Margaret Thatcher

Mentionnée dans le sample dans Ifwhiteamericatoldthetruthforonedayit’sworldwouldfallapart :
“Next Thursday you’re invited to watch
Rising Tide’s live coverage of a gala tribute
In salute to Ronald Reagan
Host Haley Barbour joins special guest
Lady Margaret Thatcher in celebrating
The former president’s 83rd birthday
Ticket’s are $1000 a plate
But you can see the event free on G.O.P. TV”
et dans (Nicky’s Wire) Last :
“Hatred made a final stand
He felt some strength he made some plans
He looked at love the battle lost
Like the charge of the light brigade
Or a bitter twisted Thatcherite

Margaret Thatcher (née Margaret Hilda Roberts le 13 octobre 1925 à Grantham et morte le 8 avril 2013 à Londres), baronne Thatcher, LG, OM, PC, FRS, est une femme politique britannique. Elle a été la première et unique femme présidente du Parti conservateur, de 1975 à 1990 et également la seule femme Premier ministre du Royaume-Uni, de 1979 à 1990. Margaret Thatcher est arrivé au pouvoir dans un pays en situation d’instabilité, elle a redressé l’économie au prix de réformes radicales. Effectuant le plus long mandat, sans interruption, de Premier ministre au Royaume-Uni depuis le début du XIXème siècle, elle est devenue “par sa personnalité autant que par ses réalisations, la plus renommée des leaders politiques britanniques depuis Winston Churchill”.

Attachée à ses convictions chrétiennes méthodistes, conservatrices et libérales, invoquant la souveraineté britannique, la protection de l’intérêt de ses administrés et les principes de droit, elle a mené une politique étrangère marquée par l’opposition à l’URSS, la promotion de l’atlantisme, la guerre des Malouines en 1982 ou la promotion d’une Europe libre-échangiste au sein de la communauté économique européenne. Sa politique économique, fortement influencée par les idées libérales, a été marquée par d’importantes privatisations, par la baisse de la pression fiscale, la maîtrise de l’inflation et du déficit et l’affaiblissement des syndicats.

Assurément l’une des figures politiques britanniques les plus importantes de l’histoire politique récente, c’est aussi l’une des plus admirées comme l’une des plus détestées. Le surnom de “Dame de Fer” que le journal soviétique L’Étoile rouge, organe de l’armée soviétique, lui a décerné en janvier 1976 dans le but de stigmatiser son anticommunisme est rapidement devenu au contraire un atout politique, symbolisant sa fermeté face aux grévistes de la faim de l’IRA provisoire en 1981 ou aux mineurs grévistes en 1984-1985. Elle reste associée à la “révolution conservatrice” des années 1980 et à l’“ère de révolution” idéologique qu’elle a lancé.

Margaret Thatcher naît le 13 octobre 1925 à Grantham en Angleterre. Elle est issue des classes moyennes, voire d’un milieu modeste, et grandit dans une famille méthodiste. Sa mère s’appelait Beatrice Stephenson et son père Alfred Roberts (1892 – 1970). Membre du parti conservateur local, il était à l’origine un petit épicier de quartier qui va s’élever par le travail et par l’épargne jusqu’à devenir brièvement maire de Grantham en 1945-1946. Margaret Thatcher va pendant sa jeunesse aider à faire fonctionner l’épicerie, donnant naissance à des intuitions favorables au libre-échange et au marché. Elle suit une éducation rigoureuse et très imprégnée par le méthodisme, pour lequel son père prononce des sermons. Elle découvre très jeune la politique à travers l’engagement de son père.

Elle étudie jusqu’au lycée dans la ville, rejoignant la Kesteven and Grantham Girls’ School avec une bourse. Elle passe la première partie de la Seconde Guerre mondiale à Grantham, qui est bombardée. En 1943, elle est admise au Somerville College de l’Université d’Oxford, pour un cursus de chimie. Elle est alors la première de sa famille à entrer à Oxbridge, qu’elle finance grâce à des bourses. De 1943 à 1947, elle suit des études scientifiques de chimie à l’université d’Oxford. Elle étudie en particulier la cristallographie et sort de l’université avec une licence de chimie. Elle rejoint dès son arrivée l’Oxford University Conservative Association (OUCA), l’association des étudiants conservateurs d’Oxford et, en octobre 1946, elle en devient présidente, troisième femme à accéder à ce poste. Son origine sociale et son engagement politique en font une personnalité en marge, la plupart des étudiants sont en effet progressistes et de milieu social élevé, où il est de bon ton d’être progressiste. Elle a une aventure avec un étudiant d’un milieu aristocratique mais quand elle est présentée à la famille, celle-ci l’humilie pour son rang inférieur. La même année elle participe pour la première fois au congrès national du Parti conservateur britannique à Blackpool.

De 1947 à 1951, elle travaille dans le secteur de la recherche en chimie, dans l’industrie des plastiques, chez BX Plastics. En 1949, elle est sélectionnée comme candidate conservatrice pour la circonscription de Dartford et rejoint alors J. Lyons and Co.. Elle y travaille dans le secteur de la crème glacée, développant des techniques visant à améliorer la conservation des produits et surtout en y ajoutant de l’eau afin d’améliorer sinon la qualité du moins la rentabilité.

Aux élections de 1950 et 1951, elle tente de se faire élire dans le bastion travailliste de Dartford que le parti lui a assigné mais échoue, réduisant néanmoins de 6 000 voix l’avance travailliste. En 1950, elle est à 24 ans, la plus jeune femme candidate du pays. Il est à l’époque rare qu’une femme fasse de la politique, ce qui est d’ailleurs généralement mal vu. Ses discours reflètent déjà les idées qui guideront sa politique future, comme ce discours tenu à Dartford :

“Notre politique n’est pas fondée sur la jalousie ou sur la haine, mais sur la liberté individuelle de l’homme ou de la femme. Nous ne voulons pas interdire le succès et la réussite, nous voulons encourager le dynamisme et l’initiative. En 1940, ce n’est pas l’appel à la nationalisation qui a poussé notre pays à combattre le totalitarisme, c’est l’appel de la liberté”.

Elle commence alors des études juridiques. Elle rencontre à cette époque Denis Thatcher (1915 – 2003), un divorcé de milieu aisé. Celui-ci recherche une relation stable et sûre tandis qu’elle recherche un mari qui pourra subvenir à ses besoins pendant qu’elle se consacre à la politique. Ils se marient en décembre 1951. Si leur mariage n’est pas passionnel, leur relation sera extrêmement forte et la mort de Denis en 2003 l’affectera considérablement. Ils ont des jumeaux en 1953, Mark et Carol. La même année, elle devient barrister spécialisée en droit fiscal.

Elle tente à plusieurs reprises d’obtenir l’investiture du parti dans des circonscriptions conservatrices et, en 1958, elle est choisie pour être la candidate conservatrice au Parlement dans la circonscription de Finchley, qui a la caractéristique d’avoir une forte communauté israélite, ce qui aura des répercussions sur sa politique étrangère future, plutôt pro-israélienne quand la tradition conservatrice était plutôt pro-arabe et pour quelques cas antisémite. Après avoir consciencieusement fait campagne, elle remporte l’élection en 1959 et entre pour la première fois à la Chambre des communes. C’est le début d’une carrière politique très rapide. Elle sera élue sans discontinuer aux Communes jusqu’en 1992. Elle est très remarquée lors de son premier discours de présentation à la chambre. La première loi qu’elle a proposé et a fait voter le 5 février 1960 était en faveur de la liberté de la presse pour relater les délibérations des conseils municipaux. C’est à cette occasion qu’elle rencontre Keith Joseph, qui restera très proche d’elle et l’influencera fortement.

