The Observer – 19 septembre 2010 : Manic Street Preachers : Postcards From A Young Man (Columbia)

La musique est une chose assez sommaire. Nous savons de manière instinctive que les tonalités mineures et les tonalités majeures sont des abréviations de réflexion et sentiment d’élévation morale. Les auditeurs tombent amoureux, encore et encore, et avec un certain bonheur, des bons vieux trucs. Après une vie d’écoute, cependant, on peut devenir un petit peu trop sensible au fait d’avoir sa chaîne tirée d’un coup par des cordes.

Alors quand les Manic Street Preachers – jamais le plus subtil des groupes – annoncent ce 10ème album comme leur “dernière tentative de communication de masse”, on sait que Postcards From A Young Man sera allumé de flèches géantes clignotantes qui vous diront dans quelle direction envoyer vos sentiments. L’orthodoxie des Manics, c’est qu’il y en a deux : l’escouade gauche qui canalise l’angoisse existentielle (The Holy Bible) et les syndicalistes du glam rock qui rassemblent les fidèles (Everything Must Go). Postcards se range dans le deuxième camp.

La chose la plus frustrante chez les Manics – plus frustrante que le braillement non nuancé de James Dean Bradfield ; plus frustrante que ces paroles qui sont toujours fausses – c’est la manière dont ils matraquent l’auditeur à la poursuite de l’épique. encore une fois, Bradfield ne sait que malmener ses auditeurs. Quatre mesures de Postcards From A Young Man et les premières cordes arrivent sur (It’s Not War) Just The End Of Love. Sur le troisième morceau, Some Kind Of Nothingness (duo avec Ian McCulloch de Echo & The Bunnymen), la chorale gospel débarque. Ce qui suit n’est pas du sentiment d’élévation morale mais plutôt du lever de poids.

Les Manics avanceraient que le rock est une arène dans laquelle le grand geste est roi. Ils font appel sans s’excuser à certains sous-genres les plus agréablement grossiers du rock. Duff McKagan, bassiste original des Guns N’Roses, est invité sur A Billion Balconies Facing The Sun. Ils comprennent que pour atteindre un public large, on a besoin de quelques “la la la”, comme ceux présents sur Golden Platitudes, lamentation pour l’abandon des valeurs de l’ancien parti travailliste. Au début The Descent (Pages 1 & 2) semble être un peu Beatles ; puis on se rend compte qu’elle penche en fait plus vers Oasis. Leur séparation laisse les Manics comme l’un des derniers grands groupes de l’ère Britpop vivant.

Le défaut le plus regrettable des Manics, cependant, c’est qu’ils ont tant de choses à dire et pourtant ils ne savent que les dire prosaïquement. All We Make Is Entertainment aborde la vente de Cadbury à Kraft, le renflouement des banques et le déclin de la pop britannique.

La concision, cependant, n’a jamais été le fort du parolier Nicky Wire, alors l’énergie du riff de la chanson s’embourbe dans ses refrains encombrés et verbeux. Ils devraient être notre groupe le plus héroïque et pourtant, encore une fois, ils ne répondent pas à l’attente de la délicatesse.

Après 20 ans sur le front de taille de la pop britannique, c’est comme si ces refuzniks butés n’avaient pas encore maîtrisé le bel art d’être sommaire.

Kitty Empire

Traduction – 25 septembre 2010

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :