Fidel Castro

Mentionné dans Let Robeson Sing :
“Went to Cuba to meet Castro
Never got past sleepy Moscow”

Fidel Alejandro Castro Ruz, né le 13 août 1926, est un dirigeant politique cubain, ancien chef d’État et chef de gouvernement de Cuba. Il a été un des principaux leaders de la révolution cubaine, et a été successivement Premier ministre de l’île de février 1959 à décembre 1976, puis président du conseil d’État de Cuba – soit chef de l’État – depuis la création de cette fonction, jusqu’à sa démission pour raisons de santé en février 2008. Le 24 février 2008, l’assemblée nationale a élu son frère Raúl Castro pour lui succéder comme président de Cuba. Fidel Castro a occupé la fonction de premier secrétaire du parti communiste de Cuba, de la création de celle-ci en 1965 jusqu’au 19 avril 2011, date à laquelle Raúl Castro lui a également succédé à ce poste.

Ses détracteurs et des organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent son gouvernement comme une dictature. De nombreux observateurs comme Amnesty International ont critiqué des dérives autoritaires. L’universitaire et écrivain Jacobo Machover parle même de “pouvoir absolu”.

Cette vision est contestée par ses partisans. Le personnage jouit également d’une certaine popularité auprès d’hommes politiques de gauche (Hugo Chávez, Evo Morales…) et d’intellectuels (Eduardo Galeano, Adolfo Pérez Esquivel…) en Amérique latine, en Afrique (Nelson Mandela), en Europe (Danielle Mitterrand, Jack Lang, Jean-Luc Mélenchon…) et même aux États-Unis, où le révérend Jesse Jackson, ancien candidat à l’investiture du Parti démocrate pour l’élection présidentielle américaine, a déclaré en 1984 que Fidel Castro était “le politicien le plus honnête et le plus courageux qu'[il ait] jamais rencontré”.

Fidel Castro, son frère le lieutenant Raúl Castro et le docteur Ernesto Guevara (dit “le Che”) ont donné à la révolution, officiellement nationaliste au départ, une orientation “marxisteléniniste” au début des années 1960, au moment de son affrontement avec les administrations américaines de l’époque. Le pays s’est rapproché alors de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). À la suite de la révolution, le gouvernement cubain, sous l’impulsion de Castro, de son frère et de Che Guevara, a instauré progressivement une république socialiste à parti unique. La constitution cubaine garantit que le parti ne prend pas position sur les élections et qu’il ne désigne pas de candidats, ces derniers sont proposés par les citoyens lors des réunions d’ouvriers et de quartiers.

Il est également député de Santiago depuis 1976, et Premier secrétaire du Parti communiste de Cuba depuis sa refondation en 1965. Réélu tous les cinq ans, Fidel Castro a été au pouvoir face à dix présidents des États-Unis (Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, George H. W. Bush, Clinton et G.W. Bush).

Né à Birán, près de Mayarí, dans la Province de Holguín (anciennement appelée Provincia de Oriente), le 13 août 1926, Fidel Castro a passé ses toutes premières années dans la ferme d’une famille aisée mais fort compliquée. Fils d’Ángel Castro Argiz, immigrant galicien analphabète, devenu riche propriétaire terrien, et de sa cuisinière créole, Lina Ruz González, alors que don Ángel est encore marié, père de cinq enfants, et que le divorce est impossible avec son épouse délaissée. Sept enfants naissent hors mariage, Fidel est le 3ème et Raúl le 4ème (des rumeurs font de Raúl un demi-frère de Fidel, la mère de Fidel l’ayant eu d’un sergent, Felipe Miraval métissé chinois et mulâtre, qu’Ángel Castro Ruz a reconnu néanmoins, après la prononciation du divorce avec sa première femme). Fidel, enfant illégitime, est placé à l’âge de 5 ans à Santiago de Cuba, et ne sera baptisé, de père inconnu, qu’en janvier 1935. Il ne sera reconnu officiellement par son père, et prendra le nom de Castro, qu’en décembre 1943.

Le 28 février 2012, il perd sa sœur Angela Castro Ruz, âgée de 88 ans et atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Après des études dans des écoles catholiques, le cours préparatoire de l’école des Frères La Salle à Santiago de Cuba chez les maristes de 1934 à 1939, puis chez les jésuites, d’abord à l’école Dolores de 1939 à 1942 puis au prestigieux lycée Belén de La Havane de 1942 à 1945, Fidel Castro entre à l’université de la capitale le 4 septembre 1945 d’où il en sort docteur en droit, licencié en droit diplomatique et docteur en sciences sociales en 1950.

C’est à travers le militantisme étudiant qu’il éveille sa conscience politique. Il devient délégué de la FEU (Fédération des étudiants d’université), ayant compris que cette fédération qui gère l’université avec le corps enseignant est un tremplin politique pour ses leaders. En mai 1947, il adhère au Parti du peuple cubain, parti nationaliste. En juillet 1947, il participe avec Juan Bosch à la tentative manquée de débarquement en République dominicaine pour renverser le dictateur Trujillo. En avril 1948, il participe au Bogotazo, émeutes de Bogota, consécutives à l’assassinat du libéral de gauche, Jorge Eliécer Gaitan, qui était candidat à la présidence de la Colombie, qui ont fait 3 000 morts.

En octobre 1948, il épouse sa première femme, Mirta Díaz Balart, sœur du ministre de l’intérieur de Batista, issue d’une famille bourgeoise de l’Oriente : son père, avocat, a défendu les compagnies américaines contre les français qui voulaient contrôler l’industrie de la banane. Cette famille joue encore aujourd’hui un rôle certain dans les milieux anticastristes de Miami (Lincoln Diaz-Balart est député de la Floride au Congrès, chef lobbyiste anticastriste aux États-Unis). Ils passent leur lune de miel à New York. Le mariage ne durera que quelques années et un seul enfant sera issu de cette union : Fidel dit Fidelito, né en 1949. De 1950 à 1952, il se consacre au droit, puis se présente au Parlement pour le “Parti orthodoxe”. Mais le coup d’État du général Fulgencio Batista, qui renverse le gouvernement de Carlos Prío Socarrás, annule ces élections. Castro attaque Batista en justice, l’accusant d’avoir violé la constitution, mais sa demande est jugée irrecevable.

Castro organise alors une réaction armée en attaquant la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, mais celle-ci est un désastre. Quatre-vingts des assaillants sont tués, et Castro est arrêté et condamné à 15 ans de prison. C’est à cette occasion qu’il rédige sa plaidoirie : “L’histoire m’acquittera”, discours passionné défendant son action et explicitant ses thèses politiques. Libéré lors d’une vague d’amnistie en mai 1955, il s’exile avec son frère Raúl au Mexique où il rencontre Ernesto Guevara puis aux États-Unis pour collecter des fonds afin d’organiser le débarquement du Granma : il fonde le Mouvement du 26 juillet. À cette époque, Castro se définit comme un adepte de la philosophie jeffersonienne et adhère à la formule Lincoln de coopération entre le capital et le travail. En 1959, il affirme au U.S. News and World Report qu’il n’a l’intention de nationaliser aucune industrie.

