NME – 20 juillet 1991 : Manic Street Preachers – Suicide rock’n’roll

Aucun autre groupe aujourd’hui n’est au centre de tant de controverse que les Manic Street Preachers. Même sans tube, ils ont été tour à tour injuriés, célébrés, détestés, aimés, rejetés comme des arrogants, des pathétiques et des tailladeurs de bras qui rappellent les jours idiots du punk railleur et simultanément loués comme alternative combative de l’hédonisme mancunien et la rêverie dream-pop de la Scene Qui Se Célèbre, qu’ils détestent comme on pouvait le prévoir.

Avec leur premier disque sur une major, Stay Beautiful, prêt à sortir, Simon Reynolds parle à un groupe dont la détermination à devenir des mythes du rock est voué à l’échec glorieux même s’ils réalisent leur ambition immédiate de vendre plus de disques que les Guns N’ Roses. Non pas qu’ils s’en fichent, non plus. “On n’a seulement autant de haine et de colère une seule fois, vraiment”, annoncent-il d’un ton provocant.

Pouvez-vous la sentir ? Cette paralysie progressive qui accompagne chaque avance dans l’accumulation obèse de la “bonne musique”, un glissement qui suinte dans la bourbe de l’éclectisme. Ne ressentez-vous pas ce besoin de purger qui monte comme la bile au fond de votre gorge ? Et voici les Manic Street Preachers, les rockeurs boulimiques. Tous les autres groupes d’aujourd’hui veulent broder un coin de la “riche tapisserie du rock” (copyright : J Burchill) ; tous les autres groupes sont fiers d’être le flambeau d’un passé vénéré vers un avenir reconnaissant. Les Manic Street Preachers sont des post-modernistes aussi, mais fixés sur les Années Zéro d’antan, des bords apocalyptiques quand le rock’n’roll semblait à la fois mourir et renaître.

Peut-être sont-ils des rêveurs nostalgiques qui essaient de reraconter la Grande Histoire du Rock en date (et d’avoir la bonne fin cette fois-ci). Peut-être qu’ils ne sont pas mieux que les Teddy Boys, ou plus vraisemblablement ils ont simplement regardé la génération à l’esprit baggy, reconnu que les Happy Mondays et The Farm reflètent parfaitement l’époque, et décide que si être contemporain, c’était cela, alors ils préféreraient être décalés. Dans tous les cas – et mettant de côté pour le moment les mérites de la musique – personne n’incite plus de spéculation provocatrice en ce moment. Le fantôme du punk, incarné par ces quatre Gallois, doit être apaisé ; son reproche, au-delà de la tombe, mérite au moins une riposte considérée.

Parce que tant les détestent malgré le fait qu’il serait plus facile et cruel de les ignorer. Parce qu’à l’époque du bafouillage muet et des compliments pseudo-mystiques sans contenu no contexte, c’est un groupe à qui parler et dont on doit parler. À cause du pur intellect impliqué (Nietzsche, le situationnisme, Camus, Kierkegaard, et plus). Parce que juste quand nous sommes confortablement immergés dans la splendeur diverse de “notre musique”, voici un groupe qui remet des concepts inmentionnables comme “l’ennui”, la “rage”, le « “dégoût” à l’ordre du jour.

Tout cela explique pourquoi je me retrouve dans la retraite la plus sombre du Surrey où les Manic Street Preachers répètent une tournée et mettent en démo leur premier et dernier LP. Tandis que le chanteur James Dean Bradfield et le batteur Sean Moore (le cœur rythmique du groupe) travaillent d’arrache-pied à quelques étages en-dessous, Nicky Wire et Richey Edwards (le cerveau et la beauté) déploient leur tourbillon vertigineux de contradictions (naïveté et calculs, idéalisme et cynisme, exhibitionnisme et timidité). Au lieu des grandes gueules tapageuses que j’avais anticipées, c’est un duo attachant – franc, charmant, incroyablement intelligent. Même leurs dénigrements les plus sulfurique de leurs pairs semblent mutins avec ses accents gallois mélodieux.