À la faveur d’un remaniement en septembre 1961, elle devient Parliamentary Secretary (« Secrétaire parlementaire ») auprès du ministre des retraites. Elle conserve son poste jusqu’au départ des conservateurs du pouvoir en 1964. Elle soutient alors Edward Heath à la tête du parti tory contre Reginald Maudling. De 1964 à 1970, elle occupe la fonction de porte-parole de son parti à la Chambre des communes. Elle y défend alors entre autres la possibilité pour les locataires de logements sociaux de les racheter. En 1966, elle rejoint le Trésor dans le “Cabinet fantôme” conservateur.

En tant que députée, elle est l’un des seuls conservateurs à soutenir la loi de Leo Abse qui décriminalise l’homosexualité masculine et à soutenir la légalisation de l’avortement proposée par David Steel. Elle prend parti contre l’abrogation de la peine de mort. Lors de discours à la chambre, elle s’oppose fortement au Labour et à sa politique fiscale, qu’elle juge être un pas en direction  “non seulement du socialisme mais aussi du communisme”. Remarquée, elle progresse dans la hiérarchie du Cabinet fantôme et devient shadow ministre de l’éducation à la veille des élections de 1970.

Quand Edward Heath remporte les élections générales de 1970, elle est sans surprise choisie comme ministre de l’éducation et de la science. Sa politique est marquée par la volonté de protéger les  “grammar schools” (sélectives et spécialisées) contre les “comprehensive schools” (généralistes) ce qu’elle ne parviendra pas à faire. Elle a également défendu l’Open University, système d’enseignement à distance que le chancelier de l’échiquier Anthony Barber voulait supprimer.

Devant couper dans les dépenses de son ministère, elle supprime la distribution gratuite de lait pour les enfants de sept à onze ans, prolongeant la politique du Labour qui l’avait supprimée au lycée. Cela a suscité une importante vague de protestations et lui valut le quolibet : “Thatcher Thatcher, Milk Snatcher”. S’étant considérablement exposée politiquement sans obtenir de gain en contrepartie, elle tirera de cette expérience une leçon politique : n’aller à l’affrontement que pour les combats majeurs. En revanche, elle s’est opposé à l’introduction de nouveaux frais pour l’accès aux bibliothèques.

Après le U-Turn d’Edward Heath, qui change radicalement de politique devant la pression de la rue, elle renonce un temps à pratiquer une politique libérale et se conduit de façon aussi dépensière qu’un ministre de l’éducation habituel.

Après la défaite des conservateurs aux élections de 1974, elle devient shadow ministre de l’environnement.

Thatcher se rapproche de Keith Joseph et du Centre for Policy Studies dont elle partage les analyses sur les causes de la défaite : tous deux estiment que le gouvernement Heath a perdu le contrôle de la politique monétaire et s’est discrédité par ses revirements permanents ou “U-turns”. Un nombre croissant de conservateurs perçoit que la politique centriste du parti a mené le pays au déclin relatif puis absolu et recherche une alternative à Heath. Initialement candidat à la présidence du parti conservateur, Joseph se retire au profit de Thatcher à la suite d’une “gaffe” dans un discours, erreur utilisée par les socialistes pour le faire passer pour un eugéniste. Après avoir méthodiquement travaillé les députés, de même qu’elle travaille méthodiquement les électeurs de sa circonscription, et à la surprise générale, elle devance Heath au premier tour et ce dernier se retire au profit de William Whitelaw. Thatcher l’emporte malgré tout, par 146 voix contre 79 ; le 11 février 1975, elle prend la tête du parti.

Pendant son mandat à la tête du parti tory, elle persiste dans une attitude anticommuniste, en particulier lors de discours comme celui de Kensington le 19 janvier 1976 où elle accuse les Soviétiques d’aspirer à la domination du monde et de sacrifier le bien-être de leur population à cette fin. Cela lui valut le surnom de “Dame de Fer”, donné par le journal du ministère de la Défense soviétique, L’Étoile rouge et popularisé par Radio Moscou.

Les difficultés rencontrées par le gouvernement travailliste, qui mènent par exemple à la tutelle du FMI, ont relancé les conservateurs, qui ont fait campagne sur des thèmes offensifs comme “Le Labour, ça ne marche pas” (“Labour Isn’t Working”), en attaquant le bilan du gouvernement sur le chômage ou la surrégulation et en profitant des retombées de l’hiver du mécontentement au cours duquel une grève générale paralyse le pays.

Par ailleurs, Margaret Thatcher fait appel aux services d’une compagnie Saatchi and Saatchi pour gérer sa campagne, comme cela se fait déjà aux États-Unis mais pas encore en Europe. En 1978, des affiches sont imprimées représentant une file d’attente illustrée du slogan Labour is not working. La presse reprend et diffuse ces affiches, qui n’avaient été imprimées qu’en une trentaine d’exemplaires, offrant à la campagne de Thatcher un large et nouvel écho. Thatcher se place ainsi sur le terrain social pour contester le gouvernement, cherchant à atteindre les électeurs traditionnels du parti travailliste, stratégie qui aboutira puisqu’on observera un transfert de voix de 10 à 15 % dans les régions travaillistes.

On appellera “thatchérisme” la politique économique de Margaret Thatcher. Le thatchérisme est avec le “reaganisme”, son pendant américain à la même époque, l’un des deux principaux avatars de la « révolution conservatrice » que le monde a connue suite à la phase dépressionnaire qui s’ouvre avec les deux chocs pétroliers et la crise du keynésianisme. C’est dans les années 1970 que le thatchérisme prend forme, avant l’arrivée au pouvoir, sous l’influence des penseurs et thinks tanks libéraux.

Margaret Thatcher accorde une grande importance aux valeurs victoriennes de travail, d’ordre, d’effort et de “self-help” qu’elle a reçu dans son éducation et dont elle dit dans ses Mémoires qu’elles ont joué un grand rôle dans son parcours. Dès ses années d’université, elle est en outre familière avec les idées libérales, à travers la lecture de La Société ouverte et ses ennemis de Karl Popper, La Route de la servitude ou, plus tard, La Constitution de la liberté de Friedrich Hayek. Ce sera une source d’inspiration importante de sa pensée, avec les ouvrages libéraux que lui conseillera Keith Joseph. De façon générale, le “thatchérisme” puise son inspiration politique et économique dans ces théories et dans celles de l’École monétariste de Chicago, incarnée par Milton Friedman, de l’école de l’offre d’Arthur Laffer et de l’École autrichienne connue à travers Friedrich Hayek.

Margaret Thatcher allait mettre en application ces théories en réduisant fortement les dépenses publiques et la pression fiscale, en luttant contre l’inflation forte de la fin des années 1970 par des taux d’intérêt élevés et en favorisant l’ouverture économique aux capitaux étrangers, et son corollaire : la fin des subventions aux “canards boiteux” (fermeture des mines non rentables par exemple), ce qui tranche avec le volontarisme des voisins européens pour tenter de sauver l’industrie au cours des années 1980. Nigel Lawson, chancelier de l’Échiquier entre 1983 et 1990 a ainsi déclaré en 1980 :

“La politique économique du nouveau conservatisme repose sur deux principes : le monétarisme et le libre marché en opposition à l’intervention de l’État et à la planification centralisée” — Nigel Lawson, Conférence du “Bow Group” en août 1980

Elle se revendique également antisocialiste et écrit dans ses Mémoires : “je n’ai jamais oublié que l’objectif inavoué du socialisme – municipal ou national – était d’accroître la dépendance. La pauvreté n’était pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en était l’effet délibérément recherché”. Dans un discours devant le Conseil central de son parti, en mars 1990, elle déclare : “Le socialisme a l’État pour credo. Il considère les êtres humains ordinaires comme le matériau brut de ses projets de changements sociaux”.

