“I am a little man and this is a little town but there must be a spark in a little man that can burst into a flame.”

John Steinbeck (1902-1668) – Pochette de Australia (CD2)
Extrait de Lune noire

John Ernst Steinbeck, Jr. (27 février 1902 – 20 décembre 1968) était un écrivain américain. Il est connu principalement pour le roman lauréat du Prix Pulitzer les Raisins de la colère (1939) et à l’est d’Eden (1952) et la nouvelle des Souris et des Hommes (1937). c’est l’auteur de 27 livres, dont 16 romans, 6 livres de non-fiction et 5 recueils de nouvelles ; Steinbeck a reçu le prix Nobel de littérature en 1962.

John Ernst Steinbeck, Jr. est né le 27 février 1902 à Salinas en Californie. Il était d’origine allemande et irlandaise. Johann Adolf Großsteinbeck, le grand-père paternel de Steinbeck, avait raccourci le nom de famille à Steinbeck quand il a immigré aux États-Unis. La ferme familiale à Heiligenhaus en Allemagne est toujours nommée aujourd’hui “Großsteinbeck”.

Son père, John Ernst Steinbeck, a servi comme trésorier du comté de Montery. La mère de John, Olive Hamilton, ancienne institutrice, partageait la passion de Steinbeck de lire et d’écrire. Steinbeck vivait dans une petite ville rurale qui était essentiellement un camp de frontière, installé sur la terre la plus fertile au monde. Il a passé ses étés à travailler dans des ranchs voisins et plus tard avec des travailleurs immigrés dans le ranch de Spreckels. Il a ainsi connu les aspects les plus durs de la vie d’immigré et le côté plus sombre de la nature humain, qui est exprimé dans des œuvres telles que des Souris et des hommes. Il a aussi exploré son environnement, marchant dans des forêts, des champs et des fermes locaux.

En 1919, Steinbeck a été diplômé de Salinas High School et est allé à la Stanford University par intermittence jusqu’en 1925, abandonnant sans passer son diplôme. Il est allé à New York et a eu des petits boulots tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Quand il n’a pas réussi à faire publier son œuvre, il est retourné en Californie et a travaillé un temps en 1928 comme guide touristique et soigneur dans l’incubateur de poisson à Tahoe City, où il rencontrera la touriste Carol Henning, sa future première femme. Steinbeck et Henning se sont mariés en janvier 1930.

Durant la majeure partie de la Grande Dépression et son mariage avec Carol, Steinbeck a vécu dans un cottage qui appartenait à son père à Pacific Grove en Californie, sur la péninsule de Monterey à quelques pâtés de maisons de la périphérie de la ville de Monterey en Californie. Steinbeck Senior lui a donné le logement gratuitement, avec du papier pour ses manuscrits et des prêts critiques au début de l’année 1928, ce qui a permis à Steinbeck d’abandonner un travail à San Francisco pour se concentrer sur son art.

Après la publication de son roman de MontereyTortilla Flat en 1935, son premier succès romancier clair, les Steinbeck ont émergé d’une pauvreté relative et ont construit un ranch d’été à Los Gatos. En 1940, Steinbeck est parti en voyage dans le Golfe de California avec son ami influent Ed Ricketts pour collecter des spécimens biologiques. Dans la mer de Cortez décrit ses expériences. Bien que Carol ait accompagné Steinbeck durant ce voyage, leur mariage commençait à souffrir à ce moment, et se finira effectivement en 1941, quand Steinbeck travaillait sur le manuscrit du livre.

En 1942, le divorce de Steinbeck d’avec Carol est devenu final et le même mois, il a épousé Gwyndolyn “Gwyn” Conger. Steinbeck n’a eu des enfants qu’avec sa seconde épouse – Thomas (“Thom”) Myles Steinbeck né en 1944 et John Steinbeck IV (1946-1991).

En 1943, Steinbeck a servi comme correspondant de guerre durant la seconde guerre mondiale. Steinbeck a accompagné les raids des commandos du programme Beach Jumpers de Douglas Fairbanks Jr, qui ont lancé des opérations de diversion de petites unités contre des îles tenues par les Allemands dans la Méditerranée. En 1944, blessé par une explosion proche de munitions en Afrique du Nord, l’auteur las de la guerre a démissionné et est retourné chez lui.

