Dead Sea Scrolls

(les manuscrits de la Mer Morte) 
Cité dans So Why So Sad :
“Dependent on above
Searching for the dead sea scrolls
So why, so why so sad”

Les manuscrits de la mer Morte, également appelés manuscrits de Qumrân, sont un ensemble de parchemins et de fragments de papyrus principalement en hébreu, mais aussi en araméen et en grec, mis au jour entre 1947 et 1956 à proximité du site de Qumrân, alors en Transjordanie. La découverte de ces quelque 970 manuscrits – dont il ne reste parfois que d’infimes fragments – copiés entre le IIème siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.C. a été faite dans douze grottes où ils avaient été entreposés. Parmi les documents découverts figurent de nombreux livres de l’Ancien Testament. Antérieurs de plusieurs siècles aux plus anciens exemplaires du texte hébreu connus jusqu’alors, ces manuscrits présentent un intérêt considérable pour l’histoire de la Bible.

Ils ont été fréquemment attribués, mais sans preuve définitive, au groupe des Esséniens.

La découverte majeure de Qumrân est le rouleau d’Isaïe A, devenu mondialement célèbre. C’est le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d’un livre biblique : le Livre d’Isaïe. Le Grand Rouleau d’Isaïe est le plus emblématique des manuscrits découverts à Qumrân, car le mieux conservé. Composé de dix-sept feuillets de cuir cousus ensemble, il mesure 7,34 mètres de long. Y est transcrite en hébreu, sur cinquante-quatre colonnes, l’intégralité des soixante-six chapitres du livre d’Isaïe. Copié vers le IIème siècle av. J.-C., il fait partie avec les autres manuscrits de la mer Morte des plus anciens textes du Tanakh (bible hébraïque) connus à ce jour.

D’autres lieux de la rive occidentale de la mer Morte ont également produit des manuscrits, entre autres Massada et Nahal Hever.

La version la plus communément acceptée de l’histoire de leur découverte est largement basée sur des enquêtes de John C. Trever. Selon Trever, durant le printemps 1947 un pâtre bédouin, Muhammed edh-Dhib Hassan, parti à la recherche de l’un de ses animaux, trouve dans une grotte de grandes jarres qui, pour la plupart, contiennent des rouleaux de cuir étonnamment bien conservés, enveloppés dans de la toile. Des recherches ultérieures mettent au jour de nombreux autres documents. Les rouleaux sont en premier lieu apportés à un antiquaire de Bethléem nommé Ibrahim ‘Ijha. La grotte, et celles qui seront découvertes par la suite, sont situées sur les pentes désertiques de Qumrân, sur les rives nord-ouest de la mer Morte, et sont d’un accès assez difficile. L’archéologue israélien Eleazar Sukenik comprend l’importance des rouleaux de la mer Morte et son fils Yigael Yadin réussit à convaincre l’État israélien d’acheter ceux qui avaient été mis en vente en 1954.

“De 1947 à 1956, plusieurs dizaines d’excavations ou de grottes sont explorées dans les environs plus ou moins proches de Qumrân. Dans onze d’entre elles, on retrouva des manuscrits en nombre et en qualité variables : certains avaient été déposés dans des jarres. De ces cachettes, on retire quelques rouleaux bien conservés, mais surtout des milliers de fragments aux dimensions diverses allant de plusieurs colonnes à quelques millimètres carrés”.

En février 2017, des archéologues de l’Université Hébraïque annoncent la découverte d’une douzième grotte, contenant de nombreuses jarres toutes brisées et vidées presque entièrement de leur contenu. Le pillage semble remonter aux années 1950 car une pioche en métal de cette époque a été retrouvée sur place.

La découverte des rouleaux de manuscrits près des ruines de Qumrân s’est déroulée de 1947 à 1956 dans onze grottes situées aux alentours, 870 manuscrits ont été reconstitués à partir de plusieurs dizaines de milliers de fragments. La plupart ont été écrits sur parchemin et une centaine sur papyrus. Un peu moins de 15 % sont écrits en araméen, la langue courante du pays depuis l’occupation perse. L’immense majorité est en hébreu, la langue littéraire et doctrinale que l’on disait “sainte”. De rares manuscrits sont en grec, l’idiome de la diaspora hellénique. Certains des textes hébraïques ont une écriture cryptée qui a bien sûr été décodée. “Outre le grec, les scribes ont utilisé cinq écritures différentes : l’hébreu carré (ou judéo-araméen) – c’est la plus employée –, le paléo-hébreu, le nabatéen, le cryptique A et le cryptique B”.

