“I hate purity, I hate goodness / I don’t want virtue to exist anywhere / I want everyone corrupt”

“Winston Smith” (John Hurt) – Faster

Prononcé par John Hurt, qui joue le rôle de Winston Smith dans l’adaptation cinématographique (réalisée par Michael Radford) du célèbre classique de George Orwell1984. Le film reste très fidèle au livre.

Winston tombe amoureux d’une femme prénommée Julia (jouée par Suzanna Hamilton). Lors de leur première rencontre, Winston prononce les lignes susmentionnées. D’une façon, il déclare sa haine du parti qui a transformé des concepts tels que “pureté”, “bonté” et “vertu” en simples synonymes de “loyauté au parti”.

Voici le texte original (du livre) :

“Il s’agenouilla devant elle et prit ses mains dans les siennes.
— As-tu déjà fait cela ?
— Naturellement. Des centaines de fois… Allons ! Des vingtaines de fois, de toute façon.
— Avec des membres du Parti ?
— Oui. Toujours avec des membres du Parti.
— Avec des membres du Parti intérieur ?
— Pas avec ces cochons, non. Mais il y en a des tas qui voudraient, s’ils avaient le quart d’une chance. Ils ne sont pas les petits saints qu’ils veulent se faire croire !
Le cœur de Winston bondit. Elle l’avait fait des vingtaines de fois. Il aurait voulu que ce fût des centaines, des milliers de fois. Tout ce qui laissait entrevoir une corruption l’emplissait toujours d’un espoir fou. Qui sait ? Peut-être le Parti était-il pourri en dessous ? Peut-être son culte de l’abnégation et de l’énergie n’était-il simplement qu’une comédie destinée à cacher son iniquité ? Si Winston avait pu leur donner à tous la lèpre ou la syphilis, comme il l’aurait fait de bon cœur ! N’importe quoi qui pût pourrir, affaiblir, miner. Il l’attira vers le sol et ils se trouvèrent à genoux, face à face.
— Écoute. Plus tu as eu d’hommes, plus je t’aime. Comprends-tu cela ?
— Oui. Parfaitement.
— Je hais la pureté. Je hais la bonté. Je ne voudrais d’aucune vertu nulle part. Je voudrais que tous soient corrompus jusqu’à la moelle. Aimes-tu l’amour ? Je ne veux pas parler simplement de moi, je veux dire l’acte lui-même.
— J’adore cela.
C’était par-dessus tout ce qu’il désirait entendre. Pas simplement l’amour qui s’adresse à une seule personne, mais l’instinct animal, le désir simple et indifférencié. Là était la force qui mettrait le Parti en pièces”.

1984 est un film dystopien britannique de 1984 écrit pour l’écran et réalisé par Michael Radford, adapté du roman de George Orwell du même nom. Avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton et Cyril Cusack, le film suit la vie de Winston Smith en Océanie, pays dirigé par un gouvernement totalitaire.

Le film est dédié à la mémoire de Burton, étant donné que c’était son dernier rôle ; il est mort en Suisse deux mois avant l’avant-première britannique.

En l’an 1984 dystopique, Winston Smith endure une existence sordide dans le superétat totalitaire d’Océanie sous la surveillance constante de la Police de la Pensée. L’histoire a lieu à Londres, capitale du territoire d’Airstrip One (anciennement “soit Angleterre ou Grande-Bretagne”).

Winston travaille dans un petit box de bureau au Ministère de la Vérité, récrivant l’histoire selon les préceptes du Parti et de sa figure de proue suprême, Big Brother. Homme hanté par de douloureux souvenirs et des désirs agités, Winston est un homme ordinaire qui tient un journal intime secret de ses pensées privées, créant ainsi une preuve de son crime par la pensée – le crime de pensée indépendante, contraire aux préceptes et buts du Parti.

Sa vie est fatalement changée quand il est accosté par une collègue ouvrière du Parti Extérieur – une mystérieuse fille au regard audacieux nommée Julia – et ils commencent une liaison illicite. Leur première rencontre a lieu dans la campagne éloignée où ils échangent des idées subversives avant d’avoir des relations sexuelles. Peu après, Winston loue une chambre au-dessus d’une boutique de prêteur sur gages (dans le quartier prolétaire soi-disant sécurisé) où ils continuent leur liaison. Julia – jeune femme sensuelle et anti-conformiste – leur procure de la nourriture et des vêtements de contrebande sur le marché noir, et pendant quelques petits mois, ils se rencontrent en secret et vivent une vie de liberté et de contentement relatifs ensemble.