En 1947, Steinbeck a été pour la première de ses nombreuses fois en Union soviétique, cette fois avec le photographe renommé Robert Capa. Ils ont visité Moscou, Kiev, Tbilisi, Batumi et Stalingrad, devenant les premiers occidentaux à visiter de nombreuses régions de l’URSS depuis la révolution communiste. Le livre de Steinbeck à propos de leurs expériences, A Russian Journal, a été illustré par des photos de Capa. En 1948, l’année où a été publié le livre, Steinbeck a été élu à l’Académie américaine des arts et lettres.

En mai 1948, Steinbeck est allé en Californie en urgence pour aller au chevet de son ami proche Ed Ricketts, qui avait été gravement blessé quand sa voiture a été frappée par un train. Ricketts est décédé quelques heures avant l’arrivée de Steinbeck. En revenant chez lui, Steinbeck a été confronté par Gwyn, qui lui a dit qu’elle voulait divorcer pour diverses raisons liées à l’éloignement. Elle n’a pu être dissuadée et le divorce a été signé en août de cette même année. Steinbeck a passé l’année qui a suivit la mort de Ricketts en profonde dépression, de son propre aveu.

En juin 1949, Steinbeck a rencontré la régisseuse Elaine Scott dans un restaurant de Carmel en Californie. Steinbeck et Scott ont finalement commencé une relation et en décembre 1950, Steinbeck et Scott se sont mariés, à peine une semaine après la finalisation du divorce de Scott d’avec l’acteur Zachary Scott. Ce troisième mariage pour Steinbeck a duré jusqu’à sa mort en 1968.

En 1966, Steinbeck est allé à Tel Aviv visiter le site de Mount Hope, communauté fermière établie en Israël par son grand-père, dont le frère, Friedrich Grossteinbeck, a été assassiné par des maraudeurs arabes en 1858.

John Steinbeck est décédé à New York le 20 décembre 1968 d’une maladie cardiaque. Il avait 66 ans, et avait fumé durant presque toute sa vie. Une autopsie a démontré une occlusion complète des principales artères coronaires.

Selon ses souhaits, son corps a été incinéré, et une urne contenant ses cendres a été finalement enterrée (le 4 mars 1969) dans le tombeau familial de Hamilton dans le Jardin des Souvenirs du parc mémorial de Salinas, avec celles de ses parents et grand-parents maternels. Sa troisième femme, Elaine, a été enterrée à cet endroit en 2004. Il avait auparavant écrit à son médecin qu’il ressentait profondément “dans sa chair” qu’il ne survivrait pas à sa mort physique, et que la fin biologique de sa vie était sa dernière fin.

Le premier roman de Steinbeck, la Coupe d’or, publié en 1929, est fondé sur la vie du corsaire Henry Morgan. Il se centralise sur l’assaut et le pillage par Morgan de la ville de Panama, parfois nommée la “Coupe d’or”, et sur la femme, plus blonde que le soleil, qu’on aurait trouvée là-bas.

Après la Coupe d’or, entre 1931 et 1933, Steinbeck a produit trois œuvres plus courtes. Les Pâturages du ciel, publié en 1932, comprenait douze histoires liées à propos d’une vallée près de Monteray, qui a été découverte par un caporal chef espagnol qui pourchassait des esclaves indiens qui s’étaient enfui. En 1933, Steinbeck a publié le Poney rouge, une histoire de 100 pages en quatre chapitres qui mélangeaient des souvenirs de l’enfance de Steinbeck. Au dieu inconnu suit la vie d’un colon et sa famille en Californie, présentant un personnage qui voue un culte primaire et païen à la terre qu’il travaille.

