“When I was a kid I used to get fun out of my horrors.”

Eugene O’Neill (1888-1953) – Pochette de Kevin Carter (CD2)
Extrait du Premier homme

Eugene Gladstone O’Neill (16 octobre 1888 – 27 novembre 1953) est un dramaturge américain. Il a reçu le prix Nobel de littérature et le prix Pulitzer. Plus que n’importe quel autre dramaturge, O’Neill a introduit dans le théâtre américain un réalisme dramatique initié par Anton Tchekhov, Henrik Ibsen, et August Strindberg. Généralement ses écrits impliquent des personnages vivant en marge de la société, luttant pour maintenir leurs espoirs et aspirations, mais glissant finalement dans la désillusion et le désespoir. O’Neill explore les aspects les plus sombres de la condition humaine.

Son père était un comédien d’origine irlandaise James O’Neill ayant grandi dans la pauvreté. Sa mère, Ella Quinlan O’Neill, était la fille émotionnellement fragile d’un père fortuné décédé lorsqu’elle avait dix-sept ans. La mère d’O’Neill ne s’est jamais remise du décès de son deuxième fils, Edmund, mort de la rougeole à l’âge de deux ans. Elle est devenue dépendante à la morphine lors de la naissance difficile d’Eugene.

Même si O’Neill est né dans une chambre d’un hôtel de Broadway, à New York, son existence est intimement liée à la ville de New London dans le Connecticut. Sa famille possédait en effet une propriété dans cette ville avant sa naissance. Avant d’y vivre à l’année, la famille l’utilisait comme résidence d’été. En raison de la profession de son père, Eugene a passé ses premières années dans les coulisses des théâtres et dans les trains à bord desquels sa famille se déplaçait d’une ville à l’autre. A l’âge de sept ans, O’Neill est envoyé dans un internat catholique où il trouve sa seule consolation dans les livres.

Après avoir été suspendu de l’université de Princeton, il passe plusieurs années en tant que marin, pendant lesquelles il souffre de dépression et d’alcoolisme. Ses parents ainsi que son frère aîné Jamie (qui boit jusqu’à en mourir à l’âge de 45 ans) sont décédés à moins de trois ans d’intervalle. O’Neill se tourne alors vers l’écriture comme forme d’évasion.

Tandis qu’il s’associe à une troupe de théâtre amateurs, les “Provincetown Players”, où plusieurs de ses premières pièces sont jouées par ce groupe d’acteurs et dramaturges. O’Neill est également employé par le New London Telegraph, et écrit ses sept ou huit premières pièces. Il décide de se dévouer à l’écriture de pièces à plein-temps après son expérience chez Gaylord Farms Sanatorium, où il est contaminé par la tuberculose. Pendant les années 1910 O’Neill est un habitué de la scène littéraire de Greenwich Village, où il devient ami avec beaucoup de radicaux, le plus notable étant John Reed, fondateur du Communist Party USA. Dans le même temps, O’Neill a une relation romantique avec la femme de Reed, l’écrivain Louise Bryant. O’Neill a d’ailleurs été dépeint par Jack Nicholson dans le film de 1981, Reds, sur la vie de John Reed, où il sert de voix à l’anti-communisme et à la “sobriété” dans le film.

En 1929 O’Neill déménage en vallée de la Loire, où il vit dans le Château du Plessis à Saint-Antoine-du-Rocher, Indre-et-Loire. Puis se déplace en 1937 à Danville, en Californie et y a vécu jusqu’en 1944. Sa maison, connu sous le nom de Tao House, est aujourd’hui un musée, le “Eugene O’Neill National Historic Site”.

La première représentation d’une pièce d’O’Neill, Beyond the Horizon, à Broadway en 1920 est suivie d’une acclamation, et reçoit le Prix Pulitzer pour son drame. Ses pièces les plus connues sont Desire Under the ElmsStrange Interlude pour laquelle il remporte un second prix PulitzerLe deuil sied à Électre, et sa seule comédie Ah, Wilderness!, une mélancolique réécriture de l’enfance qu’il aurait souhaitée. En 1936, il reçoit le prix Nobel de littérature. Après une pause d’une dizaine d’années, O’Neill écrit The Iceman Cometh, pièce qui connaîtra un succès immédiat. L’année suivante A Moon for the Misbegotten est un échec. Cette pièce ne sera reconnue comme étant sa meilleure œuvre qu’une décennie plus tard.

L’actrice Carlotta Monterey est la troisième épouse d’O’Neill. Bien que durant les premières années de leur mariage, elle ait organisé sa vie, lui permettant de se consacrer à l’écriture, elle est devenue plus tard intoxiquée au bromure de potassium le mariage s’est détérioré, ayant pour cause un certain nombre de séparations. O’Neill au sujet de sa femme s’est toujours plaint de sa cuisine, en maintenant que la seule chose qu’elle ait su faire était du pain de maïs au chili (“chili with cornbread”).

En 1943 O’Neill désavoue sa fille Oona, issue de sa seconde épouse Agnes Boulton (1891-1968), pour s’être mariée le 16 juin 1943 à l’acteur-réalisateur-producteur Charlie Chaplin alors qu’elle n’a que 17 ans et lui 54. Il ne l’a jamais revue. Malgré la différence d’âge, ils ont eu huit enfants.

Il a pris également ses distances avec ses fils, Eugene O’Neill Jr., spécialiste des lettres classiques de Yale qui souffrait d’alcoolisme, et s’est suicidé en 1950 à l’âge de 40 ans, et Shane O’Neill, souffrant d’addiction à l’héroïne qui s’est suicidé lui aussi.

Après avoir souffert de multiples problèmes de santé (alcoolisme y compris) pendant de nombreuses années, O’Neill a finalement fait face à ce qui ressemble à la maladie de Parkinson, avec des tremblements dans les mains qui lui ont rendu impossible l’écriture pendant les dix dernières années de sa vie. Il a essayé la dictée mais s’est trouvé incapable de composer de cette façon.

O’Neill est mort à l’âge de 65 ans, à un stade avancé de la maladie de Parkinson, dans la chambre 401 de l’hôtel Sheraton de Boston, le 27 novembre 1953. Le bâtiment est à présent un dortoir du Shelton Hall de l’université de Boston. O’Neill est enterré dans le Forest Hills Cemetery à Jamaica Plain, Massachusetts.

Bien que ses instructions écrites stipulent que ses œuvres ne deviennent pas publiques durant les 25 ans suivant sa mort, Carolott a arrangé en 1956 son chef-d’œuvre autobiographique Long Day’s Journey Into Night pour la publication. Cette pièce a remporté immédiatement un immense succès critique ; elle est à présent considérée comme sa plus belle pièce. D’autres œuvres publiées après sa mort incluent A Touch of the Poet (1957) et More Stately Mansions (1967).

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