NME – 18 septembre 2010 : “Je suis presque embarrassé d’être aussi en colère que ça à mon âge”

Nicky Wire veut voir un nouveau groupe avec la même passion et intensité que ses Manic Street Preachers. Il donne à Barry Nicolson son manifeste brûlant pour sauver le rock’n’roll…

Nicky Wire a 41 ans, propriétaire à contre-cœur d’un dos en mauvais état, de deux genoux délicats er d’un foie capricieux qui l’a récemment forcé à arrêter de boire du champagne. Ces misères qu’il décrit joyeusement au NME comme “le prix du rock’n’roll”.

Et Nicky Wire devrait savoir tout de cela. Après 10 albums et 20 ans ensemble, les Manic Street Preachers reculeraient à la notion qu’ils soient des trésors nationaux – terreurs nationales semble d’une quelconque manière plus approprié – mais si quelqu’un mérite un titre de chevalier pour services à la cause, c’est bien eux. Le fait qu’ils transperceraient la Reine en jubilant avec sa propre épée est juste un autre argument.

Peu de groupes survivraient à la disparition de leur parolier en chef, encore moins mettre en scène l’un des meilleurs seconds groupes du rock’n’roll à la suite de cela. Moins de groupes encore iraient à Cuba pour rencontrer Fidel Castro autour d’une table. Et quand on en vient au single numéro un des charts britanniques à propos de la guerre d’Espagne, ils sont littéralement dans leur propre catégorie. À ce moment de leur carrière, ce ne devrait être que des récompenses pour l’ensemble de leur carrière et prêcher les convertis. Mais quand le NME arrive dans le studio de l’Ouest londonien où notre interview avec Nicky doit se passer, nous trouvons un homme qui est “presque embarrassé d’être aussi en colère que ça à mon âge”.

Contre quoi est-il en colère ? Eh bien, il n’a pas vraiment été enthousiasmé par les quelques pages qu’il a lues du prochain roman de Ben Myers écrit de la perspective de Richey (voir plus loin). Mais principalement, il en a ras le bol de ce qu’est devenu le rock’n’roll.

Il décrit Postcards From A Young Man, le nouvel album des Manics, comme de la “rage contre la mort de la flamme, croyant toujours en la notion – aussi stupide que cela peut sonner – du groupe de rock’n’roll. On voulait monter aux gens qu’ils laissaient passer une forme d’art qu’on trouve très importante”.

il admet librement que cet album “parle d’essayer de communiquer avec autant de personnes qu’on pouvait”, habituellement par le moyen de bombardement orchestral sensoriel. C’est probablement – non, définitivement – leur effort le plus effrontément populiste depuis Everything Must Go en 1996, un album qui se ressent comme épique et important, dans lequel sont jetées toutes les fibres d’eux mêmes.

“Le 10ème album semblait être un évènement déterminant, explique Wire. La plupart des groupes qui sortent leur 10ème album, même s’ils sont énormes, ne sont pas vraiment pertinent. Il semblait être notre dernière chance d’infiltrer le mainstream. Je veux dire, je suis sûr qu’on va faire d’autres albums après celui-ci, mais je ne nous vois pas refaire tout ça comme on l’a fait pour celui-là”.

* * *

Wire y a mis tellement d’intensité qu’il s’est littéralement arraché les cheveux à force de se faire du mauvais sang pour l’arrangement musical d’un morceau (Some King Of Nothingness, puisque vous demandez), mais le résultat final en valait incontestablement la peine. Il fait quelques allusions énigmatiques durant notre interview à la fin de périodes, aux dernières photos prises. Si c’est le cas, alors Postcards From A Young Man est un couronnement triomphant sur la renaissance de fin de carrière du groupe qui a commencé en 2007 avec Send Away The Tigers.

“On s’est un peu perdu au moment de Know Your Enemy et de Lifeblood, estime Nicky. Ça remonte à la sortie de The Masses Against The Classes. On venait de jouer devant 65 000 personnes au Millenium Stadium [à Cardiff le soir de la Saint Sylvesttre 1999]. This Is My Truth Tell Me Yours s’était vendu à trois millions d’exemplaires. On était dans un moment On fait quoi maintenant ? Je n’ai pas donné à James et Sean beaucoup de munitions lyriques sur Lifeblood, j’étais assez déçu par mes paroles dessus”.

Mais ce sont les hauts et les bas qui rendent la narration des Manics aussi irrésistible. C’est ce qui a rendu la vision d’eux recevoir la statuette de Godlike Genius aux Shockwaves NME awards de 2008 un petit plus spécial, sachant qu’ils avaient été tenus comme morts et finalement ressuscités. Et avec Postcards From A Young Man, ils ont fait un album qui nous rappelle pourquoi nous avons toujours besoin d’eux, 20 ans plus tard.

