A Design For Life

Cité dans A Design For Life

Inspiré de “Designed For Living”, slogan de la société automobile américaine Ford et de An Ideal For Living, titre du EP de Joy Division paru en 1978. C’est également le titre d’une biographie de Joy Division, écrite par Mark Johnson et intitulée An Ideal For Living: A History Of Joy Division.

Joy Division était un groupe de rock anglais formé en 1976 à Salford en banlieue de Manchester. Nommé à l’origine Warsaw, le groupe était principalement constitué de Ian Curtis (chant et guitare occasionnelle), Bernard Sumner (guitare et clavier), Peter Hook (basse et chœurs) et Stephen Morris (batterie et percussions).

Joy Division a rapidement évolué de leurs première influences punks pour développer un son et un style qui ont lancé le mouvement post-punk de la fin des années 1970. Selon la critique musicale Jon Savage, le groupe “n’était pas punk mais directement inspiré par son énergie”. Leur premier EP autoproduit de 1970, An Ideal For Living, a attiré l’attention de la personnalité de la télévision de Manchester, Tony Wilson. Le premier album de Joy Division, Unknown Pleasures, est sorti en 1979 sur le label indépendant de Wilson, Factory Records, et a été acclamé par la presse britannique. Malgré le succès montant du groupe, le chanteur Ian Curtis était attaqué par la dépression et les problèmes personnels, dont un mariage sur le déclin et son diagnostic d’épilepsie. Curtis trouvait de plus en plus difficile de faire des concerts, et souffrait souvent de crises sur scène.

La veille de la première tournée américaine du groupe en mai 1980, Curtis, accablé par la dépression, s’est suicidé. Le second album de Joy Division sorti à titre posthume, Closer (1980) et le single Love Will Tear Us Apart sont devenus les disques du groupe les mieux placés dans les charts. Après la mort de Curtis, les membres restants se sont reformés sous le nom de New Order, atteignant un succès critique et commercial.

Le 20 juillet 1976, Sumner et Hook (qui étaient amis depuis l’âge de 11 ans) sont allés séparément au second concert des Sex Pistols au Manchester Lesser Free Trade Hall. Le lendemain, Hook a emprunté 35£ à sa mère pour acheter sa première basse. Sumner a dit plus tard qu’il pensait que les Pistols “ont détruit le mythe d’être une pop star, d’un musicien qui est une sorte de dieu qu’on doit vénéré”. Inspirés par la performance, Sumner et Hook ont formé un groupe avec leur ami Terry Mason, qui était aussi allé au concert. Sumner a acheté une guitare, et Mason une batterie. Ils ont invité leur camarade d’école Martin Gresty à les rejoindre en tant que chanteur, mais il a refusé après avoir obtenu un travail dans une usine locale. Une petite annonce a été placé dans le magasin Virgin de Manchester à la recherche d’un chanteur. Ian Curtis, qui connaissait les trois après les avoir rencontrés à d’autres concerts, a répondu et a été pris sans audition. Selon Sumner, “Je savais il allait aller et ce sur quoi on a basé tout le groupe. Si on aimait quelqu’un, il était pris”.

Le manager des Buzzcocks Richard Boon et le chanteur Pete Shelley ont tous les deux été crédités pour avoir suggéré au groupe de s’appeler les Stiff Kittens (“les Chatons Raides”), et ils ont été annoncés sous ce nom pour leur première performance publique, mais le groupe a choisi à la place le nom Warsaw peu avant le concert, en référence à la chanson Warszawa de David Bowie. Warsaw ont fait leur premier concert le 29 mai 1977, en première partie des Buzzcocks, Penetration et John Cooper Clarke à l’Electric Circus. Le groupe a reçu de l’exposition nationale grâce aux critiques du concert dans le NME par Paul Morley et dans Sounds par Ian Wood. Tony Tabac a joué de la batterie ce soir-là après avoir rejoint le groupe deux jours plus tôt. Mason a rapidement été fait manager du groupe et Tabac a été remplacé à la batterie en juin 1977 par Steve Brotherdal, qui a aussi joué dans le groupe punk Panik. Durant sa période dans Warsaw, Brotherdal a essayé de faire partir Curtis du groupe pour qu’il rejoigne Panik et a même fait auditionner Curtis. En juillet 1977, Warsaw a enregistré cinq démos aux Pennine Sound Studios à Oldham. Mal à l’aise par la personnalité agressive de Brotherdale, le groupe l’a renvoyé peu après les sessions des démos. Rentrant chez eux, ils se sont arrêtés et ont demandé à Brotherdal de regarder un pneu dégonflé ; quand il est sorti de la voiture, ils sont partis en accélérant.

