MTV2 Gonzo – 13 octobre 2004 : Interview de Nicky Wire et de James Dean Bradfield par Zane Lowe

Aujourd’hui, nous recevons les lumières galloises, les Manic Street Preachers, sur le divan. Je ne suis pas sûr à 100% de qui va venir. Je suis sûr que nous aurons Nicky Wire. Il se pourrait aussi que JDB — James Dean Bradfield — nous rejoigne aussi. Qui sait, nous le découvrirons quand ils passeront cette porte.

(Clip de Graham Coxon)

Manic Street Preachers — toujours d’actualité ? Bien sûr. Ils nous rejoignent aujourd’hui sur le divan pour parler de leur nouvel album qui s’appelle Lifeblood. Nous apprécions parler rugby et bière avec les Manic Street Preachers et peut-être un peu d’informations liées à la musique aussi.

Acolyte de Zane : Et gadgets. Ne sont-ils pas fans de gadgets, surtout Sean ai-je entendu ? (Zane semble perplexe)

Je ne sais pas, je n’ai jamais parlé à Sean. En fait, si quelqu’un a parlé à Sean, merci de nous contacter.

Acolyte : Il ne nous aime pas, hein ? Il ne vient jamais.

Qui, Sean ? Non, il ne m’aime pas je pense. Arrêtons de tourner autour du pot. Mais encore je ne suis pas un personnage aimable.

(Juste avant l’arrivée des Manics, ils passent une vidéo avec un chien mort)

Heureux de vous voir les gars, bienvenue, le tout nouvel album s’appelle Lifeblood, vous avez passé quelque temps à New York pour l’enregistrer je crois.

N : Ouais.

Je pensais que vous alliez découper vos passeports après le passage à l’an 2000.

N : En fait, la dernière fois qu’on est venus ici si tu te souviens j’ai dit qu’on travaillait avec un producteur américain à New York.

Tu voulais pas me dire qui c’était.

N : Et tu disais Ross Robinson et un idiot qui a produit les White Stripes ou dans le même genre.

J : Bruce Fairburn (Nicky le répète)

Mutt Lang

N : Tu avais dit Mutt Lang.

Je piochais les noms dans un chapeau et je n’ai pas tiré Tony Visconti, bien sûr, le légendaire producteur de Fame connu pour son travail avec David Bowie et aujourd’hui avec les Manic Street Preachers.

J : Et The Alarm.

Alors tu as aimé le temps que tu as passé loin de chez toi Nicky ?

N : Oh c’était excellent. C’était l’impulsion du disque. On y a passé quatre semaines, on a fait quatre morceaux et il nous a redonné notre confiance. C’est un vrai gentleman tu sais, un adorable producteur de la vieille école. Il nous a régalé d’histoires merveilleuses.

Tu dis que vous avez retrouvé votre confiance, vous avez sorti Know Your Enemy, ce n’était pas un grand succès commercial comme ceux que vous avez eu dans le passé mais c’était un grand disque, les fans l’ont aimé. Lipstick Traces a refermé un chapitre et pourquoi manquiez-vous de confiance à un certain point ? (Nicky regarde James)

J : Je pense que lorsque vous êtes confrontés à votre propre histoire et votre propre passé, je pense que lorsque vous êtes confrontés à ça et que vous le parcourez tel un vieil album photo, vous pensez inévitablement que ça ne peut être aussi bon à nouveau.

N : On se juge toujours en se basant sur nos meilleurs disques, enfin ceux qu’on perçoit comme nos meilleurs, alors on est très durs envers nous-mêmes.

J : On savait qu’on pouvait être aussi mauvais que Love’s Sweet Exile, Stay Beautiful. Mais on ne savait pas si on pouvait être aussi bons que Motorcycle Emptiness, Design For Life.

J’aimerais juste remarquer que les opinions ne sont pas nécessairement les opinions de nous ici à Gonzo ni en fait des fans qui nous regardent en ce moment et qui pensent “Quoi ? Comment peut-il dire que c’est mauvais”.

N : Stay Beautiful est bien en fait, j’aime bien Stay Beautiful.

Et vous êtes fiers de ce nouvel album, vous est contents ?