Le 2 décembre 1956, il rentre clandestinement à Cuba, avec 82 autres exilés dont Che Guevara, sur le navire de plaisance Granma dans la Province orientale (au sud-est de Cuba). Au moment où Castro et ses hommes débarquent, l’armée de Batista les attend. Après quelques jours de combats, seuls 16 des 82 hommes engagés ont survécu. Ils se réfugient dans la Sierra Maestra d’où ils mènent une guérilla contre l’armée de Batista, soutenue par le gouvernement américain qui lui fournit de l’argent et des armes. Batista commet une erreur stratégique en ne les repoussant pas à la mer : il déclare que personne ne survit dans la Sierra Maestra, mais Castro et ses hommes le démentent dans les faits. Parmi les survivants se trouvent Che Guevara, Raúl Castro et Camilo Cienfuegos.

Gagnant le soutien populaire, le mouvement regroupe bientôt 800 hommes. Le mouvement révolutionnaire est d’ailleurs très populaire aux États-Unis, le New York Times et CBS envoient leurs journalistes, Castro apparaît alors comme un héros de la démocratie. Le gouvernement des États-Unis, gêné par la brutalité du régime de Batista, retire l’aide militaire américaine qu’il lui apportait et commence à voir en Castro une alternative à Batista. Le 24 mai 1958, Batista envoie dix-sept bataillons (plus de 10 000 hommes) contre Castro lors de l’Opération Verano. Bien qu’en infériorité numérique, Castro remporte des victoires, aidé en cela par des désertions massives dans l’armée de Batista. Au cours de la contre-offensive de l’automne 1958, les forces révolutionnaires prennent Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, et Santa Clara. Le 31 décembre 1958, alors que la situation est très incertaine, Batista fuit le pays avec 40 millions de dollars vers la République dominicaine, puis l’Espagne de Franco. Au 1er janvier 1959, Castro et le président élu Carlos Rivero Agüero survolent le pays et les forces castristes prennent La Havane le 8 janvier 1959. Le crédit de Castro auprès de la population cubaine est énorme. Un premier gouvernement temporaire est mis en place, associant toutes les forces d’opposition à Batista. Ce gouvernement a pour mission de préparer des élections dans les 18 mois. Cuba devra cependant affronter l’opposition croissante des États-Unis aux réformes nationalistes que Castro veut amener. Rapidement il sera confronté à un choix déterminant, soit renoncer aux réformes nationalistes désirées ou s’orienter vers la nationalisation complète de l’industrie, des banques et vers la réforme agraire qui concerne sa famille en tout premier lieu. Le gouvernement de Castro s’orientera vers la seconde possibilité.

L’épuration commence dès les premiers mois de gouvernement : elle est dirigée par Che Guevara. En 1960, on répertorie officiellement 631 condamnations à mort, 146 fusillés, et 70000 prisonniers politiques.

Castro comprend très vite que la seule force organisée à Cuba est le Parti communiste (Partido socialista popular) dont son frère Raul est membre. Il resserre ses relations avec ce parti, qui deviendra rapidement le pilier central du régime révolutionnaire. Castro donne immédiatement des gages sérieux au PC : nationalisation des secteurs-clés de l’économie, l’énergie et l’industrie sucrière, tout en organisant des procès parfois suivis d’exécutions d’anciens partisans du régime de Batista, généralement des policiers associés au Bureau de répression des activités communistes.

Les États-Unis reconnaissent très rapidement le nouveau régime, et Fidel Castro devient Premier ministre en février. Mais une tension se développe alors qu’il commence à exproprier des industries américaines telles que United Fruit, proposant une compensation uniquement fondée sur la taxe foncière que ces dernières s’étaient arrangées pour maintenir artificiellement basse. Le 6 juin 1958, Fidel Castro écrit pourtant une lettre dans la Sierra Maestra, qui a été publiée par la suite par l’un de ses partisans Carlos Franqui et dans laquelle il explique : “Quand cette guerre sera finie, commencera pour moi une guerre plus importante, plus longue : celle que je vais mener contre les Nord-Américains. Je suis certain que cela sera mon véritable destin”. En avril 1959, Castro rencontre le vice-président Richard Nixon à la Maison Blanche. On raconte qu’Eisenhower a évité Castro, prétextant une partie de golf, pour laisser Nixon discuter avec lui et déterminer s’il était communiste. La politique économique de Castro avait inquiété Washington, qui pensait qu’il avait fait allégeance à l’Union Soviétique. À la suite de cette rencontre, Nixon a expliqué que Castro était naïf mais pas forcément communiste. Il n’est alors qu’un réformateur humaniste et explique : “Le capitalisme sacrifie l’Homme… Le communisme sacrifie les droits de l’Homme”.

Le 17 mars 1960, le gouvernement Eisenhower a pris la décision formelle de renverser le gouvernement cubain. Cette nouvelle politique se base sur plusieurs piliers : l’annulation de la quote-part sucrière cubaine, la fin des livraisons de ressources énergétiques telles que le pétrole, la poursuite de l’embargo sur les armes imposé en mars 1958 et la mise en place d’une campagne de terrorisme et de sabotage ainsi que l’organisation d’une force paramilitaire destinée à envahir l’île et destituer Fidel Castro. En avril 1960, Castro signe un accord avec l’URSS pour l’achat de pétrole à la suite du refus du gouvernement des États-Unis de livrer les raffineries américaines implantées à Cuba. Lors des premières livraisons de pétrole par l’URSS, le refus de ces compagnies, qui suivaient une directive de l’administration Eisenhower, de raffiner ce pétrole, entraîne leur nationalisation automatique. Les États-Unis suppriment alors l’importation du sucre cubain, lequel représentait 80 % des exportations de Cuba vers ce pays et employait près de 25 % de la population. À la grande inquiétude de l’administration Eisenhower, Cuba resserre progressivement les liens avec l’Union soviétique. Nombre de conventions sont signées entre Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev concernant une aide substantielle en matière économique et militaire. En 1968, Fidel Castro ne condamne pas l’intervention de l’armée soviétique en Tchécoslovaquie pour écraser le Printemps de Prague.

Une grande partie de la presse française le surnomme “Líder Máximo”, du titre qu’il s’était lui-même donné le 2 décembre 1961 : Líder Máximo de la revolución cubana. Cependant, ce titre n’a quasiment jamais été utilisé à Cuba, où les Cubains préfèrent parler de “El Comandante” ou plus simplement “Fidel”.

Par ailleurs, d’après la constitution cubaine, le président du Conseil d’Etat est chef d’Etat et chef de gouvernement conformément à la Politique à Cuba.

Les États-Unis soutiennent en matériel et en entraînement les exilés cubains anti-castristes qui préparent un débarquement à Cuba.

Une guerre du renseignement menée avec le KGB, les services cubains et des agents doubles au sein des exilés permet aux autorités cubaines d’être informées longtemps à l’avance de la préparation de ce débarquement. Alors que le débarquement est imminent, Fidel Castro déclare le 17 avril 1961 la nature “socialiste” de la révolution cubaine.