* * *

Les Manic Street Preachers avaient l’habitude de se définir contre l’hédonisme rustre des groupes post-Mondays, avec leur poursuite stupide des coups et leur retraite de la politique des classes. Mais aujourd’hui, ils trouvent la nouvelle esthétique, l’anti-position rock pour le rock des groupes de la vallée de Tamise/Scène Qui Se Célèbre – Ride, Slowdive, Chapterhouse, Moose – encore plus ignoble.

“Tous ces groupes sont instruits et de la classe moyenne, mais tout ce qu’ils ont à dire, c’est On ne veut rien dire, déblatère Richey. Une grande partie de ces groupes sont aussi enveloppés dans la musicalité que les supergroupes des années 1970. Il y a tant d’emphase sur les pédales et obtenir le bon son”.

Nick : “C’est infirmant, il n’y a nulle part où aller avec à part sa chambre. On a fait ça toute notre vie, c’est la dernière chose qu’on veuille faire. C’est une esthétique de tout rayer de la carte”.

J’aime une grande partie des groupes qu’ils détestent ; je sais que le nouvel EP magnifique de Slowdive est une avance là où le nouveau Manics est une retraite. Mais d’une certaine manière, j’obtiens plus de choses de Stay Beautiful que de n’importe quel son somptueux d’aujourd’hui. Peut-être est-il temps d’un retour à l’idée qu’il y a plus dans le rock que simplement de la musique. Peut-être est-il temps de commencer à réutiliser des mots comme décadence. Mais alors, encore une fois, n’est-ce pas les vrais critères pour savoir si un groupe apporte un peu plus de beauté dans le monde ? Les Manics ne le pensent pas : apporter plus de beauté dans un monde laid n’a pas de valeur, tandis que refléter la laideur et essayer de la rectifier l’est. Ils n’ont aucun intérêt à étendre les frontières du son ; ils nient la validité de la fuite ou du septième ciel. Pour eux, c’est juste une version de la classe moyenne de la culture de la consolation.

“Là d’où on vient, c’est ce que tout le monde faisait tout le temps. Tout le monde est esclave du travail ou du chômage, et tout les soirs, tu te soûles la tronche”.

Le snobisme bourbeux et inverti des prolos post-Manchester, le calme mou et apolitique des dreampoppeux – tout est autant exaspérant et sans importance pour les Manics.

Nicky : “Là d’où nous venons au Pays de Galles, c’est très classe ouvrière, mais il y a une tradition de s’améliorer. Nos parents n’ont jamais voulu qu’on descende dans la mine. L’auto-éducation est une chose vraiment grosse. L’éthique de travail est juste massive”.

Les Manic Street Preachers sont auto-éduqués. Le milieu du groupe était aussi claustrophobe et intense que possible, de vrais frères de sang, quatre garçons contre le monde. Ils se connaissent depuis la primaire. Sean s’est installé chez James après la séparation de ses parents, partageant des lits superposés dans une minuscule chambre. C’est devenu le QG des proto-Preachers. Année après année, jour après jour, ils ont couvé ensemble, dévorant fébrilement la presse musicale, les livres, les vidéos, les disques, mettant la main sur chaque petit stimulus qu’ils pouvaient trouver.

“Les gens nous accusent d’avoir vécu par procuration au travers des idées des autres. Les Londoniens ne semblent pas comprendre que dans la plupart des régions d’Angleterre, c’est tout ce qu’on a : les journaux musicaux et la pop”.

Durant le milieu de leur adolescence/des années 1980, ils ont découvert les Pistols ; depuis lors, ils cherchent désespérément quelque chose qui a autant d’impact. Pendant un moment, ils ont aimé Gang Of Four et Big Flame, pour les paroles et l’attitude, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que la musique aliénait trop de gens. Pendant les six premiers mois, ils ont adoré les Smiths, “jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il n’y avait aucun intérêt à se tenir sur scène à dire que la vie, ça fait mal”.

Pendant des années, les garçons ont acheté les disques sur lesquels les journaux s’extasiaient, ont parcouru des distances considérables pour voir des groupes sur scène, devant souvent dormir sous des ponts après avoir manqué le dernier train – mais invariablement, ils étaient brutalement déçus.