À l’exception d’une douzaine, les 870 rouleaux – ou fragments de rouleaux – ont été copiés par des scribes différents.

Un travail de datation paléographique effectué par Frank Moore Cross portant sur plus de 690 manuscrits indique que 448 d’entre eux ont été copiés au Ier siècle, alors que 224 ont été copiés dans la période 150 – ca 50 av. J.-C.. Seulement 21 manuscrits ont été copiés avant 150 av. J.-C. Selon Frank Moore Cross, seulement trois manuscrits contiennent des indices qui permettent de les dater du IIème siècle av. J.-C.. Parmi eux, un fragment d’un rouleau des livres de Samuel (4QSamuel) est peut-être le plus ancien, car il a été copié pas plus tard que 250 av. J.-C., à moins que ce ne soit 4QExode (275 – 225 av. J.-C.). Le rouleau d’Isaïe A, le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d’un livre biblique (Livre d’Isaïe) a été confectionné au IIème siècle av. J.-C..

Au-delà de la date de l’écriture des documents retrouvés se pose la question de la date de leur mise à l’abri. L’hypothèse la plus fréquemment émise opte pour une dissimulation pendant la Grande révolte juive, avant le contrôle de la région par l’armée romaine (68-70). Pour Daniel Stoekl Ben Ezra, historien des religions et chargé de recherche au CNRS, “l’analyse des deux tiers des manuscrits nous a permis de constater que des documents plus récents et d’autres plus anciens d’environ cinquante à soixante-dix ans ont été retrouvés ensemble, dans les mêmes grottes. […] Il est communément admis que l’ensemble des documents a été caché dans les grottes aux alentours de 68, […] au moment de la première révolte juive contre les Romains. […] Il va falloir désormais tenir compte de l’existence de […] deux bibliothèques qui, de surcroît, ont peut-être été cachées à deux moments différents. Non seulement en 68 […], mais aussi environ soixante-dix ans plus tôt !”.

“Le déchiffrement et le regroupement de la multitude de pièces sont étonnamment rapides. Commencé en 1953, le travail est achevé, pour l’essentiel, en 1960. Il en est tout autrement pour la publication : après un bon début, puis des essoufflements et des crises, il faudra attendre la fin du siècle pour disposer de la quasi-totalité des textes”.

“Les péripéties et les lenteurs qui ont émaillé ces travaux de lecture et de transcription, pendant quarante-six ans, ont été qualifiées par Geza Vermes, professeur à l’université d’Oxford, de “scandale académique du XXème siècle”.

“Les éditions Oxford University Press ont publié aux États-Unis les manuscrits de la mer Morte. L’ensemble forme trente-neuf volumes. Il est présenté sous le titre général de Discoveries in the Judaean Desert. L’édition est encore incomplète en mars 2013 : le dernier volume comprenant l’introduction et un index” est sorti, mais les volumes XXXII et XXVII sont toujours en préparation.

“Les historiens du premier siècle ap. J.-C., Philon d’Alexandrie, Pline l’Ancien et surtout Flavius Josèphe, avaient relaté qu’au nord-ouest des rives de la mer Morte vivait à l’époque une communauté de cénobites appelés Esséniens, qui étaient célibataires, végétariens et qui pratiquaient un mode de vie très austère selon les prescriptions de la Torah. Or nos manuscrits ont précisément été trouvés dans ces parages de la Dépression de la Mer Morte. Cette coïncidence fit immédiatement naître la thèse […] selon laquelle l’ensemble des manuscrits de la Mer Morte provient d’une communauté essénienne qui se trouvait installée dans la région de Qumrân.

Cette communauté a caché ces manuscrits dans les grottes du voisinage à l’approche des Romains, peu avant la chute de Jérusalem en 70. Cette thèse essénienne, […] a, dans un premier temps, difficilement trouvé un consensus dans le monde savant. Aujourd’hui encore elle a de nombreux contradicteurs”.

C’est dès 1948, qu’un premier auteur, l’archéologue israélien Eleazar Sukenik, publie un article dans lequel il établit un lien entre les rouleaux (et leur contenu) et la secte dissidente juive que l’on appelle en grec esséniens. Certains ont aussi évoqué la possible appartenance de Jésus ou de Jean-Baptiste à cette communauté, mais sans pouvoir fournir de preuve non discutables. Le sujet fait l’objet d’intenses débats.