Concernant les vecteurs de transmission de ces idées, on peut souligner le rôle des think tank libéraux britanniques comme l’Adam Smith Institute fondé en 1977, l’Institute of Economic Affairs fondé en 1955 ou le Centre for Policy Studies fondé en 1974 par Keith Joseph.

C’est dans un contexte marqué par une crise à la fois économique, sociale, politique et culturelle que Margaret Thatcher a mené les conservateurs à la victoire le 3 mai 1979 (44% des voix et 339 élus, contre 37% aux travaillistes et 269 élus), devenant le lendemain la première femme à diriger le gouvernement d’un pays occidental.

Le nouveau Premier ministre était relativement peu connue de ses concitoyens, elle dirigeait le parti conservateur depuis 1975 seulement et n’y avait pas auparavant occupé de poste véritablement de premier plan. Se décrivant elle-même comme “un dirigeant politique de convictions”, elle entend mettre en pratique un programme, appuyé sur quelques principes fondamentaux, pour enrayer le déclin du pays. Elle avait énoncé les grandes lignes de son programme et comptait l’appliquer, mettant fin aux revirements de Heath. Elle a ainsi déclaré dans un discours le 10 octobre 1980 : “la dame ne fait pas demi tour !”

Margaret Thatcher a orchestré une réduction importante du rôle de l’État, accompagnée du renforcement de son autorité sur les domaines qu’il conserve, au détriment des corps intermédiaires. Elle commence son premier mandat en défaisant certaines politiques travaillistes, qu’il s’agisse des nationalisations d’entreprises et de ressources, de la régulation du marché locatif à la réduction de la taille de l’administration.

Elle lance les premières privatisations, comme celle de British Steel (privatisée en 1988) ou de British Airways (privatisée en 1987), transformant une entreprise perdant 1 milliard de livres par an et ayant une productivité inférieure de moitié à celle de ses concurrents occidentaux, en plus gros producteur d’acier européen, ou un transporteur aérien déficitaire en l’une des meilleures et plus rentables compagnies au monde. Ainsi, British Steel sous la présidence d’Ian McGregor doit s’aligner sur la productivité des industries étrangères : en 1975, elle a une productivité une fois et demi inférieure à la productivité allemande et deux fois et demi inférieure à la productivité américaine. À partir de 1979, elle augmente de 10% par an.

Cette réduction du rôle de l’État s’accompagne d’une réduction du nombre de corps intermédiaires : on observe la disparition de plusieurs centaines de Quangos (organismes paritaires) et plusieurs conseils de comté sont démantelés ou supprimés. À Londres, l’annulation des élections de 1985 et la suppression fin 1986 de la municipalité, dirigée par le populaire leader travailliste Ken Livingstone, a été considérée comme une mesure politicienne.

Exemple de cette évolution du rôle de l’État, elle déclare dans un discours en 1975 :

“Un homme a le droit de travailler comme il veut, de dépenser ce qu’il gagne, de posséder sa propriété, d’avoir l’État pour serviteur et non pour maître. Ce sont là les héritages britanniques. Ils sont l’essentiel d’une économie libre et de cette liberté dépendent toutes les autres”.

Elle s’est aussi attaquée aux syndicats, dont la puissance était importante notamment grâce à leur influence au sein même du Parti travailliste, qui était alors nettement à gauche. Ce sera particulièrement vrai lors de l’“Hiver du mécontentement” (“The Winter of Discontent”) 1984-1985, lors d’une longue grève des mineurs. Le film Billy Elliot évoque ces grèves.

Durant son passage au pouvoir, cinq lois sur les syndicats ont été votés : en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. Ces lois sur les syndicats avaient pour objectif premier de mettre fin au “closed shop”, qui permettait à un syndicat de n’autoriser que les recrutements de travailleurs syndiqués.

Le fort chômage dans certains secteurs et dans les villes ouvrières sinistrées engendrait des émeutes, comme à Brixton en 1981 où 55% de la population masculine était alors au chômage. En 1985, Tottenham, à son tour, s’enflammait.

La situation en Ulster se dégrade au début de son mandat ; Lord Mountbatten, cousin de la reine et organisateur de l’indépendance de l’Inde, est assassiné par l’IRA en 1979. Des attentats visent Hyde Park et Regent Street en 1982, faisant 23 morts, puis Harrods en 1983, faisant 9 morts. En octobre 1984, l’explosion d’une bombe à retardement de l’IRA au Grand Hôtel de Brighton, où se tient le congrès annuel du parti conservateur, manque de provoquer la mort de Margaret Thatcher et de plusieurs membres de son gouvernement. En 1987, l’attentat d’Enniskillen fait 11 morts.

En 1981, plusieurs membres de l’Armée républicaine irlandaise provisoire et de l’Irish National Liberation Army emprisonnés à la prison de Maze ont lancé une grêve de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques, qui leur avait été retiré cinq ans plus tôt par les travaillistes. Malgré la mort de 10 prisonniers (dont le plus connu est Bobby Sands), Thatcher se montre inflexible, déclarant par exemple qu’“un crime est un crime ; ce n’est pas politique”.

Néanmoins, elle leur accordera le statut ultérieurement et explora une solution négociée au conflit avec les accords d’Hillsborough entre l’Irlande et le Royaume-Uni. À la fureur des Unionistes, l’accord donne des garanties au gouvernement irlandais et aux pacifistes et affirme la nécessité de la règle majoritaire pour toute évolution du statut de la province. Cela ne suffit pas à mettre un terme à la violence qui continue.

Le Royaume-Uni connait une vague croissante d’immigration après les chocs pétroliers des années 1970, notamment en provenance de ses anciennes colonies aux Caraïbes, mais aussi et surtout du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Inde. Particulièrement touchées par le chômage, de nouveaux types de problèmes sociaux apparaissent dans des quartiers souvent considérés comme des ghettos ethniques. C’est également à cette époque que le phénomène des skinheads, mouvement culturel (devenu majoritairement raciste et antisémite dans les années 1980) appelant à l’usage de la violence contre les immigrés, la gauche et l’extrême-gauche, devient relativement important au Royaume-Uni.

Margaret Thatcher, bien conseillée, utilise une stratégie de communication efficace. Elle suit notamment des cours de maintien et d’élocution afin de perfectionner son accent Oxbridge (accent de ceux qui sont passés par les universités de Cambridge ou Oxford) et faire passer une image de fermeté et d’assurance qui assure sa crédibilité dans les médias audiovisuels. Ses rapports avec la BBC ont été houleux avec notamment une polémique éclatant au grand jour en 1986. En revanche, la “Dame de fer” entretient de bonnes relations avec les journaux, majoritairement en faveur de sa politique, en particulier sous l’influence de Rupert Murdoch, propriétaire d’un véritable empire de médias.

Le gouvernement Thatcher dès 1980 a augmenté les frais d’inscription pour les étudiants étrangers ouvrant ainsi la voie à l’augmentation ultérieure des frais d’inscription pour tous les étudiants, étrangers ou non, et incitant certaines universités à construire des cursus spécifiques destinés à attirer des étudiants fortunés américains, japonais ou des pays du Golfe. Le troisième gouvernement de Thatcher (1987-1990) a vu l’introduction d’une législation (Education Reform Act de 1988) qui modifie considérablement le système de financement des Universités. Le financement de l’enseignement est distingué de celui de la recherche (régulièrement évalué) et le Universities Funding Council (Conseil du Financement Universitaire, composé notamment de non-universitaires, acteurs de la sphère économique) est créé pour superviser l’utilisation des fonds publics par les universités. Un système de contractualisation des Universités est mis en place : pour recevoir des fonds publics les Universités doivent répondre aux appels d’offres du Ministère et se conformer aux critères imposés par celui-ci. Une concurrence entre les universités pour l’obtention des fonds publics est mise en place. Les universitaires, d’autre part, perdent la sécurité d’emploi, et passent au régime général de contrats à durée déterminée.

