, à la suite du décès du roi de Thaïlande Rama IX, elle devient le souverain régnant depuis le plus longtemps et le plus âgé actuellement en fonction.


Jeunesse

Élisabeth est le premier enfant du prince Albert d’York (futur George VI) et de son épouse, Élisabeth. Son père est le second fils de George V et de la reine Mary et sa mère est la plus jeune fille de l’aristocrate écossais Claude Bowes-Lyon, Lord Strathmore. Élisabeth naît par césarienne à 2h40 le 21 avril 1926 dans la résidence londonienne de ses grands-parents maternels située au 17 Bruton Street à Mayfair. Elle est baptisée par l’archevêque d’York, Cosmo Lang, dans la chapelle privée du palais de Buckingham le 29 mai. Elle a été nommée Élisabeth d’après sa mère, Alexandra d’après la mère de George V morte six mois auparavant et Mary d’après sa grand-mère paternelle. Ses proches la surnommaient “Lilibet”. George V adorait sa petite-fille et lorsqu’il est tombé gravement malade en 1929, la presse populaire et ses biographes ultérieurs ont attribué son rétablissement aux fréquentes visites de la petite Élisabeth qui avait trois ans.

La reine Élisabeth a une sœur, Margaret, de quatre ans sa cadette. Les deux princesses sont éduquées à la maison sous la supervision de leur mère et de leur gouvernante, Marion Crawford, surnommée “Crawfie”. L’enseignement se concentre sur l’histoire, l’élocution, la littérature et la musique. Au désarroi de la famille royale, Crawford publie en 1950 un livre sur l’enfance d’Élisabeth et de Margaret intitulé The Little Princesses (“Les Petites Princesses”) dans lequel elle décrit l’amour d’Élisabeth pour les chevaux et les chiens, sa discipline et son sens des responsabilités. D’autres corroborent ces observations ; Winston Churchill a écrit au sujet d’Élisabeth alors qu’elle a deux ans : “Elle a un air autoritaire et une réflexivité époustouflante pour un enfant”. Sa cousine Margaret Rhodes la décrit comme une “petite fille joviale mais extrêmement sensée et bien élevée”.


Héritière présomptive

En tant que petite-fille d’un monarque dans la lignée masculine, le titre complet d’Élisabeth est Son Altesse Royale la princesse Élisabeth d’York. Elle est alors troisième dans l’ordre de succession pour le trône britannique derrière son oncle, Édouard de Galles et son père, le duc d’York. Même si sa naissance attire l’attention du public, il n’est pas prévu qu’elle devienne un jour reine car le prince de Galles est encore jeune et beaucoup pensent qu’il se marierait et aurait des enfants. En 1936, lorsque George V décède, son oncle monte sur le trône en tant qu’Édouard VIII et elle passe en deuxième dans l’ordre de succession. En décembre 1936, Édouard VIII abdique car son intention d’épouser Wallis Simpson, deux fois divorcée, cause une crise constitutionnelle. Le père d’Élisabeth devient alors roi sous le nom de George VI et elle devient l’héritière présomptive avec le titre de Son Altesse royale la princesse Élisabeth. Si ses parents avaient eu un fils par la suite, elle aurait perdu sa position d’héritière présomptive et son frère serait devenu le prince héritier au trône britannique. Élisabeth reçoit un enseignement privé en histoire constitutionnelle avec Henry Marten, le vice-président de l’Eton College et elle apprend le français auprès de gouvernantes dont c’était la langue maternelle. Une compagnie de guidisme, la 1ère compagnie du palais de Buckingham est spécialement formée pour qu’elle puisse rencontrer des filles de son âge.

En 1939, les parents d’Élisabeth se rendent au Canada et aux États-Unis. Comme en 1927, lorsqu’ils se rendent en Australie et en Nouvelle-Zélande, Élisabeth reste au Royaume-Uni car son père considère qu’elle était trop jeune pour de tels voyages. Élisabeth “semblait au bord des larmes” au départ de ses parents. Ils échangeaient régulièrement des lettres et le 18 mai, ils ont réalisé le premier appel téléphonique transatlantique de la famille royale.


Seconde Guerre mondiale

Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni entre dans la Seconde Guerre mondiale. Lors de cette période de conflit, alors que les villes anglaises sont fréquemment bombardées par l’aviation allemande, les enfants ont été évacués dans les zones rurales. L’homme politique Douglas Hogg suggère que les deux princesses soient évacuées au Canada mais cette proposition a été refusée par la mère d’Élisabeth qui a déclaré “mes enfants n’iront nulle part sans moi. Je ne partirai pas sans le roi. Et le roi ne partira jamais”. Les princesses Élisabeth et Margaret restent au château de Balmoral en Écosse jusqu’à Noël 1939 lorsqu’elles ont été emmenées à Sandringham House dans le comté de Norfolk. De février à mai 1940, elles ont résidé au Royal Lodge dans le Grand Parc de Windsor avant de s’installer dans le château de Windsor où elles sont restées pendant la plus grande partie de la guerre. À Windsor, la princesse a organisé une pantomime à Noël pour soutenir le Queen’s Wool Fund qui achetait de la laine pour tricoter des habits militaires. En 1940, Élisabeth, alors âgée de 14 ans, a réalisé sa première allocution radiophonique durant une émission pour les enfants de la BBC dans laquelle elle s’est adressée à ceux ayant été évacués :

“Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos valeureux marins, soldats et aviateurs et nous essayons également de porter notre part du danger et de la tristesse de la guerre. Nous savons, chacun de nous, que tout se terminera bien”.

