Sächsische Zeitung – 10 novembre 2004 : Coup d’épingle amical

Les Manic Street Preachers du Pays de Galles ne déménagent plus autant qu’avant – et sont ainsi meilleurs.

Après la compilation best of Forever Delayed, les Manic Street Preachers ne sortent que maintenant leur septième album studio. Et le bassiste Nicky Wire dit : “On va l’aimer avec le temps”. À la troisième écoute, on dirait qu’il a raison. Les mélodies flattent les oreilles. Le son est poli jusque dans les moindres détails. La voix de James Dean Bradfield fait bombance sur des rythmes qui portent. Le trio porte mieux leur style pop mémorable qu’avant. Il ne manque pas de provocations verbales, mais elles se font plus subtiles désormais. “Exposés à une vérité que nous ne connaissons pas qui s’effondre comme les Tours Jumelles”, il s’agit de cela dans Empty Souls.

Les trois Gallois ne se comportent plus comme des agitateurs artistiques en faveur du socialisme, mais plutôt comme des hommes politiques qui se manifestent de manière artistique. Dans 1985, ils définissent leurs racines. C’est cette année là qu’ils est apparu que George Orwell (avec son roman 1984 sur l’État totalitaire contrôlé) avait raison. En outre, Johnny Marr et Morrissey des Smiths auraient apporté leurs goûts. The Cure, Prefab Sprout ou U2 appartiennent également aux héros musicaux des “Prêcheurs maniaques de la rue”.

C’est en 1991 avec You Love Us qu’ils ont violemment retourné pour la première fois les charts britanniques. L’année d’après, ils ont sorti leur premier album. Generation Terrorists était énergique et beau. Les 18 chansons pleines de critique sociale et de pensée révolutionnaire auraient dû devenir la déclaration politique et artistique définitive des Manic Street Preachers. Puis il y en a eu une plus légère, se retirer encore – alors que personne n’avait fait attention à eux.

C’est après deux autres albums que le guitariste et parolier Richey Edwards a disparu en février 1995 juste avant une tournée américaine de sa chambre d’hôtel de Londres. On retrouvera sa voiture quelques semaines plus tard. Il n’est jamais réapparu depuis. C’est le plus grand mystère de la pop, depuis qu’on a complètement tiré au clair la mort de Jim Morrison.

Le souvenir de cet événement qui remonte à dix ans contribue encore aujourd’hui sur la chanson Cardiff Afterlife. Mais en même temps, les musiciens restant se défendent du fait que les médias puissent influencer leurs souvenirs de leur ami de longue date. “Après la disparition de Richey, on a essayé de se cacher derrière la musique et on a fait du meilleur travail qualitativement”, dit Bradfield.

Cela a été le cas avec leur album paru en mai 1996, Everything Must Go, leur plus gros succès commercial et “Album de l’Année” en Grande Bretagne. Avec This Is My Truth Tell Me Yours (1998) et en partie Know Your Enemy (2001), ils pouvaient s’y rattacher. Le haut niveau artistique de leur nouvelle œuvre n’est donc pas étonnant. C’est plutôt le fait qu’elle ne comprend pas de déclarations visiblement politiques. “Cette fois, on s’est intéressés aux mélodies et à la beauté des chansons”, explique Nicky Wire.

En effet, il se cache derrière la chanson d’amour Emily, passionné plaidoyer contre l’oubli de la Suffragette Emmeline Pankhurst qui s’est battue il y a environ 90 ans pour le droit de votes des femmes. “La charité a pris la place des véritables idées politiques”, Nicky Wire déplore un phénomène de notre époque. Et James Dean Bradfield ajoute : “On est sur un chemin très dangereux sur lequel aujourd’hui on a complètement réduit la signification de l’héroïsme”.

Ce sont plutôt avec des métaphores que les Manic Street Preachers tentent de déclencher la révision des conceptions. Ils ne veulent pas non plus s’accommoder du fait que le nom de l’ancien président des États-Unis Nixon ne soit lié qu’au scandale du Watergate et non pas à son engagement contre le cancer ou pour de meilleures relations avec la Chine. The Love Of Richard Nixon a été le premier single a être extrait de l’album. D’un autre côté, la notion apparemment politique Glasnost représente dans la chanson du même nom une opinion plutôt personnelle.

Les messages sont emballés dans de douces mélodies pop. Le groupe a travaillé pendant 18 mois à se perfectionner. Du résultat, Bradfield trouve que : “Cet album montre plus d’ouverture et d’humanité, donc moins d’arrogance”. Les Manic Street Preachers remettent maintenant les rapports en question. C’est plus contraignant de temps à autre.

Ulf Krüger

Traduction – 3 janvier 2005

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