XFM – 26 octobre 2004 : XFM Album Playback – James et Nicky à propos de Lifeblood

Vous écoutez XFM, c’est Exposure, je suis John Kennedy et je suis avec vous jusqu’à 1 heure. C’est un autre Exposure Album Playback. C’était les Manic Street Preachers et le morceau d’ouverture du nouvel album intitulé Lifeblood. C’était 1985 et nous avons James et Nicky du groupe avec nous ce soir pour tout nous dire sur le disque. est-ce que 1985 a été une année essentielle dans l’histoire des Manic Street Preachers ?

N : Ouais complètement. C’était l’année où on s’est rassemblés en tant que quatre jeunes et où on a formulé nos idées, commencé à écouter les mêmes disques, commencer à voir les mêmes films, lire les mêmes choses, voir la même chose. Ce n’était pas nécessairement l’année où on a commencé à faire de la musique mais c’était l’année où on a commencé à créer notre propre monde, tu sais, tout semblait se réunir très naturellement cette année là. On avait évidemment 16 ans à l’époque.

J : C’était déjà l’année où comme Nick l’a dit, tu sais, il m’a donné des paroles pour la première fois, et c’était déjà l’année où on a commencé à débattre de choses à notre manière particulière. Je me souviens d’avoir dit que j’aimais Give ‘Em Enough Rope du Clash et il s’est embarqué dans une énorme et féroce contre-attaque en disant qu’il était naze et horrible, le premier album, c’est là où tout commence et finit en quelque sorte. Alors on avait déjà commencé à débattre de choses et je pense développer le langage que l’on parle depuis ces 20 dernières années.

N : Ouais, je veux dire James, Richey et Sean étaient le camp Bunnymen et j’étais en quelque sorte le camp Smiths à l’époque, tu sais. (à James) Tu allais voir les Bunnymen tout le temps.

Bien, les Bunnymen étaient, c’est difficile de l’imaginer maintenant, mais c’était un groupe assez énorme à l’époque, très très influent, le genre de groupe qu’on voyait tout le temps en couverture du NME. Et les gens ne parlent pas d’eux de la même manière aujourd’hui.

N : Je me souviendrais toujours de la couverture de Smash Hits : McCulloch et Morrissey tenant un bouquet de jonquilles. C’est ce que je veux dire par pop qui traverse les genres, on n’aurait pas ça aujourd’hui je ne pense pas.

On le retrouve un peu avec des groupes comme Razorlight qui va tourner avec vous.

N : Ils vendent. Je ne pense pas que les ventes font tout. Je pense juste que le public est différent aujourd’hui. Je ne pense pas que les fans de Busted achètent les disques de Razorlight.

Ils sont peut-être trop jeunes, peut-être que s’ils étaient plus vieux ce serait le cas.

N : Les mômes achètent des disques, je n’en doute pas.

Morrissey est mentionné dans les paroles. Qu’est-ce qui est dit exactement ? Parce que j’ai essayé de déchiffrer cela et je n’y suis pas arrivé à temps.

N : Bien il est dit “Morrissey & Marr gave us choice” (“Morrissey & Marr nous ont donné le choix”). C’était juste l’idée que Morrissey m’a guidé dans un monde différent. Il a mentionné des gens comme Oscar Wilde ou James Dean, tu sais, des icônes assez évidentes, mais c’est sympa d’avoir quelqu’un qui te montre le chemin quand tu as 15 ou 16 ans. Ça te montre un monde extérieur.

J : Et la position anti-monarchique, il s’est en quelque sorte libéré du fait qu’il était démodé de parler de ça.

Et c’est quelque chose que vous avez toujours, toujours fait, avec chaque single, chaque album, vous avez toujours mentionné des tas de choses différentes pour que les gens s’y intéressent et explorent et j’ai toujours trouvé cela fantastique.

N : Le truc, c’est que parfois c’est bien d’admettre qu’il y a des gens meilleurs que toi. Ça a toujours été l’idée derrière ça.

J : On a toujours eu des citations sur nos disques parce qu’on n’a jamais été assez arrogants pour penser effectivement qu’on pouvait finir la phrase. Parfois ça demande le travail de quelqu’un d’autre pour la finir. C’est une manière assez humble de regarder les choses je pense. C’est carrément le contraire de ce que les gens pensent de nous parfois. Ils pensent qu’on est obstinément obscurs, parfois, et un peu snobs par rapport à nos références et ce n’est pas du tout ça.