En 1943, à l’âge de 16 ans, Élisabeth a réalisé sa première apparition publique seule lors d’une inspection des Grenadier Guards dont elle avait été nommée colonel en chef l’année précédente. Alors qu’elle approchait de ses 18 ans, la loi a été modifiée pour qu’elle puisse devenir l’un des cinq conseillers d’État en cas d’incapacité de son père ou lors d’un déplacement à l’étranger comme durant sa visite en Italie en juillet 1944. En février 1945, elle a rejoint l’Auxiliary Territorial Service avec le grade honoraire de sous-lieutenant (second subaltern). Elle a reçu un entraînement en conduite et en mécanique et a été promue capitaine honoraire (junior commander) cinq mois plus tard.

Le 8 mai 1945, les princesses Élisabeth et Margaret se sont mêlées anonymement à la foule en liesse dans les rues de Londres. Élisabeth a déclaré ensuite dans l’un de ses rares entretiens, “nous avions demandé à nos parents si nous pouvions sortir et voir de nous-mêmes. Je me souviens que nous étions terrifiées à l’idée que l’on nous reconnaisse… Je me souviens des files d’inconnus se tenant la main et descendant Whitehall, tous ensemble dans une marée de bonheur et de soulagement”.

Durant la guerre, le gouvernement a cherché à plusieurs reprises à apaiser le nationalisme gallois en rapprochant Élisabeth du Pays de Galles. Il a été ainsi suggéré que la princesse devienne connétable du château de Caernarfon, une fonction exercée alors par David Lloyd George. Le secrétaire d’État à l’Intérieur Herbert Morrison envisageait de la nommer à la tête de l’Urdd Gobaith Cymru, l’organisation de jeunesse galloise. Les politiciens gallois ont proposé qu’Élisabeth devienne princesse de Galles à l’occasion de son 18ème anniversaire. Ces projets ont été abandonnés pour diverses raisons dont la peur qu’Élisabeth ne soit associée avec les objecteurs de conscience au sein de l’Urdd. En 1946, elle a rejoint le Gorsedd des bardes de l’île de Bretagne à l’Eisteddfod Genedlaethol.

En 1947, la princesse Élisabeth a réalisé son premier voyage à l’étranger en accompagnant ses parents en Afrique australe. Dans une allocution au Commonwealth of Nations le jour de ses 21 ans, elle a fait la promesse suivante :

“Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu’elle doive être longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie”


Mariage

Élisabeth a rencontré son futur époux, le prince Philippe de Grèce et de Danemark de cinq ans son aîné en 1934 et 1937. Ils étaient cousins issus de germains par le roi de Danemark, Christian IX, et cousins arrière-issus de germains par la reine Victoria. Ils se sont rencontrés à nouveau au Royal Naval College de Darmouth en juillet 1939 ; même si elle n’avait que 13 ans, Élisabeth a déclaré qu’elle était tombée amoureuse de Philip et les deux ont commencé à échanger des lettres. Leurs fiançailles ont été officiellement annoncées le 9 juillet 1947.

Cette relation n’a pas été exempte de controverses car Phillip n’était pas particulièrement riche, était né à l’étranger (même s’il avait été naturalisé à la suite de son service dans la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale) et certaines de ses sœurs avaient épousé des princes allemands proches du parti nazi. Marion Crawford a écrit, “certains des conseillers du roi considéraient qu’il n’était pas suffisamment bien pour elle. Il était un prince sans maison ou royaume. Certains documents appuyaient clairement et fortement sur les origines étrangères de Philip”. Des biographies ultérieures avancent que la mère d’Élisabeth se serait initialement opposée à l’union en qualifiant même Philip de Hun (équivalent anglais de “boche”). Elle a indiqué cependant vers la fin de sa vie à son biographe Tim Heald que Philip était un “gentleman anglais”.

Avant le mariage, Philip a renoncé à ses titres grecs et danois, abandonné l’Église orthodoxe de Grèce pour l’anglicanisme et adopté le titre de Lieutenant Philip Mountbatten en prenant le nom britannique de sa mère. Juste avant le mariage, il a été fait duc d’Édimbourg et a reçu le prédicat d’Altesse Royale.

