“I listen to money singing, it’s like looking down from long French windows at a provincial town. The slums, the canal, the churches ornate and mad in the evening sun. It is intensely sad….”

(“J’écoute le chant de l’argent, c’est comme regarder une ville de province par de longues porte-fenêtres. Les taudis, le canal, les églises très ornées et folles dans le soleil du soir. C’est intensément triste…”)
Philip Larkin (1922-1985) – Pochette de Generation Terrorists et setlist de la tournée Past/Present/Future

Extrait du poème de Larkin Money, publié en 1980.

Texte original :
“Quarterly, is it, money reproaches me:
‘Why do you let me lie here wastefully?
I am all you never had of goods and sex,
You could get them still by writing a few cheques.

So I look at others, what they do with theirs:
They certainly don’t keep it upstairs.
By now they’ve a second house and car and wife:
Clearly money has something to do with life

– In fact, they’ve a lot in common, if you enquire:
You can’t put off being young until you retire,
And however you bank your screw, the money you save
Won’t in the end buy you more than a shave.

I listen to money singing. It’s like looking down
From long French windows at a provincial town,
The slums, the canal, the churches ornate and mad
In the evening sun. It is intensely sad.”

Philip Arthur Larkin (9 août 1922 – 2 décembre 1985) est considéré par beaucoup comme l’un des plus grands poètes anglais de la deuxième partie du XXème siècle ; c’est également un romancier et un critique de jazz. Il s’est fait connaître avec la publication en 1955 de son second recueil de poèmes, The Less Deceived, qui a été suivi par The Whitsun Weddings en 1964 et High Windows en 1974. On lui offert le titre de poète lauréat après la mort de John Betjeman en 1984, mais l’a refusé.

Larkin est né dans la ville de Coventry. De 1930 à 1940, il est allé à la King Henry VIII School à Coventry et, en octobre 1940, en pleine Seconde guerre mondiale, il est allé au St John »s College de Oxford pour étudier la langue et la littérature anglaise. À la différence de nombreux de ses contemporains, il a suivit la durée traditionnelle d’études et a obtenu un diplôme avec mention en 1943, ayant été rejeté du service militaire à cause de sa mauvaise vue. À Oxford, il a rencontré Kingsley Amis, qui est devenu un ami de longue date et et correspondant fréquent.

Peu après avoir été diplômé de Oxford, Larkin a été nommé bibliothécaire municipal à Wellington dans le Shropshire. En 1946, il est devenu assistant bibliothécaire à l’University College de Leicester et en 1950, bibliothécaire adjoint à la Queen’s University de Belfast. À ce moment là, il avait publié deux romans et son premier recueil de poésie. En mars 1955, Larkin a été nommé bibliothécaire à l’University of Hull, poste qu’il a conservé jusqu’à sa mort.

Durant les 30 ans qu’il a passé à Hull, Larkin a produit un corps signifiant de poésie. En 2003, presque 20 ans après sa mort et malgré la contreverse sur sa vie personnelle et ses opinions, Larkin a été choisi comme “poète préféré de la nation” lors d’un sondage de la Poetry Book Society, et en 2008 The Times a nommé Larkin le plus grand écrivain britannique d’après-guerre.

Philip Larkin est né le 9 août 1922 à Coventry, fils unique et cadet de Sydney Larkin (1884-1948) qui venait de Lichfield, et de sa femme, Eva Emily Day (1986-1977) de Epping. Il a vécu avec sa famille à Radford à Coventry jusqu’à ses cinq ans. De 1927 à 1945, le foyer familial se trouvait au 1 Manor Road, grand pavillon à trois étages près du centre-ville qui sera démoli dans les années 1960 pour laisser place au périphérique de Coventry. Sa sœur Catherine, connue sous le nom de Kitty, avait 10 ans de plus que lui. Son père, self-made man qui était devenu trésorier de la ville, était un individu singulier qui combinait un amour de la littérature avec un enthousiasme pour le nazisme, et avait assisté à deux rassemblements de Nüremberg durant le milieu des années 1930. Il a présenté à son fils les œuvres de Ezra Pound, T.S. Eliot, James Joyce et au-dessus de tout D.H. Lawrence. Sa mère était une femme nerveuse et passive, dominée par son mari.