Les dernières années ont été un désert aride, selon les Manics. Ils ont brièvement nourri de grands espoirs dans les Stone Roses, après que la première une du MM ait laissé l’impression que les Roses étaient des guerriers des classes. À part cela, ils se sont tournés vers les États-Unis, tirant leur inspiration de Public Enemy (le style, la rage) et les Guns N’Roses (le fait que le hard rock influencé par les Pistols pouvait toujours vendre 16 millions d’albums). Et ainsi ils ont couvé leur plan directeur, espérant devenir le groupe dont ils avaient maladivement besoin : la politique radicale croisée aux riffs du rock traditionnel avec le charme glam.

Nés dans l’épreuve du discours du rock, dans un sens les Manics n’existent que dans les pages de la presse musicale – en tant que catalyseur de la controverse, des infos affreuses, un point de référence. Les Manics prennent la préméditation des groupes manifestes précédents (Age Of Chance, les Sputniks) à un nouveau degré d’extrémité. Jusqu’ici tout avance à toute allure comme prévu : ils font la une de journaux, ont un contrat avec l’une des plus grosses majors du monde, Columbia/Sony, et le nouveau single a été poli avec un lustre commercial par l’ancien producteur de Wham!. Mais les Manics se sont posés si ridiculement en grandes cibles qu’ils sont pratiquement garantis d’échouer. Leur plan directeur est un pacte de suicide  : si l’album ne va pas au sommet des charts dans le monde entier et se vend plus que Appetite For Destruction, ce sont des bons à rien. Et s’il n’y arrive pas, ils abandonneront de toute façon.

Nicky : “Soit on vend des millions et des millions d’albums, ou on échoue avec servilité, on aura toujours dit tout ce qu’on a a dire dans un seul double album. On ne veut pas voir au delà de ça, parce qu’on traiterait ça comme une carrière. Si tu abandonnes tout quand tu es le plus grand groupe du monde, alors tu es obligé d’avoir du respect”.

Mais qu’allez-vous faire après ?

“Je suis toujours le plus heureux juste à vivre avec ma mère, mon père et mon chien. Regarder la télé et des trucs comme ça. C’est mon scénario parfait, quand je peux atteindre une certaine paix”.

“Pacte de suicide” semble être la bonne expression, parce que sous ce désir désespéré à devenir un mythe se trouve une sorte de désir de mort : être gelé pour l’éternité comme un geste immaculé, l’image du cool ultime. Quelle détermination, quelle merveilleuse myopie ! Ils consignent joyeusement le reste de leur vie à la poubelle, rejettent l’idée de croissance, la possibilité que dans trois ans, leurs idées pourraient être, devraient être, complètement différente : “Tu n’as cette haine et cette colère qu’une seule fois, vraiment”.

Et puis il y a la taillage de bras tristement célèbre de Richey. Selon eux, qu’est-ce qui est en jeu pour rendre ce geste digne de quelque chose ?

“On est complètement heureux que les gens nous détestent, mais quand tu as un journaliste qui devrait être dans des fanzines, qui dit qu’il ne croit pas qu’on veuille le dire et qu’on est juste une invention de manager, alors ça m’a tellement énervé que j’ai dû le faire. Ce gars ne pouvait concevoir que les gens pouvaient tellement être frustré et énervé qu’ils sont prêts à se blesser”.

Les photos du bras de Richey vont être la base de la campagne de marketing de Columbia aux États-Unis. Mais les Manics disent qu’ils sont prêts à être utilisés. Merveilleusement mélangés, ils parlent de “contrôle total” une minute et d’être “des putains inutiles” l’autre. Mais aux dires de tous, ils sont incroyablement organisés : ils envoient à leur manager un flot stable de plans et de propositions, tandis que Columbia disent qu’ils n’ont jamais rencontré de groupe qui savait si clairement ce qu’ils veulent.

Ce qu’ils veulent, c’est un tube dans le Top 40 : Stay Beautiful pourrait le leur donner. Le nouveau single est le premier disque des Manics qui est convaincant dans leurs propres termes rétro. C’est une salve bizarre mais enivrante de combat rock qui sonne plutôt rafraîchissant à l’âge de la musique de meuble.

