Stern – 5 novembre 2004 : Endormis par des réflexions à haute voix

“C’est l’album le plus pop que nous n’ayons jamais fait”, disent les Manic Street Preachers à propos de Lifeblood. Pourtant la pop n’aboutit à rien : les nouvelles chansons manquent tout simplement de fraîcheur.

Dieu seul sait pourquoi je n’aime pas les chansons qui s’intitulent comme une année. Et les chansons qui portant le nom d’une fille m’ont toujours parues suspectes. Les deux cas se retrouvent sur Lifeblood, le nouvel album des Manic Street Preachers. 1985 ainsi qu’une certaine Emily y sont chantées. Pourtant ce n’est pas cela qui me fatigue autant quand j’écoute les Gallois. Non, le véritable drame, c’est qu’ils sentent d’une certaine manière le rassi.

Et les Gallois ruminent éternellement

On commence rapidement à se sentir vieux. On était même encore dans les années 1990 et la Britpop explosait. Les Manics ont touché le cœur avec des chansons comme Everything Must Go. Et aujourd’hui, ils ressemblent plutôt à une relique poussiéreuse des jours meilleurs qui ne sait plus que servir une tiède infusion qui a autant d’arôme qu’un sachet de thé réutilisé deux fois. C’est dommage.

Mais peut-être que le groupe s’est à un moment de l’année trop accroché aux textes réfléchis et mélancoliques que tant apprécient. Et c’est aux frais de la fraîcheur musicale. La roue de l’histoire pop avance, pourtant ils ne suivent plus rien. “When did get so complicated, when did time start accelerating, make life slower, stop life growing” – “Quand est-ce que la vie s’est compliquée, quand est-ce que le temps a commencé à accélérer, ralentissez la vie, empêchez la d’avancer”, chante James Dean Bradfield avec sa triste voix habituelle. Et on présent ce qui va se passer. Et aussi faire un petit somme.

À la fin plutôt fade

Un bon vin déploie son vrai arôme uniquement lorsqu’il a assez mûri. Bien que les Manic Street Preachers aient vieillis, ils ne laissent pas paraître cet effet : Lifeblood reste à la fin plutôt fade et malade. Seul I Live To Fall Asleep laisse jaillir encore quelques traces de leur grandeur d’autrefois avec laquelle ils savaient captiver. Pourtant, avec les Gallois on ne sait jamais. C’est ce qu’ils ont en commun avec leur pays : le paysage peut-être cahoteux et anguleux, il possède pourtant une magie propre à lui. Et peut-être qu’un jour les Manics Street Preachers redécouvriront la leur et se réinventeront à nouveau ? Jusque là, je voudrais bien qu’ils daignent le faire.

Antje Scholz

Traduction – 30 décembre 2004

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