6 Counties

Cités dans Dead Yankee Drawl :
“Let’s go down to Greenwich Village and desecrate
The Noraid slogans that justify 6 counties hate
Let’s go down Redondo Beach and wax body company
Cos reality for TV is Disney not King, Rodney”

“6 Counties” se réfère aux six comtés qui forment l’Irlande du Nord : Antrim, Armagh, Londonberry, Dawn, Fermanogh et Kerry Tyrone.

L’Irlande du Nord est l’une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle se compose de six des neuf comtés de la province irlandaise d’Ulster, au nord-est de l’île d’Irlande. Le reste de l’île d’Irlande est constitué par l’État d’Irlande. Elle couvre 14 139 km², soit environ un sixième de l’île entière et 5% du Royaume-Uni. Elle a une population de 1 685 000 d’après le recensement du Royaume-Uni de 2001. Cela représente entre un quart et un tiers de la population de l’île et 3% de celle du Royaume-Uni. La capitale, et en même temps la plus grande ville, est Belfast.

Le territoire d’Irlande du Nord est contesté depuis sa fondation par l’état du sud, dénommé en 1921 l’État libre d’Irlande, et désormais appelé République d’Irlande. Un conflit a opposé les deux communautés du territoire, le conflit nord-irlandais de la fin des années 1960 jusqu’à la fin des années 1990. D’un côté, les minoritaires nationalistes, presque tous catholiques, motivés par un désir d’égalité des droits et d’union avec la République d’Irlande opposés aux majoritaires unionistes, presque tous protestants descendants des colons installés au XVIIème siècle, partisans du statu quo. Des troubles publics à la fin des années 1960 se sont mués à l’orée des années 1970 en une campagne militaire contre l’état britannique en Irlande du Nord. L’actrice principale était l’IRA qui a lutté contre le RUC, l’ex-force de police en Irlande du Nord. Mais, dans cette guerre sont aussi intervenus des paramilitaires unionistes, l’armée britannique et d’autres paramilitaires nationalistes. En 1998 un accord était conclu entre les principaux partis politiques et en 2007 une assemblée s’est tenue. Elle a eu l’appui de tous les partis majeurs de l’état. Le conflit a laissé une trace psychologique très profonde dans la vie culturelle et politique en Irlande-du-Nord. Les divisions entre les deux communautés sont encore très présentes.

Le lin, qui était une industrie importante dans l’histoire, est devenu symbole de la province, acceptable par les deux communautés. La main rouge d’Ulster est moins acceptable.

Après une guerre d’indépendance débutée en 1912 entre l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et le gouvernement britannique et des émeutes unionistes (notamment Pâques sanglantes) dans le nord, Londres a accepté de négocier avec l’IRA (notamment Michael Collins). Londres a proposé un traité aux Irlandais : Les unionistes, majoritaires des 6 comtés du nord, auraient leur parlement et leurs ministères mais resteraient dans le Royaume-Uni. C’est ainsi qu’est née l’Irlande du Nord. Les nationalistes majoritaires du sud auraient un État libre, appartenant au Commonwealth, avec parlements et ministères en échange d’un serment d’allégeance à la couronne britannique. Ce nouvel État comprendrait 26 comtés (les comtés de la République actuelle). Le désaccord sur ces conditions a été à l’origine de la guerre civile qui a débuté en 1921.

Il est judicieux de rappeler que le confit n’est pas entre catholiques et protestants mais plutôt entre républicains et royalistes ou bien nationalistes et unionistes. En effet, les premiers sont (globalement) descendants des anciens habitants irlandais, et les seconds sont (majoritairement) descendants des colons anglais ou écossais.

Le nouvel État nord-irlandais est ainsi dirigé par des politiciens protestants élus par la majorité protestante du pays et enlève aux catholiques le droit de vote. Cet État a traversé le XXème siècle au rythme des affrontements sectaires et des tensions intercommunautaires. (De 1921 jusqu’en 1972).

Les premiers mouvements de contestation d’ampleur de la communauté catholique, notamment en août 1968, demandaient l’égalité des droits et la fin de la discrimination instituée par la majorité protestante unioniste : droits de vote basés sur la propriété des moyens de production détenus majoritairement par les protestants, découpage électoral inéquitable, attribution de logement inéquitable, etc. Ce mouvement ressemblait en cela à celui pour les droits civiques des citoyens noirs aux États-Unis. Mais le courant unioniste vit dans ces demandes une menace envers son existence et ses intérêts (justice, police, logement,etc.). Les rassemblements ont été interdits tandis que les policiers (majoritairement composés de protestants) réprimaient de plus en plus violemment les manifestations.

