The Quietus – 14 septembre 2008 : Un corps d’œuvres divin

Que vous êtes chanceux. Dans ce qui est certainement l’interview la plus profonde que le groupe ait donné ces dernières années, les Manic Street Preachers discutent avec leur biographe Simon Price de la brève mais explosive période durant laquelle ils étaient signés sur le label Heavenly.

Ce weekend (12-14 septembre), Heavenly Recordings a célébré son dix-huitième anniversaire avec une série spéciale de concerts au Royal Festival Hall. Le vendredi soir, en première partie de Doves, les Manic Street Preachers – l’un des premiers groupes stars de Heavenly – ont joué les six chansons qu’ils ont sorti sur le label dont la chanson qui leur a attiré l’attention du public acheteur de disques : Motown Junk. James Dean Bradfield et Nicky Wire se reportent en arrière. Le reste de cette interview suivra demain.

Alors, commençons par la chronologie. Votre premier contact avec quelqu’un du cercle Heavenly a été quand Richey envoyait d es polémiques au fanzine Hungry Beat qui était écrit par Kevin Pearce (dont le recueil inspirant d’essais, Something Beginning With ‘O’, sera plus tard publié par Heavenly)…

Nicky Wire : “Kevin Pearce était le contact, ouais…”

James Dean Bradfield : “Mes souvenirs peuvent ne pas être absolument exacts ces jours-ci, mais je me rappelle de Richey qui correspondait avec Kevin Pearce. C’était un excentrique mod anglais, et il y avait une sorte de mafia des fanzines avec Kevin Pearce, Sarah Records et Heavenly. Pour moi, tout était très très anglais. Richey envoyait des trucs à Sarah Records, et il envoyait des trucs à Kevin Pearce et c’est comme ça qu’on a décroché notre premier concert à Londres, au Horse And Groom sur la Great Portland Street”.

NW : “Auquel Bob Stanley (journaliste du Melody Maker, et fondateur du groupe de Heavenly, Saint Etienne) est venu”.

Que vous souvenez-vous du concert en lui-même ?

JDB : “On s’est pointés au concert, et on a pensé : Putain, c’est Oxford Street ! C’était un cataclysme impondérable. Je suis un gars des Vallées, et voir le gros HMV pour la première fois, je n’y croyais pas vraiment. Je n’exagère pas. J’étais là : Bon Dieu, la Capitale, la métropole !. Puis je me souviens de la rencontre avec Kevin au Horse And Groom, et moi ou Richey qui lui disait : Ce concert, c’est comme un post-scriptum d’un roman de Kingsley Amis, et Kevin Pearce nous acquiesçant de la tête en disant : Oui, oui, c’est exactement mon but ! Alors c’est comme ça que tout est arrivé. On a décroché ce concert grâce aux lettres assassines de Richey à ces gens”.

Alors, Bob a chroniqué le concert…

NW : “Il a écrit une chronique géniale dans le Melody Maker la semaine suivante. C’était tout ce qu’on voulait d’une chronique. On savait qu’il était dans Saint Etienne, évidemment…”

JDB : “On était juste  si choqués quand on a eu une chronique dans le Melody Maker”.

Bob m’a dit une fois qu’il riait vraiment quand il vous regardait.

NW : “C’est vrai ! Mais il riait de la folie de quatre Gallois aux jeans blancs les plus moulants qu’on n’a jamais vus, recouverts de peinture en bombe… et même là, on était assez abusifs. Ce n’était pas comme on pensait que le public allait juste tomber amoureux de nous. Mais on a gagné. Ils n’avaient pas vu un groupe comme ça depuis longtemps. C’était un sentiment chaleureux. Ce n’était pas un regard scrutateur de la musique. C’était : De quelle planète vient ce groupe ?