Malgré tout cela, son plus grand espoir pour le rock’n’roll est de découvrir le groupe “qui nous sorte de notre misère, qui soit si génial qu’il nous rende superflu. Ce sera triste, bien sûr, mais au bout du compte ce sera une bonne chose”.

On ne trouve ce groupe nulle part pour l’instant, et Nicky Wire – “théoricien pop” de son propre aveu – a quelques idées de pourquoi du comment. Accrochez-vous, rockers indés. Vous allez traversez quelques pages houleuses.

“Une fois que je suis parti, il nous prévient, je peux être plus Peter Mandelson que Nicky Wire…”

Comment sauver le rock’n’roll par Nicky Wire

1. Admettre que quelque chose ne va sérieusement pas bien

Considérez que c’est votre intervention. Jetez un œil et soyez honnête avec vous-même : y’a-t-il un seul nouveau groupe solitaire qui brûle avec l’intensité du magnésium chauffé à blanc des Manics de l’époque Generation Terrorists ? Un groupe en qui on peut croire, sur lequel on peut compter, qui est une part aussi intégrale de votre vie quotidienne que le fait de respirer ? Il n’y a pas de pénurie de bonne musique dans le monde, mais où sont les stars du rock’n’roll intelligentes, franches, chaotiques et auto-destructives ?

“En toute honnêteté, dit Nicky, je ne pense pas que quelqu’un nous ait remplacé. Le dernier groupe dans lequel je pouvais croire, malgré tout leur côté déguenillé, c’était les Libertines. C’était plus que juste un groupe, c’était un style de vie, une mythologie. Je ne voulais pas vraiment qu’ils se reforment pour des raisons purement sentimentales, mais je comprends pourquoi ils l’ont fait, et j’espère vraiment qu’ils vont sortir un album excellent. Mais les Libertines, c’était il y a longtemps, et je ne pense pas qu’il y ait qui que ce soit qui se soit approché depuis. Quand je vois des groupes comme The Drums flattés, ça me rend malade. Il n’y a littéralement aucune âme dans ce groupe. Il n’ont rien pris de la profondeur or de la poésie ou des paroles étonnantes de Ian Curtis, ils ont juste pris sa danse cinglée. Toute la génération est habillée à l’Américaine, il n’y a plus d’individualisme”.

Alors comment pouvons-nous y retourner ?

“Je ne suis pas sûr qu’on le puisse. Je suis allongé sur mon lit à me dire, Il doit y avoir un Kurt Cobain, il doit y avoir un John Lennon, quelqu’un qui soit éloquent et malade, quelque qui est excellent et intelligent. Quelqu’un comme Richey. Mais on attend depuis si longtemps…”

2. Traiter la musique comme une devise

Et comme avec toute devise, quand on noie le marché, cela ne sert qu’à la dévaluer.

La musique est partout aujourd’hui. Nous pouvons littéralement la sortir de nulle part, la télécharger sur nos portables de nuages sonores vacillants en pressant simplement un bouton. Elle est aussi plus facile à écrire, enregistrer et distribuer que jamais. Mais est-ce que ce bombardement intensif oral est un développement positif ?

“Cette idée que LA MUSIQUE PROPOSE PLUS DE CHOSES QUE JAMAIS !, mais qu’est-ce que ça veut dire bordel ? Tout ce que ça veut dire, c’est qu’il y a de la merde produite à un niveau massif. La démocratisation de la musique est malsaine. Ça a rendu le rock’n’roll la bande sonore de la frénésie digitale de l’information qui ricoche. Il y a tant de musique sur le marché – et ne me méprends pas, beaucoup est bonne – mais ça ne se connecte pas de la même manière que quand j’ai grandi. On peut le voir dans le public aux concerts. La musique est devenue un autre article. Elle est devenu un objet du marché. Et vraiment c’est bien plus important que ça”.

3. Rappelez-vous : le rock’n’roll n’est pas une année sabbatique

“C’est ce que c’est devenu. C’est devenu un option – dois-je aller travailler à Top Shop, ou devrais-je rejoindre un groupe pendant un moment ? Il y a une infiltration de masse, non pas juste de la part des classes moyennes, mais de l’aristocratie, aussi. L’idée qu’on puisse apprendre le rock’n’roll dans un école, ça me consterne. C’est le contraire absolu de ce qu’est le rock’n’roll”.

La question de la classe est incontestablement délicate. Personne ne dit que la grande musique ne peut venir que de HLM pourris et de la stagnation sociale, mais sur le plan historique… eh bien, ça a toujours été le cas. Il manque à la génération d’aujourd’hui de groupes la soif de transcender, parce qu’ils sont assez à l’aise dès le début.