N : Je pense qu’on a atteint une paix intérieure entre nous. On a appris à se refaire confiance implicitement. C’est un disque mature. Il n’est peut-être pas destiné au môme de 16 ans qui aime The Killers mais c’est juste la nature de ce qu’on est en ce moment.

Vous ne pouvez suivre les tendances cependant, vous ne l’avez jamais fait. Alors quel est l’intérêt de commencer maintenant, vous devez faire l’album qui vous va en tant que groupe.

N : Je pense que tu dois te rendre compte qu’il n’y a rien de pire qu’un groupe de vieux musiciens abattus qui essayent de…

Vous luttez à peine mec, vous démarrez avec une tournée de grandes salles, tout va bien, la vie est belle.

N : Elle l’est en ce moment. On est centrés.

Une grande partie de la raison pour cela est un tout nouveau single et clip intitulé The Love Of Richard Nixon, nous allons passer cela tout de suite, revenir, et faire un duel de guitare, d’insultes, nous parlerons rugby et bière peut-être aussi.

Tu sais ce que j’aime chez toi cependant Nicky, c’est que tu écoutes.

N : J’écoute tout le temps tout, sans arrêt. Je zappe-je zappe-je zappe-je zappe (fait semblant de zapper) Je les rends fous avec ça.

Et toi James, est-ce que tu écoutes les nouveaux albums quand ils sortent, suis-tu ce que disent tes amis, s’ils disent d’écouter tel groupe, vas-tu l’acheter ou…

J : Ouais. C’est souvent moi qui est dans la position précaire de dire que j’aime un album et pendant une semaine il sort “Mais pourquoi ? Pourquoi ?” comme l’album de Mark Lanagan. Il ne comprend pas pourquoi j’aime ça.

N : Non mais toi tu ne comprends pas pourquoi j’aime autant Goldie Lookin Chain.

J : C’est de la fierté civile.

N : Ce l’est, c’est la fierté de Newport.

Vous voyez si vous étiez qu’une seule personne, vous pourriez presque êyre un amoureux de musique bien équilibré. In peu de GLC, un peu de Mark Lanagan, ça pourrait marcher sur papier. J’aime les deux groupes, je pense qu’ils ont tous deux leur place. (à James) Je comprends pourquoi tu penses que GLC sont GLC…

J : En fait, je ne me suis pas fait d’opinion…

N : Tu les aimes. Tu aimes le rap toi.

Quel est le plus grand album de tous les temps, je sais que c’est une question vache, ou même le plus grand groupe de rap de tous les temps.

J : America’s Most Wanted, Ice Cube.

Quel album ! Il quitte N.W.A. et il s’accroche à la Bomb Squad.

(James mentionne le titre d’une chanson mais je ne le saisis pas)

J : Hey, superbe chanson

(Je ne comprends absolument pas de quoi parle Zane)

N : Est-ce qu’il ne boxait pas à vide quand on a fait Reading une fois ?

J : Oui. Il boxait à vide et Henry Rollins faisait genre 50 pompes. 50 ? Fillette va…

N: Richey et moi étions dans un coin à mettre notre eyeliner et faisions “Oh regarde les” (voix de fausset très haut perchée)

J : Je me souviens aussi quand on a joué à Reading pour la première fois, on était dans le même hôtel que Public Enemy et Terminator X ne faisait que manger des pommes de terre sautées et des haricots, des haricots et encore des haricots (imite encore plus de haricots servis dans une assiette)

N : Comme les repas à l’école.

Tu sais quand il parle avec les mains, Terminator X, c’est dur d’obtenir quelque chose de ce mec. J’étais à Cardiff l’autre jour…

N : Tu faisais ta tournée des Barfly…

Ça se passe vendredi, vas-tu venir faire un tour ?

N : Je regarderai ça à la télé (sourire figé)

Je roulais en direction du Millenium Stadium et ce qui m’a abasourdi, c’est la pensée que vous avez rempli une nuit cet endroit et quelle occasion incroyable que cela a dû être !

N : Je ressens la même chose chaque fois qu’on y va voir un match de rugby ou de football, James et moi, on se donne un coup de coude et on dit “On l’a rempli, cet endroit était plein”.

J : Et chaque fois qu’on va voir un évènement sportif là-bas, on sort “on a été le dernier truc gagnant ici” parce qu’à chaque fois qu’on y va, ils perdent, que ce soit du football ou du rugby…

N : Ça te dit de venir voir Nouvelle Zélande/Pays de Galles, on te dégotera une jolie tribune et on t’invitera ?