Élisabeth et Philip se sont mariés le 20 novembre 1947 à l’abbaye de Westminster. Ils ont reçu environ 2 500 présents venant du monde entier. Comme le Royaume-Uni ne s’était pas encore complètement remis de la guerre, Élisabeth a imposé que des coupons de rationnement soient utilisés pour acheter le tissu de sa robe qui a été dessinée par Norman Hartnell. Les proches allemands du duc d’Édimbourg, dont ses trois sœurs ainsi que le duc de Windsor, l’ancien roi Édouard VIII, n’ont pas été invités à la cérémonie.

Élisabeth donna naissance à son premier enfant, Charles, le 14 novembre 1948. Un mois plus tôt, le roi avait délivré des lettres patentes autorisant ses enfants à porter les titres de prince ou de princesse, ce qui leur était théoriquement interdit car leur père n’était plus un prince royal. Un second enfant, la princesse Anne est née le 15 août 1950.

À la suite de son mariage, le couple a loué Windlesham Moor près du château de Windsor jusqu’au 4 juillet 1949 lorsqu’ils se sont installés à Clarence House à Londres. À plusieurs reprises entre 1949 et 1951, le duc d’Édimbourg a été stationné dans le protectorat britannique de Malte du fait de son rôle d’officier dans la Royal Navy. Élisabeth et lui résidaient alors dans le village maltais de Gwardamanga où ils louaient la résidence de l’oncle de Philip, Louis Mountbatten. Durant cette période, leurs enfants sont restés au Royaume-Uni.


Règne

Accession au trône et couronnement

En 1951, la santé de George VI décline et Élisabeth le remplace fréquemment pour les cérémonies publiques. Lors de sa visite en Amérique du Nord où elle se rend au Canada et rencontre le président Truman à Washington, D.C. en octobre 1951, son secrétaire particulier, Martin Charteris, porte avec lui le brouillon d’une déclaration d’accession au trône si le roi venait à mourir lors de son voyage. Au début de l’année 1952, Élisabeth et Philip entreprennent une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Le 6 février 1952, alors qu’ils venaient juste de rentrer à leur résidence kényane de Sagana Lodge après une visite du parc national d’Aberdare, ils apprennent la mort du roi. Martin Charteris lui demande de choisir un nom de règne et elle choisit de rester Élisabeth, “évidemment”. Elle est proclamée reine dans tous ses royaumes et les membres de la cour rentrent hâtivement au Royaume-Uni. Élisabeth II et le duc d’Édimbourg s’installent dans le palais de Buckingham.

Avec l’accession au trône d’Élisabeth, il semblait probable que la Maison royale allait porter le nom de son époux pour devenir la Maison de Mountbatten comme cela était la coutume pour une femme de prendre le nom de son époux. La grand-mère d’Élisabeth, Mary de Teck, et le premier ministre britanniqueWinston Churchill, préféraient conserver le nom de Maison de Windsor et le mot Windsor a été maintenu. Le duc s’est plaint qu’il “était le seul homme du pays à ne pas avoir le droit de donner son nom à ses propres enfants”. En 1960, après la mort de Mary de Teck en 1953 et la démission de Churchill en 1955, le nom Mountbatten-Windsor a été adopté pour Philip et ses descendants de lignée masculine qui ne portent pas de titres royaux.

Au milieu des préparatifs pour le couronnement, la princesse Margaret a informé sa sœur qu’elle souhaitait épouser l’aviateur Peter Townsend de 16 ans son aîné et ayant deux enfants d’un précédent mariage. La reine lui a demandé d’attendre un an ; selon Martin Charteris, “la reine était naturellement compatissante envers la princesse mais je pense qu’elle imaginait, qu’elle espérait, qu’avec le temps, cette liaison s’essoufflerait d’elle-même”. Les chefs politiques étaient opposés à cette union et l’Église d’Angleterre n’autorisait pas le remariage si le divorcé n’était pas veuf. Si Margaret réalisait un mariage civil, il était probable qu’elle devrait renoncer à son droit au trône. Elle a décidé finalement d’abandonner sa relation avec Townsend. En 1960, elle a épousé Antony Armstrong-Jones qui a été fait comte de Snowdon l’année suivante. Ils ont divorcé en 1978 et elle ne s’est pas remarié.

Malgré la mort de la reine Mary le 24 mars, les préparatifs du couronnement se sont poursuit et il a eu lieu comme prévu le 2 juin 1953. À l’exception de l’eucharistie et de l’onction, l’ensemble de la cérémonie à l’abbaye de Westminster a été retransmis à la télévision pour la première fois de l’histoire. La robe de couronnement a été dessinée par Norman Hartnell et était brodée avec les emblèmes floraux des pays du Commonwealth : la rose Tudor anglaise, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle irlandais, la feuille d’érable canadienne, le mimosa doré australien, la fougère argentée néo-zélandaise, la protée royale sud-africaine, la fleur de lotus pour l’Inde et Ceylan et le blé, le coton et le jute pakistanais.


