Virgin Radio – 12 juin 2004 : Interview de James Dean Bradfield

L’interview courte : Ouvrir pour les Who va être marrant parce que c’est sur leurs disques que j’ai appris à jouer de la guitare. Si tu y réfléchis bien, c’est un peu étrange et ça peut te transformer mais pour être honnête, je suis un peu trop vieux pour être transformé par quoi que ce soit alors j’attends tout simplement cela avec impatience. J’attends vraiment avec impatience de voir si Pete Townshend peut toujours sauter aussi haut qu’avant. Je pense avoir engourdi mes sens avec l’alcool et les cigarettes. J’ai une érosion du lobe frontal alors peut-être que ce gêne du trac a été éradiqué chez moi maintenant. Et aussi j’ai fait cela pendant un moment. Je pense que le trac a été remplacé par l’excitation.

L’interview plus longue : Samedi soir, le soleil est là, la bière coule à flot et James Dean Bradfield ressemble en tous points à une rock star. Comment ça va ?
J : Je sais pas, je prendrais ce que tu prends je pense.
L’atmosphère ressemble à celle d’un vieux festival.
J : Ouais, je ne suis là, je ne peux mentir, que depuis une demi-heure. Mais ça semble très civilisé, très propre.
C’est bien, hein ?, l’Île de Wight est un endroit très propre.
J : Je vois ça. Je pense que c’est un peu conservateur ici. Mais je ne sais pas vraiment. Je ne suis pas là depuis longtemps alors…
J’ai du mal à croire en te regardant que tu vas être sur scène dans une heure et demie parce que tu bois une tasse de thé (J : Je sais) et que tu portes un pantalon pratique…
J : Je sais, en fait je ne sais pas s’il est pratique, je pense qu’il est sous-estimé. Mais c’est bizarre parce qu’on n’a pas fait de concert depuis 10 mois et qu’on écrit de nouveaux trucs. Pour être honnête, j’attends avec impatience ce concert mais on est en plein milieu d’essayer de finir un nouveau disque alors ces dernières semaines ont été un peu dingue pour nous parce qu’on a répété pour aujourd’hui et qu’on essaye de préparer des trucs pour un nouveau disque aussi.
N’es-tu pas du tout nerveux ?
J : Ouais un peu parce que comme j’ai dit ça fait 10 mois et ouais je veux dire… il y a toujours incontestablement un peu de rouille quand on n’a pas fait de concert pendant un moment mais je suppose que ce genre d’inégalité — ce genre d’art de s’effondrer sur scène peut donner de bonnes choses parfois.
Fais moi confiance, tu joues avec les Who. Ils ont fait de cela une forme d’art depuis des années.
J : Ouais, c’est vrai…
(L’animateur suggère qu’ils essayent de) bousiller la batterie et tout ce genre de choses ainsi que peut-être quelques sauts à la Pete Townshend.
J : Ouais, je suppose ouais. Je pense qu’il reste le plus haut sauteur du business pour ainsi parler mais non je veux dire je suis nerveux, mais ça sera cool.
Mais cela sera comme faire du vélo cependant, dès que tu y seras tu seras nerveux pendant les dix premières secondes et après tu feras ce que tu sais faire et ce sera les Manic Street Preachers.
J : Ouais tu peux faire cette analogie avec faire du vélo mais au moins quand tu étais jeune tu pouvais utiliser des stabilisateurs.
On va te trouver de gros stabilisateurs rock…
J : Ouais, mais ça n’existe pas les stabilisateurs de groupe rock, à part de copieuses quantités de (animateur : alcool) “trucs” que je ne consomme pas, alors…
Alors parle nous de ce nouvel album alors. Évidemment, M. Bowie joue demain soir et une grande partie de cet album est produite par Tony Visconti, non ?
J : En fait, on est allés faire quatre morceaux dont trois vont se retrouver sur l’album. Alors je dirais qu’environ un tiers de l’album est fait par Tony Visconti, ce qui a toujours été ce qui était prévu. On a toujours voulu commencer avec lui et continuer tous seuls. Tu sais, continuer à faire ça quasiment tous seuls. Et ça a marché comme on voulait parce que travailler avec lui nous a redonné un peu de confiance pour continuer ce qu’on faisait. Il nous a en quelque sorte confirmé qu’on allait dans la bonne direction. Alors ça a marché dans ce sens. C’était vraiment bien, je veux dire, je ne sais pas du tout s’il est là pour le concert de M. Bowie…
Tu sais, cela ne m’étonnerait pas parce que je sais que Jim Lowe produisait les Stereophonics hier soir (J : Ouais) et une grande partie des groupes emmènent leurs ingénieurs (J : Ouais) alors cela ne m’étonnerait pas si Tony était là pour David (J : Ouais) mais il ne va pas travailler pour vous (James imite Visconti : Salut James, comment ça va mec ?)
J : C’est un gentleman très calme et agréable. Il est cool.
Est-ce qu’une partie de son son a en quelque sorte passé sur vous de telle manière, tu sais, tu dis que vous avez fait les trois chansons puis avez continué seuls — une petite partie de sa manière de travailler dans le studio a continué peut-être ?
J : Je pense qu’il a simplement confirmé les choses qu’on découvre quand on fait autant d’albums que nous je suppose, c’est très rarement qu’un producteur te fait sonner comme quelque chose. Ils peuvent te mettre au point, ils peuvent te dire ce que tu fais bien et ce que tu fais mal. Mais habituellement, un grand producteur tire parti des bonnes choses du nouveau matériel et c’est ce qu’il a vraiment fait.