L’administration de l’Irlande du Nord a été déstabilisée par de violents affrontements entre catholiques et protestants à Derry/Londonderry (Derry pour les nationalistes et Londonderry pour les unionistes), notamment Bloody Sunday (30 janvier 1972), où les commandos de parachutistes britanniques ont tiré sur des manifestants non-armés et pacifiques. Les conflits se sont étendus à Belfast. Là, des familles catholiques ont dû fuir leurs maisons qui étaient brûlées par les policiers et la foule protestante opposée au changement (Ardoyne, Nord de Belfast, 1969). Les quartiers nationalistes catholiques se trouvaient à la merci des émeutiers protestants et des forces de l’ordre. Les insurgés irlandais se sont armés et ont commencé par défendre les quartiers avant de passer en phase offensive. L’IRA s’est réorganisée spontanément pour permettre la défense de sa communauté.

Une nouvelle notion est entrée dans l’équation du conflit : la réunification des deux Irlandes. Les catholiques en ont fait un leitmotiv. Tandis que les protestants percevaient une Irlande unifiée comme une menace, notamment sur le plan religieux.

En 1969, Londres a envoyé l’armée britannique pour séparer les deux communautés et rétablir le calme. Mais les soldats, au début perçus par les catholiques comme des protecteurs, sont devenus les outils du gouvernement en place et les troupes ont pratiqué la même répression que les policiers. L’IRA a alors tourné ses activités contre l’armée britannique. Le but avoué des nationalistes est devenu la libération de l’Irlande du joug britannique. Des milices paramilitaires protestantes se sont formées pour défendre les intérêts du peuple protestant. L’UVF (Ulster Volunteer Force), la LVF (Loyalist Volunteer Force) et l’UDA (Ulster Defence Association) ont pris pour cible des membres de l’IRA, du Sinn Féin (aile politique de l’IRA) et les civils de la communauté catholique. S’en est ensuit un conflit de type guérilla, appelé avec pudeur “Troubles” où explosions, fusillades et autres actes de guerre ont été commis par les différents protagonistes.

Plusieurs tentatives pour mettre fin au conflit ont tentées. Mais elles ont toutes échoué durant les années 1970 et 1980.

Dans les années 1990, Londres a secrètement accepté de rencontrer les cadres de l’IRA pour négocier un cessez-le-feu durable. Le Sinn Féin a tenté de participer aux discussions. Mais il a fallu près de huit ans pour que le parti politique s’installe à la table des négociations. Ce qui a permis à l’IRA de mettre un terme temporairement au conflit.

Un changement de cadres au sein des partis a facilité les négociations qui ont culminé en 1998 avec l’Accord du Vendredi Saint (ou Accord de Belfast). Cet accord entre les partis de l’Irlande du Nord et les gouvernements du Royaume-Uni et de la République d’Irlande prévoyait : un parlement autonome dans la province ; des garanties de droits humains ; des conseils administratifs transfrontaliers en matière d’environnement et de tourisme, des langues régionales (l’irlandais et le scots d’Ulster) ; un conseil britannico-irlandais pour rassembler les gouvernements des îles Britanniques (du Royaume-Uni, de la République d’Irlande, de l’Irlande du Nord, de l’Écosse, du Pays de Galles, de Jersey, de Guernesey et de l’île de Man).

L’accord permet la mise en place d’un système de gouvernement local et de partage du pouvoir entre unionistes et nationalistes. Il fonctionne, non sans difficultés, jusqu’en 2002. David Trimble est alors Premier ministre de l’Irlande du Nord. Le 14 octobre 2002, le fonctionnement du parlement autonome est interrompu alors qu’éclate un scandale d’espionnage de l’état-major de l’IRA. Ce retour au contrôle direct de Londres dure quatre ans.

En 2006, de nouvelles négociations aboutissent aux accords de Saint-Andrews qui permettent l’organisation de nouvelles élections en mars 2007, la reprise du fonctionnement de l’assemblée le 7 avril de la même année et finalement la mise en place le 8 mai d’un gouvernement impliquant pour la première fois Ian Paisley, le leader du Democratic Unionist Party. Il devient premier ministre d’Irlande du nord. Le vice-premier ministre est Martin Mc Guiness. Les deux hommes ont célébré la réouverture du Stormont (le parlement nord irlandais) le 29 mai. Leur entente semble cordiale et de bonne augure pour l’avenir du pays.

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