Cette théorie est devenue l’interprétation la plus communément admise quant à l’origine des rouleaux. Elle est considérée comme probable, mais aucune preuve formelle n’existe. Elle est ainsi remise en question par certains chercheurs. Pour K. H. Rengstorf, suivi par N. Golb, les manuscrits proviendraient de bibliothèques de Jérusalem (du temple de Jérusalem comme de bibliothèques privées), et auraient été mis à l’abri dans des grottes lors de l’approche des Romains, vers 70 apr. J.-C.

Selon André Paul, de nombreux chercheurs s’affranchissent aujourd’hui de la thèse essénienne et “on commence à découvrir que ces précieux documents sont aussi des sources du judaïsme rabbinique ou classique […dont] on perçoit sans mal les prémices dans la bibliothèque de Qumran : les modèles de la communauté idéale eux-mêmes supposent une existence loin du Sanctuaire central. Certains écrits font la théorie de l’éloignement du Temple centralisateur, voire de l’absence de celui-ci, cherchant même à instaurer des supplétifs symboliques ou sublimés. D’où l’importance particulière attribuée à la Loi […]. Sans le savoir, ne préparait-on pas également à Qumran l’heure où il n’y aurait plus de Temple, celle du régime du tout-Torah”.

Près des grottes a été retrouvé un site archéologique qui n’avait guère retenu l’attention des archéologues jusqu’à la découverte des manuscrits et dont le lien avec les manuscrits reste controversé.

On a retrouvé 100 000 fragments, répartis en 870 manuscrits différents, dont 220 sont des textes bibliques de la Bible hébraïque. Tous les livres de celle-ci y sont représentés, sauf le Livre d’Esther.

Outre les livres de l’Ancien Testament, on trouve aussi des livres apocryphes (exclus du canon biblique par les chrétiens, mais aussi par les juifs), comme le Livre d’Enoch et le Livre des Jubilés. Presque tous sont en hébreu, quelques-uns en grec, reprenant la version de la Septante. À ces livres (canoniques ou non) se rajoutent des commentaires sur ceux-ci, ainsi que des textes propres à la communauté juive qui vivait à Qumrân, comme le Rouleau du Temple et le Manuel de discipline (Règle de la communautéou Règle de la commune selon une autre traduction).

Enfin, la grotte 7 contient des fragments écrits en grec. Les textes auxquels ils se rattachent font l’objet de discussions entre les spécialistes.

Ces fragments ont été éparpillés à travers le monde et sont conservés dans différentes institutions. Ceux qui se trouvent à Paris ou à Londres y ont été envoyés par le père Roland de Vaux. Ils constituent une part non négligeable de l’ensemble.

Une aile souterraine du Musée d’Israël conserve les plus précieux manuscrits de l’Histoire du peuple juif. Ceux qui ont été découverts après-guerre à Qumrân. Israël ne revendique pas officiellement la propriété des manuscrits, qui reste celle du Royaume de Jordanie, puisqu’ils ont été découverts sur un territoire qui appartenait à ce pays.

Le Sanctuaire du Livre abrite, au sein du musée d’Israël, la majorité des quelque neuf cents manuscrits mis au jour à Qumrân entre 1947 et 1956, à l’exception de ceux qui sont conservés à Amman, en Jordanie. Son dôme en céramique blanche rappelle le couvercle des jarres dans lesquelles les manuscrits ont été découverts. Au centre de la salle, un fac-similé du Grand Rouleau d’Isaïe est déployé sur une reproduction géante du montant en bois autour duquel est traditionnellement enroulé le Sefer Torah. C’est le trésor d’un musée qui conserve pourtant des richesses inouïes.

Dans cette chanson, la recherche des manuscrits de la Mer Morte est assimilée avec le désir d’un Dieu (“dependent on above” – “dépendant d’une chose supérieure”), dont on peut lire plus dans les œuvres de Kierkegaard et de Camus. Voir aussi les citations de Camus à propos de ce désir métaphysique ou religieux : “In a universe suddenly divested of illusion and lights, man feels an alien, a stranger. His exile is without remedy since he is deprived of the memory of a lost home or the hope of a promised land.” et “Then came human beings, they wanted to cling but there was nothing to cling to.”.

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