Steinbeck a atteint son premier succès critique avec le roman Tortilla Flat (1935), qui a remporté la California Commonwealth Club’s Gold Medal. Le livre suit les aventures d’un groupe de jeunes sans classe et généralement sans abris à Monterey après la première guerre mondiale, juste avant la prohibition américaine. Les personnages, qui sont représentés en comparaison ironique des chevaliers mythiques sur une quête, rejettent pratiquement toutes les mœurs standards de la société américaine pour jouir d’une vie dissolue centrée autour du vin, de la luxure, de la camaraderie et du petit vol. Le livre a été adapté au cinéma sous le même nom en 1942, avec Spencer Tracy, Hedy Lamarr et John Garfield, ami de Steinbeck.

Steinbeck a commencé à écrire une série de “romans californiens” et de la fiction Dust Bowl, mettant en scène des inconnus durant la grande dépression. Ils incluaient En un combat douteux, des Souris et des hommes et les Raisins de la colère. Des Souris et des hommes, sur les rêves d’un duo d’ouvriers agricoles émigrés qui travaillent la terre californienne, a été acclamé par la critique.

L’adaptation sur les planches des Souris et des hommes a été un succès, avec Broderick Crawford dans le rôle de Lennie, l’ouvrier agricole itinérant physiquement puissant mais au mental d’un enfant, et Wallace Ford dans le rôle du compagnon de Lennie, “George”. Cependant, Steinbeck a refusé de se déplacer de sa maison en Californie pour voir une des performances durant son passage à New York, disant au metteur en scène George S. Kaufman que la pièce comme elle existait dans son esprit était “parfaite” et que tout ce qui était présenté sur scène ne serait qu’une déception. Steinbeck écrira deux autres pièces (Lune noire et Burning Bright).

Des Souris et des hommes a été rapidement adapté au cinéma d’Hollywood en 1939, dans lequel Lon Chaney Jr. (qui avait joué le rôle dans la production de la pièce à Los Angeles) a été casté pour le rôle de Lennie et Burgess Meredith dans le rôle de “George”. Steinbeck a suivi cette vague de succès avec les Raisins de la colère (1939), fondé sur des articles de journaux qu’il avait écrit à San Francisco. Le roman sera considéré par beaucoup comme sa meilleure œuvre. Il a remporté le Prix Pulitzer en 1940, même s’il a été adapté en film remarquable par John Ford, avec Henry Fonda dans le rôle de Tom Joad, qui a été nommé aux Oscars pour ce rôle.

Le succès du roman n’a pas été sans controverse. Les opinions politiques de Steinbeck sur le New Deal, le portrait négatif des aspects du capitalisme et la sympathie pour les difficultés des ouvriers, ont mené à des répercussions contre l’auteur, surtout près de chez lui. Clamant que le livre était à la fois obscène et représentait mal les conditions du comté, le conseil de surveillants du comté de Kern a interdit le livre des écoles et bibliothèques financées par le comté en août 1939. Cette interdiction a duré jusqu’en janvier 1941.

De la controverse, Steinbeck a écrit : “La diffamation de ma part ici des grands propriétaires et banquiers est assez mauvaise. La dernière est une rumeur qu’ils ont commencé que les Okies me détestent et qu’ils ont menacé de me tuer pour avoir menti sur eux. Je crains la force houleuse de cette sacrée chose. C’est complètement incontrôlable ; je veux dire une sorte d’hystérie sur le livre qui grandit, ce n’est pas sain”.

Les films adaptés des Raisins de la colère et des Souris et des hommes (par deux studios de cinéma différents) étaient simultanément en production, permettant à Steinbeck de passer une journée entière sur le tournage des Raisins de la Colère et le lendemain sur le tournage des Souris et des hommes.

Dans les années 1930 et 1940, Ed Ricketts a fortement influencé l’écriture de Steinbeck. Steinbeck faisait fréquemment des petits voyages avec Ricketts le long de la côte californienne pour donner à Steinbeck une petite pause dans ses écrits et pour recueillir des spécimens biologiques que Ricketts vendait pour vivre. Leur livre commun sur une expédition de recueil dans le golfe de Californie en 1940, qui était en partie récit de voyage et en partie histoire naturelle, publiée juste au moment où les États-Unis entraient dans la seconde guerre mondiale, n’a jamais trouvé son public et ne s’est pas bien vendu. Cependant, en 1951, Steinbeck a republié la partie narrative du livre sous le nom de Dans la mer de Cortez, sous son nom uniquement (bien que Ricketts en avait écrit des parties). Cette œuvre demeure en impression aujourd’hui.