Le débarquement de la Brigade 2506, composée de 1 400 exilés cubains financés et entraînés par la CIA, sous la direction des agents Grayston Lynch et William Robertson a lieu sur la côte sud de Cuba, à la plage Girón appelée la Baie des Cochons.

La CIA pense que le débarquement va provoquer un soulèvement populaire contre Castro. Or, il n’en est rien, et les forces débarquées sont capturées, alors que le Président Kennedy retire au dernier moment son soutien à l’opération. Deux navires de la marine américaine, venus en support, sont coulés par l’aviation cubaine et neuf personnes sont exécutées à suite de cet échec.

Castro, présent personnellement sur le champ de bataille, y gagne une popularité supplémentaire auprès des Cubains.

Le 2 décembre de cette même année, lors d’une intervention télévisée, Castro se définit comme un “marxisteléniniste” et annonce que Cuba adopte le communisme. Pendant les années soixante, plusieurs autres tentatives de moindre ampleur sont menées. Les exilés cubains, financés et équipés par la CIA, tentent d’imiter la révolution castriste, formant des guérillas qui opèrent en particulier dans la Sierra de Escambray une région proche de Trinidad. Mais le régime cubain est désormais doté en armes lourdes venues du bloc de l’est, la guérilla est quadrillée par les forces révolutionnaires castristes et bien qu’une petite partie de la population de la région ait apporté un soutien à cette “guerre de bandits”, ils ont été finalement arrêtés.

Dans ses mémoires, Khrouchtchev raconte qu’il était en vacances en Crimée le 17 avril 1961 lorsqu’il a eu l’idée de placer des missiles à Cuba afin de dissuader les États-Unis d’agresser l’île ou directement l’URSS. Ayant consulté l’État-major soviétique, il a rencontré en juillet une délégation cubaine conduite par Raul Castro afin d’en préciser les modalités. Des missiles balistique à moyenne portée R-12 devaient être déployés sur le sol cubain, mais les États-Unis ont découvert la construction des installations lance-missile le 15 octobre 1962, avant le déploiement des armes. Le gouvernement américain, considérant l’installation d’armes nucléaires soviétiques à 90 miles de Miami comme une agression et une menace directe contre la sécurité des États-Unis, ont annoncé publiquement leur découverte et mis en place un embargo autour de Cuba, susceptible d’arrêter tout navire à destination de l’île. Dans une lettre que Castro adressa à Khrouchtchev le 27 octobre 1962, il lui a demandé de réagir par la force nucléaire si Cuba venait à être envahie. Mais le premier secrétaire a rejeté l’idée. Les militaires soviétiques présents à Cuba ont été cependant autorisés à utiliser des armes tactiques nucléaires en cas d’attaque américaine.

Khrouchtchev a accepté finalement de retirer les lance-missiles en échange d’une promesse américaine de ne pas envahir Cuba et du retrait secret de leurs missiles Jupiter de Turquie et d’Italie. À la suite de cet événement, les États-Unis n’ont plus tenté d’invasion de Cuba, mais leurs relations sont restées tendues, notamment via l’embargo, et la CIA aurait continué de soutenir nombre de projets d’assassinat (638 selon le général Fabian Escalante, ancien chef des services secrets cubain) pendant les années qui ont suivi.

Lors d’une conférence à La Havane en janvier 1992, Robert McNamara, l’ancien secrétaire à la Défense américaine, “a demandé à Castro s’il savait qu’il y avait des armes nucléaires soviétiques à Cuba, si, dans ces circonstances, il aurait quand même déclenché une attaque en cas d’invasion américaine, et s’il était conscient de ce qui se passerait alors pour La Havane. Castro a répondu “oui” aux deux premières questions en ajoutant qu’il avait compris que Cuba aurait dans ce cas disparu de la carte”.

Dès les années 1960, Cuba soutient de façon plus ou moins discrète des mouvements de guérillas communistes en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique mais à partir de 1975, l’armée cubaine est intervenu de façon directe dans des conflits sur ce dernier continent.

Cuba a envoyé en été 1975 des conseillers militaires au MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) qui avait pris le pouvoir en Angola lors de son indépendance, proclamant la République populaire d’Angola.

En novembre, en réponse à l’intervention militaire sud-africaine sur le sol angolais, des unités régulières sont déployées et participent à la guerre civile angolaise : il y aura jusqu’à 50 000 hommes en permanence, et 300 000 soldats cubains auront été présents en 13 années de conflit. Cette aide militaire de Cuba à l’Angola est connue comme l’“Operación Carlota”.

L’armée cubaine disposait de son propre état-major et constituait en fait la principale force militaire du MPLA avec des régiments d’artillerie et des blindés engagés, tandis que les forces du MPLA constituaient l’infanterie chargée des ratissages, etc. L’URSS s’était chargée du pont aérien, et a également fourni des avions MiG-21 avec des pilotes à l’armée cubaine.

La présence cubaine en Angola a eu en fait deux temps, le premier a été immédiatement après l’indépendance de l’Angola (en fait les premiers hommes, habillés en touristes, sont arrivés un peu avant) et a été décisive pour battre les milices soutenues par le Zaïre, les États-Unis et l’Afrique du Sud qui ont tenté de chasser le MPLA dès l’indépendance du pays. La colonne qui attaquait par le nord a vite été battue et le Zaïre a préféré se retirer du conflit. Au sud la progression a été plus lente, mais l’armée angolaise et les cubains ont fini par récupérer le terrain envahi. Des pourparlers de paix ont alors eu lieu, où Cuba n’était pas présente, qui reconnaissaient l’indépendance de l’Angola, l’Afrique du Sud promettait de ne plus soutenir de mouvements subversifs en Angola, et les cubains se retiraient progressivement.

Le deuxième temps a lieu lorsque les forces cubaines se sont presque entièrement retirées, l’armée sud-africaine pense pouvoir profiter de l’occasion et lance une offensive de grande ampleur à partir de la Namibie. En janvier 1988, la bataille de Cuito Cuanavale oppose 20 000 soldats angolais et 5 000 soldats cubains à 7 000 soldats de l’armée sud-africaine et 10 000 combattants de l’UNITA. Cette bataille, qui constitue la plus importante engagée sur le continent africain depuis la Seconde Guerre mondiale, se solde par un échec relatif de toutes les forces engagées, en dépit des proclamations de victoire des uns et des autres, et marque les limites de la solution militaire. Au nombre impressionnant de soldats angolais et cubains tués répond l’absence de conquête territoriale de l’UNITA qui échoue à prendre la ville aux Cubains.

Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l’Afrique du Sud, l’Angola et Cuba. Parmi ceux-ci, la mise en œuvre de la résolution 435 prévoyant des élections en Namibie sous le contrôle des Nations unies en contre-partie du repli du contingent cubain. Le protocole de Genève est signé le 5 août et le 22 août, l’accord de paix est signé entre l’Angola et l’Afrique du Sud à Ruacana. Le 22 décembre, par l’accord de Brazzaville, un calendrier sur la mise en œuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d’Angola est ratifié par tous les participants au conflit.

