Eins Live – 4 novembre 2004 : Manic Street Preachers – Lifeblood

Ils font partie des groupes qui ont été si souvent copiés et qui reviennent toujours. Commençons par leur métamorphose du groupe glam punk sauvage du premier album de 1992 Generation Terrorists en groupe rock commun. Puis la mystérieuse disparition du guitariste et principal parolier Richey Edwards qui n’est pas réapparu depuis 1995. Un coup qui aurait donné à n’importe quel autre groupe le coup de grâce. Mais pas aux Manics qui sont désormais un trio et – c’est là l’ironie – qui continuent avec encore plus de succès.

Meilleur donc

Everything Must Go de 1996 et This Is My Truth Tell Me Yours de 1998 appartiennent aux albums britanniques les plus importants du XXème siècle. Le groupe a alors connu un surprenant flop avec leur dernier CD Know Your Enemy paru en 2001. Fatigués et appauvris, ils ont pris un repos créatif. Et le chanteur/guitariste James Dean Bradfield, le bassiste Nicky Wire et le batteur Sean Moore en ont tiré parti.

Merveilleuse diversité

Leur nouveau et septième album Lifeblood est un retour comme on ne pourrait à peine trouver plus reposé, frais et ambitieux. Certes toujours autant de rock à guitare mélodique avec de charmantes et contagieuses mélodies, mais bien plus synthétiques et modernes. Avec une batterie purement électronique, des claviers sphériques et des riffs de guitare bien dosés. Avec cela, ils ont engagé un duo mémorable constitué de l’icône glam Tony Visconti (Bowie, T. Rex) et l’ingénieur du son de Goldfrapp Tom Elmhirst et ils se sont retranchés dans le laboratoire high-tech de Philip Glass “Looking Glass”. Le résultat est du bon gros rock digital – avec des emprunts surprenants dans les écuelles pleines de liquide de messieurs Bryan Wilson / Van Dype Parks, mais aussi à la pop à guitare sphérique des groupes des années 1980 comme Echo & The Bunnymen, Associates ou New Order. Les deux se marient déjà sur l’ouverture 1985 qui pose des synthés kitsch à côté de solos de guitare épiques et de cordes filigranes. Une œuvre d’art qui se reconstitue merveilleusement. À savoir un grandiose large mur du son qui ne montre aucune lacune et qui bombarde les auditeurs d’un véritable flot d’images et de sons. Tout comme le premier single The Love Of Richard Nixon qui donne l’impression d’être une popsong complètement banale et gentille, mais qui au niveau des paroles distribue plus de gifles retentissantes vers l’Amérique que tous ces groupes si politisés avant les élections présidentielles.

Passion préprogrammée

Non seulement il n’y a rien à dire contre A Song For Departure, un des morceaux pop les plus somptueux de ces trente dernières années, avec des cordes, du piano et des harmonies vocales multiples, clair, kitsch, mais pourtant c’est le morceau sucré et léger le plus irrésistible depuis le California Dreaming des Mamas & Papas. Et à ce niveau, ils se tiennent bien. Que ce soit avec le rêveur I Live To Fall Asleep, l’imposant To Repel Ghosts ou la grandiloquence de Cardiff Afterlife. Un mélange qui produit de la passion qui fait de Lifeblood l’un des albums les plus importants de 2004.

Marcel Anders

Traduction – 29 décembre 2004

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