Sa politique étrangère a été guidée par plusieurs idées fortes, l’anticommunisme, l’atlantisme et l’euroscepticisme.

Après plusieurs années de conflit larvé, l’Argentine, alors dirigée par les généraux, a attaqué le 2 avril 1982 deux petits archipels britanniques dans l’Atlantique Sud : les Malouines et la Géorgie du Sud. Thatcher décide rapidement de recourir à la force contre cet acte de guerre. Dès le 5 avril, une flotte dirigée par l’amiral Sandy Woodward appareille pour l’Atlantique Sud et la Géorgie du Sud est reprise le 25 avril. La reconquête des Malouines a pris trois semaines (21 mai-14 juin) et a fait 293 morts britanniques contre 712 argentins.

La guerre des Malouines (Falklands War) s’est soldé par la défaite de l’armée argentine et par conséquent a précipité la chute de la dictature militaire. L’inflexibilité de Margaret Thatcher dans ce conflit a partiellement contribué à son surnom de Dame de Fer; alors que sa popularité était au plus bas avant le conflit, l’élan de patriotisme puis le succès militaire a contribué à sa première réélection. Parallèlement, elle augmente l’effort militaire jusqu’au milieu des années 1980, dans un contexte de “guerre fraîche” entre les deux blocs.

La relation avec le Chili sera l’occasion d’une controverse beaucoup plus tard. Elle remerciera en effet le général Augusto Pinochet pour le soutien qu’il avait apporté à l’armée britannique durant le conflit en mettant à sa disposition les radars chiliens et en recueillant les blessés. L’Argentine et le Chili, tous deux gouvernés par des dictatures militaires, entretenaient en effet des relations tendues à raison d’un conflit territorial. Le conflit du Beagle avait manqué de déclencher une guerre entre les deux pays du Cône sud. Thatcher remerciera encore publiquement et personnellement Pinochet en 1999, après sa mise en résidence surveillée au Royaume-Uni suite à un mandat d’arrêt international lancé par le juge espagnol Baltasar Garzón pour les violations des droits de l’homme commis sous son gouvernement. S’exprimant en faveur de sa libération, elle a alors déclaré : “je suis bien consciente que vous êtes celui qui a amené la démocratie au Chili, vous avez établi une constitution appropriée à la démocratie, vous l’avez mise en œuvre, des élections ont été tenues, et enfin, conformément aux résultats, vous avez quitté le pouvoir”. Selon l’écrivain chilien Ariel Dorfman, cette affirmation est aussi “absurde” que si l’on disait “qu’elle a apporté le socialisme à la Grande-Bretagne”.

Eurosceptique, elle a demandé que le Royaume-Uni puisse ne pas payer plus que ce qu’il reçoit de l’Europe. Elle fait cette déclaration célèbre : “We are simply asking to have our own money back“ (Nous voulons simplement récupérer notre propre argent). Le Royaume-Uni, alors en pleine récession, paie pourtant beaucoup plus que ce qu’il reçoit. Elle obtient gain de cause en 1984, avec ce qu’on appelle le “rabais britannique”. Dans son fameux discours de Bruges du 20 septembre 1988, elle réaffirme son opposition à une Europe fédérale et déléguant plus de pouvoirs à Bruxelles tout en défendant sa vision de l’Europe, une Europe des patries. Son discours de Bruges défend donc trois idées fondamentales : l’Europe doit fonctionner selon la méthode coopérative, elle doit être l’outil de la création du marché commun et les États-membres doivent se placer dans une logique internationaliste. Elle s’est également opposée à ce que la Communauté européenne dispose de ressources propres.

Margaret Thatcher avait approuvé l’adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) et considérait que celle-ci ne devait être qu’un moyen de mettre en place le libre-échange et de garantir la concurrence. Elle a ainsi déclaré : “Nous n’avons pas réduit le rôle de l’État avec succès au Royaume-Uni pour qu’un super-État européen vienne exercer une nouvelle domination depuis Bruxelles”. Le discours, très critiqué par les autres Européens, a révélé les divisions des conservateurs sur la question européenne. C’est d’ailleurs l’Europe qui a accéléré la chute de son cabinet avec la démission de l’europhile Geoffrey Howe.

L’amitié avec un dirigeant étranger qui marque le plus son mandat est celle avec le président américain Ronald Reagan, qu’elle connaît depuis 1975, et dont elle partage les principes, notamment l’anticommunisme et le libéralisme économique. Ronald Reagan la surnommait “the best man in England”, alors qu’elle le qualifiait de deuxième homme le plus important de sa vie. Les deux leaders s’étaient rencontrés en 1975 alors que Reagan n’était encore que gouverneur de Californie. Les deux dirigeants s’apporteront à maintes occasions un soutien réciproque inébranlable.

Avant même l’arrivée de Reagan au pouvoir, Thatcher a  entrepris de resserrer les liens avec les États-Unis. Sur le plan du nucléaire, elle a confirmé notamment par un échange de lettres avec le président Carter les accords de Nassau signés par MacMillan en 1962 alors que les travaillistes avaient un temps envisagé un rapprochement avec la France sur cette question. Elle montrera tout au long de sa carrière un attachement profond à la doctrine de la dissuasion nucléaire. En 1986, lors du sommet de Reykjavik, elle convainc ainsi Ronald Reagan de décliner la proposition de Gorbatchev d’éliminer l’ensemble des systèmes offensifs soviétiques et américains à moyenne portée.

Malgré de nombreux points de convergence, les deux chefs d’État seront en désaccord sur quelques points ponctuels. Concernant la guerre des Malouines, les intérêts états-uniens penchaient originellement du côté argentin. Alors que les États-Unis tenteront dans un premier temps de trouver un compromis susceptible de sauver la face de leur protégé Galtieri, ils fourniront finalement au Royaume-Uni une importante aide logistique et militaire (en particulier les missiles Sidewinder qui feront tourner le cours du conflit).

Concernant la politique de sanctions contre la Pologne réprimant le syndicat Solidarité, Margaret Thatcher a reproché aux Américains d’avoir unilatéralement décrété des sanctions qui affectaient les économies de ses alliés occidentaux bien plus que la leur. Leur relation bilatérale n’en sera cependant pas affectée.

Margaret Thatcher a adopté une politique opposée à l’URSS et à ses satellites. En 1979, elle condamne l’invasion par l’Armée rouge de l’Afghanistan. En 1980, à la suite de cette invasion, le Royaume-Uni fait partie des 50 pays qui boycottent les Jeux olympiques de Moscou en y participant sous la bannière olympique. Jusqu’en 1985, elle renforce les moyens militaires britanniques, avec une hausse du budget de la défense de 21,3% entre 1979 et 1985. Avec la détente et l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, les relations s’améliorent et les dépenses militaires décroissent à nouveau.

Dès son entrée en fonction en 1979, elle imprime sa marque en réglant en un peu plus de six mois le problème rhodésien vieux de 15 ans avec les accords de Lancaster House.