Marché conclu (ils se serrent la main)

J : On mangera de l’agneau gallois.

Marché conclu (ils se serrent également la main)

J : Tu vas nous faire éclater.

Je ne vais pas vous faire éclater pour cela parce que les deux derniers matchs que j’ai vus ici, c’était à Twickenham et nous avons perdu à chaque fois.

N : Au moins, tu sais que tu vas nous battre.

Je ne dirais pas cela en ce moment, sérieusement, je ne dirais pas cela. Je promets que lorsque nous reviendrons, nous parlerons plus de la musique.

L’album s’appelle Lifeblood, le groupe est bien sûr les Manic Street Preachers, tout ce que nous avons besoin maintenant, c’est le bonjour de Sean et le cercle est bouclé. Les cochons voleront vers Hampstead Heath et les quatre chevaliers de l’Apocalypse seront là.

J : Sean s’est en sorte retiré dans son style vieux, excentrique, du genre euh… sa mission est d’avoir une maison en bois avec un porche, se laisser pousser une longue barbe et ouvrir la boutique Mooro’s Drum N Gun.

N : Batteries N Flingues.

Vous semblez avoir tout arrangé les gars. Étant donné ce qui vous est arrivé, à ce point vous vous sentez centrés.

N : Ça a toujours été une question de confiance pour nous. On doit faire confiance à chacun pour travailler dans chaque département. Je veux dire sur le nouvel album, les gens disent qu’on dirait des boîtes à rythme. C’est littéralement Sean qui a dit “Je veux sonner comme une boîte à rythme — je veux être le Michael Schumacher de la batterie”. Il nous a dit de sortir de la pièce. Il est du genre : “Je ne veux pas de cette connerie authentique interaction entre les membres du groupe qui se regardent…”

Normalement, un studio, c’est fait pour cela…

N : Tout est dans la confiance. Ils me font confiance pour la pochette et les trucs comme ça et je fais confiance à James pour les solos de guitare.

Parlons un peu de la pochette. Bien sûr Lifeblood alors naturellement nous avons du sang. Tu sais vrai sang ou faux sang, tu ne veux pas révéler cela ?

N : Mélange des deux.

Parce que j’allais dire que c’est très réaliste, cela a cette teinte sombre.

N : C’était une excellente session photo en fait parce qu’il y avait une mannequin très attirante nue couverte de sang.

As-tu raté cela James ?

J : On n’était pas là en fait.

Imbéciles, que faisiez-vous, c’est le seul moment, c’est là où c’est payant.

N : Il y a 128 photos mais on en a choisi qu’une alors on a dû regarder très minutieusement les autres.

Zane fait semblant de regarder les photos avec une loupe : “Intéressant, non ?”

N : On peut agrandir celle-là ?

Parlons cette tournée à venir, qui allez-vous prendre sur la route avec vous parce que je sais que vous aimez choisir vos premières parties.

N : Ouais, Razorlight, principale première partie.

Alors ils sont estampillés “approuvés par Nicky Wire” ?

N : Oh première catégorie.

JDB ?

J : Je soutiens Nick sur ça parce qu’il aime la bravade grande gueule.

N : Et aussi ils sont maigres et sont sains…

Ils ressemblent vraiment à un groupe rock.

N : Ouais, ils ressemblent à un groupe.

J : Et les Green Flash aussi.

N : Et il a porté des Green Flash, ce que bien sûr j’ai fait. S’il porte de longues chaussettes alors ça sera tip-top.

Les plaisanteries en backstage qu’il va y avoir, je vous dit. Écoutez, nous allons revenir et nous allons faire un petit jam. Je pense qu’il faut jeter un présentateur de plus en feu, qu’en dites vous ? Allons-y man…

(Clip de Motorcycle. Après cela, James joue de la guitare avec Zane.)

Z : Tu fais le solo, je jouerai.

J : Okay (il suggère des accords) Alors tu passes du Sol ou Do au Ré.

(Et Zane chante. Nicky sourit devant l’horreur des paroles inventées par Zane)

(Clip de Razorlight)

Traduction – 19 novembre 2004

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