“Modern capitalism, organising the reduction of all social life to a spectacle, cannot offer any other spectacle than that of our own alienation.”

(“Le capitalisme moderne, qui organise la réduction de toute la vie sociale en spectacle, est incapable de donner un autre spectacle que celui de notre propre aliénation.”)
Raoul Vaneigem & Attila Kotányi – Pochette de Generation Terrorists

Extrait de Paragraphe 1, intitulé “Vide de l’urbanisme et vide du spectacle” de l’Internationale Situationniste #6 (août 1961)

Texte original :

“L’urbanisme n’existe pas : ce n’est qu’une « idéologie », au sens de Marx. L’architecture existe réellement, comme le coca-cola : c’est une production enrobée d’idéologie mais réelle, satisfaisant faussement un besoin faussé. Tandis que l’urbanisme est comparable à l’étalage publicitaire autour du coca-cola, pure idéologie spectaculaire. Le capitalisme moderne, qui organise la réduction de toute la vie sociale en spectacle, est incapable de donner un autre spectacle que celui de notre propre aliénation. Son rêve d’urbanisme est son chef-d’œuvre.”

Raoul Vaneigem, né à Lessines (Hainaut, Belgique) le 21 mars 1934, est un écrivain, révolutionnaire et médiéviste belge.

Il suit des études de philologie romane à l’Université Libre de Bruxelles de 1952 à 1956. Agrégé de lettres, il enseigne à l’École normale de Nivelles dans le Brabant et écrit, à 22 ans, son mémoire de Licence sur Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Par l’intermédiaire d’Attila Kotanyi, il est mis en contact avec Guy Debord, et participe activement à l’Internationale situationniste de 1961 à 1970, invitant la jeunesse de l’époque à “abandonner toutes les valeurs héroïques pour adopter un hédonisme radical résumé dans le mot d’ordre : jouir sans entrave”. Il contribue de façon importante à la revue que ce groupe a publiée.

L’une de ses œuvres les plus célèbres est son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, paru en 1967. Il s’inscrit dans le projet des situationnistes de renverser l’ordre social dominant. Il y exprime une critique radicale du monde en y dénonçant ses illusions, la survie que ces illusions produisent, et la fausse contestation qui en découle, et invite à un “renversement de perspective”, en considérant que ce sont les contraintes qui empêchent la création. Dans Le Livre des plaisirs, paru en 1979, il renouvelle son invitation à une “jouissance sans entrave”, qu’il présente comme une critique de la société marchande. Cette position l’a fait exclure de l’Internationale situationiste par Guy Debord qui voyait, au contraire, dans le “vaneigemisme” l’expression de l’idéologie utilitariste. Vaneigem est également l’auteur en 1974 d’un mode d’emploi de la révolution, publié sous le pseudonyme de Ratgeb, De la grève sauvage à l’autogestion généralisée.

Médiéviste reconnu, il a travaillé sur les hérésieset la résistance au christianisme, dans lesquelles il voit “les signes d’une civilisation à venir, fondée non plus sur l’aliénation du travail, le pouvoir et le profit, mais sur la créativité, la jouissance et la gratuité”.

L’œuvre de Vaneigem se divise en deux tendances. L’une, théorique, trouve sa justification dans l’idée que “la révolution n’est plus dans le refus de la survie, mais dans une jouissance de soi que tout conjure à interdire” ; ce point de vue, qui rappelle une sorte d’épicurisme, a été à l’origine de son exclusion de l’IS, en novembre 1970, voulue notamment par Debord, qui lui reprochait son désistement en pleine période de troubles en 1968. L’autre, faisant appel à une érudition de chercheur, tente de démontrer que l’esprit de la liberté et de la jouissance se rencontre dès le Moyen Âge central dans le mouvement du Libre-Esprit, qu’il distingue, dans un premier temps, des hérésies, dans lesquelles il voit « des filiales de l’orthodoxie », (Le mouvement du Libre-Esprit, 1986), avant de revenir sur cette opposition dans son livre sur “les hérésies, des origines au XVIIIème siècle”, au titre évocateur de La résistance au christianisme, publié en 1993.

Il participe actuellement au nouveau journal de Siné, Siné Hebdo.

Attila Kotányi (né en 1924 en Hongrie et décédé le 7 juillet 2004) était un écrivain et architecte hongrois.

Il a d’abord vécu à Budapest où il était en contact avec les théoriciens Lajos Szabó et Béla Hamvas. En 1956, après avoir participé à l’insurrection populaire en Hongrie, il a dû s’enfuir avec sa famille vers Bruxelles en passant par la Yougoslavie. En 1960, il a entendu parler d’un groupe d’artistes appelé Internationale situationniste dont il est bientôt devenu membre.

Il soutenait la thèse de l’impossibilité d’un art non corrompu et s’occupait des traditions du mysticisme chrétien.

Dans les années 1970-1980, il a enseigné l’art à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf. Dans les années 1990, il a vécu de nouveau à Budapest. Sa fille, Sophie Kotányi, est réalisatrice et en 1997 elle a décrit les circonstances de leur fuite de Hongrie et leur vie en Belgique dans son film Amor fati.

L’Internationale Situationniste était un bulletin central publié par les sections de l’Internationale Situationniste. Cette citation parle de la théorie de Debord sur la façon dont le capitalisme détruit notre vision du monde qu’il a exposé dans La Société du spectacle.

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