NME – 11 septembre 2004 : Extrait d’un article parlant également de Blur et d’Oasis

La semaine où le rock britannique a changé à jamais… Il y a dix ans, cinq mecs de la classe ouvrière de Manchester ont sorti un premier album qui a secoué le rock en son œur. Une décennie après Definitely Maybe, Oasis, Blur et les Manic Street Preachers reviennent sur les jours grisants de la Britpop.

En 1994, OJ Simpson a été accusé du meurtre de sa femme, Jackie Onassis est décédée d’un cancer, et Kurt Cobain s’est tiré une balle dans la tête. Mais au milieu de la mort et de l’obscurité, quelque chose de nouveau est né. il y a dix ans, cet été là, trois albums britanniques qui changeront le monde à jamais, qui transformeront leurs créateurs en famille royale rock – et qui feront connaître à nouveau la musique britannique – sont sortis.

Alors que les énergiques post-punk Gang Of Four sont une référence standard pour la vague actuelle de groupes britanniques (Bloc Party, Franz, Futureheads), leur influence sur le prochain grand album de 1994 était un peu plus subtile.

“Beaucoup diront que The Holy Bible était l’album de Richey (Edwards)” dit le bassiste des Manic Street Preachers Nicky Wire “mais tout à coup James a commencé à écouter PiL, Gang Of Four, Wire, toute cette musique post-punk fragmentée. On a tout simplement pensé : Pourquoi on n’essayerait pas de faire de la musique comme ça ?

L’année précédente avait été terrible pour les Manics. Leur agent et mentor, Philip Hall, était mort d’un cancer, alors que leur second album ampoulé Gold Against The Soul stagnait. “On a passé cinq and à essayer d’être le plus grand groupe au monde et tout à coup, l’échec nous a donné une sorte de liberté” se souvient Wire. “Avec The Holy Bible, on savait qu’on devait placer la barre plus haut”.

Ils ont loué un endroit de merde à 50£ par jour dans le quartier des prostituées de Cardiff, vêtus de treillis et déterminés à changer absolument tout. Ils termineront l’année au bord de la folie, et la montée de l’automutilation de leur pivot Richey devenait plus qu’une cause d’inquiètude, mais créativement le groupe avait trouvé sa voix. Tout comme Blur défendait le caractère anglais, les Manics avaient arrêté d’essayer d’être américains. “On s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas rivaliser” dit Nicky. “Quatre petits mômes merdiques des vallées galloises ne pouvaient pas rivaliser avec Bon Jovi ! Richey et moi, on pouvait à peine jouer ; c’était juste un retour à une attitude plus école d’art – même si aucun de nous n’a été dans une école d’art – une attitude école d’art d’image et de subversion”.

The Holy Bible était un bouge condamné et glorieux. C’était le son d’une dépression nerveuse d’un homme, mais c’était aussi une expérience étourdissante et religieuse, tellement extrêmiste afin de donner une nouvelle perspective tranchante et austère sur le monde. Là où avant le groupe choississait la grandiloquence et l’outrage, tout ce qui concerne The Holy Bible était sinistre. “Merde aux chansons qui plaisent aux radios” a écrit Simon Williams dans le NME, qui lui a donné 9/10. “The Holy Bible ne plaît même pas aux gens, pratiquement destiné aux détraqués affligés et dysfonctionnels accroupis dans les coins de chambres blanches vides”.

Le succès de The Holy Bible était principalement critique. Tout comme c’était tout à coup in d’être britannique, c’était in d’être un fan des Manics aussi. “Pour moi, c’était des gars sérieux, sombres et géniaux” dit Graham Coxon. “Si Blur était Tommy Steele alors les Manic Street Preachers seraient Dylan Thomas”.

“Le truc, c’était que ça stagnait sur le plan commercial” explique Nicky. “On était vraiment heureux, mais à la fin de l’année, il nous est tout à coup venu à l’esprit que nos contemporains jouaient dans des stades, vendaient des millions de disques et se baladaient avec le sourire aux lèvres”.

Le 30 août, le même jour que la sortie de The Holy Bible, Oasis a sorti Definitely Maybe. “On pensait que The Holy Bible pourrait s’incruster à la deuxième place” se souvient Nicky “et puis Oasis a vendu 70 000 exemplaires la première semaine, le premier album d’un groupe à se vendre aussi bien de tous les temps ! On est rentrés à la sixième place, a vendu 20 000 exemplaires et on est sortis des charts au bout de trois semaines”.

Bien que Oasis n’ait pas répété le génie de leur premier album avec (What’s The Story) Morning Glory, ils sont pourtant devenus le plus grand groupe du pays, voire même du monde. Les Manics les rattrapperont par la suite – en 1996 en sortant le chef-d’œuvre qui a affirmé leur existence, Everything Must Go. Mais à l’époque, alors que Blur et Oasis se battaient dans les tabloïdes, les Manics allaient connaître leur plus sombre heure. L’alcoolisme, l’auto-mutilation et les troubles alimentaires de Richey spiralaient hors de contrôle. Au moment où The Holy Bible est sorti, il venait d’être admis à The Priory et, dans un présage qui donne le frisson, les Manics ont joué T In The Park et Reading sans lui.

Le 21 décembre, tous au point de rupture, ils ont joué à l’Astoria de Londres et ont détruit leur métériel, le vrai et cher. C’était un moment significatif. C’était Noël et ils en avaient assez. “On ne pouvait trouver une fin plus appropriée ou plus dramatique que ce soir-là” dit Wire. “Il n’y avait rien d’indulgent là dedans, c’était notre façon de dire… assez. On a fait quelques démos après ça et puis voilà. C’était la dernière fois qu’on avait vu Richey”.

Blur a ramené la pop. Oasis a ramené l’attitude. Les Manic Street Preachers ont ramené l’intelligence. Cet été là, ces trois albums ont restauré la confiance de la musique britannique.

Traduction – d’après l’extrait trouvé sur www.nickywire.co.uk – 18 décembre 2004

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