En août 1977, le groupe a placé une petite annonce chez un disquaire à la recherche d’un batteur. Stephen Morris, qui était allé dans la même école que Curtis, a été le seul à répondre. Deborah Curtis, la femme de Ian, a déclaré que Morris “allait parfaitement” avec les autres hommes, et qu’avec lui Warsaw est devenu une “famille complète”. Afin d’éviter la confusion avec le groupe punk de Londres Warsaw Pakt, le groupe s’est renommé Joy Division début 1978, empruntant leur nom de l’aile de prostitution d’un camp de concentration nazi – groupe de femmes juives forcées à travailler comme prostituées – qui était mentionné dans le roman de 1955, la Maison des poupées. En décembre, le groupe a enregistré ce qui deviendra leur premier EP, An Ideal for Living au Pennince Sound Studio et a fait leur dernier concert en tant que Warsaw la nuit de la St Sylvestre au Swinging Apple de Liverpool. Annoncé sous le nom de Warsaw pour s’assurer d’avoir du public, le groupe a joué son premier concert en tant que Joy Division le 25 janvier 1978 à Pip’s Disco à Manchester.

Joy Division ont été approchés par RCA Records pour enregistrer une repris de Keep On Keepin’ On de Nolan “N.F.” Porter et ont pu se permettre d’aller dans un studio professionnel de Manchester en retour. Joy Division a passé la fin du mois de mars et le mois d’avril 1978 à écrire et répéter des chansons. Durant le concert défi de Stiff/Chiswick au Rafters Club de Manchester le 14 avril, le groupe a attiré l’attention de Tony Wilson et de Rob Gretton. Curtis a réprimandé Wilson pour ne pas avoir mis le groupe dans son émission de Granada Television So It goes ; Wilson a répondu que Joy Division serait le prochain groupe à apparaître à la télé. Gretton, le DJ résident de la salle, a été si impressionné par la performance du groupe qu’il les a convaincus de le prendre comme manager. Gretton, dont la “détermination obstinée” sera plus tard créditée pour une grande partie du succès public du groupe, a contribué les talents d’affaire qu’il manquait à Joy Division pour leur donner une meilleure fondation pour la créativité. Joy Division a passé la première semaine de mai 1978 à enregistrer aux Arrow Studios de Manchester. Le groupe était mécontent de l’insistance du président de Grapevine Records, John Anderson, à ajouter des synthétiseurs dans le mix pour adoucir le son, et a demandé à être relâché du contrat qu’ils venaient de signer avec RCA.

Joy Division a fait leur début enregistré en juin 1978 quand le groupe a autoproduit An Ideal for Living et deux semaines plus tard, un de leurs morceaux, At a Later Date, est apparue sur la compilation Short Circuit: Live at the Electric Circus (qui a été enregistré live en octobre 1977). Dans la critique du EP par le Melody Maker, Chris Brazier a dit qu’il “a la nature familière hâché gros des disques produits à la maison mais qu’ils ne sont pas de simples marchands de bourdonnement – il y a beaucoup de bonnes idées ici, et ils pourraient être un groupe très intéressant maintenant, sept mois après”. Le packaging de An Ideal for Living – qui comprenait le dessin d’un membre de la jeunesse hitlérienne sur la pochette – couplé à la nature du nom du groupe, a nourri la spéculation quant à leurs affiliations politiques. Tandis que Hook et Sumner ont plus tard admis par avoir été intrigué par le fascisme à l’époque, Morris a insisté sur le fait que l’obsession du groupe par l’imagerie nazie venait d’un désir de garder les souvenirs des sacrifices de leurs parents et grand-parents durant la seconde guerre mondiale vivants. Il avançait que les accusations de sympathies neo-nazies ne faisaient que provoquer le groupe “de continuer, parce qu’on est comme ça”.

