The Independent – 31 mai 2009 : Manic Street Preachers, Venue Cymru, Llandudno

Leur nouvel album, joué en entier, résiste facilement aux plus grands tubes des rockeurs gallois

La côte du Nord du Pays de Galles ressemble, même pour un Gallois, à un pays étranger. D’un côté, les contreforts de la Snowdonia et, pour revendiquer le pouvoir des Plantagenet sur les sauvages qui vivaient parmi eux, des châteaux spectaculaires. de l’autre, un mélange étrange du moitié-fini et de l’abandonné, la ville frontalière et la ville fantôme.

Le long de la délimitation entre Chester et Llandudno se trouve la vision la plus surréaliste de toutes : un énorme bateau de croisière en train de rouiller. Le Duke of Lancaster, qui avait l’habitude de voguer vers la Scandinavie dans un luxe de deuxième catégorie, a depuis servi de salle d’arcades de de bar en cale sèche, mais existe aujourd’hui comme juxtaposition qui jure pour ceux qui la voient.

Comme métaphore visuelle d’un groupe rock qui approche l’âge mûr, il n’y a rien de mieux qu’un ancien “bateau de plaisance” dans un état d’abandon. Pour les Manic Street Preachers, qui ne montrent aucun désir de “devenir gentils” dans la bonne nuit de Dylan Thomas, ce serait complètement inexact.

C’est le paysage dans lequel James Dean Bradfield a récemment fêté ses 40 ans. Il est revenu avec son groupe, mais sans célébration à l’esprit (du moins, au début). “Le concept, dit-il a une Venue Cymru bondée, c’est comme venir à une conférence sur l’art, et de s’attendre à une fête avec des frites après”.

La “conférence sur l’art”, c’est une interprétation du début à la fin du neuvième album studio des Manics, Journal For Plague Lovers, disque qui, comme vous avez déjà entendu parler, n’est pas une sortie ordinaire (avec toutes ses paroles qui dérivent d’un classeur que Richey Edwards a donné à ses collègues avant sa disparition en 1995). La “fête avec les frites” est le second set de classiques et de chansons qui plaisent au public. Et, avec tout le respect que je dois à James, il s’est trompé d’ordre.

Une parade de tubes des Manics ? Je l’ai entendue des centaines de fois. Journal For Plague Lovers, cependant, est le genre de disque qu’aucun groupe de rock majeur n’a fait, ou osé faire, depuis plus de dix ans. Effort unique et brave, c’était un cas de “je meurs si je le fais, je meurs aussi si je ne le fais pas”. Il y aura inévitablement ceux qui accusent les Manics d’avoir épuisé leur stock créatif et d’exploiter la mémoire de leur membre disparu. Le fait, c’est que le résultat est une écoute enivrante, révélant que Edwards s’améliorait tout le temps en tant qu’écrivain.

Edwards a été une présence absente des concerts des Manics depuis 1996, sa position sur la droite de la scène gardée vide, et aujourd’hui plus que jamais. Cela fait vraiment chaud au cœur de voir le génie de cet homme reconnu une fois de plus, et de retour dans l’œil publique.

Le projet allait toujours être une entreprise risquée de vie ou de mort, et la pièce est tombée du coin pile. Plague Lovers a révitalisé le groupe, et tout chez eux, de la voix de Bradfield quand il annonce “Nous sommes les Manic Street Preachers”, exprime de la pure intention.

La personne qui s’occupe du mixage sonore sur cette tournée mérite une récompense, parce qu’elle a parfaitement capturé le son studio impitoyable et hermétique de Steve Albini. Marlon JD récure les terminaisons nerveuses et le jeu de batterie brillamment fragile de Sean Moore sur She Bathed Herself in a Bath of Bleach et Doors Closing Slowly constitue presque un instrument principal au lieu d’une simple rythmique.

La seule dérivation de la version disque est Facing Page Top Left, qui est jouée solo par Bradfield à la guitare acoustique, sans la harpe galloise. C’est Bradfield, plus que jamais, qui porte le concert, même s’il s’embrouille dans l’intro de l’étonnante All Is Vanity. Ce n’est pas la faute de ses sbires. Nicky Wire souffre d’une hernie discale depuis avoir tourné Later with Jools Holland, ce qui veut dire que cette tournée continue contre l’avis médical et que définitivement il n’y aura pas de sauts en étoile.

Pour lui, chanter William’s Last Words, cependant, demande un effort surhumain qui va au-delà du physique, demandant à Wire, dans la seule chanson qu’il chante sur l’album, de canaliser la ligne émouvante de Richey “Vous étiez les meilleurs amis que je n’ai jamais eu…”.

La deuxième moitié voit Wire à genoux, jusqu’à ce que quelqu’un lui apporte une chaise. On parle d’appeler un hélicoptère de secours de montagne en blaguant à moitié. Les anciennes – Motorcycle Emptiness, Faster, If You Tolerate This Your Children Will Be Next (utilisé sans permission par un front national britannique qui n’a étonnamment rien compris à la chanson) – virevoltent, via une pause de mec avec Australia, Autumnsong et You Stole The Sun, vers le final traditionnel de Motown Junk et A Design For Life, mais pas assez rapidement pour le bassiste paralysé par la douleur, qui n’arrive même pas à se traîner jusqu’au micro pour ses quelques lignes dans Your Love Alone Is Not Enough.

Nicky Wire peut clopiner comme un vétéran de guerre blessé, mais les Manic Street Preachers gardent la tête haute.

Simon Price

Traduction – 17 août 2011

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