L’enfance de Larkin était au début inhabituelle : aucun ami ni proche ne rendaient jamais visite à la famille, et il a reçu son éducation par son mère et sa sœur jusqu’à l’âge de huit ans. Malgré cela et le bégaiement qu’il avait déjà développé, quand il a rejoint l’école primaire King Henry VIII de Coventry, il s’est adapté immédiatement et s’est fait des proches amis de longues dates en James “Jim” Sutton, Colin Gunner et Noel “Josh” Hughes. Bien que la vie à la maison était relativement froide, Larkin était soutenu par ses parents. Par exemple, sa passion profonde pour le jazz a été soutenue par l’achat d’une batterie et d’un saxophone, complémentés par un abonnement à Down Beat, le premier des nombreux magazines de jazz de Larkin. Il est ensuite allé au collège de King Henry VIII. À l’âge de 16 ans, il n’a pas eu de bons résultats à son brevet. Cependant, il a pu rester à l’école, et deux ans plus tard s’est distingué en anglais et en histoire, et a réussi les examens d’entrée du St John’s College de Oxford pour étudier l’anglais.

Larkin a commencé à Oxford en octobre 1940, un an après que la Seconde guerre mondiale n’ait éclatée. L’image Retour à Brideshead de l’université avait au moins pour le moment diminué, et la plupart des étudiants étudiaient pour des diplômes grandement tronqués. Cependant, grâce à sa mauvaise vue, Larkin n’a pas passé son examen médical militaire et a pu étudier pendant les trois années entières. Via son tuteur, Norman Iles, il a rencontré Kingsley Amis, qui est resté un ami proche durant la vie de Larkin et a encouragé son goût pour le ridicule et l’irrévérence. Amis, Larkin et d’autres amis d’université ont formé un groupe qu’ils ont nommé “Les Sept”, se réunissant pour parler de le poésie de chacun, écouter du jazz et boire déraisonnablement. C’est à cette époque qu’il a eu son première vraie intéraction sociale avec le sexe opposé, mais n’a fait aucun progrès romantique. En 1943, il a passé ses examens finaux, et ayant consacré la plupart de son temps à sa propre écriture, a été grandement étonné de se voir récompensé d’une mention très bien.

En automne 1943, Larkin a été nommé bibliothécaire de la librairie publique de Wellington dans le Shropshire. C’est lorsqu’il y travaillait qu’au printemps 1944, il a rencontré sa première petite amie, Ruth Bowman, lycéenne de 16 ans ambitieuse sur le plan scolaire. À l’automne 1945, Ruth est allée étudier au King’s College de Londres, et durant ses visites, le couple a commencé à avoir des relations sexuelles. En juin 1946, Larkin était en pleine qualification de devenir membre de la Library Association et a été nommé bibliothécaire assistant à l’University College de Leicester. C’était durant une visite à Larkin à Leicester et en voyant la Senior Common Room que Kingsley Amis a trouvé l’inspiration pour écrire Lucky Jim. Six semaines après la mort de son père d’un cancer en mars 1948, Larkin a demandé Ruth en mariage et cet été, le couple a passé ses vacances annuelles le pays de Hardy.

En juin 1950, Larkin a été nommé bibliothécaire adjoint à la Queen’s University de Belfast, poste qu’il prendra en septembre de cette même année. Avant son départ, Ruth et lui se sont séparés. À un moment entre sa nomination au poste à la Queen’s et sa rupture de fiançailles avec Ruth, la relation de Larkin avec Monica Jones, conférencière en anglais de Leicester, est devenue sexuelle. Il a passé cinq ans à Belfast, qui semblent être les plus satisfaites de sa vie. Tandis que sa relation avec Monica se développait, il a aussi eu une aventure sexuelle avec Patsy Strang, qui à l’époque était dans un mariage ouvert avec un de ses collègues. À un moment, elle a proposé de quitter son mari pour épouser Larkin. Dès l’été 1951, Larkin partait en vacances avec Monica dans divers lieux dans les Îles Britanniques. À Belfast, il a aussi eu une amitié importante bien que non développée sur le plan sexuel avec Winifred Arnott, sujet de Lines on a Young Lady’s Photograph Album. Elle s’est arrêtée quand elle s’est mariée en 1954. Durant cette période, il a aussi donné des conseils extensifs à Kingsley Amis pendant que ce dernier écrivait Lucky Jim. Amis a payé sa dette en dédiant le livre terminé à Larkin.