Tout s’arrête un soir, quand le raid soudain de la Police de la Pensée. Ils sont tous les deux arrêtés et on révèle qu’il y a un télécran dissimulé derrière un tableau accroché au mur, et que le propriétaire de la boutique de prêteur sur gages, M. Charrington, est un agent secret de la Police de la Pensée. Winston et Julia sont emmenés pour être détenus, interrogés et brutalement “rééduqués”, séparément. Winston est emmené au Ministère de l’Amour, où O’Brien, membre haut-placé du Parti Intérieur que Winston avait cru auparavant être aussi criminel par la pensée et agent du mouvement de résistance mené par l’ennemi juré du Parti, Emmanuel Goldstein, le torture systématiquement.

O’Brien instruit Winston à propos du vrai but de l’État et l’éduque dans une sorte de catéchisme sur les principes de la doublepensée – la pratique d’accepter deux points de vue contradictoires simultanément. Pour sa dernière rééducation, Winston est emmené dans la Salle 101, où O’Brien lui dit qu’il va être exposé à la “pire chose au monde”, conçue spécialement autour des phobies personnelles de Smith. Lorsqu’il est confronté à cette horreur insupportable – qui s’avère être une cage remplie de rats sauvages – la résistance psychologique de Winston s’effondre finalement et irrémédiablement, et il rejette hystériquement sa fidélité à Julia. Désormais complètement assujetti et purgé de toutes pensées rebelles, d’impulsions ou d’attachements personnels, Winston est soigné et relâché.

Dans la dernière scène, Winston retourné au Café du Châtaigner où il a auparavant vu les criminels par la pensée rééduqués Jones, Aaronson et Rutherford (eux-mêmes autrefois proéminents mais plus tard membres déshonorés du Parti Intérieur) qui ont depuis été “vaporisé” et rendus au néant. Assis à la table de l’échiquier, Winton est approché par Julia, qui a été tout aussi “rééduquée”. Ils partagent une bouteille de Gin de la Victoire et échangent impassiblement quelques mots sur comment ils se sont trahis chacun. Après son départ, Winston regarde la diffusion de lui-même sur le grand télécran qui confesse ses “crimes” contre l’État et qui implore le pardon de la population.

En entendant un reportage déclarant la complète déroute des forces ennemies (Eurasienne) par l’armée océanienne en Afrique du Nord, Winston regarde l’image fixe de Big Brother qui apparaît sur le télécran, puis se retourne et dit presque en silence “Je t’aime” – expression que Julia et lui ont utilisée à maintes reprises durant leur relation, indiquant la possibilité qu’il aime toujours Julia. Cependant, il pourrait également déclarer son amour pour Big Brother à la place. Le roman se finit clairement avec les mots : “Il aimait Big Brother”, tandis que le film semble permettre délibérément les deux interprétations. Plus tôt, durant la conversation de Winston avec Julia dans la chambre louée, il a déclaré que “s’il me font changer mes sentiments, ils peuvent m’arrêter de t’aimer, ce serait une vraie trahison”. Dans la dernière scène, la “vraie trahison” a ainsi soit été réalisée ou évitée, selon que le “toi” que Winston aime est Big Brother ou Julia.

Sonia Brownell, la veuve d’Orwell, possédait les droits de l’adaptation cinématographique du célèbre roman. Peu avant sa mort en 1980, Brownell a finalement accepté à ce que le film soit produit sous la condition qu’aucun effet spécial futuriste soit utilisé.

Le visage fermé et toujours alerte de Big Brother a été fourni par Bob Flag, amateur qui a été choisi pour le rôle après avoir répondu à un casting ouvert par les cinéastes à Londres.

Pour le rôle de O’Brien, Paul Scofield a été à l’origine signé pour jouer le rôle, mais a dû se retirer après s’être cassé la jambe lors de son premier jour sur la Partie de chasse. Anthony Hopkins, Sean Connery, Marlon Brando et Rob Steiger ont tous été ensuite envisagés. Richard Burton a rejoint la production six semaines après le début du tournage et a insisté sur le fait que son costume de bleu de travail soit fait à la main sur Saville Row.

La production du film a eu lieu à et autour de Londres de avril à juin 1984. Certaines scène ont été tournées réellement les jours notés dans le journal de Winston (par exemple : le 4 avril 1984) ainsi qu’à certains endroits et lieux mentionnés dans le roman d’Orwell.

Le budget était à l’origine de 2.5 millions £ mais il a augmenté durant le tournage et des fonds supplémentaires ont été requis.

Radford et le directeur de la photographie Roger Deakins voulaient à l’origine tourner le film en noir et blanc, mais les partenaires financiers de la production, Virgin Films, se sont opposés à cette idée. Au lieu de cela, Deakins a utilisé une technique de traitement de la pellicule nommée traitement sans blanchiment pour créer l’aspect fade distinct des visuels colorés du film. Le film est un exemple très rare de la technique appliquée à chaque tirage, plutôt quand dans l’internégatif ou l’interpositif ; tandis que l’argent est retenu dans le tirage et ne peut être récupéré par le laboratoire, le coût est plus élevé, mais l’argent récupéré donne une “profondeur” à l’image projetée.

