Lamacq Live – 1er novembre 2004 : James et Nicky à Lamacq Live

James et Nicky me rejoignent maintenant dans l’une des coulisses. Je commencerais en vous félicitant pour le single, numéro deux. Est-ce que c’est difficile d’évaluer comment un disque va fonctionner au début de la semaine ? Il y a toujours un sentiment de nervosité, peut-être?

N : J’appellerais ça de la peur à l’état pur. Je pense que c’est au-delà de la nervosité. Peu importe depuis combien de temps dure ta carrière. Je suis terrible.

Est-ce que c’était pareil à vos débuts quand vous alliez chez les disquaires ?

J : (petit rire) Je ne sais pas, à tout ça, je ne trouve qu’un équivalent, c’est attente de résultats d’examens, parce que je n’ai jamais révisé pour les examens… mais Nick n’était probablement pas si effrayé que ça parce qu’il était meilleur que moi sur le plan scolaire. C’est juste ce sentiment, c’est de la pure terreur, je pense, définitivement.

Mais vous riez et souriez et ce que j’ai remarqué depuis les dernières minutes, c’est que tout le sentiment autour des Manic Street Preachers semble être engagé à nouveau. Et probablement légèrement différent de là où vous en étiez il y a 18 mois.

N : Je le pense, c’est juste parce qu’on a fait un disque dont on est complètement heureux et autant j’admire Know Your Enemy pour son intention, on ne l’a peut-être pas livré en termes de pure écriture de chanson. Je pense tout simplement qu’on se sent à l’aise avec notre âge, et avec notre son, avec tout, avec la manière dont on joue aujourd’hui. C’est un sentiment d’être à l’aise, je pense.

Et pour les gens qui n’ont pas entendu le reste de l’album, qui ont peut-être juste entendu le single, la production en termes de ce que vous avez essayé d’obtenir en son, c’est un disque vraiment gros, énorme et pratiquement pop.

J : Ouais, je veux dire, je n’ai jamais vraiment aimé aller en studio avec un format ou une idée autour de quoi on essaye de mettre la musique. Mais cette fois, ça a marché un peu. Au fond de nos cœurs, on voulait vraiment faire quelque chose de plus pop. Et c’était bien qu’on n’ait pas effectivement essayer de faire ça, en fait on a joué, joué et joué et tu sais, on n’arrivait pas à s’arrêter et on s’est perdus dans la musique. Je veux dire, il y avait de petites choses qui se sont passées comme il y avait tant de parties qui auraient été traditionnellement à la guitare qui se sont retrouvées au clavier. C’est bien que j’ai réussi à renoncer à cet ego de guitariste aussi.

N : C’est un boulot dur, de renoncer à cet ego.

J : Définitivement. Et je pense que c’est pourquoi il s’est révélé être pop, je pense qu’il possède un éclat pop classique. Je pense que c’est parce qu’on n’a pas jeté d’idées, on en a quelque sorte brisé nos propres règles de manière subtile.

Pensez-vous que c’était quelque chose dont vous aviez besoin de faire ? Avez-vous déjà atteint un point où vous vous ennuyiez vous-mêmes ?

J : Je pense que oui, définitivement, on ne peut nier ça. Je me rappelle juste de faire de petites choses euh… essayer de faire la partie de piano de Empty Souls, je me souviens de l’essayer à la guitare et de penser “oh mon dieu, on dirait un moment de guitare stridente de James Dean Bradfield”. Et d’avoir ça comme ça dans la chansons, ça me faisait chier. La seule chose dont on doit se rendre compte, c’est que du moment que tu écris toutes les paroles et toute la musique, ça t’appartient. C’est la pureté de l’identité d’un groupe et si on arrête juste de jouer avec ça, c’est bien. Ce n’est pas de l’hérésie.

Et quand avez-vous joué votre dernier concert ?

J : Je ne m’en rappelle pas en fait, ce n’était pas si loin je pense.

N : Je pense que c’était Glastonbury, il y a deux ans.

J : Ou c’était HMV pour Lipstick Traces. HMV sur Oxford Street.

N : Ouais, c’était à la même époque.

J : Même époque ouais.

C’était il y a un petit moment, alors êtes-vous un peu rouillés ?

J : Je ne dirais pas qu’on est rouillés, on est un peu comme cette pub pour une voiture – on aime tant notre voiture qu’on ne veut conduire les chansons trop rapidement. On ne veut pas détruire les chansons, on ne veut pas sonner comme si on jouait une chanson quatre fois plus vite que nécessaire, ce qu’on faisait beaucoup par le passé. Je pense tout simplement qu’on était un peu précieux sur la musique et qu’on a dû se débarrasser de cette préciosité. On aime tant le disque que je pense on a dû se libérer à nouveau parce que je pense on est juste un peu préoccupés par le faire sonner comme le disque parce qu’il nous plait tant. Je ne dirais pas qu’on est rouillés, on doit juste s’y remettre.