En septembre 1978, Joy Division ont fait leurs débuts à la télé sur les informations locales Granada Reports, présentées par Tony Wilson. Plus tard le même mois, Joy Division a contribué deux morceaux enregistré avec le producteur Martin Hannett sur le double 45 tours compilation, A Factory Sample, le premier disque sorti sur le label de Tony Wilson, Factory Records. Joy Division a rapidement signé chez Factory, ayant payé pour rompre leur contrat avec RCA. Rob Gretton est devenu partenaire sur le label pour représenter les intérêts du groupe. Le 27 décembre, Ian Curtis a souffert de sa première crise d’épilepsie reconnaissable. Dans la voiture qui le ramenait d’un concert au pub Hope and Anchor à Londres, Curtis a eu une crise et a été emmené à l’hôpital. Malgré sa maladie, la carrière de Joy Division a continué à progresser. Curtis est apparu en couverture du numéro du 13 janvier 1979 du NME suite à la persistance du journaliste musical Paul Morley ; le même mois, le groupe a enregistré sa première session pour John Peel. Selon Deborah Curtis, “Pris en sandwich entre ces deux importants repères se trouvait la réalisation que la maladie de Ian était quelque chose que nous devrons apprendre à accommoder”.

En avril 1979, le groupe a commencé à enregistré leur premier album, Unknown Pleasures, au Strawberry Studios de Stockport. Le producteur Martin Hannett a contribué de manière importante au son final. Le groupe détestait au départ le “son spacieux et atmosphérique” de l’album, qui ne reflétait pas leur son live plus agressif. Hook a dit en 2006, “Il ne s’est définitivement pas avéré sonner de la manière dont je voulais… Mais aujourd’hui je peux voir que Martin a fait du bon boulot dessus… Il n’y a pas à tourner autour du pot, Martin Hannett a créé le son Joy Division”. La pochette de l’album a été conçue par Peter Saville, qui fera celles des prochains disques de Joy Division. Unknown Pleasures est sorti en juin et a écoulé tous les exemplaires du pressage initial de 10 000. Tony Wilson a dit que le succès relatif de l’album a transformé le label indé en un vrai business et une “force révolutionnaire” qui opérait en dehors du système des majors. Chroniquant l’album pour le Melody Maker, le journaliste Jon Savage a nommé Unknown Pleasures un “manifeste opaque” et a déclaré “[quitter] le XXème siècle est difficile ; la plupart des gens préfèrent revenir en arrière et faire de la nostalgie, mon Dieu. Joy Division partent au moins dans le présent avec des traces de fumées du futur – peut-être qu’on ne peut demander plus. En effet, Unknown Pleasures pourrait très bien l’un des meilleurs premiers albums blancs, anglais de l’année”.

Joy Division a rejoué sur Granada TV en juillet 1979, et ont fait leur seule apparition télé nationale en septembre sur Something Else sur la BBC2. Ils ont ouvert pour les Buzzcocks lors d’une tournée britannique de 24 dates qui a commencé en octobre de cette année, ce qui a permis au groupe de quitter leurs emplois. Le single non album Transmission est sorti en novembre. Le succès naissant de Joy Division a attiré des adeptes dévoués surnommés le “Culte sans nom”, qui étaient stéréotypés comme “d’intenses jeunes hommes vêtus de sur-manteaux gris”.

En janvier 1980, Joy Division est parti en tournée européenne. Alors que la tournée était difficile, Curtis n’a vécu que deux crises dans les deux mois qui ont précédé la dernière date de la tournée. Avec Martin Hannett encore aux manettes, le groupe a enregistré leur second album, Closer, en mars aux Britannia Row Studios de Londres. Mars a aussi vu la sorti du single Licht und Blindheit (comprenant les chansons Dead Souls et Atmosphere) sur le petit label français Sordide Sentimental.

Le manque de sommeil et les longues heures ont déstabilisé l’épilepsie de Curtis et ses crises sont devenues presque incontrôlables. Curtis avait souvent des crises durant les concerts, ce qui le rendait honteux et déprimé. Tandis que le groupe se souciait de son chanteur, le public pensait parfois que son comportement faisait partie du concert. Le 7 avril, Curtis a tenté de se suicider en faisant une overdose de barbituriques. Le lendemain soir, Joy Division devait faire un concert au Derby Hall de Bury. Avec Curtis qui se remettait, il a été décidé que le groupe jouerait un set combiné avec Alan Hempstall de Crispy Ambulance et Simon Topping de A Certain Ratio prenant le micro pour les premières chansons. Curtis est monté sur scène pour faire une partie du set. Quand Topping est revenu pour finir le set pour Curtis, certains membres du public ont commencé à jeter des bouteilles sur scène. Gretton a sauté dans le public et une émeute s’est ensuit. Plusieurs concerts en avril ont été annulé à cause de la mauvaise santé de Curtis, mais le groupe a toourné un clip pour le single à venir Love Will Tear Us Apart ce mois-là. Le groupe a fait ce qui sera leur dernier concert à l’université de Birmingham le 2 mai.