À l’issue de l’invasion de la Grenade, ancienne possession britannique membre du Commonwealth depuis son indépendance en 1974, par les troupes américaines en 1983, Margaret Thatcher s’est  également déclarée « consternée et trahie ». Son soutien au régime grenadais ne s’est cependant traduit que par quelques protestations devant l’Assemblée générale des Nations unies.

En 1987, elle prend la décision de la restitution de Hong Kong à la Chine. L’année suivante, elle se rallie tardivement aux sanctions contre le régime sud-africain qui pratique l’apartheid.

Les électeurs britanniques lui ont donné la majorité à trois reprises, lui confiant le plus long mandat de Premier ministre au Royaume-Uni depuis le XVIIIème siècle.

En 1982, sa situation était difficile et sa popularité faible. La guerre des Malouines a cependant restauré son autorité morale et le Falkland Factor (Facteur des Malouines) a joué un rôle important (mais non primordial) dans sa réelection. Elle est alors un personnage charismatique, à l’aura semblable à celui du général de Gaulle selon l’historienne Monica Charlot. Néanmoins, pour l’historien Philippe Chassaigne, c’est surtout l’amélioration de la situation économique qui explique cette réelection. Les tories obtiennent finalement 397 députés sur 635 en 1983.

En 1987, les tories remportent à nouveau la victoire mais avec une moindre avance puisqu’ils gagnent 375 sièges sur 650. Les travaillistes sont à chaque fois distancés, en nombre de sièges mais surtout sur le terrain des idées. Michael Foot, le dernier “archéo-travailliste”, laisse la place à des leaders plus modérés en 1983.

Les dissensions au sein du parti se multiplient néanmoins, en partie à cause de son autoritarisme, qui suscite des brouilles avec Francis Pym, Geoffrey Howe ou Nigel Lawson.

En 1990, l’instauration d’un nouvel impôt local supprimant la taxe d’habitation, la poll tax – très impopulaire, au point d’entraîner des émeutes, sa politique économique (15 % de taux d’intérêt) et sa réserve face à l’intégration du Royaume-Uni dans les Communautés européennes l’ont mise en minorité dans son propre parti, alors très divisé sur ces sujets. Elle a cependant accepté l’entrée du Royaume-Uni dans le SME en 1990.

Le 1er novembre 1990, son ministre Geoffrey Howe, l’un de ses plus anciens alliés mais europhile, démissionnait pour protester contre sa politique européenne. Il en a appelé à quelqu’un de nouveau pour mener une nouvelle politique. L’ancien ministre de la Défense Michael Heseltine a alors fait acte de candidature pour diriger le parti conservateur, défiant alors Margaret Thatcher. Il a alors reçu suffisamment de suffrages pour mettre en ballotage le Premier ministre.

Le 22 novembre 1990, de retour d’une conférence à Paris, elle a annoncé qu’elle refusait de se soumettre à un second tour et par conséquent, a annoncé son retrait et sa démission du leadership conservateur. Elle s’est justifié en invoquant la nécessité de choisir quelqu’un de nouveau qui pourrait mener les conservateurs à la victoire dès l’échéance électorale suivante. Elle a apporté son soutien à son ancien dauphin John Major qui lui a succédé au poste de premier ministre dès le 28 novembre.

Après avoir démissionné, en novembre 1990, du 10, Downing Street, elle est sans surprise nommée pair du Royaume-Uni en 1992 comme “baronne Thatcher of Kesteven”, sur proposition de son successeur conservateur John Major, et siège depuis lors à la Chambre des lords.

Après la fin de son mandat, elle donne des conférences un peu partout dans le monde, et se consacre à sa fondation.

Le 6 septembre 1997, elle assiste en compagnie de son époux et plusieurs autres personnalités aux funérailles de Lady Diana Spencer à l’abbaye de Westminster.

Après plusieurs petites attaques cérébrales et sur avis de ses médecins, elle se retire en 2002 de la vie publique tout en restant très impliquée dans la politique.

Très affectée par le décès de son époux en 2003, Margaret Thatcher continue néanmoins à faire quelques apparitions publiques. Elle tient ainsi à assister aux funérailles de son grand ami, l’ancien président américain Ronald Reagan, qui ont lieu le 11 juin 2004 en la cathédrale nationale de Washington. Pour les cinq ans de l’anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, elle se rend au Pentagone à Washington, en compagnie de la Secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice, pour rendre hommage aux victimes étrangères. Le 21 février 2007, elle assiste à l’installation de sa statue à la Chambre des communes, aux côtés des effigies de Winston Churchill, David Lloyd George et Clement Attlee ; premier chef de gouvernement britannique à avoir sa statue de son vivant, elle déclare à cette occasion : “J’aurais préféré une statue en fer, mais le bronze me convient. Au moins, elle ne rouillera pas. Et, cette fois, j’espère que la tête restera en place” (elle fait allusion à une précédente sculpture d’elle, en marbre, du sculpteur Neil Simmons, exposée à la Guildhall Art Gallery et décapitée en 2002 par l’artiste Paul Kelleher dans un geste de protestation symbolique).

Le 10 juin 2007, le Sunday Telegraph publie des extraits d’un entretien exclusif accordé par la “dame de fer” à la chaîne de télévision BBC, qui a été depuis diffusé le 19 juin : il s’agit de sa première interview depuis presque cinq ans. Peu avant le 10ème anniversaire de la rétrocession de Hong Kong, elle évoque la journée du 30 juin 1997, lorsque le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine. Elle déclare que ce jour-là, elle ressentit de la tristesse, affirmant qu’elle aurait souhaité que Hong Kong restât sous contrôle de l’administration britannique.

Un des premiers gestes du successeur de Tony Blair à la tête du gouvernement britannique, Gordon Brown, pourtant travailliste, a été de l’inviter à prendre le thé au 10 Downing Street.

Sa fille Carol indique dans un livre qu’elle publie et qui sort le 4 septembre 2008 que sa mère souffre de troubles importants de la mémoire depuis sept ans. Elle présente des troubles cognitifs importants secondaires à une démence vasculaire, consécutive à plusieurs accidents vasculaires cérébraux. Elle s’est fait hospitaliser à plusieurs reprises depuis.

Le 5 mai 2009, elle fête, au Carlton Club, le 30ème anniversaire de son élection en tant que première femme Première ministre du Royaume-Uni, puis rencontre Benoît XVI au Vatican le 27 mai suivant, après s’être recueillie devant la tombe de Jean-Paul II, sur laquelle elle a déposé un bouquet de roses blanches et une dédicace : “à un homme de foi et de courage”. Le 23 novembre 2009, elle participe à une réception donnée par le Premier ministre Gordon Brown en compagnie du chef du Parti conservateur David Cameron, au 10 Downing Street, pour l’inauguration d’un portrait de l’artiste Richard Stone la représentant ; elle est la première parlementaire à être honorée de son vivant par un portrait à Downing Street et le troisième chef de gouvernement après Winston Churchill et David Lloyd George. Elle effectue une visite à Downing Street le 8 juin 2010, à l’invitation du nouveau chef du gouvernement, David Cameron, qui a mis fin le mois précédent à une période de treize années dans l’opposition pour le Parti conservateur. Margaret Thatcher avait également rendu visite aux Premiers ministres travaillistes Tony Blair et Gordon Brown peu après leur prise de fonctions, respectivement en 1997 et 2007. Elle assiste également, en présence des autres anciens Premiers ministres et du Premier ministre en exercice, à l’allocution donnée par le pape Benoît XVI à Westminster Hall le 17 septembre 2010 lors de sa visite d’État au Royaume-Uni. En raison de son état de santé, elle décline ensuite plusieurs invitations, et n’assiste pas au mariage du prince William et de Catherine Middleton le 29 avril 2011.