Et Stay Beautiful et sa face B R.P. McMurphy possèdent tous les deux un romantisme languissant qui suggère pour la première fois qu’il y a une âme sous la critique situationniste. Les chansons des Manics sont trop souvent des collages de slogans qui ne passent que brièvement dans la poésie : sur Stay Beautiful, je pense entendre la ligne “All we love is lonely records”, mais j’apprends plus tard que c’est “lonely wreckage”. R.P. McMurphy, lamentation électro-acoustique, lasse du monde et nostalgique, est inspiré par le personnage de Jack Nicholson dans Vol au dessus d’un nid de coucou, et en particulier ce moment où il essaie de lever le lavabo.

Idéalement, la politique d’insurrection des Manics seraient mariées au futurisme tapageur des Young gods ; ou du moins, elle devrait être emmenée par un train d’atterrissage rythmique moderne comme EMF. Peut-être s’ils se mettent à travailler avec Hank Schocklee de Public Enemy, ils y arriveront. Mais les adolescents britanniques ne vont pas s’extasier sur leurs petits rythmes de rock traditionnel, dont le charme aujourd’hui est limité aux vétérans punks. Oh, et les Américains, bien sûr.

“Ultimativement, on pense juste que le rock est la seule toile de fond musicale qu’on peut avoir, parce que c’est la plus populaire, se défend Richey. La maison de disques américaine est vraiment partante pour qu’on sorte des disques là-bas. Quand ils parlent de nous, ce n’est pas comme s’ils voulaient qu’on aille sur la côte est et renverser la scène des college radios, ils parlent de nous allant dans le mid-West, le cœur du rock. Ce qui est là où on a toujours voulait avoir de l’impact, parce que c’est ce qui a de plus près de notre expérience de petite ville du Sud du Pays de Galles”.

* * *

Les Manic Street Preachers croient en l’énergie, dans une époque où l’esthétique rock dominante est liée avec l’espace (l’espace de rêve, l’étendue de son). Ils n’ont aucun intérêt à écouter Can, détestent l’idée de Levitation au retour du prog rock. Et les Manics croient à la résurrection du concept le plus métaphysique et intangible du rock : la jeunesse. Stay Beautiful parle de s’accrocher à son sens de la possibilité totale et son “sentiment de gâchis”.

“Le seul moment où tu as vraiment une chance de faire quelque chose, c’est quand tu es jeune, avance Nick. Tu es vraiment libre, parce que tu n’as pas du tout de responsabilités. À l’école, il y a toujours des malades d’un certain âge qui se rebelleront contre tout. Ces gens sont vraiment comme la vraie anarchie. Ils feront juste n’importe quoi pour détruire l’école, qui est presque une prison pour eux”.

“La jeunesse n’est pas compromise par les attaches, être jeune n’enlève pas la terrible lucidité de ton désespoir, rien n’assombrit la clarté de ton mépris.

“À un certain âge, ta pensé est apprêtée, tu n’est bon à rien. Quand tu es marié et que tu as un bébé, tu as des responsabilités, tu ne peux te consacrer à la révolte. Tu dois te résigner à faire avec”.

SEX…

On peut voir où ils veulent en venir, dans une certaine mesure : il y a tant à nier – la mort vivant de la consommation, la nécrophilie culturelle, la médiocrité. Mais ils ne pensent pas qu’il y ait tant à affirmer, aussi : la merveille d’être vivant, la nature, l’amour. De manière révélatrice, les Manics se plaignent des groupes qui n’écrivent que des chansons d’amour. Ne croient-ils pas que l’amour est la grande force rédemptrice et transfigurante ? N’ont-ils jamais été amoureux ? Ils secouent la tête. Essayez-le, je dis, comme un arriviste.

Richey : “Une fois que tu tombes amoureux, ou fais tomber ta copine enceinte, ou tombe dans le crédit, tu n’as aucune chance, tu as des responsabilités. En aucun cas tu peux faire quelque chose. Une fois que tu es réduit à un couple, seuls, ensemble entre vos quatre murs devant la télé, tu es coupé”.