Joy Division devaient commencer leur première tournée américaine en mai 1980. Tandis que Curtis avait exprimé le désir de faire une pause pour rendre visite à des années, il a feint l’excitation pour la tournée parce qu’il ne voulait pas décevoir ses collègues ou Factory Records. À l’époque, la relation de Curtis avec sa femme, Deborah Curtis (le couple s’était marié en 1975 adolescents), se détruisait. Les facteurs contribuant était sa mauvaise santé, elle principalement exclue de sa vie avec le groupe et sa relation avec une jeune Belge nommée Annik Honoré qu’il avait rencontrée sur une tournée européenne. La veille du départ pour la tournée américaine, Curtis est retourné chez lui à Macclesfield afin de parler à sa femme. Il lui a demandé de renoncer au divorce qu’elle avait demandé ; plus tard il lui a dit de le laisser seul dans la maison jusqu’à ce qu’il prenne son train pour Manchester le lendemain matin. Au petit matin du 18 mai 1980, Curtis s’est pendu dans sa cuisine ; Deborah Curtis a découvert son corps quand elle est revenue vers midi. Tony Wilson a dit en 2005 : “Je pense qu’on a tous fait l’erreur de penser que son suicide allait arriver… On a tous complètement sous-estimé le danger. On ne l’a pas pris au sérieux. C’était combien on était stupides”.

Le suicide de Curtis “est devenu un mythe instantané” dans les termes de la critique musical Simon Reynolds. Jon Savage a écrit dans sa nécrologie pour Curtis dans le Melody Maker : “Aujourd’hui personne ne se rappellera comment était son œuvre avec Joy Division de son vivant ; elle sera perçue comme tragique plutôt que courageuse”. En juin 1980, le single posthume Love Will Tear Us Apart est sorti, qui a atteint la 13ème place des charts singles britanniques. En juillet 1980, Closer est finalement sorti, culminant à la 6ème place des charts albums britanniques. Le chroniqueur du NME Charles Shaar Murray a écrit : “Closer est aussi magnifique qu’un mémorial (pour Joy Division autant que pour Ian Curtis) que n’importe quel musicien populaire post Presley aurait pu faire”.

Les membres de Joy Division avait fait un pacte bien avant la mort de Curtis selon lequel, si un membre devait partir, les membres restants changeraient le nom du groupe. Se renommant finalement New Order, le groupe est né à nouveau comme trio avec Sumner prenant le micro ; le groupe a plus tard recruté la petite amie de Morris Gillian Gilbert pour compléter la formation en tant que claviériste et seconde guitariste. Le premier single de New Order, Ceremony sorti en 1981, comprenait les deux dernières chansons écrites avec Ian Curtis. Tandis que le groupe luttait dans ses premières années à échapper à l’ombre de Joy Division, New Order a fini par avoir beaucoup plus de succès commercial que leur groupe précédent.

D’autres titres de Joy Division sont sortis depuis la fin du groupe. Still, compilation de morceaux live et d’enregistrements live, est sorti en 1981. Factory a sorti la compilation Substance en 1988, qui incluait plusieurs singles épuisés. Une autre compilation, Permanent, est sorti en 1995, sur London Records, qui avait acquis le catalogue de Joy Division après la faillite de Factory Records en 1992. Un coffret exhaustif, Heart and Soul, est sorti en 1997. La compilation The Best of Joy Division est sorti en 2008.

Joy Division a pris du temps à développer leur son. En tant que Warsaw, le groupe jouait “du hard rock infecté de punk assez peu distingué”. Le critique Simon Reynolds a déclaré que “l’originalité de Joy Division est vraiment devenue apparente alors que les chansons ralentissaient”. La musique du groupe a pris une qualité “clairsemée” ; dans la description de Reynolds, “la basse de Peter Hook portait la mélodie, la guitare de Bernard Sumner laissait des trous au lieu de remplir le son du groupe avec des riffs denses, et la batterie de Steve Morris semblait circuler au bord d’un cratère”. Sumner a décrit le son caractéristique du groupe en 1994 : “C’est venu naturellement : je suis plus rythme et accords, et Hooky était la mélodie. Il jouait de la basse aiguë mélodique parce que j’aimais que ma guitare sonne distordue, et l’ampli que j’avais ne marchait qu’à plein volume. Quand Hooky jouait bas, il ne s’entendait pas. Steve a son propre style qui est différent des autres batteurs. Pour moi, un batteur dans le groupe est l’horloge, mais Steve ne voulait pas être l’horloge, parce qu’il est passif : il suivait le rythme du groupe, ce qui nous donnait notre propre style”. Avec le temps, Ian Curtis a commencé à chanter avec une voix basse et baritone, qui était souvent comparée à Jim Morrison des Doors (l’un des groupes préférés de Curtis).