JDB : “On ne se sentait pas à notre place là-bas. Parce que les Manics à l’époque, c’était une manœuvre militaire ! Tous tes fringues devaient être pliés bien nets à côté de ton lit, et tu devais porter ce qui était bon et ce qui allait avec cette éthique. Je ne me souviens pas de quelle chemise je portais, mais je devais choisir entre deux et une a été refusée par le reste du groupe pour le concert alors j’ai dû porter l’autre ! On jouait avec un groupe qui s’appelait The Claim dont le single avait été produit par Vic Coppersmith-Heaven qui a fait les trucs des Jam, alors ce truc anglais était fort dans tout ça. The Claim étaient très BCBG. Des débardeurs et des sweats tricotés, et intelligents. Et on paraissait un peu… pantins, et tu devais… plisser les yeux pour nous regarder : Ça marche ? Et je suis sûr que c’est ce que Bob pensait. Il pensait probablement : Je lis les lettres, mais je ne m’attendais pas à ce que ce groupe sonne comme ça. C’est la sorte de groupe qu’on était. Tu lisais notre correspondance, puis tu nous voyais sur scène et tu ne savais pas vraiment si ça avait du sens”.

Il a dû vous aimer, parce que peu après il vous interviewait.

NW : “Ouais, quatre ou cinq semaines plus tard il nous invitait chez lui. On a dormi dans la voiture…”

JDB : “Comme je me souviens, deux  d’entre nous ont dormi chez lui et les deux autres dans notre van au bout de la rue, je crois. Je me souviens de penser qu’il était assez bienveillant envers nous. Parce qu’on n’était pas le genre de groupe qui se retrouvait dans son radar, et on pensait Il se fout de nous. Il faisait confiance à ses instincts plutôt qu’à la charte de sensibilité pop féroce qu’il avait”.

À ce moment, vous aviez votre deuxième single, le New Art Riot EP sur Damaged Goods, en route.

NW : “Le titre phare est génial, mais la production est terrible. On ne poussait pas ça autant que notre vision du futur vraiment. On ne le colportait pas. L’interview avec Bob parlait plus de ce qu’on allait faire. Honnêtement, Motown Junk a vraiment été le début”.

Bob sortira plus tard un 45 tours des Manics, Feminine Is Beautiful, sur son propre label Caff…

NW : “C’est la démo de New Art Riot et Repeat qui est vraiment bonne. Bob Stanley a été assez important pour nous. C’était un ange à nous défendre avec sa manière calme et assidue, et dans ses écrits, il a vraiment saisi notre essence assez rapidement. Ce qui nous a surpris de la part d’un môme indé à la voix douce. Mais alors, on a tous été des mômes indés à la voix douce…”

JDB : “On était tellement plus indés que beaucoup de personnes ne s’étaient rendues compte. Je veux dire, beaucoup de personnes pensent qu’on a commencé à A Design For Life. On était plus indés qu’on ne pouvait l’imaginer, au départ. On était retranchés dans l’indé, mais on luttait pour en sortir. Je pense que Bob admirait simplement combien on était dans l’éthique indé. Et combien on était branchés par les fanzines. Je me souviens que Bob m’a demandé quel était mon fanzine préféré, et j’ai dit Attack On Bzag (par James Brown) et un autre intitulé Bullfrog. Je me souviens qu’il a fait Hmmm. Du genre, pas impressionné, mais pensant Au moins, ils aiment les vrais fanzines…”

Probablement, Bob a dû parler de vous, sur le plan informel, aux gens de Heavenly.

JDB : “Je ne sais pas vraiment, honnêtement. Notre plus grande connexion aurait été Philip (Hall, le manager des Manics). On avait une critique de Steven Wells dans le NME pour Suicide Alley, notre single auto-produit, et puis on avait une critique du Melody Maker de Bob… on avait un kit de presse ! Et dans tout ça, on avait Philip”.

NW : “Ouais… évidemment Philip connaissait Jeff (Barrett, le boss de Heavenly) aussi. Il voyait définitivement Heavenly comme celui qu’on devait choisir”.

Quelle était, s’il y avait, votre perception de Heavenly à ce moment ?

“C’était un excellent concert, on a tout cassé, et quand on est revenus à l’hôtel, Flowered Up avait commencé un feu dans le hall”.