Évolution du Commonwealth

Au cours de son règne, la reine Élisabeth II a assisté à la transformation de l’Empire britannique en Commonwealth of Nations. Au moment de son accession au trône en 1952, son rôle de chef d’État de multiples États indépendants était déjà établi. Entre 1953 et 1954, la reine et son époux se sont embarqués dans un tour du monde de six mois. Elle est devenue ainsi le premier monarque d’Australie et de Nouvelle-Zélande à visiter ces pays. Les visites de la reine ont attiré de larges foules et on estime que les trois quarts de la population australienne l’ont vue à cette occasion. Au cours de son règne, la reine a réalisé plus de 170 visites dans les États du Commonwealth et près d’une centaine dans les États n’en faisant pas partie ; elle est ainsi le chef d’État à avoir le plus voyagé dans l’histoire.

En 1956, le président du Conseil français Guy Mollet et le Premier ministre britannique Anthony Eden ont évoqué la possibilité pour la France de rejoindre le Commonwealth. La proposition n’a jamais été acceptée et la France a signé l’année suivante le traité de Rome établissant la Communauté économique européenne, précurseur de l’Union européenne. En novembre 1956, le Royaume-Uni et la France ont envahi l’Égypte pour reprendre le contrôle du canal de Suez ; l’opération s’est terminé lamentablement et Eden a démissionné deux mois plus tard. Louis Mountbatten a affirmé que la reine était opposée à l’offensive mais Eden a nié cette affirmation.

En l’absence d’un mécanisme formel au sein du parti conservateur pour choisir un nouveau chef après la démission d’Eden, il a incombé à la reine de décider qui devait former un nouveau gouvernement. Eden recommanda qu’elle consulte Lord Salisbury, le Lord Président du Conseil. Ce dernier et Lord Kilmuir, le lord chancelier ont sollicité l’avis du Cabinet et de Winston Churchill et la reine a nommé le candidat proposé, Harold Macmillan.

La crise de Suez et le choix du successeur d’Eden ont donné lieu à la première importante critique personnelle de la reine en 1957. Dans un journal qu’il possédait et éditait, Lord Altrincham l’a accuseé d’être “dépassée” et “incapable d’aligner plus de quelques phrases sans aide”. Les propos d’Altrincham ont été condamnés et il a été physiquement agressé. Six ans plus tard, en 1963, Macmillan a démissionné et conseillé à la reine de choisir Alec Douglas-Home pour lui succéder, ce qu’elle a fait. Elle a été à nouveau critiquée pour avoir nommé un premier ministre sur les conseils d’un petit nombre de ministres ou d’un seul d’entre eux. En 1965, les conservateurs ont adopté un nouveau mode de désignation de leur chef qui n’imposait plus à la reine de choisir.

En 1957, elle s’est rendu aux États-Unis et s’est adressé devant l’Assemblée générale des Nations unies au nom du Commonwealth. Lors de la même visite diplomatique, elle a inauguré la 23ème législature du Canada, devenant ainsi le premier monarque canadien à ouvrir une session parlementaire. Deux ans plus tard, uniquement en sa capacité de reine du Canada, elle est retourné aux États-Unis et a visité le Canada même après avoir appris, à son arrivée à Saint-Jean sur l’île de Terre-Neuve, qu’elle attendait son troisième enfant. En 1961, elle s’est rendu à Chypre, en Inde, au Pakistan, au Népal et en Iran. Lors d’une visite au Ghana la même année, elle rejette les craintes pour sa sécurité même si son hôte, le président Kwame Nkrumah, qui l’avait remplacé en tant que chef d’État du Ghana l’année précédente, était la cible d’assassins. Avant son passage au Québec en 1964, la presse rapporte que des extrémistes du mouvement séparatiste de la province préparent un projet visant à son assassinat. Il n’y a pas eu de tentative d’assassinat mais une émeute éclate alors qu’elle se trouve à Montréal ; le “calme et le courage de la reine face à la violence” ont été remarqués.

Les grossesses ayant précédé les naissances d’Andrew, en 1960, et d’Edward, en 1964, ont été les seules occasions au cours desquelles elle n’a pas participé à la cérémonie d’ouverture du Parlement britannique durant son règne. En plus de participer aux cérémonies traditionnelles, Élisabeth II a introduit de nouvelles pratiques comme le premier bain de foule royal qui a eu lieu lors d’une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1970.

Les années 1960 et 1970 ont été marquées par une accélération de la décolonisation en Afrique et dans la Caraïbe. Plus de vingt pays ont obtenu leur indépendance par le biais de transitions négociées vers une plus grande autonomie. En 1965, le premier ministre de Rhodésie a déclaré cependant unilatéralement l’indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni pour maintenir la domination blanche tout en exprimant sa “loyauté et sa dévotion” à Élisabeth II. Même si la reine l’a rejeté dans une déclaration formelle et que la Rhodésie a été touchée par des sanctions internationales, le régime de Smith a survécu jusqu’en 1979.

En février 1974, le premier ministre britannique Edward Heath a conseillé à la reine d’appeler des élections générales alors qu’elle se trouvait en visite dans les îles du Pacifique, ce qui lui a imposé de rentrer au Royaume-Uni. Les élections ont débouché sur un parlement minoritaire et Heath a démissionné quand les négociations en vue de former un gouvernement de coalition avec le parti libéral ont échoué. La reine a demandé alors au chef de l’opposition officielle, le travailliste Harold Wilson, de former un gouvernement.