Le soutien de Cuba contre la politique d’Apartheid sera reconnu par Nelson Mandela dès 1990 lors de sa libération puis plus tard quand, alors qu’il venait d’être élu à la présidence de l’ANC, il rend visite à Cuba en juillet, ceci après avoir rendu visite à Mouammar Kadhafi en mai 1990 après sa sortie de prison.

Cuba a également envoyé des troupes en Éthiopie en 1977, à partir du moment où la junte militaire dirigée par Mengistu Haile Mariam avait décidé de s’allier à l’URSS.

Dans les années 1980, plusieurs milliers de conseillers militaires ont été envoyés pour soutenir le gouvernement sandiniste du Nicaragua.

En 1976, Pierre Elliott Trudeau, alors Premier ministre du Canada a fait à Cuba l’une des premières visites d’État d’un leader occidental pendant l’embargo imposé par les États-Unis. Ce qui est étrange en raison des différends idéologiques des deux hommes. Il a apporté 4 millions de dollars d’aide canadienne et offert un prêt de 10 millions supplémentaires. Dans son discours, Trudeau a déclaré : “Longue vie au commandant en chef Fidel Castro. Longue vie à l’amitié cubano-canadienne”. L’amitié entre les deux hommes s’est poursuit après le retrait du Premier ministre de ses fonctions et Trudeau s’est rendu à de nombreuses reprises sur l’île dans les années 1980 et 1990. Castro a fait le déplacement au Canada en 2000 à Montréal (Québec) pour assister à ses funérailles. Cela a été d’ailleurs l’une des très rares fois où Castro n’a pas revêtu son traditionnel uniforme militaire vert pour une fonction officielle.

Le 28 mars 1980, un bus de demandeurs d’asile s’est écrasé contre les portes de l’ambassade péruvienne à La Havane. Plus de 10 000 Cubains sont entrés dans l’ambassade en 48 heures. Le 20 avril, Castro a annoncé que tous ceux qui le souhaitaient pouvaient quitter le pays via le port de Mariel à La Havane. Les exilés cubains se sont mis à naviguer vers Mariel formant ce qui a été appelé la “flottille de la liberté”. Selon les gardes-côtes américains, 124 776 Cubains avaient quitté le pays lorsque Castro a fermé les vannes le 26 septembre.

Bien que la plupart des Cubains qui ont quitté l’île pendant cette période aient été des demandeurs d’asile réels, Castro en a profité pour expulser 20 000 citoyens criminels.

Fidel Castro se livre à de virulentes critiques contre la politique américaine d’embargo et les tentatives fréquentes de renversement de son gouvernement. Il condamne aussi la mainmise des entreprises américaines sur les pays en voie de développement et même la politique de santé publique des États-Unis. Il a sévèrement critiqué la politique migratoire de son voisin qui empêche les émigrés cubains de rendre visite à leur famille dans l’île, et qui pousse les migrants à tenter la traversée mortelle.

Il s’oppose aussi à l’attitude des pays développés vis-à-vis des pays en voie de développement, regrettant le poids croissant du service de la dette extérieure. Il accuse les États-Unis d’avoir eux-mêmes organisé les attentats du 11 septembre 2001 et affirme que le Pentagone a été touché avec un missile et non par le vol 77 American Airlines.

Nombreuses sont les accusations dont les États-Unis font l’objet. Pendant la Guerre froide, ils ont provoqué selon le gouvernement cubain de nombreuses attaques secrètes et mortelles contre Cuba afin d’affaiblir le pays et par là même faire tomber le gouvernement Castro. En 1971, une épidémie de peste porcine africaine aurait été importée par des organisations anti-castristes soutenues par la CIA, ce qui a été révélé par la presse américaine en 1977. Les Cubains ont dû abattre la moitié de leurs porcs pour enrayer la maladie. En 1981, une épidémie de dengue a tué 188 personnes, ce qu’une enquête internationale des pays du bloc de l’est, conduite peu après, a attribué aux Américains.

En 1988, le procès du leader d’Omega 7, Eduardo Arocena, pour le meurtre du diplomate cubain Félix García en a apporté de nouvelles preuves. D’autres pathologies telles que la mycète du tabac ou le smut de la canne à sucre leur ont été attribuées, tout comme les tentatives répétées d’assassinat de leaders cubains, qui seraient au nombre de 638 d’après le livre de Fabian Escalante, ancien des services cubains.

En 1989, Castro prend ouvertement parti contre l’évolution des pays “socialistes” vers l’économie de marché et la démocratie représentative.

Le héros de la guerre d’Angola, le général Ochoa, très populaire dans l’armée et l’opinion publique est arrêté pour trafic de drogue. Celui-ci aurait eu recours à des sources de financement illégales pour pallier la réduction des financements apportés par Cuba (dont l’économie commençait à souffrir des nouvelles circonstances internationales) pour financer son corps expéditionnaire en Angola. Sont également arrêtés sous les mêmes chefs d’inculpation José Abrantès, ministre de l’Intérieur et ancien compagnon de Castro lui-même, ainsi que quelques autres représentants de ce ministère. Dans les semaines qui suivent, après que les cinq accusés aient reconnus leur culpabilité, quatre d’entre eux, dont le général, sont condamnés à mort, tandis que l’ancien ministre José Abrantès est condamné à 20 ans de prison mais décédera durant sa période de détention. Pour certains opposants au régime cubain, ce procès résulterait d’une décision de Castro de réaffirmer son autorité en neutralisant un militaire réformateur selon eux en position de réaliser un coup d’État, et le comparent aux grands procès staliniens des années 1936-1938. Pour d’autres, la sévérité de la peine s’expliquerait par la volonté des autorités de maintenir une moralité intransigeante, même en période de crise. Selon l’ex chef des garde du corps Juan Reinaldo Sanchez, ce trafic de drogue impliquait d’autres personnalités dirigeantes cubaines et les coupables ont été exécutés pour empêcher la vérité d’éclater.

En 1998, Jean-Paul II fait une visite officielle à Cuba.

Hugo Chávez, président du Venezuela, et Fidel Castro ont entamé en avril 2005 la mise en œuvre de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), renforçant la coopération entre les deux pays.

Le 31 juillet 2006, à la suite d’une crise intestinale aiguë, Fidel Castro cède temporairement ses pouvoirs au premier vice-président du Conseil d’État, son frère Raúl Castro. Il apparait à la télévision cubaine, visiblement fragilisé, affirmant que sa récupération de l’intervention chirurgicale qu’il avait subie se passait bien. Des doutes persistent néanmoins quant au véritable état de santé du leader cubain. Selon des rapports des services de renseignement américains, Castro serait atteint d’un cancer en phase terminale. Cependant, le 30 janvier 2007, la télévision vénézuélienne diffuse une vidéo en contradiction avec les déclarations américaines, vidéo qui aurait été tournée trois jours auparavant. On y voit Castro debout, s’entretenant avec Hugo Chávez. Sur cette vidéo, il semble en regain de forme et parait avoir repris du poids par rapport à la dernière vidéo d’octobre 2006.