En septembre 2011, elle participe à la fête d’anniversaire donnée pour le 50ème anniversaire du secrétaire d’État à la Défense, Liam Fox, dans son appartement à Admiralty House. Liam Fox déclare alors “être ravi d’avoir deux Premiers ministres (Margaret Thatcher et David Cameron) de son parti pour son 50ème anniversaire”.

Pour son 87ème anniversaire en octobre 2012, elle fait une rare apparition publique en déjeunant dans un restaurant londonien avec son fils Mark et son épouse. Elle est ensuite hospitalisée, le 20 décembre 2012, et opérée d’une tumeur à la vessie le lendemain. Elle ressort de l’hôpital avant la Saint-Sylvestre et regagne sa résidence du quartier de Belgravia sur Chester Square.

Elle meurt le 8 avril 2013 à l’hôtel Ritz londonien, des suites d’un accident vasculaire cérébral, à l’âge de 87 ans.

Des obsèques cérémonielles (comme celles qui avaient été organisées pour la princesse Diana et pour la reine-mère), avec les honneurs militaires et retransmises en direct à la télévision, ont lieu le 17 avril en la cathédrale Saint-Paul de Londres. Fait exceptionnel, la reine Elizabeth II (qui n’assiste qu’aux enterrements des membres de sa famille ou de chefs d’État, à la seule exception des obsèques de l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill en 1965) et son époux le prince Philip d’Édimbourg assistent à la cérémonie. Outre le Premier ministre britannique David Cameron, quelques 2 300 personnes et personnalités internationales ont été invitées. À l’issue de cette cérémonie, selon ses volontés, Margaret Thatcher est incinérée.

Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher est saluée par l’ensemble du spectre politique. Le Premier ministre, David Cameron, rend hommage à celle qui a “sauvé son pays” et salue son “immense courage”. Indiquant sa tristesse d’avoir perdu “un grand leader, une grand Première ministre, une grande Britannique”, il estime que Margaret Thatcher restera dans les mémoires comme “la meilleure Première ministre du pays en temps de paix”. Ed Miliband, dirigeant de l’opposition, déclare que “les travaillistes ont souvent été en désaccord avec elle, ce qui ne nous empêche pas d’éprouver le plus grand respect envers ses accomplissements politiques et sa force de caractère”. Le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a lui indiqué sur Twitter que la “Dame de Fer” avait changé la Grande-Bretagne “pour toujours” et que chaque citoyen du Royaume “lui doit beaucoup”. La Reine, quant à elle, fait connaître sa tristesse à l’annonce de cette nouvelle. À l’instar de Diana Spencer, Margaret Thatcher bénéficiera des honneurs militaires durant ses funérailles à la Cathédrale Saint-Paul de Londres, un grand honneur accordé par autorisation royale, mais une cérémonie avec moins de pompe que les obsèques nationales réservées aux souverains et aux personnalités politiques les plus importantes (amiral Nelson, Winston Churchill).

Les réactions sont plus contrastées chez ses opposants, le travailliste Ken Livingstone, ancien maire de Londres, considérant que “chacun des problèmes économiques que nous avons aujourd’hui constitue un héritage de sa politique et vient du fait qu’elle avait fondamentalement tort”. Le réalisateur Ken Loach, opposant de longue date à sa politique, propose de “privatiser ses funérailles”. Si la presse nationale et internationale salue la stature exceptionnelle de Margaret Thatcher, nombre de périodiques soulignent également qu’elle reste une personnalité controversée et que l’annonce de sa mort continue à diviser l’opinion publique britanniqueThe Daily Mirror déclare que “sa mort est un deuil pour la moitié du pays, mais pour l’autre moitié, elle est cause de célébration, car jamais figure politique n’a provoqué autant de divisions dans notre histoire”. The Economist parle d’un héritage qui divise encore les Britanniques résumant “adorez-la ou haïssez-là” et analyse que “ce n’est pas seulement parce qu’elle a été une figure polémique, mais surtout parce que les débats qu’elle a provoqués continuent de diviser […] Le thatchérisme est aussi pertinent aujourd’hui qu’il ne l’était dans les années 1980”. L’annonce de son décès fait les unes de la presse mondiale. Des fêtes pour “célébrer” son décès ont lieu spontanément ou sont organisées au Royaume-Uni et en Argentine.

Au niveau international, le président américain Barack Obama salue l’“un des grands avocats de la liberté” ; il indique par ailleurs que son mandat de Première ministre “est un exemple pour nos filles : aucun plafond de verre n’est impossible à briser”. Le président russe Vladimir Poutine a lui rendu hommage à “l’une des personnalités politiques les plus remarquables du monde moderne”. L’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, interlocuteur direct de Margaret Thatcher lors de son mandat de Première ministre, rend hommage à une “personne brillante” qui restera “dans nos mémoires, comme dans l’Histoire”. La chancelière allemande Angela Merkel reconnaît en Margaret Thatcher un “leader extraordinaire de notre époque”. Le président français François Hollande estime que Margaret Thatcher “aura profondément marqué l’Histoire de son pays”. “Tout au long de sa vie publique, avec des convictions conservatrices qu’elle assumait pleinement, elle fut soucieuse du rayonnement du Royaume-Uni et de la défense de ses intérêts”, ajoute-t-il dans un communiqué. Valéry Giscard d’Estaing, qui l’a côtoyé de son vivant, se souvient de leurs “rapports courtois et amicaux”. Il reconnaît le succès de sa politique, estimant que les réussites de ses successeurs sont “largement dues à son action”, et se souvient de “sa volonté inébranlable, un caractère indomptable”. Lech Wałęsa, chef historique du syndicat polonais Solidarność, souligne quant à lui l’engagement de Margaret Thatcher pour la délivrance de l’Europe de l’Est du communisme. Fervent catholique, il annonce “prier pour elle”. Gianni Alemanno, le maire de Rome, indique que malgré ses désaccords politiques avec Margaret Thatcher, il “ne peut que s’incliner face à une femme qui a été une figure majeure non seulement de l’histoire européenne, mais également de celle du monde”. Elle est également saluée en Israël, où est louée son action en faveur de la paix au Moyen-Orient (Margaret Thatcher avait été à l’origine d’un accord de paix entre Israël et la Jordanie). La Chine lui rend également hommage en la qualifiant de “remarquable personnage d’État”, ayant contribué “de façon importante au développement des relations sino-britanniques et en particulier à la solution pacifique négociée pour Hong Kong”. En Australie, Julia Gillard, également la première femme à devenir Premier ministre dans son pays, déclare : “En tant que femme, j’admire son exploit d’être la première femme à diriger le Royaume-Uni”. Membre du Parti travailliste (gauche), elle reconnaît ne pas partager la vision politique de Margaret Thatcher, mais indique que “c’est une femme qui a changé l’histoire des femmes”. Plus largement, l’ensemble de la classe politique australienne (l’Australie est membre du Commonwealth) rend hommage à Margaret Thatcher.

Margaret Thatcher est l’une des rares personnalités politiques britanniques à avoir donné son nom à une politique : le thatchérisme. The Economist note que si Winston Churchill a mené la Grande-Bretagne à la victoire contre le Troisième Reich durant la Seconde Guerre mondiale, il n’a jamais fait de son nom un ”-isme145”.