En 1955, Larkin est devenu bibliothécaire universitaire de l’University de Hull, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort. Pendant sa première année, il vivait dans des meublés. Puis en 1956, à l’âge de 34 ans, il a loué pour la première fois un appartement indépendant, au dernier étage dy 32 Pearson Park, maison de briques rouges de trois étages, qui donnait sur le parc, et qui avait été auparavant le consulat américain. Ceci, il semblerait, était la bonne place commémorée plus tard dans le poème High Windows. Durant les années d’après-guerre, Hull University a subit une importante expansion, comme cela était typique des universités britanniques de cette période. Pendant les 15 premières années de sa période là-bas, Larkin a été profondément impliqué dans tous les aspects de la création d’une nouvelle bibliothèque – sa nature complètement moderne contrastant avec l’image réactionnaire de Larkin. La bibliothèque a été construite en deux étapes : en 1967, elle a été nommée la bibliothèque Brynmor Jones. De 1957 jusqu’à sa mort, sa secrétaire était Betty Mackereth. Tout accès à lui par ses collègues passait par elle, et elle a su autant de la vie compartimentée de Larkin que quiconque.

En février 1961, l’amitié de Larkin avec sa collègue Maeve Brennan est devenue romantique, malgré ses fortes croyances catholiques. Au printemps 1963, Brennan l’a persuadé de venir avec elle à un bal pour le personnel universitaire, malgré sa préférence à lui pour les réunions plus petites. Cela semble avoir été une occasion pivot de leur relation, et il l’a commémorée dans son plus long (et non fini) The Dance. À cette époque, et également à son incitation, Larkin a appris à conduire et a acheté une voiture. Pendant ce temps, Monica Jones, dont les parents étaient décédés l’un après l’autre à l’automne 1959, a acheté un cottage de vacances à Haydon Bridge, près de Hexham, dans lequel Larkin et elle allaient régulièrement. Son poème notable Show Saturday est une description du spectacle de Bellingham en 1973 dans la vallée du Nord de la Tyne.

En 1964, à la suite de la publication de The Whitsun Weddings, Larkin a été le sujet d’un épisode de l’émission artistique Monitor, produite par Patrick Garland. Les images de lui interviewé par le poète John Betjeman dans divers lieux dans et autour de Hull a été grandement responsable de la création de la personnalité publique de Larkin.

Le rôle de Larkin dans la création de la nouvelle Brynmor Jones Library de Hull University était important et fatiguant. Peu après la seconde phase plus important de construction a été finie en 1969, il a pu rediriger ses énergies. En octobre 1970, il a commencé à travailler à la compilation d’une nouvelle anthologie, the Oxford Book of Twentieth Century English Verse. On l’a récompensé d’un poste de “Fellow” visiteur au All Souls College à Oxford pendant deux trimestre, ce qui lui a permis de consulté la Bodleian Library de Oxford. Larkin a grandement contribué à la réévaluation de la poésie de Thomas Hardy, ce qui en comparaison à son œuvre en tant que romancier avait été ignorée ; dans l’anthologie “idiosyncratique” et “controversée” de Larkin, le poète le plus généreusement représenté était Hardy. Il y avait 27 poèmes de Hardy, comparé à 9 seulement de T.S. Eliot ; les autres poètes les plus représentés étaient W.B. Yeats, W.H. Auden et Rudyard Kipling et Larkin a inclus six de ses propres poèmes – autant que Rupert Brooke. Dans le processus de compiler le recueil, il avait été déçu de ne pas trouver plus de poèmes et de meilleurs pour démontrer que la clameur à propos des Modernistes avait étouffé les voix des traditionnalistes. Les réponses les plus favorables à l’anthologie étaient celles de Auden et John Betjeman, tandis que la plus hostile était celle de Donald Davie, qui a accusé Larkin de “cynisme positif” et d’encourager “le triomphe pervers du philistinisme, le culte de l’amateur… [et] la sorte la plus faible de poésie anglaise”. Après une période initiale d’anxiété à propos de la réception de l’anthologie, Larkin a aimé la clameur.