Un an plus tard, au paroxysme de la crise constitutionnelle australienne de 1975, le premier ministre australien Gough Whitlam a été limogé par le gouverneur général John Kerr après que le Sénat contrôlé par l’opposition ait eu refusé les propositions budgétaires de Whitlam. Comme ce dernier disposait d’une majorité à la Chambre des représentants, son président, Gordon Scholes, a fait appel à la reine pour annuler la décision de Kerr. Élisabeth II a refusé en affirmant qu’elle ne pouvait pas intervenir dans des décisions que la constitution de l’Australie réservait au gouverneur général. La crise a alimenté les sentiments républicains en Australie.


Jubilé d’argent

En 1977, Élisabeth II célèbre son jubilé d’argent marquant ses 25 années de règne. Des célébrations et des cérémonies ont eu lieu dans tout le Commonwealth et ont été généralement organisées au moment de la visite de la souveraine. Ces festivités ont réaffirmé la popularité de la reine malgré la couverture médiatique négative à l’occasion du divorce de la princesse Margaret. En 1978, la reine a reçu en visite officielle le dictateur communiste de Roumanie, Nicolae Ceaușescu et son épouse Elena, même si elle déclare en privé qu’ils avaient du “sang sur les mains”. L’année suivante est marquée par deux faits divers : la découverte qu’Anthony Blunt, l’ancien conservateur des collections royales, était un espion communiste et l’assassinat de son parent proche, Lord Mountbatten, par l’armée républicaine irlandaise provisoire.

Selon l’homme politique canadien Paul Martin, à la fin des années 1970, la reine s’inquiète que la Couronne “signifiait peu pour” le Premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau. Le politique britannique Tony Benn déclare que la reine trouvait Trudeau “assez décevant”. Le républicanisme supposé de Trudeau semblait être confirmé par ses bouffonneries comme les glissades sur les rampes d’escalier du palais de Buckingham, ses pirouettes dans le dos de la reine en 1977 et le retrait de plusieurs symboles royaux canadiens durant son mandat. En 1980, des hommes politiques canadiens se rendant à Londres pour évoquer le rapatriement de la Constitution du Canada ont trouvé la reine “mieux informée… que tout autre politicien ou bureaucrate britannique. Elle s’intéressait particulièrement au sujet après le rejet de la loi canadienne C-60 qui aurait affecté son statut de chef d’État. Le rapatriement de 1982 a supprimé le besoin de consulter le Parlement britannique pour modifier la constitution canadienne mais la monarchie a été maintenue. Trudeau a déclaré dans ses mémoires que la reine était favorable à ses tentatives de réforme constitutionnelle et qu’il a été impressionné par “la grâce qu’elle avait en public” et “la sagesse qu’elle montrait en privé”.


Années 1980

Durant la cérémonie du Salut aux couleurs en 1981 et six semaines avant le mariage du prince Charles et de Diana Spencer, six coups de feu ont visé la reine alors qu’elle descendait The Mall sur son cheval, Burmese. La police a découvert par la suite qu’il s’agissait de cartouches à blanc. Le tireur, Marcus Sarjeant, a été condamné à cinq ans de prison avant d’être libéré au bout de trois années. Le sang-froid et le contrôle de sa monture par la reine ont été largement remarqués. D’avril à septembre 1982, la reine s’est inquiété mais a été fière de son fils, le prince Andrew, qui a participé à la guerre des Malouines en tant que pilote d’hélicoptère.

Le 9 juillet 1982, la reine a été réveillée dans sa chambre du palais de Buckingham par un intrus dénommé Michael Fagan. Les journaux de l’époque ont rapporté qu’ils ont discuté pendant près de dix minutes avant que la sécurité n’intervienne, mais Michael Fagan contredit ces affirmations.

Même si elle avait accueilli le président américain Ronald Reagan au château de Windsor en 1982 et s’était rendue dans son ranch californien en 1983, Élisabeth II a été irritée quand son administration a lancé l’invasion de la Grenade, l’un de ses royaumes caribéens, sans l’avoir informée au préalable.