Sumner agissait comme le chef d’orchestre non officiel du groupe, rôle qu’il a gardé au sein de New Order. Tandis que Sumner était le principal guitariste du groupe, Curtis a joué de l’instrument sur quelques chansons enregistrée et quelques concerts. Curtis détestait jouer de la guitare, mais le groupe insistait pour. Sumner a dit : “Il jouait d’une façon bizarre et ça pour nous c’était intéressant, parce que personne ne jouait comme Ian”. Durant les session d’enregistrement de Closer, Sumner a commencé à utiliser des synthétiseurs construits par lui-même et Hook a utilisé une basse à 6 cordes pour plus de mélodie.

Le producteur Martin Hannett “se consacrait à capturer et à intensifier la spatialité sinistre de Joy Division”. Hannett croyait que le punk était conservateur sur le plan sonore à cause de son refus d’utiliser la technologie studio pour créer de l’espace sonore. Le producteur avait pour but de créer un son plus expansif sur les disques du groupe. Hannett a dit : “[Joy Division] était un cadeau pour un producteur, parce qu’ils ne savaient rien. Ils n’argumentaient pas”. Hannett demandait une “séparation sonore” nette et claire non seulement pour les instruments individuelles, mais même pour les parties individuelles de la batterie de Morris. Morris se souvenait :  “Typiquement sur les morceaux qu’il considérait comme singles potentiels, il me demandait de jouer sur chaque tambour séparément pour éviter que le son déteigne”.

Ian Curtis était le seul parolier du groupe. Curtis écrivait de manière frénétique quand l’evie lui prenait ; il écoutait ensuite la musique du groupe (qui était souvent arrangée par Sumner) et utilisait les paroles qui étaient le plus approprié. Les mots et les images tels que “froideur, pression, obscurité, crise, échec, effondrement, perte de contrôle” reviennent dans ses chansons. En 1979, le journaliste du NME Paul Rambali a écrit : “Les thèmes de la musique de Joy Division sont pleins de chagrin, douloureux et parfois profondément tristes”. Le musicologiste Robert Palmer a écrit dans Musician que les écrits de Williams S. Burroughs et de J. G. Ballard était des “influences évidentes” sur Curtis et Morris se souvenait aussi que le chanteur lisait T. S. Eliot.

Le groupe refusait d’expliquer leurs paroles à la presse ou d’imprimer les paroles dans les livrets. Curtis a dit au fanzine Printed Noise, “On n’a pas vraiment de message ; les paroles sont ouvertes à l’interprétation. Elles sont multidimensionnelles. On peut y lire ce qu’on veut”. Les autres membres du groupe ont plus tard admis qu’ils payait peu d’attention à ce que Curtis écrivait. Dans une interview de 1987 avec option, Morris a commenté : “On pensait juste que les chansons étaient en quelque chose sympathique et plus joviales que déprimantes. Mais tout le monde a sa propre opinion”. Deborah Curtis se souvient que ce n’est qu’à la sortie de Closer que de nombreux proches du chanteur se sont rendus compte que “ses intentions et ses sentiments se trouvaient tous là dans les paroles”. Les membres survivants du groupe avec le recul regrettent de ne pas avoir vu les signes dans les paroles de Curtis. “Ça sonne horrible mais ce n’est qu’après la mort de Ian qu’on a vraiment écouté les paroles, a dit Morris en 2007. On s’est retrouvés à penser : Oh mon Dieu, j’ai raté ça. Parce que j’avais regardé les paroles de Ian et pensé qu’il était super intelligent pour se mettre à la place de quelqu’un d’autre. Je n’ai jamais cru qu’il écrivait sur lui-même. Avec le recul, comment j’ai pu être aussi crétin ? Bien sûr qu’il écrivait sur lui. Mais je ne suis pas allé le voir pour lui demander Ça va ? Je dois vivre avec ça”.