À son arrivée au pouvoir, le Royaume-Uni est dans une situation économique et sociale très difficile. Le déclin de la production industrielle, régulier depuis la fin de la guerre, s’est accéléré lors des années 1970. La priorité absolue donnée à la défense des droits sociaux et au soutien de la consommation, par les gouvernements qui se sont succédé depuis 1945, atteint ses limites suite aux nombreuses dépréciation de la Livre sterling, qui creuse le déficit de la balance des paiements. Dans les années 1970, conservateurs et travaillistes alternent chacun politique de relance et politique de rigueur, tenaillés entre le besoin de croissance et celui rétablir les finances publiques. Le très puissant pouvoir syndical paralyse le pays par son recours répété aux grèves massives ; et la crise atteint son paroxysme en 1978, avec un doublement du taux de chômage à 5,5 %, et une inflation très forte. On désigne alors souvent le pays comme l’“Homme malade de l’Europe”. Margaret Thatcher doit d’ailleurs pour une grande part son élection à l’“hiver du mécontentement” où les syndicats lancent de longues grèves que le gouvernement travailliste ne parvient plus à maîtriser.

Partant de ce bilan, elle laisse à son départ une situation économique jugée “assainie” par Le Monde ou “en voie de renaissance”, et qui peut être caractérisée par quatre éléments : une inflation qui reste forte malgré une baisse au milieu des années 1980, une croissance économique importante, un État dont la place dans l’économie s’est réduite malgré la hausse des prélèvements sociaux, et un chômage qui atteint 6,8 % lors de la dernière année au pouvoir de Thatcher, en 1990, s’installant de façon durable dans les anciens districts industriels. On reproche en revanche au thatchérisme une dégradation des infrastructures due au manque de financement, le délabrement du secteur public, une augmentation de la précarité salariale, la baisse de qualité de l’éducation en raison d’un sous-financement, du manque d’enseignants, de classes surchargées pour Lowe – ou d’une baisse du niveau général notamment reprochée par l’aile droite des Tories, avec creusement des inégalités entre établissements, en fonction de la population d’origine –, le doublement du nombre des pauvres ainsi que de l’accroissement des disparités sociales et régionales. La proportion de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté (50 % du salaire moyen) est passée de 8 % en 1979 à 22 % en 1990 selon l’hebdomadaire The Economist en 1994. Les inégalités de revenus se sont creusées : entre 1980 et 1990, la part des 10 % les plus pauvres de la population a un revenu moyen en baisse de 10 %, tandis que les moyennes des revenus de tous les autres déciles augmentent, d’autant plus fortement que les revenus sont élevés, ainsi celle du deuxième décile a augmenté de 4 % et celle du dernier décile a augmenté de près de 60 %233 : ainsi les mandats de Margaret Thatcher permettent l’émergence d’une classe moyenne de petits propriétaires. Margaret Thatcher met en application les théories d’inspiration monétariste en luttant contre l’inflation forte de la fin des années 1970 par des taux d’intérêt élevés et en favorisant l’ouverture économique aux capitaux étrangers ; elle réduit également les impôts directs sans toutefois parvenir à limiter les Prélèvements obligatoires : le pouvoir syndical reste fort au sein du secteur public, préservant les salaires des fonctionnaires restés en poste ; d’autre part, la mise en œuvre de sa politique nécessite des relais et des exécutants pour les responsabilités transférées à des services civils ou à des quangos. Elle réduit de façon significative les dépenses publiques – après une hausse durant les quatre premières années de ses mandats –, mettant fin à la participation financière de l’État qui soutenait l’activité de plusieurs industries “historiques”, notamment des mines déficitaires, attitude qui tranche avec le volontarisme des voisins européens du Royaume-Uni dans leur tentative de sauvetage de l’industrie au cours des années 1980.

Le développement de la propriété privée, en particulier grâce à la vente des logements sociaux à leurs occupants, fait partie des conséquences directes de la politique de Margaret Thatcher, conformément à sa volonté affichée de faire du Royaume-Uni une “société de propriétaires” : la proportion de propriétaires-occupants dans la population totale est passée de 55 à 67 % entre 1979 et 1989236. De même, elle a favorisé le développement de l’actionnariat : si trois millions de foyers détiennent des actions en 1979, ils sont trois fois plus nombreux en 1987. La City, au centre de Londres, devient, sous l’effet d’une dérégulation massive, l’un des centres financiers les plus importants de la planète. Ce vaste mouvement de déréglementation financière de l’histoire moderne se généralise dans le monde entier et, selon certains à l’instar de Romano Prodi, est à l’origine des dérèglements qui mènent à l’éclatement de la bulle du capitalisme financier dans les années 2000.

Si au cours des années 1980 le niveau de vie britannique a augmenté en moyenne, les inégalités de revenu se sont en revanche creusées ; plus largement, les conséquences sociales et le “style abrasif” de Margaret Thatcher ont suscité de nombreuses critiques. On a notamment attaqué son bilan en matière de protection sociale, même si le système de la santé publique (National Health Service) n’a pas été réformé sous son gouvernement.

Un éditorialiste de The Independent estime que l’action de Margaret Thatcher était nécessaire, l’économie étant avant son arrivée inefficiente, et le pays handicapé par la toute-puissance des syndicats. Elle a posé les bases permettant la restauration de la compétitivité internationale, et de la croissance qu’à connu la Grande-Bretagne, dont ont bénéficié d’autres pays durant les décennies suivantes. Selon lui, son action a montré au Parti travailliste que le capitalisme était la seule voie possible. Il regrette toutefois son dogmatisme en matière de monétarisme, qui a conduit à une hausse trop élevée des taux d’intérêts, tout comme le coût social trop important de sa politique, qu’il s’agisse du chômage ou du démantèlement du pouvoir syndical, qui serait allé trop loin, et auquel il attribue la précarité actuelle de nombre de travailleurs pauvres.

Margaret Thatcher reçoit de nombreux honneurs et décorations : elle est par exemple faite en 1991 Citoyenne d’honneur de la ville de Westminster, un honneur qui n’avait été accordé qu’à Churchill.

Le blairisme du Premier ministre Tony Blair, qui prend la suite du conservateur John Major en 1997, marque un prolongement du thatchérisme pour sa trame libérale, mais avec des infléchissements : une reconsidération de la question des inégalités, la renationalisation d’entreprises d’intérêt général en déroute, ou encore une attitude moins isolée vis-à-vis de l’Union européenne, sans pour autant remettre fondamentalement en cause l’atlantisme traditionnel dans le pays.

Son influence culturelle sur la revitalisation des idées d’économie de marché lui a été reconnue par ses adversaires politiques ; Peter Mandelson, député travailliste, a écrit ainsi dans une tribune libre publiée le 10 juin 2002 dans The Times : “Nous sommes tous des thatchériens”. Elle conserve aujourd’hui une aura importante dans le pays et est considérée par les Britanniques comme leur plus grand Premier ministre de l’après-guerre. En 2011, un sondage mené par Ipsos Mori montre que 34 % des Britanniques considèrent Margaret Thatcher comme étant le Premier ministre le plus compétent du pays ces 30 dernières années, la plaçant ainsi en tête du sondage. Elle demeure néanmoins critiquée par plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles le député de la région de Rotherham Denis MacShane, qui affirme en 2008 “qu’elle a condamné [la population de sa région] à un niveau de vie indigne pendant près de quinze ans [qui lui voue encore] une haine viscérale”.