Le 20 avril 2007, après plusieurs mois d’éloignement de ses fonctions, Fidel Castro reçoit à La Havane une délégation officielle chinoise de haut niveau. La durée de la rencontre (une heure) ainsi que les photos parues dans la presse locale semblent confirmer l’évolution positive de l’état de santé du leader cubain.

Le 6 juin 2007, Fidel Castro fait sa grande réapparition, après plus d’un an d’absence, lors d’une interview de 52 minutes à la télévision nationale cubaine. “Tout ce que je puis dire à mes compatriotes, c’est que je fais maintenant ce que je dois faire et rien de plus, il n’y a aucun secret”, a déclaré le leader cubain qui avait fait lui-même de sa santé un “secret d’État” dans son communiqué au lendemain de l’annonce de sa première opération. “Il n’y a aucun secret d’État”, a-t-il répété, avant de viser “l’espionnage” américain en assurant qu’“avec leurs satellites, ils vérifient n’importe quelle personne qui se présente à l’entrée de (ma) porte”. Alors que les responsables cubains répètent depuis plusieurs mois qu’il reviendra prochainement aux affaires, le chef de l’État cubain n’a fait aucune allusion à la question, consacrant l’essentiel de l’entretien à rendre hommage au Viêt-nam, un “pays-frère” allié de Cuba.

Depuis le 29 mars 2007, Fidel Castro signe des articles politiques publiés dans la presse officielle cubaine. Son allié le président vénézuélien Hugo Chávez affirme régulièrement que l’état de santé du leader cubain est bon et dément des spéculations sur sa mort. Enfin, le 21 septembre 2007, plus de trois mois après sa dernière prestation télévisée, Fidel Castro réapparait sur le petit écran pour démentir ces rumeurs. “Eh bien, je suis là. Il est moribond, il est mort, il va mourir après-demain. Eh bien, personne ne sait quel jour il va mourir” a plaisanté le leader cubain au terme de l’entretien d’une heure.

Le 2 décembre 2007, le leader cubain est choisi comme candidat à l’Assemblée nationale en vue des élections du 20 janvier 2008 ce qui lui permet théoriquement de se présenter au scrutin présidentiel.

Puis, le 18 décembre 2007, Castro laisse entendre qu’il est prêt à abandonner formellement le pouvoir. “Mon devoir élémentaire consiste à ne pas m’accrocher à des fonctions et à ne pas non plus faire obstacle à l’émergence de personnes plus jeunes” écrit-il dans une lettre adressée au peuple cubain.

Dans un texte publié le 24 janvier 2008 à la première page des quotidiens cubains, l’ancien révolutionnaire a dévoilé pour la première fois quelques détails sur cet épisode douloureux de sa vie. “Quand je suis tombé gravement malade la nuit du 26 et à l’aube du 27 juillet, j’ai pensé que ce serait la fin”, écrit-il. “Tandis que les médecins luttaient pour ma vie, le conseiller en chef du Conseil d’État a lu sur mon insistance le texte et j’ai dicté les changements à apporter”, poursuit-il, faisant référence à ses mémoires.

Enfin le 19 février 2008, Fidel Castro annonce son retrait de la tête de l’état cubain. Les analystes politiques s’accordent à penser qu’il jouera un rôle de “patriarche” vigilant. Son frère Raúl Castro lui succède le 24 février.

Depuis son retrait du pouvoir, Fidel Castro, s’il ne gère plus les affaires quotidiennes, reste présent et influent dans la société cubaine. Il a publié un livre, La Paz en Colombia (“La paix en Colombie”), téléchargeable librement, ainsi que le premier tome de ses Mémoires, Les chemins de la victoire, et il intervient dans le débat politique en multipliant ses réflexions sur l’actualité au travers de chroniques périodiques dans la presse cubaine. En outre, il reçoit régulièrement des personnalités et des chefs d’État comme c’était le cas de son ami le Vénézuélien Hugo Chávez, encore peu avant son décès en mars 2013.

Le 23 janvier 2009, de nouvelles photos de Fidel Castro, les premières depuis novembre 2008, sont diffusées par la présidence argentine prises deux jours plus tôt lors de la rencontre entre Cristina Fernández de Kirchner et l’ancien dirigeant cubain. Dans une brève “réflexion” publiée dans la presse cubaine, Fidel Castro évoque l’éventualité de sa mort peut-être prochaine.

Depuis son départ, Fidel Castro vit dans une finca, palais-bunker de Punto Cero à une dizaine de kilomètres à l’ouest de la Havane. Dans cette résidence très gardée, il combat une santé qui se dégrade. Il ne fait plus de voyages à l’étranger et ses apparitions en public se raréfient. Les médias de l’île révèlent qu’il se consacre essentiellement à l’écriture. Il reçoit également des visiteurs, en particulier des chefs d’État sud-américains comme le président vénézuélien Nicolás Maduro, les présidentes brésilienne Dilma Rousseff ou argentine Cristina Kirchner, mais également des dignitaires de pays alliés tel que le Premier ministre vietnamien Nguyen Tan Dung, le président russe Vladimir Poutine ou encore le ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi. Il a aussi rencontré le pape Benoît XVI. En avril 2013, il apparaît à l’inauguration d’une école de son quartier et rend hommage à l’occasion à son ami récemment disparu Hugo Chávez. Toutefois, le premier vice-président cubain Miguel Diaz-Canel affirme en avril 2014 que Fidel Castro “va bien”.

Il réapparaît le 8 janvier 2014 lors d’une exposition d’art du peintre Kcho. Elle a lieu 55 ans jour pour jour après sa prise de pouvoir. L’ancien dirigeant cubain, âgé de 87 ans, y est apparu affaibli et vieillissant, voûté, avec des difficultés évidentes aux gestes les plus simples, en s’appuyant sur une canne pour progresser ou bien nécessitant une aide. Ensuite, ses rares apparitions publiques ne sont communiquées que par des photographies à l’image de sa rencontre avec le président français François Hollande le 11 mai 2015, premier dirigeant occidental à mettre les pieds sur l’île depuis Jean Chrétien en 1998. Le 20 septembre 2015, il apparaît recevant à son domicile le pape François durant une quarantaine de minutes, et parlent notamment d’environnement. Lors de cet entretien, ils s’échangent également des livres. Le pape François lui en offre quatre, dont deux de théologie, et Fidel Castro lui dédicace son livre Fidel et la religion, conversations avec Frei Betto.

Le 25 novembre 2016, son frère et successeur Raúl Castro annonce, lors d’une allocution télévisée, la mort à l’âge de 90 ans du “commandant en chef de la Révolution cubaine” survenue le soir même à 22 h 29 (heure locale). Il précise que selon les dernières volontés du défunt sa dépouille sera incinérée dès le lendemain aux premières heures de la matinée. Par ailleurs, neuf jours de deuil national ont été décrétés par les autorités.

