NME – 1er janvier 2011 : Les 100 Meilleurs Albums que nous n’avez jamais entendus

Peut-être était-ce le mauvais endroit, le mauvais moment ; peut-être qu’il ont été éclipsé par l’œuvre la plus célébrée de ses créateurs ; peu importe la raison, ce sont les disques qui languissent au fond des collections de disques, aimés par très peu… jusqu’à maintenant. Avec un peu d’aide de BEAUCOUP de vos musiciens préférés, voici les secrets les mieux gardés de la musique. Bonne écoute !

30-39 par les Manic Street Preachers

LES CINQ DE NICKY WIRE

McCarthy I Am A Waller (1987)
Pour moi, c’est le meilleur album politique qu’il soit. Tous les titres de chansons sont excellents. Il y en a un, Antinature, qui Richey trouvait magnifique – il a écrit une chanson nommée Anti-Love après ça (qui n’a jamais vu la lumière du jour !). Ils étaient mis dans le même sac que C86, mais c’était le seul groupe C86 marxiste et communiste, vraiment ! Cet album est un de mes vinyles les plus usés. Il est très d’actualité aussi, parce que c’est une telle dissection de ce qu’on vit aujourd’hui en termes d’institutions financières. J’y reviens toujours quand je pense être trop avide moi-même. Je les aime tellement que le deuxième prénom de mon fils est McCarthy.

The Prisoners Thewisermiserdemelza (1983)
Les Prisoners sont compliqués parce que leur catalogue est un tel bordel, mais si je dois choisir, je prendrais celui-là. Parfois c’est presque trop mod, c’est un peu daté, mais il y a juste quelque chose de vraiment pur chez eux. Sur cet album en particulier, il y a une chanson intitulée Hurricane qui est étonnante ; The Dream Is Gone est toujours un disque que j’écoute des millions de fois par an ;  et Coming Home a les meilleures parties de batterie au monde. Ils avaient James Taylor à l’Hammond, l’un des meilleurs joueurs de Hammond de tous les temps. Ils ne se pliaient à aucune règle. S’ils avaient été là dans les années 1960, ils auraient été énormes.

60ft Dolls The Big 3 (1996)
Juste parce qu’ils étaient vraiment fous à lier. Ils venaient de Newport et quand ils sont arrivés, on en était à notre troisième ou quatrième disque, et ils nous ont vraiment engueulés dans la presse en disant qu’ils allaient nous descendre. J’admirais juste leur bravade. Je reviens toujours beaucoup à cet album, parce qu’il y a quelque chose dedans qui est intrépide. Ils avaient un morceau qui s’appelait Hair qui était très doux et sentimental que je pense aurait pu être un tube immense s’ils l’avaient fait correctement. J’ai entendu une version qui a été faite au Big Noise Studio où on a fait The Holy Bible et c’était génial, mais c’était une des celles-là qui étaient merdiques une fois faites correctement. Celle qui s’est sauvée, en fait.

Cluster Zuckerzeit (1974)
Je suis fasciné et obsédé par toute l’époque krautrock, comment tant de créativité peut venir d’une idée. Et la manière dont tant de groupes peuvent se scinder – de Neu! à Cluster en passant par Harmonia – mais tous sonnent différemment. On peut voir pourquoi Bowie écoutait tant de ce truc au milieu des années 1970. Il y a un morceau dessus qui s’appelle Caramel que je pense Damon Albarn a pu chiper pour le morceau de Blur du même nom sur 13. Tant de percussions qu’on peut entendre sur n’importe quoi de Warp Records, mais le génie de ça, c’est que tout est fait de manière organique, avec les gens qui s’amusent avec des boîtes et des fils.

The Cardigans Long Gone Before Daylight (2003)
Il a eu un impact énorme sur nous tous quand il est sorti. La minute où moi, James et Sean on a entendu le premier single For What it’s Worth, on s’est tous appelés en cinq minutes et on a juste pensé que ce qu’on essayait de faire sur Lifeblood était un échec total. Ce n’était pas un succès commercial pour eux, ce que je trouve renversant. Je suis un grand fan des paroles de Nina Persson – You Are The Storm est étonnante, A Good Horse est excellente, Lead Me Into The Night me fait pleurer à chaque fois que je l’entend. Il y a quelque chose de profondément spirituel sur ce disque qui est déchirant.

