Laut – 1er novembre 2004 : Manic Street Preachers – Lifeblood

“Conquer yourself rather than the world” – c’est avec cette citation de Descartes que les Manics ouvrent le livret de leur nouvel album Lifeblood. À côté de ces sages paroles, l’œil découvre un corps recouvert de sang qui surgit aussi bien sur la couverture que dans le reste de la pochette. Si les Manic Street Preachers veulent avec cette description visuelle attirer l’attention sur la profondeur de l’album, c’est fait. En tout cas, le premier morceau 1985 prouve tout de suite qu’il s’agit ici d’un coup des Manics léger (du point de vue des textes/paroles).

La guitare douce enveloppe les bourdonnements de synthés et est naturellement accompagnée de la voix singulière de James Dean Bradfield. Il raconte sa vision du monde dans l’année oubliée depuis longtemps 1985, rend hommage à ses héros comme Morrissey et Johnny Marr, cite Nietzsche et estime que la théorie de George Orwell était correcte. Puis retentit le premier single avec son rythme trépignant comique, The Love Of Richard Nixon. Mais comme le promet déjà le titre, la chanson a besoin que l’on s’habitue à elle. La mélodie cahote doucement et célèbre dans le doux et superficiel refrain l’amour de Richard Nixon.

Empty Souls – un prochain single – est ma préférée. C’est un morceau porté par quelques notes de piano qui se rattache à l’atmosphère légère et floconneuse. On retrouve la même chose sur I Live To Fall Asleep. Des sons merveilleux, simples et avec du style se posent sur des paroles naïves et ironiques. Bien que les paroles soient profondes et sérieuses, la mélodie légère ramène la sensation d’été.

To Repel Ghosts me rappelle en quelque sorte le If You Tolerate This Your Children… de l’album à succès de 1998 This Is My Truth Tell Me Yours. On y retrouve une structure similaire, pourtant sans contenu à valeur d’hymne. C’est après le classique des Manics Emily que l’album perd un peu de vitesse. Il continue dans la douceur, la légèreté et la dureté et il se termine avec l’optimiste Cardiff Afterlife.

Comme l’avait diagnostiqué ma collègue Butscher sur Know Your Enemy, le groupe se trouve comme toujours en retraite de la grandiloquence pop absolue et cette direction est bien conservée. Néanmoins, les Manics sont les Manics… et ils le resteront.

Kathrin Fink

Évaluation : 3/5

Traduction – 26 décembre 2004

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