Je pense que vous êtes vraiment ouverts, de les écrire pour que les gens aillent les explorer eux-mêmes.

J : On est ouverts sur notre plagiat.

Pourquoi pas.

The Love Of Richard Nixon est le prochain morceau de Lifeblood, c’était aussi le premier single de l’album, de quoi parle cette chanson ?

N : C’est très compliqué. C’est une sorte de triple métaphore. La principale métaphore du disque est l’idée d’être terni par quelque chose pendant toute votre existence, la manière dont Nixon sera toujours terni par le Watergate, malgré tout le bien qu’il a fait, personne ne s’en souviendra. Et je pense que c’est pareil pour tout le monde dans sa vie privée ou professionnelle, certains vont se rappeler des Manic Street Preachers… euh, les chauffeurs de taxi à Londres sont surtout du genre : “Comment va ce dingue de guitariste ? Il n’est pas encore revenu ?” On va toujours se souvenir de toi pour certains…

J : Est-ce que Fidel a appelé récemment ?

N : Il y aura toujours ce côté. Je pense que si c’est dans ta vie privée ou ta famille, tes mais et la chanson essaye de dire qu’on devrait toujours creuser plus loin, que la présidence de Nixon a fait des choses vraiment bonnes, comme aller en Chine, ralentir la course aux armes avec les Soviétiques, il a été le premier président à reconnaître le cancer comme une maladie je pense et il a mis beaucoup d’argent pour essayer de le soigner. Mais personne ne va se souvenir de lui pour ces choses.

Jusqu’à maintenant peut-être.

N : On était sur BBC Breakfast ce matin. On a atteint le côté intello, la télé du matin.

Ce sont les Manic Street Preachers avec The Love Of Richard Nixon sur Exposure XFM.

Ce sont les Manic Street Preachers avec The Love Of Richard Nixon, extrait du nouvel album Lifeblood qui reçoit le traitement de l’Exposure Album Playback ce soir. Nous avons James et Nicky du groupe pour nous en parler morceau par morceau. Empty Souls est la prochaine chanson et l’une des choses qui m’a frappé dans cet album, c’est l’utilisation des claviers et des pianos dessus, ce qui lui ajoute une autre dimension. Je suis sûr que vous en avez utilisés avant mais d’une certaine façon ça semble être la clé de tout le son.

J : Tu peux lier ça à ce que je disais plus tôt, quand on s’est effectivement rendu compte qu’on devait commencer à briser nos propres règles/notre propres code de conduite en studio, c’est quand les choses ont commencé à bien se passer sur ce disque. Il y a de petites choses comme, quand j’ai écrit la musique, un bout d’air d’abord…

N : Un air basique.

J : J’avais la partie de piano mais à l’origine dans ma tête c’était à la guitare et quand on est rentrés en studio, je me suis rendu compte que ça allait être meilleur sur un piano plutôt que sur une guitare. Alors j’ai dû en quelque sorte mettre mon ego de guitariste de côté et me rendre compte qu’une grande partie des parties de guitare seraient meilleures sur le clavier. Je pense que j’ai dû re-concevoir mon jeu de guitare et y prendre l’air bravache d’une certaine façon. Encore une fois, ça fait partie de ces petites choses comme Nick qui joue de la slap bass, ose-je dire, sur l’un des morceaux, et au lieu de l’envoyer balader en disant “Tu me rappelles Cameo” ou Level 42, on a dû dire “non, Ashes To Ashes, la slap bass dessus”. “Si on est cool, ça sera cool”.

N : Je pense, Empty Souls aussi, je ne sais pas si quelqu’un se souvient de The Associates, mais le piano est très Party Fears… cette grande sorte de pop classique au piano des années 1980.

Ouais, je me souviens de The Associates au moins. Je pense que ça brille vraiment de part le disque et cela fait une grande différence. C’est Empty Souls, Manic Street Preachers.

Manic Street Preachers, avec Empty Souls, extrait du nouvel album Lifeblood. C’est Exposure, c’est un autre Exposure Album Playback. Et Richey… bon Dieu… Nicky…

N : Il est revenu !

Richey est revenu.