L’intérêt des médias pour les opinions et la vie privée de la famille royale dans les années 1980 ont entraîné une série de révélations sensationnelles dont la véracité n’était pas toujours avérée. Comme Kelvin MacKenzie, le rédacteur en chef de The Sun a déclaré à son personnel : “Donnez-moi des frasques de la famille royale. Ne vous inquiétez pas si ce n’est pas vrai dans la mesure où il n’y a pas trop de problèmes par la suite”. Le rédacteur de The Observer, Donald Trelford, a écrit dans le numéro du 21 septembre 1986 : “Le feuilleton royal a atteint un tel degré d’intérêt public que la frontière entre fiction et réalité a été perdue de vue… Ce n’est pas simplement que certains journaux ne vérifient pas leurs informations ou refusent d’accepter les démentis : ils ne se soucient pas de savoir si ces histoires sont vraies ou non”. Il a été rapporté, principalement par le Sunday Times, que la reine s’inquiétait du fait que les politiques économiques du premier ministre britannique Margaret Thatcher accentuait les divisions de la société et qu’elle était alarmée par le fort taux de chômage, une série d’émeutes en 1981, la violence de la grève des mineurs et le refus du gouvernement de sanctionner le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Les rumeurs provenaient de l’assistant de la reine, Michael Shea, et du secrétaire général du Commonwealth, Shridath Ramphal, mais Shea avança que ses paroles avaient été sorties de leur contexte puis amplifiées par les journalistes. Thatcher aurait ainsi dit que la reine allait voter pour ses opposants du parti social démocrate. Le biographe de Thatcher, John Campbell, a affirmé qu’il s’agissait “d’un exemple de sottises journalistiques”. Contredisant les rapports parlant de leurs mauvaises relations, Thatcher a exprimé par la suite son admiration personnelle pour la reine et après son remplacement par John Major, la reine l’a fait entrer dans les ordres du Mérite et de la Jarretière. L’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney a déclaré qu’Élisabeth II avait joué un “grand rôle en coulisses” pour mettre un terme à l’Apartheid en Afrique du Sud.

En 1987 au Canada, la reine a exprimé publiquement son soutien à l’accord du lac Meech qui divisait la classe politique canadienne et elle a été critiquée par les opposants à ces amendements constitutionnels, dont Pierre Trudeau. La même année, le gouvernement fidjien démocratiquement élu a été renversé par un coup d’État. En tant que monarque des Fidji, Élisabeth II a soutenu les efforts du gouverneur général Penaia Ganilau pour exercer le pouvoir exécutif et trouver une sortie à la crise mais l’organisateur du coup d’État, Sitiveni Rabuka, a déposé Ganilau et a aboli la monarchie. Au début de l’année 1991, les estimations par la presse de la richesse personnelle de la reine qui étaient supérieures aux données fournies par le palais et les révélations d’adultères et de mariages tendus dans la famille royale ont affaibli le soutien à la monarchie au Royaume-Uni. La participation des enfants de la reine à un jeu télévisé caritatif appelé It’s a Royal Knockout a été tournée en ridicule dans la presse et la reine est devenue la cible des moqueries.


Années 1990

En 1991, après la victoire de la coalition dans la guerre du Golfe, la reine est devenue le premier souverain britannique à s’adresser à une session conjointe du Congrès des États-Unis. Le 24 novembre 1992, dans un discours marquant ses 40 années de règne, Élisabeth II a qualifié 1992 comme son annus horribilis (“année horrible”). En mars, son second fils, le prince Andrew d’York et son épouse Sarah Ferguson se sont séparés ; en avril, sa fille, la princesse Anne a divorcé de son époux Mark Phillips ; durant une visite officielle en Allemagne en octobre, des manifestants à Dresde lui ont jeté des œufs et en novembre, le château de Windsor a été touché par un grave incendie. La monarchie a été critiquée et cela a accru le désamour du public. Dans un discours inhabituellement personnel, la reine a déclaré que toute institution doit s’attendre à des critiques mais a suggéré qu’elles devraient être réalisées avec “une touche d’humour, de délicatesse et de compréhension”. Deux jours plus tard, le premier ministre John Major a annoncé une réforme des finances de la monarchie qui s’est traduit par une réduction de la liste civile et a obligé le souverain à payer un impôt sur le revenu pour la première fois de son histoire. En décembre, le prince Charles et son épouse Diana Spencer ont annoncé officiellement leur séparation. L’année s’est terminée par un procès pour violation du droit d’auteur intenté par la reine contre le journal The Sun qui avait publié le texte de son allocution de Noël deux jours avant sa diffusion. Le journal a été condamné à payer les frais de justice et une indemnité de 200 000 £ qui a été donnée à des organisations caritatives.

Dans les années qui ont suivi, les révélations sur le mariage de Charles et Diana ont continué. Même si les idées républicaines semblaient plus populaires que jamais au Royaume-Uni, le républicanisme restait minoritaire et la reine conservait des niveaux d’approbation élevés. Les critiques se concentraient plus sur l’institution monarchique et la famille élargie de la reine que sur ses actions et son propre comportement. Après en avoir discuté avec le premier ministre John Major, l’archevêque de Cantorbéry George Carey, son secrétaire particulier Robert Fellowes et son époux, elle a écrit à Charles et Diana à la fin du mois de décembre 1995 pour leur dire qu’un divorce était préférable. Un an après le divorce qui a eu lieu en 1996, Diana est morte dans un accident de la route à Paris le 31 août 1997. La reine était en vacances avec Charles et ses petits-enfants, William et Harry, au château de Balmoral. Les deux enfants de Diana ont voulu se rendre à l’église et le couple royal les y a accompagné dans la matinée. Après cette unique apparition publique, la reine et le duc d’Édimbourg ont protégé leurs petits-enfants du tourbillon médiatique en les gardant au château pendant cinq jours mais l’opinion publique a été consternée par le fait que la famille royale n’ait pas mis en berne les drapeaux du palais de Buckingham. Pressée par les réactions hostiles, la reine est rentré à Londres et a accepté de réaliser une allocution télévisée le 5 septembre, la veille des funérailles de Diana. Elle y a exprimé son admiration pour Diana et ses sentiments “de grand-mère” pour les princes William et Harry ; cet acte a été apprécié par l’opinion publique et l’hostilité s’affaiblit.