LES CINQ DE JAMES DEAN BRADFIELD

Thomas Dolby The Flat Earth (1984)
C’était Sean qui m’a présenté celui-ci quand on avait 13/14 ans. J’étais en pleine phase indée/Clash à ce moment, mais il n’arrêtait pas de l’écouter en boucle. C’était une des premières fois que j’entendais un album sur lequel quelqu’un avait une vague idée et était juste engagé à elle. Les gens n’arrêtent pas de dire combien ils veulent “être comme une BO”, mais ce gars le faisait vraiment, d’une manière vigoureuse et engagée, plutôt que simplement en parler. C’est un album qui est absolument perdu au milieu d’une jungle d’un autre monde, et non un disque qu’un Anglais comme Thomas Dolby aurait dû faire.

Simple Minds Reel To Real Cacophony (1979)
Le changement par lequel Simple Minds est passé de leur premier album à celui-ci est aussi surprenant que n’importe quel groupe. La version de Life In A Day de Simple Minds était une version acceptable de post-punk, ces morveux de Glasgow. Mais cet album est complètement mêlé à Neu!, Faust, Cluster, Kraftwerk, Station To Station… et pourtant il sonne complètement naturel. Ils n’ont jamais été reconnu comme l’un des groupes britanniques les plus inventifs et cet album est toujours oublié. Les gens aujourd’hui les voient comme ce monstre rock, mais ils étaient bien plus que ça.

ABC Beauty Stab (1983)
J’étais obsédé par cet album, et je ne sais pas pourquoi. C’est le successeur de Lexicon Of Love que tout le monde connait et aime, et il a fait un flop. Il y avait une chronique dont je me souviens qui disait “Ne vous attendez pas à aimer cet album”, ce qui m’a attiré, et puis la pochette, qui est un taureau et un matador, m’a attiré encore plus. Et quand j’ai écouté, j’ai juste pensé que c’était l’un des mélanges les plus parfaits de sensibilité pop et de rock, ce qui est le truc le plus difficile à faire. On peut entendre qu’il y a quelque chose dans ce groupe où ils font “Tu sais quoi ? Je veux juste faire ça une fois dans ma vie. J’ai tout contenu en moi, et je veux juste faire ça une fois et voir si les gens aiment”.

Jeffrey Lee Pierce Wildweed (1985)
Il y avait quelque chose d’éminemment réel chez le Gun Club – tu savais que c’était la vraie Americana. C’était foiré, c’était au bord de l’effondrement tout le temps, mais ils ont réussi à l’exploiter dans la musique. Alors quand j’ai lu que Jeffrey Lee Pierce faisait un album solo et que c’était un exploit de production, j’étais intrigué. Mais c’est juste un mélange parfait de valeurs de grande production et de sensibilité swamp rock. La production est un peu datée aujourd’hui, mais il est toujours aussi excellent, putain ! Je déteste l’idée de gens comme les Kings Of Leon or Fleet Foxes qui ne connaissent pas cet album, parce qu’il fait partie de leur héritage.

The Bodines Played (1987)
Ils étaient sur la cassette originale du NME C86 avec Therese, qui est l’un des singles d’indie-pop de tous les temps. Elle ressortait du lot. On pouvait dire que ce groupe avait un peu plus d’ambition que tout les autres groupes indés. Le chanteur, Michael Ryan, avait des grosses lèvres et une mèche parfaite – il y avait quelque chose qui se passait là. On pouvait voire qu’ils y allaient vraiment, qu’ils voulaient être énormes. Et ce n’est pas arrivé, mais cet album, son ambition, m’a juste attiré avec Nicky, Richey et Sean. En 1985/1986, pour des vrais mômes indés avoir l’ambition de vouloir percer dans la scène du NME était assez courageux. Ils le voulaient vraiment, ils n’y sont pas arrivés. Mais cet album ne compte pas moins pour autant.

Traduction – 17 mai 2011

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