Ricketts était le modèle de Steinbeck pour le personnage de “Doc” dans Rue de la Sardine (1945) et Tendre jeudi (1954), “Friend Ed” dans Burning Bright et de personnages dans En un combat douteux (1936) et les Raisins de la colère (1939). Les thèmes écologiques reviennent dans les romans de Steinbeck de cette période.

La relation proche de Steinbeck avec Ricketts s’est terminée en 1941 quand Steinbeck a déménagé de Pacific Grove et a divorcé de sa femme Carol. Le biographe de Ricketts, Eric Enno Tamm, note que, à part À l’est d’Eden (1952), l’écriture de Steinbeck a décliné après la mort intime de Ricketts en 1948.

Son roman Lune noire (1942), à propos de l’esprit de résistance inspiré de Socrate dans un village occupé en Europe du Nord, a été adapté au cinéma pratiquement immédiatement. On a présumé que le pays anonyme du roman était la Norvège et les occupants les Nazis, et en 1945 Steinbeck a reçu la croix de la liberté de Haakon VII pour ses contributions littéraires au mouvement de résistance norvégien.

En 1943, Steinbeck a servi comme correspondant de guerre durant la seconde guerre mondiale pour le New York Herald Tribune et a travaillé avec le Office of Strategic Services (prédécesseur de la CIA). C’était à cette époque qu’il est devenu ami avec Will Lang Jr. du magazine Time/Life. Durant la guerre, Steinbeck a accompagné les raids commando du programme des Beach Jumpers de Douglas Fairbanks Jr., qui lançaient des opérations de diversion de petites unités contre les îles tenues par les Allemands dans la Méditerranée. Certains de ses écrits de cette période ont été incorporés dans le documentaire Once There Was a War (1958).

Steinbeck est revenu de la guerre avec de nombreuses blessures d’éclats d’obus et un traumatisme psychologique. Il s’est soigné, comme toujours, par l’écriture. Il a écrit Lifeboat pour Alfred Hitchcock (1944) et le film A Medal for Benny (1945) avec le scénariste Jack Wagner à propos de paisanos de Tortilla Flat qui allaient en guerre. Il a plus tard demandé que son nom soit retiré du générique de Lifeboat parce qu’il croyait que la version finale du film avait des sous-entendus racistes. En 1944, souffrant de mal du pays de sa vie dans les années 1930 à Pacific Grove/Monterey, il a également écrit la rue de la Sardine (1945), qui est devenu si célèbre que la Ocean View Avenue à Monterey, le lieu du livre, a fini par être renommé Cannery Row (titre original du livre) en 1958.

Après la fin de la guerre, il a écrit la Perle (1947), sachant déjà qu’il serait adapté au cinéma. L’histoire est d’abord apparue dans le numéro de décembre 1945 du magazine Woman’s Home Companion sous le nom de The Pearl of the World. Il était illustré par John Alan Maxwell. Le roman est le récit imaginaire d’une histoire que Steinbeck avait entendue à La Paz en 1940, comme il le relate dans dans la Mer de Cortez, qu’il décrivait dans le chapitre 11 comme étant “tellement similaire à une parabole qu’elle ne pouvait exister”. Steinbeck est allé au Mexique pour le tournage avec Wagner qui a collaboré à l’écriture du scénario. Sur ce voyage, il sera inspiré par l’histoire de Emiliano Zapata, et a fini par écrite un scénario (Viva Zapata!) réalisé par Elia Kazan avec Marlon Brando et Anthony Quinn.

Steinbeck s’est marié pour la dernière fois en 1950. Peu après, il a commencé à travaillé sur à l’est d’Eden (1952), qu’il considérait comme sa meilleure œuvre.