Son décès a conduit à des déclarations de divers chefs d’État. Ainsi, Donald Trump a tweeté “Fidel Castro est mort !” alors que Barack Obama a considéré que “l’Histoire jugera l’impact énorme de Fidel Castro”. Pour la Maison-Blanche, “we extend a hand of friendship to the Cuban people. We know that this moment fills Cubans – in Cuba and in the United States – with powerful emotions, recalling the countless ways in which Fidel Castro altered the course of individual lives, families, and of the Cuban nation. History will record and judge the enormous impact of this singular figure on the people and world around him”. “Nous tendons une main d’amitié au peuple cubain. Nous savons que ce moment inspire aux Cubains – résidents à Cuba et aux États-Unis – de profondes et puissantes émotions, rappelant les innombrables manières dont Fidel Castro a changé le cours de la vie des personnes, des familles et de la nation cubaine. L’histoire retiendra et jugera l’immense influence de cette personnalité singulière sur les gens et le monde autour de lui”.

Pour le président de la République populaire de Chine Xi Jinping, “Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère”.

Pour Vladimir Poutine, “Cet homme d’État émérite est à juste titre considéré comme le symbole d’une époque de l’Histoire moderne du monde”. Pour Mikhaïl Gorbatchev, “Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu mener son pays sur la voie du développement indépendant”.

Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, il était “l’une des personnalités les plus iconiques du XXème siècle”.

D’après le Premier ministre slovaque dont l’État préside à ce moment l’Union européenne, “Cuba n’a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui à tort ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage”.

Pour le Premier ministre canadien Justin Trudeau, les Canadiens “s’associent au peuple cubain dans le deuil” après la mort de Fidel Castro et “la perte d’un leader remarquable”.

Pour Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, il était “une personnalité unique qui a combattu contre le colonialisme et l’exploitation”, “un modèle des luttes pour l’indépendance des nations opprimées”.

Pour Nicolás Maduro, “Tous les révolutionnaires du monde, nous devons poursuivre son héritage et sa bannière d’indépendance, de socialisme, de patrie humaine”.

Castro consolide le contrôle de l’État sur la production en nationalisant les industries, en expropriant aussi bien les Cubains que les non-Cubains et en mettant en place des politiques sociales. Nombre de Cubains, à cause des expropriations, de la pauvreté ou pour des raisons politiques, ont quitté l’île, la plupart pour Miami, en Floride, où ils ont constitué une importante communauté anti-castriste. À cause de la politique des blocs durant la Guerre froide, et à cause de l’embargo établi par les États-Unis, Cuba devient de plus en plus dépendant des échanges commerciaux avec l’URSS et le bloc de l’Est, qui représentaient environ 50 % de son PNB réel, dont une aide importante sous la forme de prix surévalués. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 a eu de sévères répercussions sur l’économie du pays.

Les sanctions économiques des États-Unis contre Cuba, interdisant notamment aux touristes américains de s’y rendre, sont un facteur majeur du sous-développement de l’île. Cependant l’embargo n’empêche pas Cuba, pour des produits ne contenant aucune technologie américaine, de commercer avec les autres pays. Les États-Unis contrôlent les filiales étrangères des compagnies américaines qui commercent avec Cuba et imposent des sanctions aux compagnies étrangères qui font des bénéfices sur des propriétés nationalisées sans compensation. Ils restreignent également leurs propres échanges avec les petits pays qui traitent avec Cuba. Cependant les États-Unis sont de fait le premier partenaire commercial de Cuba. Un bateau qui a accosté dans un port cubain ne peut, avant trois mois, entrer dans un port américain.

Cuba est la deuxième destination touristique des Caraïbes la plus prisée (derrière la République dominicaine) ce qui lui apporte des devises étrangères vitales. L’île reçoit également d’importants revenus (on les estime à 850 millions de dollars) de la part de Cubains exilés, qui en envoient à leur famille ou à leurs amis. En échange de personnel médical, Cuba reçoit également du pétrole en provenance du Venezuela, à la suite de la suppression du canal d’alimentation de l’Europe de l’Est.

Ces dernières années, Fidel Castro a encouragé le développement de la biotechnologie pour soutenir l’économie cubaine et trouver des substituts à la dépendance extérieure cubaine en matière de produits de santé. Cette politique a fait craindre un développement d’armes biologiques par Cuba. Aussi, en 2002, l’un des objectifs de la visite de l’ancien président Carter était-elle de visiter les sites d’ingénierie génétique. Depuis, l’île a bénéficié des exportations de technologie médicale et de la croissance du tourisme à but sanitaire.

La communication du gouvernement cubain à propos des réalisations économiques et sociales met un fort accent sur deux domaines phares : l’éducation et la santé. À Cuba, chacun peut accéder aux soins et à l’éducation. Depuis la Révolution, ces deux domaines montrent des statistiques officielles très bonnes, parmi les meilleures d’Amérique latine.

En 2000, un demi-siècle après la Révolution, les taux officiels cubains se sont améliorés tant pour l’alphabétisation (96%) que pour la mortalité infantile (0,9%). Le PNB par habitant, lui, est devenu médiocre et place Cuba parmi les pays pauvres ou relativement pauvres. Cuba avant l’arrivée au pouvoir de Castro était un des pays d’Amérique latine les plus développés. Cependant, le PNB ne tient pas compte d’une quantité de services gratuits ou subventionnés dont les Cubains profitent. Ainsi, il faut relativiser ces statistiques, car elles ne montrent pas la réalité d’autant plus que les richesses du pays profitaient essentiellement à une petite partie de la population avant la Révolution.

Selon les statistiques de l’UNESCO, le taux d’instruction de base à Cuba est l’un des plus élevés d’Amérique latine.

La campagne d’alphabétisation engagée par Fidel Castro a été concentrée sur les campagnes, notamment celles de la province Oriente où le niveau d’éducation était de l’ordre de 50 % avec un fort taux d’immigrés venant notamment d’Haïti. Lors d’un discours à l’automne 1960 devant les Nations unies, Fidel Castro a annoncé que Cuba serait “le seul pays qui pourra dire, après quelques mois, qu’il ne possède plus un seul illettré”. Près de 270 000 professeurs et étudiants ont été envoyés à travers le pays pour apprendre à lire et à écrire à ceux qui le souhaitaient. Les personnes qui terminaient leur cycle d’études étaient encouragées à envoyer une lettre à Fidel Castro comme test. Le musée national de l’instruction cubaine conserve 700 000 de ces courriers. La télévision cubaine diffuse, en plus des programmes de divertissement, des cours du second degré pour la population adulte.