C’est presque comme si ils redoutaient le confort, voyaient le spectre du bonheur amoureux comme quelque chose qui nuirait à leur détermination. De manière étonnante, à l’âge de 23 ans, Richey déclare n’avoir jamais eu de relation, et n’avoir perdu sa virginité il n’y a que six mois : “Le sexe n’a juste jamais semblé important”. Nicky (21 ans) a brièvement eu une copine, “mais ça faisait un peu peur”. De tous les Manics, c’est Sean qui est le Charlie Watts du groupe, ayant été stable depuis huit ans.

“À l’école, on aurait fait n’importe quoi pour avoir des copines”, dit Nicky, de manière déchirante. “On était juste chroniquement timides. Mais on n’est pas assez développés sur le plan émotionnel. On est trop méchants, trop obsédés”.

Mais et ces histoires affreuses de groupies ? Les Manics parlent de rencontres tellement sans âme comme si c’est leur devoir de rock stars d’être “utilisés”.

“De toute manière, les gens sous-estiment les femmes, ajoute Nicky. Elles sont plus sensibles que ça. Une grande partie veut juste parler du groupe, sans se bourrer la gueule et se faire baiser. On est prêts à faire tout, juste rester assis à parler de ce qu’on ressent et les chansons. On ne refusera jamais personne”.

C’est presque comme si ils voient l’amour comme l’opium du peuple de ce siècle, une couleur de rose qui obscure votre vision claire de l’horreur de tout cela. Être amoureux, c’est “juste quelqu’un pour partager ton ennui avec” est d’avis Richey ; Nicky ajoute “Je pense que je serais toujours plus heureux avec ma mère de toute manière”.

‘N’ DRUGS…

Au début, je pensais que les Manics essayaient de ressusciter l’éthique du punk de la consommation de drogue (les boosts d’ego et de QI comme le speed sont justes, les drogues de perte d’ego comme l’ecstasy ou le LSD sont merdiques). Mais même s’ils ont pris du speed pour nourrir leurs frénésies de lecture et d’écriture de lettres (“C’est vraiment asexué, ça t’aide à te concentrer”), les Manics clament qu’ils sont contre embrumer ton esprit. Nicky déclare qu’il n’a jamais touché rien d’autre que l’alcool, et dit qu’il voulait zigouiller le gars à une fête à Londres qui disait que son plus grand plaisir dans la vie était de donner aux gens de la bonne came.

“Les drogues rendent les gens juste plus gouvernables, dit Richey. La Politique de l’Extase est une très bonne lecture mais si tu regardes Timothy Leary aujourd’hui, c’est juste un légume”.

C’est pareil que leur attitude à l’amour : les Manics craignent la douce capitulation, le désir ardent de se mélanger. Il sont trop attachés à leur ego pour vouloir perdre la tête. À la place, leur trip, c’est la piquouse de rebelle rock de vénération/haine de soi. Ils sont accros au glamour de l’ALIÉNATION (être foiré, faire chier les autres).

‘N’ ROCK’N’ROLL

Pourtant ils savent que le rock ne peut jamais être à nouveau canalisé en une unité punk d’aliénation, tout est trop fragmenté. Ils sont sur une mission solo, tels des kamikaze.

“On veut juste tout enlever. Peut-être qu’après nous, la musique ne semblera pas aussi importante que vraiment changer le monde”.

Tout ce dont ils rêvent, c’est faire un geste gigantesque de répudiation. N’est-ce pas stérile ? La négation n’est-elle pas une impasse ?

“Non. Parce que la vie de la plupart des gens est complètement stérile de toute manière. Notre attitude est que la négation est toujours meilleure que la résignation”.

Mais ne pensez-vous pas que rendre les gens las de leur vie est bon jusqu’à un certain point, au delà duquel c’est sans intérêt. N’est-ce pas mieux de vous donner un peu d’espace, trouver de la joie ?

“C’est vraiment naïf, mais on croit vraiment que si tout le monde devenait conscient de sa réalité, les choses pourraient vraiment changer. Quand les gens arrêtent de chercher une signification au sport ou à la musique, alors les choses pourraient vraiment changer”.

Appelons-les des “vision-naires étroits”. Ils veulent vraiment le dire, mec. Juste adorables.

Le nouveau single des Manic Street Preachers, Stay Beautiful, sort le 29 juillet sur Columbia.

Traduction – 23 juin 2011

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