En 1952, John Steinbeck est apparu comme le narrateur à l’écran du film de la 20th Century Fox, la Sarabande des pantins. Bien que Steinbeck a plus tard admis qu’il était mal à l’aise devant la caméra , il a donné des introductions intéressantes à plusieurs adaptations de nouvelles de l’auteur légendaire O. Henry. À peu près à la même époque, Steinbeck a enregistré des lectures de plusieurs de ses nouvelles pour Columbia Records ; malgré une certaine froideur, les enregistrements fournissent un enregistrement de la profonde voix résonnante de Steinbeck.

Après le succès de Viva Zapata!, Steinbeck a collaboré avec Kazan sur à l’est d’Eden, le premier film de James Dean.

Voyages avec Charley (sous-titre : À la recherche de l’Amérique) est un récit de son voyage sur les routes en 1960 avec son caniche Charley. Steinbeck pleure sa jeunesse perdue et ses racines, tout en offrant à la fois une critique et une louange de l’Amérique. Selon le fils de Steinbeck, Thom, Steinbeck est parti en voyage parce qu’il savait qu’il mourrait et voulait voir le pays une dernière fois.

Le dernier roman de Steinbeck, L’Hiver de notre mécontentement (1961), examine le déclin moral aux États-Unis. Le protagoniste Ethan se désenchante de son propre déclin moral et de ceux qui l’entourent. Le livre possède un ton très différent de la position amorale et écologique de Steinbeck dans des œuvres plus anciennes comme Tortilla Flat et la Rue de la sardine. De nombreuses critique ont reconnu l’importance du roman mais ont été déçus que ce ne soit pas un autre Raisins de la colère.

Apparemment interloqué non seulement par la réception critique de son roman, mais aussi par le tollé critique quand il a reçu le prix Nobel de littérature en 1962. Steinbeck ne publiera plus de fiction pendant les six années qui ont précédé sa mort.

En 1962, Steinbeck a remporte le prix Nobel de littérature pour son “écriture réaliste et imaginative, combinant comme il se doit humour sympathique et perception sociale vive”. Le jour de l’annonce (25 octobre) quand un reporter lui a demandé lors d’une conférence de presse via son éditeur, s’il pensait mériter le Nobel, il a répondu : “Franchement, non”. Dans son discours d’acception plus tard la même année à Stockholm, il a dit :

L’écrivain est délégué à déclarer et célébrer la capacité prouvée de l’homme pour la grandeur de cœur et d’esprit – pour la galanterie dans la défaite, pour le courage, la compassion et l’amour. Dans la guerre sans fin contre la faiblesse et le désespoir, ce sont des drapeaux de ralliement d’espoir et d’émulation. Je pense qu’un écrivain ne croit pas dans le parfait de l’homme n’a aucune vocation ni adhésion à la littérature.

Il a également dit dans son discours “L’homme lui-même est devenu notre plus grand danger et notre seul espoir. Ainsi, aujourd’hui, on peut bien paraphrasé Jean l’Apôtre : À la fin se trouve la Parole et la Parole est l’Homme – et la Parole est avec les Hommes”.

Bien que modeste sur son propre talent d’écrivain, Steinbeck parlait ouvertement de sa propre admiration de certains écrivains. En 1953, il a écrit qu’il considérait le dessinateur Al Capp, créateur du satirique Li’l Abner, “possiblement le meilleur écrivain au monde aujourd’hui”. Lors de sa première conférence de presse pour le prix Nobel, on lui a demandé qui étaient ses auteurs et œuvres préférés et a répondu : “les nouvelles de Hemingway et pratiquement tout ce qu’a écrit Faulkner”.

En septembre 1964, Steinbeck a été récompensé de la médaille présidentielle de la liberté par le président Lyndon B. Johnson.

En 1967, sur l’ordre du magazine Newsday, Steinbeck est allé au Vietnam pour rapporter sur la guerre là-bas. Pensant que la guerre du Vietnam était une aventure héroïque, il était considéré comme un faucon pour sa position sur cette guerre. Ses fils ont tous les deux servi au Vietnam avant sa mort, et Steinbeck a rendu visite à l’un d’entre eux sur le champ de bataille (à un moment, il a été autorisé à guetter avec une mitraillette sur une firebase une nuit, pendant que son fils et les autres membres de sa section dormaient).