“La classe est toujours importante pour moi, dit Nicky. Au début, parce qu’on était issus de la classe ouvrière et du Pays de Galles, on a eu tous les malheurs du monde à convaincre les gens qu’on était intelligents. Si tu venais de l’Angleterre moyenne et que tu avais été à polytechnique, les gens pensaient que tu étais très intelligent. Mais on devait le répéter encore et encore. Même aujourd’hui, on est toujours aigris, on a toujours ce désir de faire nos preuves”.

4. La musique est une compétition

“La prétention de la classe moyenne qui a infiltré la musique et qu’on entend tout le temps, c’est La musique, ce n’est pas du sport, ce n’est pas une course, on ne devrait pas être en compétition… Mais si bien sûr putain ! McCartney et Lennon, ils n’étaient pas en compétition ? Et Blur et Oasis ? Le Clash et les Pistols ? Quand les les groupes réussissent, c’est horrible merde. On nous a vendu ce mensonge, ce putain de mensonge bohème, que la musique est une expression artistique infinie. Gore Vidal a dit que le succès ne suffisait pas, d’autres doivent échouer. Rien ne me résume mieux que ça. Je ressens toujours ce désire insatiable. C’est incroyablement destructeur : je ne devrais pas me sentir comme ça à quarante ans avec deux mômes, mais c’est dans mon ADN”.

5. Ce n’est pas le moment pour l’évasion de la réalité

On a la changement de climat, l’Afghanistan, les Tories au pouvoir, le terrorisme islamiste et la récession économique. Aux États-Unis, la société est si polarisée que la moitié de la population croit que son président est un communiste qui a l’intention de les diriger vers le nouvel ordre mondial. Ce sont les sortes de situations désespérées de la société dans lesquelles le rock’n’roll devrait prospérer, mais personne ne semble vouloir en parler.

Selon Nicky, “Je trouve ça étourdissant que ce soit la première génération qui, en pleine désolation économique, n’arrive pas du tout à écrire dessus. Que ce soit les Specials avec Ghost Town ou les Pistols plus tard, je ne trouve pas d’autre époque où on était en récession et qu’il n’y avait pas de musique qui reflétait ça. En fait, on s’évade complètement de la réalité, avec la pop et la dance qui réapparaissent. C’est presque comme si on ne pouvait plus affronter notre environnement”.

6. Ne pas suivre les faux prophètes

Dans l’ère post-Obama, on ne peut en vouloir à l’électorat britannique de vouloir leur avatar qui apporterait changement et espoir, mais la Cleggmania était un moment dans le temps pour lequel ce pays passera les cinq prochaines années à payer, et nous – sans compter les groupes rock’n’roll – devrions en avoir ras le bol. Nicky, en tout cas, est apoplectique.

“Sûrement, quand tu es jeune, tu dois regarder Nick Clegg et penser : Je veux écrire une chanson sur ce connard ? C’est un mec vide et facile, et il a en fait donné aux Tories son lustre de gentillesse. Est-ce qu’il y a pire ? Je ne trouve pas. Il doit sûrement y avoir des mômes qui reconnaissent ça ? J’ai en fait pensé à voter Lib Dem, mais il me répulse. Simon Hughes et Vince Clarke, je les aime, mais Clegg me rappelait David Brent, comme un chauffeur de salle de troisième catégorie. Je ne sais pas si j’ai déjà vu un homme politique aussi intéressé à mettre les mains sur le pouvoir. Et quand il nous fait la leçon sur la putain de mobilité sociale de son putain d’université privée de Winchester, il me rend malade, merde”.

7. Ne pas avoir peur d’avoir le courage de prendre le contrôle

“La musique a perdu son courage de rébellion. Je peux comprendre la désillusion générale pour les partis politiques, parce que le New Labour a pissé sur sa classe à bien des égards. Mais je n’arrive pas à comprendre la notion que tu ne peux, ou de devrait pas, en être une critique. Les groupes ont besoin d’être au courant de l’environnement dans lequel ils vivent. Ils ont eu 10 ans de croissance économique et la réalité virtuelle d’internet, et ça les a fait merder”.

Mais qu’as-tu pensé de la tentative ratée de Wyclef Jean d’être président de Haiti ? Est-ce que les musiciens devraient passer à l’extrême opposé et traverser la rue de parler de politique à effectivement y participer ?

“Je pensais que ça montrait une quantité incroyable de courage pour lui d’essayer juste ça. Je n’arrive pas à trouver un boulot plus compliqué dans le putain de monde. Je ne le vois pas faire ça – avec tout le bagage qui vient avec – pour la publicité. Moi même je ne suis pas aussi cynique. Je n’aurais pas les couilles de faire ça dans le putain de Pays de Galles, encore moins dans un pays comme Haiti, qui a tant de potentiel mais qui est aussi dans une telle merde. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, mais je pense qu’il l’a fait avec le cœur. Ce n’est pas comme faire un disque caritatif ensemble ; c’est un boulot vraiment impossible”.