L’opposant cubain Jacobo Machover relativise les réussites du système éducatif cubain. Selon lui, “l’éducation massifiée, gratuite et accessible à tous, tient davantage de l’endoctrinement que de l’acquisition des savoirs. Et les élèves contribuent eux-mêmes à leur propre entretien, obligés qu’ils sont de participer à des travaux agricoles non rémunérés en effectuant des séjours prolongés à l’école de la campagne. Le système castriste a fondé un enseignement à plusieurs vitesses, avec l’existence de vocacionales, réservées en théorie aux meilleurs élèves, en pratique aux enfants des dirigeants du Parti. Quant à l’université, elle est interdite à tous ceux qui n’ont pas un dossier révolutionnaire à toute épreuve. Les séances de critiques et d’autocritiques publiques, à la suite desquelles les étudiants accusés d’attitudes déviantes ou de diversionnisme idéologique font l’objet d’une exclusion immédiate, sont monnaie courante. Pour tous, privilégiés ou non, l’apprentissage du matérialisme dialectique et historique est de règle”.

Le système de santé s’affiche d’excellente qualité. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro a été le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La mortalité infantile est la plus basse de la région, avec toutefois un fort taux d’avortements, notamment pour raison médicale. La majeure partie du travail effectué par Cuba en matière de santé a porté sur l’enfance. Les média cubains mettent fréquemment en avant la différence entre les enfants cubains et ceux de Bogotá, Los Angeles, Buenos Aires, les “pueblos jóvenes” du Pérou, ou les favelas du Brésil. Tous les enfants cubains ont le droit d’acheter un litre du lait par jour à un prix abordable jusqu’à l’âge de 7 ans. L’espérance de vie à Cuba est officiellement à peine inférieure à celle des États-Unis en 2002, et est la plus élevée de toute l’Amérique latine. L’espérance de vie est passée de moins de 60 ans en 1959 à 73 ans en 2004, montrant l’amélioration des conditions de vie depuis le début du XXème siècle.

Environ 20 000 médecins ont été envoyés par Cuba auprès de 60 pays du tiers monde.

Selon un sondage réalisé en septembre 2006 par l’entreprise américaine Gallup dans les villes cubaines de la Havane et de Santiago, 49 % contre 39 % de leur population soutiennent le gouvernement actuel. Contrairement à 80 % des habitants urbains d’Amérique latine, uniquement 26 % d’entre eux sont satisfaits de leur liberté individuelle.

Fidel Castro n’organise pas de culte de la personnalité : on ne trouvera pas dans l’ile de statue du personnage. Il a été représenté deux fois sur un timbre. La première fois en 1974, en commémoration de la visite de Leonid Brejnev, puis en 1999, sur un timbre commémorant le 40èmeanniversaire de la Révolution. Le régime a plutôt encouragé l’admiration envers le héros de l’indépendance, José Martí, ou les martyrs de la révolution tels que Camilo Cienfuegos et surtout Che Guevara.

En France, son amitié et sa caution restent revendiquées par des hommes et des femmes politiques socialistes, en particulier Jack Lang et Danielle Mitterrand.

De nombreuses personnalités de carrure internationale, revendiquent leur amitié envers le “Comandante”, de l’acteur américain Danny Glover, en passant par Desmond Tutu, Nelson Mandela ou bien Rigoberta Menchu.

Cependant, à l’étranger cette image est depuis longtemps contestée du fait du nombre de prisonniers politiques : “Depuis quarante ans, Amnesty International fait campagne contre les atteintes aux droits humains perpétrées par le gouvernement cubain ; l’organisation s’est élevée, en particulier, contre l’emprisonnement de dissidents politiques et de journalistes, victimes des sévères restrictions imposées à la liberté d’expression, d’association et de réunion”.

Dans de nombreux pays dits du tiers-monde, Fidel Castro bénéficie d’une grande popularité, notamment en Amérique latine. Lors de son retrait du pouvoir en 2008, de nombreux chefs d’états lui ont rendu hommage. Lula da Silva, président du Brésil, l’a qualifié de “seul mythe vivant de l’histoire de l’humanité”. Hugo Chávez, président du Venezuela, a quant à lui déclaré que “les hommes comme Fidel ne se retirent jamais”. Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega au Nicaragua, les dirigeants de l’ANC en Afrique du Sud, ou encore ceux du MPLA en Angola ont également assuré le président cubain de leur soutien.

D’autres personnalités politiques ou associatives sud-américaines ont manifesté leur admiration pour Fidel Castro. C’est le cas de Rosario Ibarra, sénatrice mexicaine, de João Pedro Stedile, président du Mouvement des sans-terre au Brésil, ou de Hebe de Bonafi, présidente de l’Association des mères de la place de Mai en Argentine. Portia Simpson-Miller, ex-Premier ministre de la Jamaïque, a affirmé “c’est une légende, un géant, un champion”.

Adolfo Pérez Esquivel, argentin qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1980 pour son action en faveur des droits humains, dit avoir “toujours été étonné par l’humanité que dégageait Fidel Castro”. Il décrit le révolutionnaire comme “l’un des plus grands hommes d’État”, un “homme de culture” et “un intellectuel avec une vision parfois quasi prophétique”. Eduardo Galeano, écrivain uruguayen, compare Fidel Castro à Don Quichotte. Il évoque la “volonté têtue et l’archaïque sens de l’honneur de ce chevalier qui sans cesse s’est battu en faveur des perdants, comme son fameux collègue des campagnes de la Mancha”.

Gabriel García Márquez, colombien titulaire d’un prix Nobel de littérature, insiste sur “la confiance absolue qu’il place dans le contact direct”, et écrit : “Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. […] Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu’aux limites de l’imprévu”.

Bien qu’elles soient beaucoup moins nombreuses qu’en Amérique du Sud, certaines personnalités en France ont apporté leur soutien à Fidel Castro. Georges Marchais, ancien secrétaire général du Parti communiste français, était l’un de ses amis personnels. Danielle Mitterrand a également pris parti pour le gouvernement de l’île. Elle s’est rendue à la cérémonie organisée pour les 80 ans du dirigeant, tout comme l’acteur Gérard Depardieu. Salim Lamrani, journaliste français, dit avoir été surpris, lors d’un meeting du président cubain, par “la facilité qu’il a à dialoguer avec les gens, qui s’approchaient de lui et lui parlaient comme s’il était leur voisin de palier”.

Ricardo Alarcón de Quesada, président de l’Assemblée Nationale de Cuba, explique ainsi les réélections successives de Fidel Castro : “Sa légitimité historique, ses qualités personnelles, […] son autorité, son prestige au niveau international expliquent l’unanimité qu’il fait auprès des citoyens” ; “il n’a jamais menti au peuple et ne s’est pas enrichi à ses dépens. […] Pourquoi cesserions-nous d’élire un homme d’une stature aussi exceptionnelle ?” Il lui prête également une “capacité d’autocritique extraordinaire” et une grande intuition.

Des milliers de Cubains ont quitté le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, pour des raisons politiques et/ou économiques. En août 1994, alors que le régime est installé depuis 35 ans, ce sont encore 32 000 Cubains qui préfèrent quitter l’île sur des radeaux. Selon le journal communiste l’Humanité, chaque année, 20 000 Cubains demandent un visa pour les États-Unis.