C’est un peu ironique parce qu’on est revenus et on a fait cette chanson qui sonne comme si elle avait été produite par Tony Visconti mais ce n’est pas le cas. On l’a faite nous-mêmes et on a volé tous ses trucs pour ce morceau, tous ses vieux trucs, tu sais. Alors je pense qu’on semble être le genre de groupe qui répond à ce genre pratiquement imposant d’autorité, tu sais, comme Mike Hedges avant et Tony Visconti aujourd’hui. On semble répondre à cette figure paternelle.
Choississez-vous avec qui vous voulez travailler — y a-t-il un producteur… Je veux dire en ce moment il y a ces producteurs qui deviennent quasiment des rock stars de leur propre chef (il propose des noms)
J : Damon Dash
Ouais… Damian Dash. Chaque fois que je regarde MTV Cribs, je tombe sur sa saleté de maison. Apparemment il porte ses baskets une journée et il les jette. (J : Ouais… c’est un bon truc) Ouais, comme si.
J : Je ne sais pas, je veux dire on choisit toujours avec qui on veut travailler. Les différentes personnes avec qui on travaille n’ont jamais rien représenté à part qu’elles étaient toujours les bonnes personnes au bon moment. Ainsi on choisit toujours nous-mêmes. Cette fois, comme j’ai dit, c’était presque un boost de confiance, le travail qu’on a fait avec Tony. Puis on a continué par travailler avec quelqu’un du Pays de Galles nommé Greg Haver. Et on a senti comme si on avait redécouvert quelque chose. Ils nous a donné la confiance et on a fait ce genre de choses.
J’ai déménagé la semaine dernière et j’ai mis tous mes CD dans un carton. Alors que je les emmenais dans ma nouvelle maison, Lipstick Traces est tombé. Je l’ai mis sur la platine et je l’ai écouté — quand on l’écoute et puis quand on écoute certains des morceaux du nouvel album, c’est un son complètement différent, comment suit-il ce que je suppose être la dernière chose qu’ont ait entendu de vous qui était en fait un album de raretés de toute façon.
J : Ouais ouais, euh, je dirais que ça aurait été facile pour nous d’aller en studio, faire un album rock et choisir “C’est la quintessence des Manic Street Preachers du punk” mais ça aurait été facile pour nous de faire ça. Alors c’était ce dont on voulait s’éloigner. Et je pense que sur Lipstick Traces il y a une essence de ce genre de choses. Et sur cet album je pense juste qu’on s’est rendu compte que tout au long de notre histoire certains des meilleurs moments étaient noyés dans la mélodie, que ce soit Design For Life ou If You Tolerate This ou Motorcycle Emptiness tu sais, ou même You Love Us tu sais. On a juste laissé les mélodies nous guider. On a décidé de ne pas avoir honte de ces mélodies. C’est à dire que là où dans le passé j’aurais juste mis un solo de guitare, aujourd’hui il y a plus de claviers dessus aussi. C’est juste plus direct mais je pense qu’il a un côté pop.
On n’aurait pu rêver d’un meilleur weekend, sur le plan du temps, le temps est fantastique. L’Île de Wight est un superbe endroit pour un concert, c’est un festival légendaire. Qui attends-tu le plus de voir ? Es-tu déjà venu en vacances ici — mais évidemment en tant que Gallois tu as l’Île de Barry alors tu n’as pas besoin de venir à l’Île de Wight (J : Choisis un meilleur exemple que l’Île de Barry — elle est charmante, avant que je n’ai des problèmes avec l’Office du Tourisme Gallois) C’est une radio nationale.
J : Je suis venu ici avec l’école quand j’avais environ dix ans je pense — 10 ou 11 ans. Nick n’est pas venu parce qu’il ne venait jamais lors de voyages scolaires. Il a toujours eu le mal des transports, ce qui a été un problème quand il s’est rendu compte qu’il devait voyager dans un bus la moitié du temps dans un groupe. Je me souviens d’être venu au château, je pense qu’il y a un château ici sur l’Île de Wight. Je crois que c’est tout. Évidemment j’attends avec impatience de voir les Who. Je pense avoir manqué Jet maintenant.
Je pense qu’ils jouent dans quelques instants. On va ficher le camp d’ici et y aller…
J : Je pense pouvoir mater un peu. Mais évidemment j’attendais de voir ces deux groupes. C’est vraiment étrange. C’est que ce concert se trouve en plein milieu de l’enregistrement de notre nouveau disque alors je suis dans le “Manic Street Preachers Land” en ce moment.
Bien écoute, on s’attend vraiment à entendre des anciennes chansons. Aussi excités d’entendre de nouveaux trucs aussi. On va avoir le droit à quoi, 4 ou 5 nouvelles chansons, peut-être plus ?
J : Non, deux.
Deux, que deux ?
J : Deux, parce que comme j’ai dit, on essaye de finir un disque alors comment veux-tu qu’on joue pleins de trucs alors que ce n’est même pas encore fini ? Mais dès qu’on reviendra ça sera fini. Mais on n’avait pas assez de confiance pour jouer des trucs qui n’étaient pas vraiment mixés et finis.
Y a-t-il une date de sortie déjà ?
J : On espère cette année… (rit)
D’accord, c’est assez vague.
J : Ouais. Les Vague Street Preachers.
Bien écoute, c’était — comme toujours — un plaisir de te voir.
J : Merci !
J’attends de vous voir jouer ce soir. Et si tu veux une bière gratuite, on en a plein dans notre — on a une jolie tente avec un bon point de vue cette année. Il y a la scène, on a un balcon qui donne dessus. Jet est venu plus tôt piquer l’alcool gratuit.
J : Vous êtes des privilégiés, hein ?
Exactement. Écoute, passe une bonne soirée et quand le nouvel album sort, viens me voir.
J : Merci. Merci beaucoup. On n’y manquera pas.

Traduction – d’après la transcription de nickywire.co.uk – 11 novembre 2004

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