En 1971, Larkin a repris contact avec son ami d’école Colin Gunner, qui avait mené une vie picaresque. Leur correspondance subséquente a gagné de la notoriété étant donné que dans ces lettres, “Larkin était particulièrement franc à propos d’opinions politique et personnelles”. Dans la période de 1973 à 1974, Larkin était Fellow Honorable du St John’s College d’Oxford et a reçu des diplômes à titre honorifique des universités de Warwick, St Andrews et du Sussex. En janvier 1974, Hull University a informé Larkin qu’ils allaient vendre l’immeuble sur Pearson Park dans lequel il vivait. Peu après il a acheté un pavillon des années 1950 à deux étages dans une rue nommée Newland Park qui était décrite par son collègue d’université John Kenyon comme “un petit coin tranquille entièrement de la middle class”. Larkin, qui s’est installé dans la maison en juin de cette année, trouvait la propriété à quatre chambres “complètement quelconque” et réfletait que “Je ne peux dire que c’est le genre de maison qui est éloquente dans la noblesse de l’esprit humain”.

Peu après s’être séparé de Maeve Brennan en août 1973, Larkin a assisté aux funérailles de W.H. Auden à la Christ Church de Oxford, avec Monica comme compagne officielle. Cependant, en mars 1975, la relation avec Maeve a repris, et trois semaines après cela, il a commencé une aventure secrète avec sa secrétaire Betty Mackereth, écrivant le poème longtemps resté secret We met at the end of the party pour elle. Malgré les difficultés logistiques d’avoir trois relations en même temps, la situation a continué jusqu’en mars 1978. Dès lors, Monica et lui étaient un couple monogame. Cinq ans plus tard, en 1983, Monica a été hospitalisé pour un zona. La gravité de ses symptomes, dont ses effets sur ses yeux, ont attrsité Larkin. Tandis que sa santé déclinait, les soins réguliers sont devenus nécessaires : en un mois, elle s’est installée dans sa maison de Newland Park et y est restée jusqu’à la fin de sa vie.

En février 1982, Larkin a eu 60 ans. Cela a été marqué de manière plus importante par un recueil d’essais intitulé Larkin at Sixty. Il y a eu aussi deux émissions de télé : un épisode du South Bank Show présenté par Melvyn Bragg dans lequel Larkin a contribué hors caméra, et une émission spéciale d’une demi-heure sur la BBC, conçue et présentée par le ministre travailliste du cabinet fantôme, Roy Hattersley.

Aux funérailles de John Betjeman, qui est décédé en juillet 1984, on a demandé à Larkin s’il accepterait le poste de poète lauréat. Il a refusé, surtout parce qu’il pensait qu’il avait depuis longtemps cessé d’être un écrivain de poésie important. L’année suivante, Larkin a commencé à souffrir d’un cancer de l’œsophage. Le 11 juin 1985, il s’est fait opéré, mais son cancer s’est révélé s’être étendu et inopérable. Le 28 novembre, il s’est effondré et a été réadmis à l’hôpital. Il est décédé quatre jours plus tard, le 2 décembre 1985, à l’âge de 63 ans, et a été enterré au Cottingham Municipal Cemetery près de Hull. Sa pierre tombale comporte la simple notion “Philip Larkin 1922-1985 Écrivain”.

Sur son lit de mort, Larkin avait demandé explicitement à ce que ses journaux intimes soient détruits. Ce requêtre a été accordée par Monica Jones et Betty Mackereth ; cette dernière a déchiré les journaux page par page et puis les a brûlés, ce qui les a empêché d’être disponibles pour la compréhension critique de sa vie et de ses œuvres. Au sujet de ses autres papiers privés et écrits non publiés, son testament était contradictoire. Les avocats ont décidé de laisser le problème à ses avocats littéraires, qui ont décidé que les papiers ne devraient pas être détruits.

Lorsqu’elle est décédé le 15 février 2001, Monica, qui avait été la bénéficiaire majeure du testament de Larkin, a à son tour laissé un million de Livres en total à la cathédrale St Paul, Hexham Abbey et Durham Cathedral.

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