NW : “Oh, on étudiait les labels ! Et on savait que certains étaient hors de portée. Mais les groupes de Heavenly avait ce côté chaotique et malade inné, la nature de East Village, Saint Etienne, Flowered Up, et puis nous aussi. C’était un groupe assez bizarre. Et juste à cause du passé de Jeff dans la presse (Barrett était PR pour les Happy Mondays entre autres), Richey et moi, on pensait que même s’il n’était pas bouleversé par nous en tant que groupe, il pouvait sûrement nous comprendre. Heavenly était vraiment un label excitant. It’s On de Flowered Up, je l’aime toujours aujourd’hui. Weekender était vraiment surproduit, mais It’s On est juste euphorique. (Il commence à la chanter). Je me souviens d’aller les voir à Shoreditch Town Hall, et j’avais peur putain – c’est avant que Shoreditch devienne sympa – et je pense que c’était pour y rencontrer (l’artiste) Paul Cannell. On était tous bien habillés, Richey et moi… C’était une drôle d’association mais d’une certaine manière, ça a tenu. Si tu regardes bien, il y avait une période où ils ont  sorti It’s On de Flowered Up, Nothing Can Stop Us de Saint Etienne et Motown Junk de nous. Et c’est juste douze mois ambitieux. Il n’y a rien qui lie ces trois groupes. Pour moi, c’était une époque glorieuse pour nous sur laquelle se retourner, dans laquelle on était impliqués. Il faut une vision particulière pour prendre trois groupes comme ça en l’espace de douze mois et de dire C’est notre vision. La seule manière dont on peut la décrire, c’est Divine”.

JDB : “On connaissait un peu Heavenly Records via East Village, et on les a un peu plus connus avec Saint Etienne et Flowered Up. Je me souviens de Philip qui parlait beaucoup de Jeff, dans des tons respectueux, mais aussi de manière désabusée. Il avait un respect étrange pour Jeff. Philip, pour moi, était l’ultime collectionneur de papillons. Il collectionnait les britanniques d’essence excentrique. Il aimait s’entourer de gens comme ça. Je ne pense pas que Jeff et lui étaient proches sur le plan social, mais à chaque fois que Phil voyait Jeff, il aimait lui parler”.

Alors, dans l’espoir d’intéresser Heavenly, Philip a organisé un concert au Rock Garden (salle non aimée où il faut payer pour jouer), dans laquelle vous avez déjà joué…

NW : “Ouais. Jeff était là, Martin (Kelly, bras droit de Barrett) était là, je pense que même Jon Savage (critique rock légendaire) était là. Il rôdait, bizarrement, à l’époque. On détestait le Rock Garden, on avait déjà fait du payer pour jouer…”

JDB : “Un endroit sans âme absolument diabolique. On sentait que le sort était contre nous. On était là, prêts à rencontrer Martin, Jeff et Martin de Heavenly, et le truc avec Heavenly, c’était qu’ils savaient ce qu’ils valaient. Il n’y avait pas de manifeste clair quant à qu’est-ce qui ira sur Heavenly, c’était juste Nous sommes Heavenly et nous savons ce qui est bon. Les autres labels, comme Creation, avait plus une identité parce qu’on savait que ça allait être de l’indie-pop à cordes inspirée par les Byrds et le Velvet Underground. Tandis qu’avec Heavenly c’était plus un message confus. Avec Heavenly, c’était quelque chose qui était plus imbu de soi : tu le savais quand tu le voyais que c’était un disque Heavenly. Alors, quand on s’est rendus compte qu’on allait jouer devant eux… ils n’étaient même pas cool. Ils le sont, un point c’est tout. Ils sont eux. Et nous voilà, à jouer devant eux au Rock Garden. On est morts. Parce que jouer au Rock Garden à l’époque, on était hors du radar de tout le monde. On était juste un de ces groupes stupides qui venaient à Londres à la recherche de la célébrité…”

Avec tous vos potes dans un minivan.

JDB : “Exactement. Tu vendais tous ces tickets que le Rock Garden te donnait à tes potes dans deux minivans. On n’a jamais fait ce genre de trucs. Alors je me souviens d’avoir pensé On va avoir du mal à s’en sortir, vraiment. Et c’était à Nick et Richey et parler à Jeff et Martin, parce qu’il était hors de question qu’on les convainc avec ce concert dans cet endroit vide et sans âme”.

