“What appealed to me were its gaps and those moments when the story that has lost its voice somehow recovers it”

Greil Marcus (1945) – Pochette de Lipstick Traces (A Secret History Of Manic Street Preachers)

Comme Jon Savage et Nik Cohn, Greil Marcus est un critique rock et un écrivain américain. Marcus est un critique dans le sens d’un critique comme analyste, philosophe et penseur.

L’œuvre de Greil Marcus se caractérise par une double vision à la fois exotérique et ésotérique des mouvements artistiques. Les liens qui relient entre eux les deux sphères : le monde et l’antimonde, représentent parfois un acte conscient, assumé par certains artistes, ou totalement inconscient comme les dangereux courants gnostiques et dadaistes qui secouent le frêle esquif du groupe punk. Pour Greil Marcus il existe ainsi des forces qui dépassent l’individu et qui prennent possession de son génie jusqu’à la mort et la destruction. La vision de Greil Marcus est paradoxalement inquiétante puisqu’elle-même s’appuie sur les concepts gnostiques du “daemon”, reprenant pour la musique, la thèse de Siegfried Kracauer dans le “Caligari à Hitler”, qui démontrait l’irruption de “forces” sombres dans le cinéma allemand, forces qui seront détournées par le nazisme à venir…

Pour Marcus, ces forces obscures sont bien sûr des “archétypes” anciens qui continuent à irriguer l’histoire souterraine de l’humanité, et s’il ne peut donner une finalité morale à l’histoire dramatique du punk, il se contente, à la manière d’un médecin légiste, d’observer incrédule les stigmates sur le corps supplicié de Sid Vicious, chaman gnostique et nihiliste brûlé par un feu venu du fond des âges.

Homme de lettres, Greil Marcus aime à faire partager son savoir, c’est ainsi qu’il donne des conférences à l’image de celle organisée organisé par les soirées nomades de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, dans le cadre de l’exposition Rock’n’Roll 39-59. Les organisateurs ont en effet invité ce spécialiste du rock’n’roll à présenter une conférence inédite sur l’incontournable Buddy Holly.

Son œuvre la plus célèbre est Lipstick Traces dans lequel il analyse le punk (surtout les Sex Pistols et le Clash) par rapport aux pensées des situationnistes (voir “Twentieth century architects should be building adventures.” et “Young Guys, Young Girls. Talent wanted for getting out of this and playing. No special qualifications. Whether you’re beautiful or you’re bright. History could be on your side.”), des dadaistes et d’autres. Ses trois hypothèses sont : que rien n’est vraiment sorti des États-Unis, que la scène punk était “une sorte de disque géant en réponse à Anarchy In The UK et que le chant de Johnny Rotten était une articulation semi-consciente de l’héritage situationniste/dada/cathare.

VOIR AUSSI :

  • Lipstick Traces (A Secret History Of Manic Street Preachers) [Expressions]
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