Alors un mélange de neuf et de vieux ce soir ? Je n’ai délibérément pas vu la setlist.

N : Ouais, on fait This Is Yesterday de The Holy Bible qui est l’un des moments les plus doux et les plus tendres de The Holy Bible. Et on fait Tolerate aussi parce qu’elle est longue et qu’on avait besoin de remplir de l’espace pour toi. (James et Nicky rient)

Nous sommes très optimistes mais ce sera fantastique. C’est les Manic Street Preachers qui jouent en direct, un show très intime ce soir, après le dernier Babyshambles. Allez les gars, sur scène…

C’est Lamacq Live sur Radio One et maintenant dans l’intimité de nos studios pour un set très spécial devant un groupe de spectateurs ici dans le Nord de Londres, merci d’accueillir les Manic Street Preachers.

Sean frappe ses baguettes l’une contre l’autre et ils jouent Empty Souls. En fait, il introduit chaque chanson de cette façon.

J : Merci. C’est un peu étrange. On dirait vraiment le groupe de l’école qui joue à l’assemblée le midi, avec de la limonade, des oranges et tout. Mais bon, ça s’appelle The Love Of Richard Nixon.

J : Merci. C’est une chanson extraite de notre nouvel album, Lifeblood. Quand on l’a jouée la première fois, on avait un peu peur qu’elle sonne comme Minnie Riperton. Vous savez, Loving You (voix très haut perchée) mais on a fait avec, alors elle s’appelle Live To Fall Asleep.

J : Merci. Il y a deux choses dans un groupe qui font vraiment peur. La première est d’essayer d’être à son meilleur dans un clip et la deuxième est de jouer de nouvelles chansons devant des gens alors merci pour ça, c’était excellent, merci. C’est probablement l’une de nos préférées sur The Holy Bible. Elle s’appelle This Is Yesterday.

N : Merci. Elle est du nouvel album aussi. Elle s’appelle Repel Ghosts.

J : Merci. Quand on a enregistré cette chansons, je pense qu’au début, j’ai été retourné par le fait que j’ai passé l’option théâtre au brevet et j’étais du genre, je veux que cette chanson sonne comme un groupe de la Côte Ouest mais qui la joue dans un endroit froid comme l’Islande. Et Nick m’a juste dit de me la fermer. Mais c’est définitivement je pense notre préférée sur l’album. Elle s’appelle Song For Departure.

J : Fragments.

J : If You Tolerate This Your Children Will Be Next.

J : Merci beaucoup. On va faire une extra, c’est la dernière. C’est pour Mister Steve Lamacq, merci de nous avoir invités. Merci monsieur. Et ça s’appelle Motorcycle Emptiness.

J : Merci beaucoup, merci.

*

Nicky Wire rend hommage à John Peel sur le plateau de Later With Jools Holland

Nous avons dédié cette émission à John Peel, applaudissez pour John Peel s’il vous plait. Je vais demander à quelqu’un des Manic Street Preachers ce qu’il pense. Accueillons Nicky Wire. Bienvenue. Quand as-tu connu John Peel ?

N : Je pense que comme beaucoup, j’ai glissé un transistor sous les draps tard le soir. La plupart de mes disques préférés, je les ai entendus chez John Peel. Je pense que c’est la même chose pour beaucoup. Ça en dit beaucoup.

Il a donné une chance à beaucoup, hein ? Il a joué tant de gens alors que personne ne les jouait nulle part.

N : Ouais complètement, il a été le premier à nous jouer.

Et chose curieuse, il a été le premier à les jouer.

N : Allez, deux hourras.

Exactement. Personne ne vous jouait alors ?

N : C’est vrai, c’est très vrai.

Et qu’est-ce que cette lettre ? (Nicky tient une feuille de papier)

N : Eh bien, c’est une lettre qu’ils ont trouvé dans les archives. C’est la lettre que Richey et moi avons écrite à John Peel pour avoir notre premier passage radio.

Il la lit : “Nous sommes les produits obsolètes du Thaycherisme imposé par l’État”.

Bien, et il a bien pensé, je vous jouerais. Vous voyez combien il était génial, il n’était pas bouché.

N : Il n’y avait pas de pub à l’époque.

Avec une ligne comme cela, il a pensé : “Oh, je ferais mieux de les jouer”. Nicky Wire, merci beaucoup.

N : Merci.

Traduction – d’après la transcription de nickywire.co.uk – 22 décembre 2004

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