8. Le ridicule ne tue pas

“C’est le mantra avec lequel on a commencé, et je pense que c’est vraiment important. J’allais à l’école avec des jonquilles qui pendaient de ma poche arrière parce que j’avais vu Morrissey le faire sur Top Of The Pops. Cet aspect de la fanattitude est parti maintenant, et il faudrait une rock star vraiment exotique et excellente pour que ça revienne.

“Aujourd’hui, cependant, on a cette cavalcade infinie de groupes qui nous vendent de la fausse Americana, l’idée qu’on doit porter des fringues absolument horribles, avoir beaucoup de poils faciaux, et vivre dans une cabine en rondins dans le putain de Montana – la vision clichée du songwriter. Parce que je m’habille comme une femme et porte beaucoup de maquillage, mais que j’ai un diplôme en politique et que j’aime le foot et le rugby, je ne rentre dans aucune catégories de la lignée de songwriters classiques depuis Bob Dylan, et donc je ne suis pas pris au sérieux. Et je m’en tape. Je n’en veux pas. Quand tu commences à te décrire comme artistes au lieu de groupe, tu as des problèmes”.

9. Internet peut te casser comme faire ta réussite

Les opinions de Wire sur le téléchargement illégal sont bien documentées et, il est juste de le dire, quelque peu impopulaires. Mais cela ne change pas ses convictions.

“La musique est une chose si facile à voler aujourd’hui. Je pense que Andy Falkous de Future Of The Left le dit le mieux. Il a dit que la plupart du temps, il vit la vie comme un communiste, et le groupe fonctionne à peine sur le plan financier. Et l’idée que quelqu’un vole quelque chose dans laquelle il a mis tous ses efforts le détruit tout simplement. Le pire, c’est quand les groupes qui ont fait des millions et qui sont à l’aise dans leurs propres studios ou peu importe – comme nous, je ne le nie pas – disent qu’on ne devrait pas s’inquiéter : ils devraient essayer d’avoir 20 ans à nouveau et sans revenu. La seule manière de se faire de l’argent, c’est de se vendre à la pub. Quand je grandissais, le saint Graal, c’était d’être sur la couv du NME et du Melody Maker en même temps. Aujourd’hui, le souhait ultime de n’importe quel groupe, c’est d’être dans la dernière pub de l’iPod – c’est triste, nan ?”

10. Ne rien regrettez

Que penseraient, nous nous demandons, les jeunes Manic Street Preachers de leurs versions de quarante ans ? Ne vous verrez pas comme des vaches sacrées à démolir ?

“Oh, à l’époque de Lifeblood en 2004, ils nous auraient haïs. Mauvaises coiffures, mauvaises vestes. Mais je pense, en tant qu’amateurs de rock classique, on serait retombés amoureux après Send Away The Tigers. On était devenus négligés sur tout, de la musique à la pochette, et on a décidé de reprendre le contrôle massif. Nos versions plus jeunes auraient apprécié ça”.

Mais vous étiez le groupe qui voulait vendre 20 millions d’exemplaires de votre premier album, brûler le gouvernement et splitter…

“Et je ne suis pas embarrassé de toutes les choses que j’a dit dans le passé. Je suis embarrassé pour Sean et James parce qu’ils ont dû suivre ça. Je ne pense que qu’ils pensaient qu’on allait splitté après un album ! Je ne me sens toujours pas comme un homme politique chevronné. Chez les autres groupes, il y a toujours eu une légère réticence envers nous. Mais si tu te fais trop d’amis dans le rock’n’roll, ça t’emmène nulle part…”

*

Le récit des derniers jours de Richey Manic, Richard, écrit pas l’ancien journaliste du NME, Ben Myers, arrive dans les bacs le 1er octobre. Comme on peut l’imaginer, Nicky n’est pas fan…

“Je l’ai parcouru. Je l’ai trouvé trop perturbant pour le lire en entier. La notion que quelqu’un pense qu’il savait qui il était… Je veux dire, je pensais connaître Richey, mais peut-être que non. Je ne savais pas qu’il allait se réveiller un matin et juste partir. Mon problème avec le livre, c’est que je ne serais jamais aussi présomptueux. Quand tu fais de la fiction de quelqu’un, tu oublies que c’est un être humain. Richey est un frère, un fils et un ami. Je pense que c’était inévitable mais on s’est fait absorbés par la mythologie rock’n’roll, alors ce serait hypocrite de notre part de mettre un embargo sur ce genre de trucs. Ayant dit ça, ça nous blesse probablement plus que ça ne le devrait. Mais comme Keith Richards le dirait, c’est le prix d’une éducation”.

Traduction – 10 octobre 2010

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