NW : “C’était un bon concert, cependant. Je pense que beaucoup d’étudiants de notre fac s’étaient pointés, ce qui n’était jamais arrivé. Philip était excellent. Vraiment. C’était un vrai svengali à cette époque. Il a complètement compris, et avait foi en nous qu’on allait sortir les bonnes choses sur le plan musical, mais pour le moment, ce n’était pas notre raison d’être. Il a vu ça. On l’ a vu avec Jeff dans un coin à couver des plans…”

Une version de l’histoire dit que lorsque Jeff et Martin se sont approchés de vous en voous disant qu’ils étaient un label, vous leur avez dit aller se faire foutre.

JDB : “Oh bon Die, j’étais bien trop timide pour leur dire aller se faire foutre ! Ça aurait pu être Sean, chais pas”.

NW : “Je ne me rappelle pas de ça ! Mais Jeff semblait particulièrement chelou. Il semblait complètement malade avec ses longues boucles rousses. Il ressemblait à Vitas Gerulaitas. Mais avec un nez énorme”.

JDB : “Il ressemblait à une version absolument plus cool de Robert Plant. Ses cheveux étaient longs la vache à l’époque, et j’étais absolument choqué, parce que c’était un colosse indé à l’époque. Tandis que Martin était plus le personnage anglais BCBG, éloquent, des richelieus aux pieds. Je me souviens de penser qu’ils se complétaient, comme Peter Taylor et Brian Clough (duo de manager avec beaucoup de succès de Nottingham Forest et Derby County).

Est-ce qu’un contrat a été signé, ou est-ce que tout a été fait d’une poignée de main ?

NW : “C’était totalement une poignée de main”.

JDB : “Je me souviens juste, Philip Hall, malgré toute sa précision de ce qu’il voulait faire en train qu’agent et manager, s’offrait un peu de théorie du chaos parfois. Je n’arrivais pas à savoir si on était signés sur Heavenly ou pas !”

Était-ce comme l’un de ces contrats de football où on comprend que si quelqu’un de vraiment gros vient te faire une proposition, tu es libre de partir ?

NW : “Tu devras leur demander leur côté de l’histoire. Je pensais que c’était ça…”

JDB : “Je pense qu’il y avait un accord tacite de Jeff parce que comme Philip était impliqué, il y avait probablement une ambition de mettre le groupe sur une major. Mais je n’ai jamais été clair sur les détails du contrat. Ce qui est très Heavenly. Je me souviens d’aller dans leur bureau de Clarkenwell et c’était comme on pouvait s’y attendre : le bureau du Gaffer, du papier empilé partout contre les murs, des posters antiques brunis et recroquevillés au mur…”

Cela a demandé beaucoup de courage à Heavenly de sortir un disque des Manics à une époque où la plupart des gens pensaient que vous étiez une blague.

JDB : “Je ne peux exagérer combien Philip a joué un rôle pour avoir Motown Junk sorti chez Heavenly. Il nous a clairement expliqué qu’on avait besoin de Heavenly bien plus que Heavenly avait besoin de nous. Et l’essentiel, c’est que parce que ce disque était sur Heavenly, les gens qui avaient du mal à se décider à notre propos étaient prêts à nous réévaluer, Il se pourrait qu’ils aient quelque chose”.

Est-ce que c’est vrai que Heavenly a en fait perdu beaucoup d’argent avec les Manics, mais dès que vous avez eu l’argent de Sony, vous les avez remboursés ?

JDB : “Ouais. Absolument”.

NW : “Le truc, c’est que Motown Junk est sorti en maxi 45 tours et CD, et qu’il s’est tout vendu chaque semaine. Il est resté à la 92ème place pendant quatre semaines, ah ah. Et je me souviens d’avoir penser Il devrait être dans les charts, merde! Déjà, j’étais légèrement impatient. Il semblait classieux, il semblait être important”.