N : T’étais où ? Tu sembles différent. Montre nous ton bras.

Nicky et James sont avec moi ce soir. A Song For Departure est la prochaine chanson et pour moi, elle contient certaines teintes des Mamas and Papas même, j’ai trouvé, dans les harmonies, que j’ai trouvées très jolies et je suppose Abba – Abba a été cité comme l’une des inspirations du disque. Comment avez-vous fait ces harmonies. C’est tout de toi James ?

J : Oui, en gros la plupart des harmonies sont de moi mais comme il est dit dans le film Il était une fois le Bronx : “Il n’y a rien de pire que le talent gâché” et Sean est en quelque sorte un excellent chanteur et habituellement ça me prend à moi et à Nick trois jours pour le persuader de chanter parce que parfois il y est aussi ce qui est bien…

N : Je pense que Tony Visconti a vraiment aidé sur ça, il a sorti ça de Sean.

J : Il lui a fait confiance. Quand une chanson est écrite, elle est habituellement là dans nos têtes directement, ce n’est pas quelque chose sur quoi on travaille, c’est juste quelque chose qui est très immédiat et je chantais dans la chorale scolaire alors c’est très facile.

N : Tu ne te montres pas à ta juste valeur. (tendrement)

John Kennedy demande à propos des multi-pistes…

N : Eh bien, on a fait 50 pistes de piano comme Abba était supposés avoir fait mais je pense qu’on s’est retrouvé avec deux pistes parce que c’était naze, ce qui es probablement ce qu’ils ont fait.

J : L’idée était que ce soit une chanson de la côté ouest jouée dans un lieu très froid. Que ce soit un groupe qui essaye d’être West Coast mais il ne pouvait échapper à sa mélancolie d’Europe du Nord.

N : Je me souviens de la première fois où tu l’as amené et on l’a jouée à Cardiff. Tu as dit à Sean “Je veux la même batterie que Beat It de Michael Jackson” et il a répondu “Tu dois jouer la basse qui va avec alors”, et c’est là que je me suis chier dessus. Mais ça a demandé beaucoup de pratique, beaucoup de travail je pense, Song For Departure, mais ça a vraiment payé. Une chanson de studio au sens propre.

Et de quoi elle parle, de quoi parlent les paroles ?

N : C’est inspiré par une poète nommée Elizabeth Jennings et ça traite, comme la majeure partie de l’album, de la mort et du départ, et comment elle y a fait face et combien elle est importante… gigantesque. Thème récurrent sur l’album.

Peut-être que nous en reparlerons un peu plus au fur et à mesure de l’écoute.

N : J’essayerais de l’éviter.

C’est A Song For Departure.

Vous écoutez 104.9 XFM à Londres, c’était A Song For Departure, Manic Street Preachers, extrait de leur tout nouvel album Lifeblood qui sort la semaine prochaine mais vous pouvez l’entendre en entier ce soir avec James et Nicky du groupe, qui nous en parlent morceau par morceau. C’est un chef-d’œuvre de pop élégiaque, je pense que les critiques peuvent ajouter le mot chef-d’œuvre parce que vous êtes trop humbles pour ajouter le mot chef-d’œuvre… I Live To Fall Asleep est le prochain morceau et même si tu as dû t’éloigner de la guitare James, je veux dire il y a de belles cascades de guitare dessus, j’ai bien dis cascades de guitare.

J : Encore une fois on s’est rendu compte sur le plan musical… quand Nick m’a donné les paroles et que j’ai écrit l’air…

N : Basique.

J : Mon instinct m’a dit qu’elle devrait être comme vous l’entendez maintenant. Mais l’ai essayé de la pousser dans une autre direction, on a essayé de la faire sonner comme Orange Juice. Et ça sonnait comme un groupe de mômes de 12 ans de Scunthorpe qui essayent de rentrer dans un concours.

N : Tu n’avais pas dit comme des mômes de 12 ans de Newbridge.

J : Ouais, c’était aussi horrible. Je me suis rendu compte qu’on devait faire confiance à nos premières idées plutôt que de chercher les deuxièmes ou troisièmes idées et encore une fois quand je jouais de la guitare dessus je me sentais comme une lavette. Et j’ai dû me mettre en tête que les choses pouvaient être belles et elles n’avaient pas à être (il insiste sur les mots) des accords de quinte stridents – cinglants. Les accords de quinte de James Dean Bradfield. Et j’ai dû me mettre en tête d’être un peu plus sensible (maniéré).