En contraste du son de leur enregistrement, Joy Division jouaient typiquement fort et de manière agressive durant les concerts. Le groupe était mécontent du mix d’Hannett de Unknown Pleasures, qui réduisait le côté abrasif de leur son. Selon Sumner, “la musique était forte et lourde, et on pensait que Martin l’avait adoucie, surtout avec les guitares”. Sur scène, le groupe interagissait peu avec le public ; Paul Morley a écrit : “Durant un set de Joy Division, à part les chansons, vous étiez chanceux d’entendre plus de deux ou trois mots. Bonjour et au revoir. Pas de présentations, par de promotion”. En chantant, Curtis faisait ce qu’on a appelé sa “danse de mouche morte”, dans laquelle les bras du chanteur “commençait à voler dans une courbe semi circulaire et hypnotique”. Simon Reynolds a noté que le style de danse de Curtis rappelait une crise d’épilepsie, et qu’il dansait ainsi quelques mois avant d’être diagnostiqué épileptique. Les performances live sont devenues problématiques pour Joy Division, à cause de la maladie de Curtis. Sumener a plus tard dit : “On n’avait pas de stroboscopes, mais parfois un rythme particulier lui faisait quelque chose. Il partait en transe un moment, puis il partait en vrille et avait une crise. On devait arrêter le concert et le porter dans les loges où il pleurait toutes les larmes de son corps à cause de la chose horrible qui venait de lui arriver”.

Malgré leur courte carrière et leur statut culte, Joy Division a exercé une influence vaste. John Bush de Allmusic avance que Joy Division “est devenu le premier groupe du mouvement post-punk en… mettant en emphase pas la rage et l’énergie mais l’humeur et l’expression, bien en avance de la montée de la musique alternative mélancolique des années 1980”.

Le son sombre et lugubre du groupe, que Martin Hannett a décrit en 1979 comme de la “musique dansante avec une pointe gothique”, présageait le genre rock gothique. Tandis que le terme “gothique” décrivait à l’origine une “atmosphère pessimiste” dans la musique de la fin des années 1970, le terme a rapidement été appliqué à des groupes spécifiques comme Bauhaus qui ont suivi dans les pas de Joy Division. Les standards musicaux des premiers groupes gothiques incluaient “ des lignes de basses haut perchées post Joy Division qui usurpaient le rôle mélodique” et des “chants qui étaient soit proches de l’opéra et teutoniques ou des alliages bourdonnants profonds de Jim Morrison et de Ian Curtis”. Joy Division ont influencé des groupes qui vont des contemporains U2 et The Cure aux artistes du revival post-punk comme Interpol, Bloc Party et Editors. Le chanteur de U2, Bono, a déclaré que son groupe aimait Joy Division. Le chanteur a dit dans l’autobiographie de 2006 du groupe U2 by U2 : “Il serait plus difficile de trouver un endroit plus sombre dans la musique que Joy Division. Leur nom, leurs paroles et leur chanteur étaient tels un gros nuage noir dans le ciel. Et pourtant je sentais la recherche de dieu, ou de la lumière, ou une raison, une raison d’être. Avec Joy Division, on sentait de ce chanteur, que la beauté était la vérité et la vérité était la beauté, et la leur était une recherche des deux”. Des artistes incluaient le performer electronica Moby et le guitariste des Red Hot Chili Peppers John Frusciante ont décrit leur appréciation de la musique de Joy Division et l’influence qu’elle a eu sur leurs propres morceaux.

Deux biopics dramatisent Joy Division sur grand écran. 24 Hour Party People (2002) présentait un récit quelque peu fictionalisé de la monté et chute de Factory Records, dans lequel les membres de Joy Division servaient de personnages de second plan. Tony Wilson a dit du fim : “Tout est vrai, tout n’est pas vrai. Ce n’est pas un putain de documentaire”, insistant sur le fait que dès que c’était possible durant la production du film, il a préféré le “mythe” à la vérité. Le film de 2007 Control, réalisé par Anton Corbijn, est une biographie de Ian Curtis (interprété par Sam Riley) qui utilise la biographie de Deborah Curtis de son regretté mari, Touching from a Distance (1995) comme base. La première internationale de Control a eu lieu en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes 2007, où il a été bien reçu par la critique. Cette même année Grant Lee a réalisé le documentaire Joy Division.

La chanson A Design For Life réagit contre la morte suspecte des valeurs de la classe ouvrière. Même si certaines des paroles sont ironiques (“we don’t talk about love / we just wanna get drunk” – “on ne parle pas d’amour / on veut juste être soûls”), la plupart sont sérieuses et parlent de l’émancipation de la classe ouvrière et de la fierté d’en faire partie (“I wish I had a bottle / right here in my dirty face / to wear the scars / to show from where I came” – “j’aimerais me jetter une bouteille / dans ma sale gueule / pour porter les cicatrices / pour montrer d’où je viens”).

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