Tout le cercle social et culturel autour de Heavenly était aussi important que le label en lui-même…

NW : “Lawrence Ferlinghetti dans la Beat Generation était le gars qui a présenté tout le monde à tout le monde, et Jeff était comme ça pour nous. On nous a présenté des personnes comme Bobby Gillespie, (le photographe) Paul Slattery, Dennis Morris, le photographe qui a pris beaucoup de photos des Sex Pistols, (le journaliste du NME) Dela Fadele était toujours dans le con, (le journaliste du NME) Terry Staunton était toujours rond comme un coing…”

JDB : “Toute cette période vous rendait assez spécial. Tous les clichés d’être autour de personnes créatives et tout ça… Je me souviens de rencontrer Jon Savage au HMV d’Oxford Street, il avait commencé un magazine, et moi et Richey, on est tombés sur lui. Et les Pennie Smith du monde (photographe du Clash), on sentait que quelque chose se passait”.

Alors, d’une position d’être enfermés dans vos chambres au Pays de Galles à écrire des lettres…

NW : “Tout à coup, les portes ses sont ouvertes. C’était vraiment excitant pendant six mois. Je me souviens d’avoir pensé que c’était le plus proche que je pouvais être d’un rêve rock’n’roll. C’était vraiment le cas. Je me souviens que Jeff a fait une fête de fou à Aylesbury. Primal Scream a joué. Je ne sais pas si c’était son anniversaire. J’y suis allé en train. Et c’était vraiment jeune, beau et drogué… c’était la Britpop avant qu’elle n’arrive”.

Vous avez fait de nombreux concerts en gros Heavenly, hein. Paris, Birmingham, Camden…

NW : “Le plus fou était la soirée Heavenly à la Locomotive à Paris. C’était l’un des voyages les plus longs que je n’ai jamais faits”.

JDB : “C’était en fait la première fois que j’étais à l’étranger. Je me souviens qu’on était tous – c’était très non Manics – on était bloqués dans un bus avec beaucoup d’autres personnes”.

NW : “Il y avait beaucoup de… substances chimiques. Et tu sais combien on désapprouvait tout ça”.

Ils étaient tous à fond, sauf vous ?

NW : “Eh bien, à part Bob et Pete (Wiggs, Saint Etienne). Bien que Pete s’est adonné à un peu de mauvaise conduite… Et je pense que Alex Nightingale (pote de Primal Scream et fils de Annie de Radio 1) était là. Et la chanteuse vraiment, vraiment belle de Saint Etienne, celle avant Sarah Cracknell. Et Spence (le batteur de Saint Etienne), l’homme le plus gay de la pop. Il y avait East Village, nous et… ce n’était pas Flowered Up, Dieu merci. Et nous, ensemble. C’était un bus de malades. J’ai dit à l’époque On doit se casser de ce label, ah ah”.

JDB : “Et c’était un long voyage, alors il y avait beaucoup de cassettes compilations. Et je me souviens que les compilations de tout le monde qui ont été écoutées deux fois, ces fans bien informés de Buffalo Springfield, de Bob Dylan, des Byrds sont allés au fond du bus, et nous ont vu grincheux, et ont dit Vous avez une cassette qu’on peut passer ?. Et Nick a sorti cette cassette, et je me souviens de quelques visages grincheux en tête de bus. Parce qu’elle commençait avec le Clash, ce qui est bien… puis elle a commencé à descendre dans les Skids, et je me souviens des têtes qui disaient Les Skids, ça allait… puis il y avait Transvision Vamp, et tout le bus a fait Ce n’est pas acceptable !

NW : “C’était un concert excellent, on a tout cassé, et quand on revient à l’hôtel, Flowered Up avait mis feu au hall. Ils étaient fous. Liam le chanteur était sympa, cependant. Et le guitariste/clavier était sensé. Liam est tomé trop profond dans les drogues mais ses paroles étaient vraiment intéressantes. C’est la chose classique Shaun Ryder d’un ouvrier intelligent vraiment adorable qui était à un cheveu du désastre”.

Comment étaient les concerts britanniques ?

NW : “Birmingham était bizarre. C’était une putain de boîte de nuit, et on s’est pointés et je me souviens qu’il n’ avait personne. Du tout. Ce n’était pas exactement un concert de tournée. Saint Etienne ont bien marché parce que c’était un club. Le Camden Underworld (où Richey a célèbrement perdu sa virginité) était débauché, putain. On est rentrés en voiture ce soir-là. Je pense qu’on était les premiers. On est passés tôt. C’est là qu’on a trouvé notre homme du son Rob Allen en fait, la première fois qu’il faisait notre son. Moi étant moi, j’ai trouvé qu’on était bien meilleurs que tous ces groupes, ou du moins qu’on le serait bientôt. Alors il y avait toujours un côté énervé. Parce que je voulais être sur une putain de major. J’étais sujet à Ton groupe, c’est de la merde !