Plusieurs milliers d’entre eux se sont engagés dans des organisations plus ou moins aidées par le gouvernement des États-Unis, en vue de le renverser ou du moins de contester son régime, les actions violentes des années 1960 ayant échoué. Jacobo Machover estime à plusieurs centaines de milliers le nombre des opposants à Fidel Castro.

Le 23 avril 2003, les membres de l’association Reporters sans frontières (RSF) accompagnés d’un journaliste de 20 Minutes, du cinéaste Romain Goupil, de l’écrivain Zoé Valdés et du philosophe et chroniqueur au Monde Pascal Bruckner ont manifesté devant l’ambassade cubaine à Paris contre la condamnation de 78 Cubains accusés de “conspiration”. Ils ont bloqué les entrées avec des chaînes et cadenas, et déclarent avoir alors été frappés par des employés de l’ambassade munis de bâtons et de barres de fer, sortis dans la rue. Il y a quatre blessés. L’association Cuba-Si, favorable au régime, parle de “calomnie”. Salim Lamrani et l’ambassadeur cubain donnent une version de l’évènement très différente de celle défendue par RSF. Cependant la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) condamne “la violente réaction” des employés de l’ambassade. RSF en propose le film sur son site, où ne figurent pas les actes de violence.

Des dissidents cubains ont déposé une requête devant l’Audience nationale, la plus haute instance de la justice espagnole, le vendredi 14 octobre 2005 pour demander l’inculpation de Fidel Castro pour génocide, crimes contre l’humanité, torture et terrorisme.

Des opposants politiques sont morts emprisonnés dans les prisons cubaines, parmi lesquels le plus célèbre est le poète catholique Pedro Luis Boitel. Beaucoup d’écrivains ont été également persécutés leur vie durant sans pouvoir quitter librement Cuba, comme Reinaldo Arenas (qui est parvenu à s’enfuir en tant qu’homosexuel mais s’est suicida aux États-Unis), José Lezama Lima ou Virgilio Piñera.

Huber Matos, qui était le premier pourvoyeur d’armes (5 tonnes) données par le président costaricien José Figueres Ferrer, sympathisant de la lutte du peuple cubain, a fait 20 ans de prison (au jour près) pour trahison et sédition. Selon ses paroles, c’était un moyen de Fidel Castro, pour éliminer la concurrence politique.

De nombreux opposants ont connu la prison. L’un des plus célèbre est Armando Valladares qui a raconté son expérience dans Against All Hope, condamné pour avoir placé des explosifs dans la Havane en 1960. Regis Debray, qui a été envoyé par François Mitterrand pour obtenir sa libération en 1980, a écrit plus tard que Armando Valladares s’était fait passer pour un poète paralytique alors qu’il était en réalité en parfaite santé. Ce dernier a obtenu d’ailleurs par la suite la nationalité américaine et est devenu ambassadeur de Ronald Reagan auprès des Nations unies.

Au fur et à mesure de l’évolution de la Révolution, le nombre de prisonniers politiques a décru.

Après la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l’Union soviétique, la guerre froide étant terminée, le gouvernement cubain se concentre sur les problèmes économiques afin d’obtenir des pays occidentaux y compris les États-Unis d’Amérique des aides financières et humanitaires.

Cependant, la répression demeure très élevée selon Amnesty International : “Au cours de l’année 2006, on a constaté une augmentation des actes de harcèlement public et d’intimidation des critiques du régime et dissidents politiques par des groupes quasi officiels lors d’opérations dites de répudiation.

Les actes de répudiation ou manifestations organisées par des partisans du gouvernement qui s’en prennent à des dissidents politiques ou des critiques du régime sont en hausse.

“(…) les manifestations de répudiation de dissidents étaient d’une violence inouïe, verbale en général, mais j’ai vu des gens déshabiller complètement une femme et, là-bas, la police est totalement du côté des manifestants. Je ne veux pas me souvenir de cela. (L’Humanité du 30 octobre 1999)

De nombreuses arrestation ont lieu au motif de “dangerosité sociale”, définie comme une “propension à commettre une infraction” cette mesure de prison préventive qui concerne l’ivrognerie, la toxicomanie ne s’est appliquée qu’aux opposants et peut aller jusqu’à quatre ans d’emprisonnement.

Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 317 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l’accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

En 2003, le magazine américain Forbes estime la fortune de Fidel Castro à “au moins 110 millions de dollars”. En 2004 à 150 millions ; puis, en 2005, à 550 millions de USD. Et enfin en 2006, à 900 millions de dollars américains selon d’ex-fonctionnaires cubains. Jusqu’en 2003, le magazine se contentait d’attribuer, de manière arbitraire, une partie du PIB cubain, environ 10%, à Fidel Castro. Pour l’année 2006, la valeur des entreprises d’État a été comptabilisée comme relevant de sa fortune personnelle.

Celui-ci a démenti ces affirmations et annonce qu’il ne gagne que 900 pesos (l’équivalent de 40 $US) par mois, il s’est par ailleurs engagé à quitter ses fonctions si la preuve est apportée qu’il possède une telle fortune. En mai 2006, il déclare “Je ne suis pas né totalement pauvre. Mon père possédait des milliers d’hectares de terre. À la victoire de la révolution, toutes ces terres ont été remises aux paysans. [ … ] Toute ma fortune, M. Bush, tient dans la poche de votre chemise !

En 2014, son ancien garde du corps Juan Reinaldo Sánchez décrit dans son livre La vie cachée de Fidel Castro le « sanctuaire » et le « paradis » que constitue la propriété de Fidel Castro à Cayo Piedra. Ce que l’ancien chef d’État a toujours présenté comme une cabane de pêche serait en fait une propriété luxueuse s’étendant sur deux îles reliées par un pont, entourée d’un périmètre délimité ultra-protégé, avec piste d’hélicoptère, restaurant flottant, et zoo marin. Il aurait également participé pour des raisons stratégiques àl’empoisonnement des États-Unis via un trafic de cocaïne au passage duquel le régime cubain tirait profit.[Quoi ?]

Sa sœur cadette, Juanita Castro, exilée aux États-Unis depuis 1964, a déclaré en octobre 2009 avoir travaillé pour la CIA de 1961 à son départ de Cuba.

Alina Fernández, une des filles naturelles de Fidel Castro, a fui Cuba en 1993 et ne cesse de s’opposer publiquement à son père et à sa politique. Elle est installée depuis 2001 à Miami.

Au total, au moins six membres de sa famille se sont installés à Little Havana, le quartier cubain de cette ville : sa sœur, deux de ses filles et trois de ses petits-enfants, qui mènent une vie en général loin des médias.

La ligne “est allé à Cuba rencontrer Castro” dans Let Robeson Sing ne s’applique pas qu’à Paul Robeson, mais aussi aux Manics eux-mêmes. En février 2001, ils ont donné un concert à La Havane, le plus grand concert organisé par un groupe occidental à Cuba depuis 1979, lorsque Billy Joel y a joué. Castro a surpris la public des Manics en étant l’invité d’honneur à leur concert au Karl Marx Theatre. La veille au soir, il avait déjà causé brièvement avec les Manics.

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