Après la mort de Steinbeck, son roman non fini fondé sur les légendes arthuriennes de Malory et d’autres, Le Roi Arthur et ses preux chevaliers, a été finalement publié en 1976.

Le 27 février 1979, le jour qui aurait été son 77ème anniversaire, il a été honoré en étant mis sur un timbre de la poste américaine.

Le lendemain de la mort de Steinbeck à New York, le critique Charles Poore a écrit dans le New York Times : “Le premier grand livre de John Steinbeck était son dernier grand livre. Mais bon Dieu, quel livre c’était et est encore : les Raisins de la colère”. Poore notait une “sermonnerie” dans l’œuvre de Steinbeck, “comme si la moitié de son héritage littéraire venait du meilleur de Mark Twain – et l’autre moitié du pire de Cotton Mather”. Mais il affirmait que “Steinbeck n’avait pas besoin du prix Nobel – les juges de Nobel avait besoin de lui”.

De nombreuses œuvres de Steinbeck se trouvent sur des listes de lectures demandées dans les lycées américains. Au Royaume Uni, des Souris et des hommes est l’un des textes clés du brevet de littérature anglaise. Une étude aux États-Unis a découvert que des Souris et des hommes était l’un des dix livres les plus fréquemment lus dans les lycées publics.

En même temps, les Raisins de la colère a été interdit des écoles : en août 1939, le conseil de surveillants du comté de Kern a interdit le livre des écoles et bibliothèques financées par le comté. Il a été brûlé à Salinas à deux occasions différentes. En 2003, un conseil d’école dans le Mississippi l’a interdit pour profanation. Selon l’American Libray Association, Steinbeck a été l’un des dix auteurs les plus fréquemment interdits de 1990 à 2004, avec des Souris et des hommes se plaçant à la sixième place des 100 interdits aux États-Unis.

Steinbeck a grandi dans la vallée Salinas en Californie, endroit divers sur le plan culturel à l’histoire riche en migration. Cet environnement a transmis un arôme régional dans son écriture, conférant à de nombreuses de ses œuvres une identité propre. De nombreuses de ses histoires se passent à Salinas, Monterey et des régions de la vallée de San Joaquin. On se réfère parfois aujourd’hui à cette région comme le “Pays de Steinbeck”. La plupart de ses premières œuvres traitaient de sujets qui lui étaient familiers venant de ses années formatrices. Une exception était son premier roman, la Coupe d’or, qui s’intéresse au pirate Henry Morgan, dont les aventures avaient capturé l’imagination de Steinbeck enfant.

Dans ses romans suivants, Steinbeck a trouvé une voix plus authentique en s’inspirant directement de ses souvenirs de sa vie en Californie. Son ami d’enfance, Max Wagner, frère de Jack Wagner et qui est devenu plus tard acteur, a servi d’inspiration pour le Poney rouge. Plus tard, il a utilisé les véritables conditions et évènements historiques américains de la première moitié du XXème siècle, qu’il avait vécus de première main en tant que reporter. Steinbeck habitaient souvent ses histoires de personnages qui luttent ; ses œuvres examinaient la vie des ouvriers immigrés durant le Dust Bowl et la Grande Dépression.

Ses dernières œuvres reflétaient son éventail étendu d’intérêts, dont la biologie marine, la politique, la religion, l’histoire et la mythologie. L’une de ses dernières œuvres publiées étaient Voyages avec Charley, récit d’un voyage en voiture qu’il a fait en 1960 pour redécouvrir l’Amérique.

La maison d’enfance de Steinbeck, immeuble victorien à tourelles dans le centre-ville de Salinas, a été préservé et restauré par la Valley Guild, organisation non gouvernementale. Des repas fixes sont servis les midis du lundi au samedi, et la maison est ouverte pour des visites durant l’été les dimanches après-midis.