JDB : “Je ne veux pas sonner trop sérieux ici, mais ils étaient tous ouverts à nous en tant que personnes. On était des mômes des vallées qui aimaient le punk, lisaient les Situationnistes et on était un peu ringards mais aussi intellectuels, et ils étaient ouverts à ça”.

Parlons des enregistrements. Vous êtes allés dans la Power Plant avec Robin Evans…

NW : “Bon point à Heavently. Ils nous ont mis dans un studio vraiment bon. Ils nous ont financés, ils se sont occupés de nous, ils ont cru de nous”.

JDB : “C’était le studio dans lequel Maggie May a été enregistré. La même chambre. Ce qui nous a impressionné tout de suite. C’est un de ces vieux studios qu’on verrait dans Rock Follies, où il y avait une galère avec la salle des contrôles derrière une fenêtre, et le producteur regardait vers le bas… ce qui était très années 1970. Robin Evans, le producteur, était excellent, il était méga, et je suis toujours en contact avec lui. Je me souviens juste que cette session était étonnante. On l’a faite en deux jours. Jeff n’est pas venu dire Vous devez faire ci et vous devez faire ça. Mes autres rencontres avec des gens des maisons de disques depuis, c’est soit tu leur envoies quelque chose, ou ils viennent écouter, et ils te disent spécialement ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas. Mais Jeff a juste dit C’est vraiment bon. Excellent. Il faut sortir ça. Et j’ai dit Tu veux pas qu’on monte le solo de guitare ou la petite harmonie ? et il a juste dit Non non, c’est juste vraiment bon. C’est un disque Heavenly. Et j’ai pensé que c’était vraiment cool, qu’il nous laisse juste faire ce qu’on veut avec une complète liberté”.

NW : “Ces quatre jours étaient magiques. On peut entendre toute la frustration, toutes les idées, nos tentatives brutes de sampling…”

Est-ce que les six morceaux ont été enregistrés d’un coup ?

JDB : “You Love Us a été enregistré lors d’une session différente, et je sentais que Jeff et Martin étaient peu impressionnés par You Love Us. Déjà, on avait ces ambitions, et on pouvait entendre nos ambitions s’essouffler. Tandis que sur Motown Junk, notre ambition est de simplement exploser. Sur You Love Us, on n’arrivait plus déjà à articuler ce qu’il y avait dans nos têes. Je me souviens de Jeff et Martin étant moins enthousiastes, et je pensais Est-ce que ça va marcher ?. Je me souviens de Jeff qui disait Hmm, ça me rappelle un peu Thin Lizzy. Et on pensait Ouais, vraiment ?! C’est quoi le problème ? Thin Lizzy avec nos paroles ! Cool ! Mais au moins ils étaient honnêtes et ne nous ont pas dit de conneries, et il n’y avait pas de baratin”.

Et c’était à ce moment là que vous avez rencontrez Dave Eringa (producteur et ingénieur du son), avec qui vous avez travaillé tout le long de votre carrière.

NW : “Dave Eringa était juste le tape op, à faire le thé. Parfois on s’entend bien avec quelqu’un. Idiot, avec un tel amour pour le métal. Guns N’Roses…”

JDB : “Dave avait juste 19, 18 ans. Il avait un t-shirt de Kiss, des cheveux à la Sébastien Bach… et il était juste si enthousiaste”.

NW : “C’était une chose qu’on trouvait cependant. Notre truc Public Enemy/Guns N’Roses n’était pas accepté par tout le monde. Je suis allé à une fête Heavenly une fois avec un patch des Guns N’Roses et quelqu’un est venu me traiter de raciste ! Merde Dix ans plus tard et ils portent tous des t-shirts de Motorhead”.

Simon Price

Traduction – 24 octobre 2010

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