Les scènes d’ouverture du film montrant les Deux Minutes de Haine ont été filmées dans un hangar couvert d’herbe au RAF Hullavington près de Chippenham dans le Wiltshire. Certaines scènes du Square de la Victoire ont été également filmées à Alexandra Palace à Londres. Senate House (University of London) a été utilisée pour les plans extérieurs du Ministère de la Vérité.

La Battersea Power Station désaffectée à Wandsworth a servie de façade pour les Manoirs de la Victoire ; et les Beckton Gas Works dans les Docklands de Newham ont été utilisés comme décor des zones prolétaires. L’extérieur de la boutique de prêteur sur gages, une scène de pub et une scène avec une prostituée ont été filmée dans Cheshire Street dans l’East End de Londres, quartier qu’Orwell avait visité et commenté dans son premier livre, Dans la dèche à Paris et à Londres. Les intérieurs de la cantine ont été filmés dans un moulin a grain désaffecté de Co-op à Silvertown.

En contraste, l’idyllique et onirique “Pays Doré”, où Winston et Julia se rendent pour leur premier rendez-vous galant et qui revient dans les fantasmes de Winston, a été filmé dans le comté du Sud-Ouest du Wiltshire dans un cercle naturel de collines nommé “The Roundway”, près de la ville de Devizes. Les scènes du train ont été tournées sur le réseau du Kent et de l’East Sussex.

Virgin Films (anciennement partie du Virgin Group), qui a financé le film, a commissionné le duo pop/rock britannique Eurythmics pour produire la musique de la bande originale. Radford a contesté l’insistance de Virgin d’utiliser la musique électronique orientée pop d’Eurythmics, étant donné qu’une bande originale orchestrale traditionnelle créée à l’origine pour le film avait été composée entièrement par Dominic Muldowney quelques mois plus tôt.

Contre les souhaits de Radford, Virgin ont exercé leur droit de choix final et remplacé la musique de Muldowney par les nouvelles contributions d’Eurythmics. Une chanson d’Eurythmics, Julia, était également entendue en entier durant le générique de fin du film. Cependant, le thème principal de Muldowney (en particulier l’hymne de l’État, Oceania, ’tis for thee) était encore de manière proéminente dans le film. En novembre 1984, Virgin Records a sorti l’album BO d’Eurythmics, comprenant des versions considérablement modifiées de leur musique entendue dans le film, sous le titre 1984 (For The Love of Big Brother). Malgré la controverse, l’album a atteint la 23ème place des charts albums britannique, et a été plus tard certifié Or. Une chanson de l’album, Sexcrime (Nineteen Eighty-Four), est sortie en single juste avant l’album et est devenue l’un des plus gros tubes d’Eurythmics, atteignant la 4ème place et le statut Argent. Le clip du single comprenait des images du film. Le morceau Julia est également sorti en single même s’il n’est pas rentré dans le Top 40.

Durant son discours d’acceptation au Evening Standard British Film Awards, Radford a exprimé ouvertement son mécontentement de la décision de Virgin et a déclaré que la musique d’Eurythmics avait été “imposé” sur son film. Radford avait renié la version de Virgin du film avec la musique mélangée d’Eurythmics et de Muldowney, pourtant quand 1984 est sorti au cinéma le 10 octobre à Londres et le 14 décembre à New York, c’était la version en circulation. Michael Radford a retiré le film de la considération des BAFTA en protestation de la décision de Virgin de changer la musique. Eurythmics a répondu avec un communique de presse qui déclarait qu’ils n’avait pas connaissance d’engagements précédents entre Virgin et Radford/Muldowney.

En 1999, la musique complète de Muldowney (24 morceaux au total) est sortie sur un album CD en édition limitée sous le titre Nineteen Eighty-Four: The Music of Oceania, pour commémorer le 15ème anniversaire du film. Le livret du CD comprenait des photos inédites de la production ainsi qu’un texte de Radford.

Sur la sortie DVD subséquente de MGM en Amérique du Nord en 2003, la couleur du film est restaurée à un niveau normal de saturation et les contributions de Eurythmics ont été entièrement retirées et remplacées par la musique de Muldowney comme Radford l’avait pensé à l’origine – bien que à la fois Eurythmics et Muldowney sont crédités conjointement dans les génériques de début et de fin. Ce DVD a été rapidement épuisé et demeure actuellement ainsi.Cette version avait auparavant été diffusé par Channel 4 au Royaume-Uni à la fin des années 1980. Cependant, le DVD de MGM du film au Royaume-Uni en 2004 comprend la bande originale Eurythmics/Muldowney sur les pistes anglaise et française ainsi que les visuels dé-saturés originaux.

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