Western Mail – 8 octobre 2004 : Prêcher les convertis

Les Manic Street Preachers semblent s’être “ramollis” en vieillissant – sur leur septième album studio Lifeblood du moins. Et ceux qui l’ont entendu l’aiment. Voici ce qu’ils ont dit :

Simon Price est un journaliste musical pour The Independant On Sunday et a écrit la biographie définitive du groupe, Everything (A Book About Manic Street Preachers)

Chaque album des Manics peut être considéré comme une réaction au précédent. Ils passent constamment de l’extraverti à l’introverti et du politique au personnel. C’est un album introverti et personnel.

C’est un disque très contenu selon les critères des Manics. Je ne pense pas qu’il va toucher des milliers de nouveaux fans, qu’il va les aider à remplir le Millenium Stadium à nouveau, qu’il va gagner le Brit Award du Meilleur Album ; qu’il va être disque de platine ou qu’il va être utilisé comme musique d’émissions télé.

Mais je pense que tous ceux qui l’achèteront l’aimeront. Même si c’est un disque très reposant, c’est une belle œuvre.

C’est la première fois qu’ils prennent de grands risques musicalement et qu’ils sortent du son rock mélodique. Il y a beaucoup de traces de Joy Division et de Bowie de la fin des années 1970 dessus.

Il y a beaucoup de synthétiseurs et de piano.

Le traditionnel son de guitare hurlant de James Dean Bradfield ne se retrouve pas sur tous les morceaux.

Darren Broome a travaillé avec le groupe sur un documentaire.

Je pense que c’est l’album le plus pop que les Manics aient produit depuis Everything Must Go en 1996. Il surprendra beaucoup de fans. Il n’y a pas de grands solos de guitare ou d’hymnes. À la place, il y a beaucoup de couches texturées de musique et de claviers. C’est très entraînant et il y a des refrains très pop.

Mais le sujet reste fidèle aux Manics. Ils parlent toujours de politique et partent leurs croyances politiques. Il y a une chanson sur Richard Nixon et une autre sur la Glasnost.

C’est comme si quelqu’un avait dit : “Voici beaucoup de claviers, maintenant reposez les guitares un moment”.

Il sonne vraiment frais et je pense qu’il sera un tube. À la première écoute, il m’a rappelé un peu Keane et certainement les groupes électroniques du début des années 1980, comme New Order et Joy Division.

Je ne pense pas qu’il aliénera leurs anciens fans puisqu’il y a toujours beaucoup d’intégrité dans leur écriture et leur politique.

Avec chaque album des Manics, on s’attend presque à ce qu’ils échouent mais quand j’ai entendu celui-là, j’ai été calmement choqué — il ne sonne pas comme eux. Mais quand on écoute les paroles ils gueulent encore et s’emportent encore !

Mais c’est sympa qu’ils chantent des chansons entraînantes. Je serais très déçu si l’album ne marchait pas.

J’aimerais voir ce que donnent les nouvelles chansons en live — le défi pour eux est de les emmener sur la route et de voir comment elles vont avec leurs trucs plus rock.

Kevin Hughes est animateur sur BBC Radio Wales

Je pense vraiment que c’est un bon album. C’est le meilleur album qu’ils aient produit depuis Everything Must Go.

Les Manics ont retrouvé leur cœur et on peut entendre leur passion dans la musique. Il y a quelques paroles intrigantes — Cardiff Afterlife parle de Richey (Edwards, le quatrième membre du groupe qui a disparu).

Il semble que le monde politique et les changements dans leurs vies privées les aient enflammés.

Ils ont travaillé avec de nouveaux producteurs et ont retrouvé une énergie nouvelle.

Il y a de très belles chansons et le plus important, c’est que James Dean Bradfield a toujours la voix la plus puissante et la plus étonnante et qu’il mérite plus de reconnaissance car c’est l’un des plus grands vocalistes.

Cet album a définitivement le cachet des Manics, mais a quelque chose de plus, bien qu’il soit assez sûr par endroits. il sonne vraiment accueillant et cela fonctionne.

Après avoir entendu cet album, on dirait qu’ils ont redécouvert leur dynamisme et leur passion et j’espère qu’il y a plus à venir.

Iestyn George est un journaliste qui a beaucoup travaillé avec les Manics.

Quand j’ai reçu une copie de l’album, c’était le disque le plus attendu que j’ai reçu depuis un moment — j’ai senti une vraie excitation en me le procurant. Je pense que le moment des Manics est autant maintenant qu’avant et à en juger des morceaux que j’ai entendu, on dirait un disque vraiment fort. On dirait un disque fait avec conviction et croyance.

Le point essentiel sur les Manics est qu’ils existent désormais dans leur propre monde créatif.

Leurs fans sont de grands fans et ils sont à l’aise avec là où ils en sont dans la vie et avec ce qu’ils font en tant que groupe. On dirait aussi un groupe qui progresse et qui se sent à l’aise avec lui-même.

Il y a des touches d’éléments plus magnifiques de production mais ce n’est pas les Manics qui essayent d’être quelque chose qu’ils ne sont pas.

Traduction – 19 décembre 2004

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