Eh bien moi je trouve cela génial, j’aime bien ton côté sensible.

J : Merci.

N : Je pense que c’est le moment pop le plus pur de tout le disque, c’est la petite chanson triste la plus luxueuse et la plus splendide qu’on n’ait jamais faite. Elle est pleinement réalisée. Le mix final, James et moi l’avons entendu et c’était… on n’a pas beaucoup de moments étincelants et étonnants à 100% mais il en fait définitivement partie.

J : C’est la préférée de notre manager mais son groupe préféré est ??? alors ça ne veut pas dire grand chose.

Et qui est le “you” à qui la chanson est destinée ?

N : C’est une sorte de double métaphore encore une fois, un côté parle de suicide – hourra ! Juste ce moment quand les gens… si effectivement tu n’as plus de joie de vivre, je trouve ça d’une fascination incroyable parce que même quand les choses sont vraiment mauvaises, il y a toujours deux minutes par jour ou une minute par jour qui suffit pour s’accrocher. Quand tu atteins ce point de non retour, c’est juste insondable, désespérant et effrayant. Et c’est aussi l’idée du sommeil étant le seul moment où je sens que mon cerveau se repose.

J : C’est assez étrange parce que c’est la première fois… si je ne savais pas ce dont parlaient des paroles ou si je pensais que je ne les comprenais pas proprement, je demandais toujours à Nick ou dans le passé, je demandais à Richey les références que je ne comprenais pas. C’était la première fois que je ne me suis pas préoccupé de ça, j’ai juste pris une première impression et j’ai commencé à écrire la musique et je pensais que les paroles parlaient de quelque chose d’assez différent.

N : Piquer un roupillon ?

J : Nan. Je pensais que les paroles parlaient de quand on est jeune, on est fasciné par le suicide et on le voit d’une manière assez héroïque parce qu’il y a beaucoup de groupes et d’écrivains qu’on aime quand on est jeune qui disent que c’est un geste héroïque mais au fur et à mesure, on se rend compte qu’il y a un égoïsme inhérent dans le geste aussi, tu sais, on est plus conscient des débris qu’il laisse derrière lui. Alors je croyais que les paroles parlaient de ça mais d’un côté, j’avais tort. Mais je pense que c’est mieux qu’on ait écrit des chansons comme ça parce qu’on arrête de sur-cogiter (sur-penser) le processus d’écriture de chanson.

Les gens les interprètent cependant comme ils le veulent.

N : Il y aura toujours ce côté. Ce n’est pas du tout une gloire au suicide, c’est en fait une étude de comment on atteint ce point de désespoir total. Comme je t’ai dit, même si c’est promener mon chien pendant deux minutes, lors d’un mauvais jour, ça suffit pour continuer à vivre.

Manic Street Preachers avec I Live To Fall Asleep, extrait du nouvel album Lifeblood. C’est Exposure, c’est un autre Exposure Album Playback. Nicky et James du groupe sont ici avec moi ce soir. “Z comme sanctuaire”, c’est une excellente expression que les gens pourraient bientôt utiliser dans la vie de tous les jours.

N : Ça vient de la chronique de Mojo – ouais, excellente chronique.

Excellent. To Repel Ghosts est la prochaine chanson qui comprend encore plus de cascades de guitare. Et c’est assez rock.

J : Ouais… Du rock planeur je pense… C’est un peu comme un groupe des années 1980 nommé The Chameleons. Il y a un peu de ça dedans pour moi.

In Shreds, c’était leur gros tube.

N : C’est bien, t’es un bon garçon. Tu ne sembles pas si vieux que ça, non ? China Crisis ?

Oh non, je ne les aimais pas.

(Nicky essaye de retrouver certains titres de chanson et James l’aide)

N : Un autre des groupes préférés de notre manager.

J : Quand j’ai reçu les paroles, je pensais que ça parlait de la culpabilité de survivre. Alors je voulais que la guitare perce votre conscience tout le temps… Tu ne peux pas avoir raison tout le temps mais c’était ce que je pensais. Nick ?