Margaret Thatcher a polarisé la vie politique du pays autour d’elle. Plus de 15 ans après son départ, l’intention prêtée en juin 2006 à Tony Blair de lui préparer des obsèques nationales a entraîné de nombreuses réactions ; le Daily Telegraph a consacré le 9 août sa une aux remous de l’affaire au sein du Parti travailliste. Plusieurs membres du parti du Premier ministre évoquent la possibilité de quitter le parti si cette information était confirmée. Les obsèques nationales sont normalement réservées à la famille royale britannique. Mais il existe certaines exceptions, comme en 1965 lors du décès de Winston Churchill, qui avait dirigé le pays pendant la Seconde Guerre mondiale. Devant cette perspective, qui coûterait trois millions de livres, une pétition stipulant que, “en conformité avec son héritage, les funérailles devraient être financées et organisées par le secteur privé afin d’offrir le meilleur choix et rapport qualité-prix aux usagers et autres parties prenantes”, reçoit en 2012 plus de 25 000 signatures en deux mois sur le site officiel du gouvernement britannique ; si le seuil des 100 000 signataires est atteint avant l’automne, cette pétition pourra faire l’objet d’un débat parlementaire. Finalement, après l’annonce de son décès, il est révélé qu’elle n’aura pas d’obsèques nationales mais des funérailles à la Cathédrale Saint-Paul de Londres avec des honneurs militaires.

Margaret Thatcher a reçu de nombreuses reconnaissances, britanniques ou étrangères. Elle a ainsi été décorée au Royaume-Uni de l’Ordre de la Jarretière et de l’Ordre du Mérite ; elle fait partie de la Royal Society et du Conseil privé de la reine Elizabeth II.

Elle a été également décorée de la Médaille présidentielle de la liberté américaine, du Ronald Reagan Freedom Award et est membre honoraire de la Heritage Foundation. Le magazine libertarien américain Reason l’a célébrée comme “héros de la liberté”.

Plusieurs lieux portent son nom dans les Îles Malouines, en souvenir du conflit de 1982 : Thatcher drive à Port Stanley ou la péninsule de Thatcher en Géorgie du Sud. Le 10 janvier est un jour férié dans les Malouines, le “Margaret Thatcher Day”.

Margaret Thatcher est une source inépuisable de représentations culturelles (cinéma, théâtre, musique, etc.), étant bien plus présente dans les médias et la culture populaire que n’importe quel autre dirigeant politique européen actuel ou passé, dans une dimension de fascination-répulsion des artistes. Ainsi, l’image dans la présentation artistique de son bilan outre-manche est souvent très biaisée car elle fait l’impasse sur sa popularité et les succès de sa politique économique, insistant sur les aspects les plus négatifs de son action ou la représentant comme hystérique.

Plusieurs chanteurs lui ont consacré des chansons, comme Renaud en 1985 avec Miss Maggie dans l’album Mistral gagnant. D’abord écrite pour stigmatiser la catastrophe du Heysel, la chanson prend la forme d’un hymne pour les femmes et est une charge féroce contre Margaret Thatcher (“Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la terre, et comme réverbère quotidien je m’offrirai Madame Thatcher”). La chanteuse française Sapho, dans son album de 1982 intitulé Passage d’enfer interprète également une chanson relative à Margaret Thatcher : Thatcher Murderer. En 1982, Roger Waters (chanteur, bassiste et compositeur de Pink Floyd) publie un concept-album, The Final Cut, où il est plusieurs fois question de Margaret Thatcher. Il y critique largement sa politique de l’époque (l’album a pour point de départ notamment la guerre des Malouines), son nom est mentionné à plusieurs reprises : “Oh, Maggie, Maggie, what have we done?, […] Galtieri took the Union Jack / And Maggie over lunch one day took a cruiser with all hands, apparently to make’em give it back”.

Dans son ouvrage biographique Mon éducation – Un livre des rêves, l’écrivain William S. Burroughs rêve de George W. Bush : “…et alors on pourrait regarder Bush, cette salope au cul cousu de Thatcher”.

Le nom du groupe de heavy metal britannique Iron Maiden, bien que désignant un instrument de torture (la vierge de fer), n’est pas sans rappeler le surnom de “dame de fer”. Ils publient en 1980 le single Sanctuary, dont la pochette représente Margaret Thatcher poignardée par Eddie (la mascotte du groupe) pour avoir arraché une de leurs affiches de concert. Sur l’illustration de la première édition, les yeux sont masqués par un bandeau noir afin de faire croire à une décision de censure. L’année suivante paraît le single Women in Uniform où apparaît à nouveau la Première ministre du Royaume-Uni, cette fois armée d’un fusil d’assaut et guettant Eddie.

La chanson Shipbuilding (repris par Suede) dont les paroles ont été écrites par Elvis Costello est un pamphlet à l’encontre de Margaret Thatcher et de “sa” guerre des Malouines. Selon la chanson, la guerre donne du travail dans les chantiers navals abandonnés. Mais, à peine construits, les bateaux conduiront les jeunes ouvriers au combat pour s’y faire tuer. Shipbuilding a été créée en 1983 par Robert Wyatt avant d’être reprise par Elvis Costello, lui-même alors accompagné par Chet Baker.

En 1988, Morrissey lui consacre également une chanson, Margaret on the Guillotine, sur son premier album solo Viva Hate. Dans cette chanson, Morrissey s’adresse à Thatcher et lui demande quand elle va mourir (“When will you die?”), car les gens comme elle l’épuisent et le font se sentir mal.

C’est également à cette époque qu’apparaît la Coldwave, littéralement vague froide, référence mortifère à des tonalités froides et torturées avec des groupes tels que Joy Division.

Le mouvement gothique à l’esthétique sombre et macabre et la new wave naissent au Royaume-Uni et développent un style autant musical que vestimentaire, d’une excentricité mélancolique parfois provocatrice, dominée par le noir et le métal et s’inspirant du romantisme sombre. Citons des groupes tels que The Cure, Paradise Lost, les Tears for Fears, Depeche Mode ou Killing Joke.

On assiste également à l’avènement de la musique techno (la house music).

Margaret Thatcher mène une politique obligeant les clubs de musique comme les pubs à fermer plus tôt, à 2 heures du matin, poussant les clubbers à continuer leurs fêtes de façon clandestine via les raves party, permettant l’émergence de ce qui deviendra la free party.

L’Angleterre des laissés pour compte de l’ère Thatchérienne est le sujet de nombreux films. Notamment My Beautiful Laundrette (1985) de Stephen Frears, Les Virtuoses (1996) de Mark Herman, The Full Monty (1997) de Peter Cattaneo, Trainspotting (1995) de Danny Boyle, Billy Elliot (2000) de Stephen Daldry, This Is England (2006) de Shane Meadows ou encore la plupart des films de Ken Loach, notamment Raining Stones (1993). En 2009, la BBC diffuse sur sa chaîne un téléfilm, Margaret, qui retrace la chute du Premier ministre incarné par Lindsay Duncan.

En 2011 sort un film biographique, La Dame de fer, avec l’américaine Meryl Streep dans le rôle de Margaret Thatcher, et Jim Broadbent dans celui de Denis Thatcher, son mari. Si ce film est salué de manière quasi-unanime pour son jeu d’acteurs par la critique, il n’en est pas de même pour la représentation de la politique et du portrait personnel de la “Dame de fer” qui en ressortent. Ainsi, certains journaux, tels que The GuardianThe TelegraphThe Times ou encore The Spectator, estiment qu’il ne témoigne pas ou mal des années Thatcher et du thatchérisme. Plusieurs personnalités politiques, notamment parmi les anciens ministres de Margaret Thatcher, insistent sur le côté “très émotionnel” du film, soit en saluant la performance de Meryl Streep, comme Nigel Lawson, soit, au contraire, en condamnant l’image “à moitié hystérique” qui en ressort, comme Norman Tebbit. David Cameron, dans une interview à la BBC, a reproché au film d’être “vraiment un film concernant davantage l’âge, la démence plutôt que l’action d’une ex-première ministre extraordinaire”.

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