Jubilé d’or

En 2002, Élisabeth II célèbre ses 50 ans de règne lors de son jubilé d’or. Sa sœur et sa mère étant mortes respectivement en février et en mars, les médias se sont demandés si le jubilé allait être un succès ou un échec. Elle entreprend à nouveau une longue tournée dans ses royaumes en commençant en Jamaïque en février dont elle qualifie le banquet d’adieux de “mémorable” après qu’une coupure de courant ait eu plongé la résidence du gouverneur général dans le noir. Comme en 1977, des manifestations de joie ont eu lieu à chacun de ses déplacements et des monuments sont nommés en son honneur. Un million de personnes assistent chaque jour aux trois journées de célébrations du jubilé à Londres et l’enthousiasme démontré par la foule est bien plus important que ce que les journalistes avaient prévu.

Même si elle avait eu peu de problèmes de santé durant sa vie, elle est opérée des deux genoux en 2003. Elle inaugure le 9 octobre 2004 le bâtiment du Parlement écossais à Édimbourg – bien que les députés de la nation constitutive y aient tenu une première séance le 7 septembre –, conséquence du Scotland Act 1998. En octobre 2006, elle ne participe pas à l’inauguration du nouvel Emirates Stadium de Londres en raison d’une déchirure musculaire au dos qui la handicapait depuis l’été. Deux mois plus tard, lors d’une apparition publique, elle porte un pansement à la main droite, ce qui est interprété par la presse comme le signe d’une mauvaise santé. Elle avait en réalité été mordue par l’un de ses corgis alors que deux d’entre eux se battaient.

En mai 2007, The Daily Telegraph avance de sources anonymes que la reine était “exaspérée et déçue” par les politiques du Premier ministre Tony Blair, qu’elle s’inquiétait d’un épuisement des troupes en Irak et en Afghanistan et qu’elle avait à plusieurs reprises émis des inquiétudes sur ses politiques rurales. Selon les mêmes sources, elle admirait néanmoins les efforts de Blair pour mettre un terme aux violences en Irlande du Nord. Le 20 mars 2008, dans la cathédrale Saint-Patrick d’Armagh de l’Église d’Irlande, la reine assiste à la première messe du Jeudi Saint organisée en dehors de l’Angleterre et du pays de Galles. À l’invitation de la présidente d’Irlande, Mary McAleese, la reine réalise en mai 2011, la première visite officielle d’un monarque britannique en Irlande depuis son indépendance en 1922.

Élisabeth II s’adresse une seconde fois en tant que chef du Commonwealth devant l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 2010. Durant son passage à New York, qui suivait une visite au Canada, elle inaugure officiellement un jardin mémorial pour les victimes britanniques des attentats du 11 septembre 2001. La visite de la reine en Australie en octobre 2011, sa onzième depuis 1954, est qualifiée de “tournée d’adieux” par la presse en raison de son âge.


Jubilé de diamant

Le jubilé de diamant de 2012 marque les 60 années de règne d’Élisabeth II et il est à nouveau célébré dans tout le Commonwealth. Dans un communiqué publié le 6 février, elle indique : “En cette année spéciale, alors que je me consacre à nouveau à votre service, j’espère que nous allons tous nous souvenir de la puissance de l’unité et de la force rassembleuse de la famille, de l’amitié et du bon voisinage… J’espère aussi que cette année de jubilé sera l’occasion d’exprimer notre gratitude pour les avancées majeures réalisées depuis 1952 et d’envisager l’avenir avec sérénité”. Elle et son mari réalisent une tournée au Royaume-Uni tandis que ses enfants et petits-enfants l’ont représentée dans les royaumes du Commonwealth.

La reine ouvre les Jeux olympiques d’été le 27 juillet et les Jeux paralympiques d’été le 29 août 2012 à Londres. Elle joue son propre rôle dans un court-métrage dans le cadre de la cérémonie d’ouverture avec Daniel Craig dans le rôle de James Bond. Son père avait ouvert les Jeux olympiques de 1948 à Londres, et son arrière-grand-père, Édouard VII, ceux de 1908, également à Londres. Élisabeth II avait également ouvert ceux de 1976 à Montréal et Philip ceux de 1956 à Melbourne. Elle est ainsi la première chef d’État à ouvrir deux Olympiades dans deux pays différents.

