Boîte à musique

Clip de If You Tolerate This Your Children Will Be Next

À la fin du clip de If You Tolerate This Your Children Will Be Next, on entend une boîte à musique jouer une chanson. Cette chanson, c’est l’Internationale.

L’Internationale est un chant révolutionnaire dont les paroles ont été écrites en 1871 par Eugène Pottier et la musique composée par Pierre Degeyter en 1888.

Traduite dans de très nombreuses langues, L’Internationale a été et est encore le chant symbole des luttes sociales à travers le monde. La version russe d’Arkady Yakovlevich Kots a même servi d’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944.

À l’origine, il s’agit d’un poème écrit par le chansonnier, poète et goguettier Eugène Pottier en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris.

Suivant la tradition goguettière, L’Internationale de Pottier est à l’origine une chanson nouvelle à chanter sur un air connu. Ici La Marseillaise, air qui a été utilisé pour quantité de chants revendicatifs et révolutionnaires. L’Internationale est dédiée à l’instituteur anarchiste Gustave Lefrançais.

L’histoire de ce poème et de son auteur est liée à celle des goguettes.

En 1883, Eugène Pottier présente une chanson au concours de la célèbre goguette de la Lice chansonnière et remporte la médaille d’argent.

Il retrouve à cette occasion le chansonnier Gustave Nadaud qu’il a croisé en 1848 et à qui il avait alors fait une forte impression.

Grâce à ces retrouvailles, une cinquantaine de chansons de Pottier sont publiées pour la première fois en 1884 et sauvées de l’oubli par Nadaud qui admire beaucoup son talent poétique tout en étant très loin de partager ses opinions politiques.

Cette initiative de Nadaud incite les amis politiques de Pottier à publier en 1887 ses Chants révolutionnaires avec une préface de Henri Rochefort. Au nombre de ceux-ci : L’Internationale.

Sans la Lice chansonnière et Nadaud ce chant révolutionnaire célèbre et les autres œuvres de Pottier seraient aujourd’hui oubliées.

En 1888, un an après la première édition imprimée des paroles, la chorale lilloise du Parti Ouvrier Français demande à un de ses membres, Pierre Degeyter, de composer une musique originale pour L’Internationale. Le 23 juillet 1888, pour la première fois, la chorale de la Lyre des Travailleurs réunie dans l’estaminet À la Vignette à Lille interprète le chant de l’Internationale sur l’air nouveau de Degeyter. Sa partition est publiée en 1889.

Les quatre premières mesures (thème et harmonies) sont sans doute extraites, vu leurs absolues similitudes, du final de l’opérette les Bavards, d’Offenbach, qui avait été créée avec un très grand succès populaire, au théâtre des Bouffes Parisiens, en 1863.

À partir de 1904, L’Internationale, après avoir été utilisée pour le congrès d’Amsterdam de la IIème Internationale, devient l’hymne des travailleurs révolutionnaires qui veulent que le monde “change de base”, le chant traditionnel le plus célèbre du mouvement ouvrier.

L’Internationale a été traduit dans de nombreuses langues. Traditionnellement ceux qui le chantent lèvent le bras en fermant le poing.

L’Internationale est chantée par les socialistes (dans le sens premier du terme), anarchistes, communistes, mais aussi des partis dits socialistes ou sociaux-démocrates et bien sûr par les syndicats de gauche, ainsi que dans des manifestations populaires. Il a même été l’hymne de ralliement de la révolte des étudiants et des travailleurs sur la place Tian’anmen en 1989.

Il a été l’hymne national de l’URSS (dans une version la plupart du temps expurgée du cinquième couplet) jusqu’en 1944, et est toujours l’hymne de la majorité des organisations socialistes, anarchistes, marxistes ou communistes.

Dans de nombreux pays d’Europe, ce chant a été illégal durant des années du fait de son image communiste et anarchiste et des idées révolutionnaires dont elle faisait l’apologie. Plus tard, certains groupes anarchistes utiliseront plus volontiers une adaptation : L’Internationale noire.

Dans le roman de George Orwell La Ferme des animaux, critiquant allégoriquement l’URSS sous couvert de narrer une révolution d’animaux, L’Internationale est parodiée sous le nom de Beasts of England et la révolution ouvrière spoliée par les bolchéviques, comme la modification des textes révolutionnaires par ceux-ci y est également dénoncée.

Comme cela arrive pour beaucoup de chants, nombre de ceux qui l’interprètent dans le cadre de manifestations militantes ne connaissent aujourd’hui de L’Internationale que le refrain et le premier couplet.

L’Internationale est jouée de manière cynique par une boîte à musique à la fin du clip de If You Tolerate This Your Children Will Be Next, la chanson des Manics à propos des valeurs socialistes lors de la guerre d’Espagne et la façon dont ces valeurs n’existent plus vraiment.

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