Le National Steinbeck Center, à deux pâtés au One Main Street est le seul musée aux États-Unis consacré à un seul auteur. Dana Gioia (présidente du National Endowment for the Arts) a dit à un public au Centre : “C’est vraiment le meilleur lieu de pèlerinage littéraire moderne du pays et je les ai tous vu”. Son “Steinbeckiana” inclut “Rocinante”, le camping-car dans lequel Steinbeck a traversé le pays comme décrit dans Voyages avec Charley.

Le cottage de son père sur la Eleventh Street à Pacific Grove, où Steinbeck a écrit certains de ses premiers livres, survit aussi.

À Monterey, le laboratoire de Ed Ricketts survit (bien qu’il ne soit pas ouvert au public) et au coin que Steinbeck décrit dans la Rue de la sardine, le magasin qui a appartenu autrefois à Lee Chong, et le lotissement vacant adjacent fréquenté par les clochards de la rue de la sardine. Le site de la conserverie de sardine à côté du laboratoire du docteur est maintenant occupé par le Monterey Bay Aquarium. Cependant, la rue que Steinbeck décrivait comme “la Rue de la Sardine” dans le roman, autrefois nommée Ocean View Avenue, a été renommée Cannery Row (titre original du livre) en honneur du roman, en 1958. La ville de Monterey a commémoré l’œuvre de Steinbeck avec une avenue de drapeaux représentant des personnages de la Rue de la sardine, des plaques historiques et des bustes sculptés de Steinbeck et Ricketts.

Le 5 décembre 2007, le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger et la première dame Maria Shriver ont introduit Steinbeck dans le Calirfornia Hall of Fame, situé dans le California Museum for History, Women and the Arts. Son fils, Thomas Steinbeck, a accepté la récompense en son nom.

Les contacts de Steinbeck avec des auteurs et des journalistes gauchistes ainsi que des représentants de syndicats a pu avoir influencé son écriture et il a rejoint la League of American Writers, organisation communiste en 1935. Les mentors de Steinbeck ont été les écrivains radicaux Lincoln Steffen et sa femme Ella Winter. Via Francis Whitaker, membre du John Reed Club pour écrivains du parti communiste américain, Steinbeck a rencontré les organisateurs de grèves du syndicat des ouvriers agricoles.

En 1967, quand il a été envoyé au Vietnam pour rapporter la guerre, son portrait sympathique de l’armé américaine a mené le New York Post à le dénoncer pour trahison de son passé libéral. Le biographe de Steinbeck, Jay Parini, a dit que l’amitié de Steinbeck avec le président Lyndon B. Johnson a influencé sa vision du Vietnam. Steinbeck a pu aussi se soucier de la sécurité de son fils qui servait au Vietnam.

Steinbeck était un proche associé du dramaturge Arthur Miller. En juin 1959, Steinbeck a pris un risque personnel et professionnel en le défendant quand Miller a refusé de donner des noms lors des jugements du House Un-American Activities Committee. Steinbeck a nommé la période l’un des “moments les plus bizarres et les plus effrayants auquel un gouvernement et un peuple ont dû faire face”.

Steinbeck s’est plaint publiquement d’harcèlement de la part du gouvernement. Thomas Steinbeck, le fils aîné de l’auteur, a dit que J. Edgar Hoover, le directeur du FBI à l’époque, ne pouvait trouver de base pour poursuivre Steinbeck et a ainsi utilisé son pouvoir pour encourager le Internal Revenue Service américain à vérifier les impôts de Steinbeck chaque année de sa vie, juste pour l’ennuyer. Selon Thomas, un véritable artiste est un “qui sans penser à soi, s’élève contre les pierres de la condamnation, et parle pour ceux à qui on ne donne pas de véritable voix dans les bâtiments de la justice ou du gouvernement. En faisant ainsi, ces gens deviendront naturellement les ennemies du statut quo politique”.

Dans une lettre de 1942 au procureur général américain Francis Biddle, il a écrit : “Auriez-vous l’aimabilité de demander aux garçons de Edgar d’arrêter de me coller aux basques ? Ils pensent que je suis un étranger ennemi. Cela devient fatiguant”. Le FBI a nié que Steinbeck était sous investigation.

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