En décembre 2012, elle devient le premier souverain britannique à assister en temps de paix à une réunion du cabinet britannique depuis George III en 1781 et le secrétaire d’État des Affaires étrangères, William Hague, annonce peu après que la partie auparavant sans nom du sud du territoire antarctique britannique serait nommé terre de la Reine-Élisabeth en son honneur. La reine accorde en 2013 le pardon royal au mathématicien Alan Turing, qui s’est suicidé en 1954 en raison de sa condamnation pour homosexualité. Turing avait participé à la Seconde Guerre mondiale pour le compte du MI6, en déchiffrant des codes allemands, mais condamné peu après à la castration chimique. La reine annonce à titre posthume la totale réhabilitation de Turing, ce qui est largement repris par la presse. Elle assiste en 2014 aux commémorations du 70ème anniversaire du débarquement de Normandie aux côtés de son Premier ministre David Cameron et du duc et de la duchesse de Cambridge, William et Kate.

Élisabeth II est aujourd’hui le monarque britannique le plus âgé, ayant le plus long règne devant Victoria (depuis le 9 septembre 2015) et le plus ancien souverain encore en exercice depuis le décès du roi Rama IX de Thaïlande le 13 octobre 2016. Elle n’a pas l’intention d’abdiquer même si ses fonctions publiques sont de plus en plus assurées par le prince Charles.


Image publique et personnalité

Comme Élisabeth II n’a accordé que de rares entretiens publics, on sait peu de choses de ses opinions privées. En tant que monarque constitutionnel, elle n’exprime pas ses opinions politiques en public. Elle possède un profond sens des devoirs religieux et civiques et prend son serment de couronnement très au sérieux. À côté de son rôle religieux officiel en tant que gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, elle fréquente cette Église et celle d’Écosse. Elle a témoigné de son soutien pour le dialogue interreligieux et a rencontré les chefs d’autres Églises et religions dont quatre papes : Jean XXIII, Jean-Paul II, Benoît XVI et François.

Élisabeth II est la mécène de plus de 600 organisations. Parmi ses principaux centres d’intérêt figurent l’équitation et les chiens, en particulier les Welsh Corgis dont elle est passionnée depuis 1933 et Dookie, le premier Corgi possédé par sa famille.

Dans les années 1950 au début de son règne, Élisabeth II était considérée comme une “reine de conte de fées”. Après le traumatisme de la guerre, la période de progrès et de modernisation fut présentée comme une “nouvelle ère élisabéthaine”. En cela les propos de Lord Altrincham de 1957 accusant ses discours d’être ceux d’une “écolière suffisante” étaient particulièrement inhabituels. Dans les années 1960, la monarchie a tenté de renvoyer une image plus moderne en réalisant le documentaire télévisé Royal Family montrant la famille royale dans la vie de tous les jours et en retransmettant l’investiture du prince Charles. La reine a pris l’habitude de porter des pardessus aux couleurs éclatantes et des chapeaux décorés qui lui permettaient d’être facilement visible dans une foule.

Lors de son jubilé d’argent en 1977, les foules étaient véritablement enthousiastes mais les révélations de la presse sur la monarchie dans les années 1980 ont accru les critiques à son encontre. La popularité d’Élisabeth II a continué de diminuer dans les années 1990 et sous la pression du public, elle a été obligée de payer un impôt sur le revenu et d’ouvrir le palais de Buckingham. La désaffection envers la monarchie a atteint son maximum après la mort de Diana même si elle a diminué après l’allocution de la reine six jours plus tard.

En novembre 1999, les électeurs australiens ont refusé la suppression de la monarchie australienne lors d’un référendum. Des sondages en Grande-Bretagne en 2006 et 2007 ont révélé un fort soutien envers Élisabeth II et des référendums aux Tuvalu en 2008 et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines en 2009 ont rejeté des propositions républicaines.


Fortune personnelle

La fortune personnelle d’Élisabeth II a fait l’objet de nombreuses spéculations au cours des ans. Le magazine Forbes a estimé en 2010 que ses biens auraient une valeur d’environ 450 millions de dollars mais une déclaration officielle du palais de Buckingham en 1993 a qualifié les estimations de 100 millions de livres de “grossièrement exagérées”. Jock Colville, qui a été l’un de ses secrétaires particuliers et le directeur de sa banque, Coutts, a estimé en 1971 sa richesse à 2 millions de livres (l’équivalent d’environ 23 millions de livres de 2012). La Royal Collection (qui inclut des œuvres d’art et les Joyaux de la Couronne britannique) n’appartient pas personnellement à la reine et est gérée par une fiducie de même que les résidences royales comme le palais de Buckingham et le château de Windsor et le duché de Lancastre, un portefeuille d’investissement évalué en 2011 à 383 millions de livresSandringham House et le château de Balmoral sont des propriétés personnelles de la reine. Le portefeuille du Crown Estate gérant les actifs de la Couronne britannique avait une valeur de 7,3 millions de livres en 2011 mais est indépendant de la reine.

En 2017, elle est citée dans le scandale des Paradise Papers.

Source : Wikipedia France
Dernière modification : 23 décembre 2017

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