N : La description d’un genre automnal d’une touche glacée, j’aime vraiment cette idée, il y a un peu de New Year’s Day, U2, dans le refrain aussi, il y a de l’effet de piano, les paroles ont été inspirées par Basquiat, le peintre new yorkais, il a peint un tableau intitulé To Repel Ghosts et j’ai pensé que ces trois mots mis ensemble, c’est une expression si bizarre et si forte. C’était vraiment inhabituel – To Repel Ghosts (Repousser les Fantômes) – je n’ai jamais entendu un titre de chanson comme ça. Je ne sais pas si c’est aussi spécifique que James le pense, c’est bien plus… comme une grande partie de l’album, ça parle d’être hanté par les fantômes et par votre passé et par votre histoire et d’essayer sans grande conviction d’échapper à un passé mais de le reconnaître et d’apprendre par lui (il sonne très sérieux).

La voilà, To Repel Ghosts, les Manic Street Preachers, Exposure XFM.

Vous écoutez 104.9 XFM à Londres, c’est un autre Exposure Album Playback, les Manic Street Preachers avec leur nouvel album Lifeblood qui sort la semaine prochaine, vous pouvez entendre l’intégralité ce soir avec le coup de main de James et Nicky du groupe. Nous en sommes à mi-parcours. C’était Emily, piste 7 sur le disque et tu as mentionné la chronique de Mojo, alors je la reprends Nicky, le journaliste, James McNair, estime que cette chanson est liée à Emily Pankhurst, qui était l’une des personnes que vous avez citées dans la grande liste de ce que vous avez lu qui a été présentées aux médias, j’ai trouvé cette idée excellent, une liste de films que vous avez vus, d’émissions télé, d’albums que vous avez écoutés, de livres que vous avez lus, ce genre de choses. Est-ce que cette chanson parle de Emily Pankhurst ?

N : Ouais. La chanson n’est pas totalement spécialement sur elle mais c’est l’idée qu’une icône de son rang qui a vraiment essayé de faire quelque chose de bien, qui a réussi à obtenir le droit de vote des femmes, tout ce mouvement qui était si important peut être remplacé par quelqu’un d’un vide aussi manifeste que la Princesse Diana en tant qu’icône féministe. Je crache dans la boue pour être honnête le fait que la Princesse Diana est considérée comme une icône féministe pour n’avoir rien fait du tout et l’idée qu’une fois encore, l’histoire nous ne l’apprends pas, comment quelqu’un d’aussi important que Emily Pankhurst a été rayée du radar critique. Alors c’est juste bien plus facile de devenir ambassadeur de l’Unicef pendant six mois et on est considéré comme une sorte d’icône, ça semble assez stupide.

Ouais. Où est le parc mémorial à Emily Pankhurst ?

Exactement. Ouais espérons qu’ils en feront un qui fonctionne, un qui ne tombe pas à l’eau…

Enfantin. Elle comprend de grands vers : “It’s what you forget that kills you” (“C’est ce que tu oublies qui te tue”).

N : Je pense que dans un album qui, pour nous, est le moins politique, ce morceau est probablement le plus politique en termes de situ oublies ton passé, tu es condamné, personnellement, historiquement, dans tous les sens. Je pense que ces paroles se distinguent plus que les autres pour cette raison.

Et Tony Visconti a produit le morceau.

J : Ouais, dès qu’on l’a répété pour la première fois, je trouvais qu’il avait un côté Bunnymen mais il n’a pas tourné comme ça du tout.

N : D’accord.

J : Très constructif de ma part. Je me souviens que c’était un choc avec Tony Visconti parce qu’on l’a joué et on avait l’habitude de jouer un morceau pendant une demi-journée et puis de l’enregistrer, sauf pour Know Your Enemy.

N : C’était une demi-heure, non ?

J : Je me souviens juste qu’on l’a joué pour la troisième fois, il a fait demi-tour et a dit “Ouais, c’est génial” (voix de Tony). On répondait, “N-n-n-non, rejouons la” et il répliquait “non, non, c’est génial, gardez ça comme ça, c’est cool” (voix de Tony à nouveau). C’était vraiment un moment de flippe de devoir faire confiance au jugement de quelqu’un d’autre et le sien était assez pragmatique parfois mais à la fin, il avait raison. Je pense c’est ce dont je parlais plus tôt. Tu dois faire confiance à quelqu’un qui a fait d’aussi bon travail. Tu dois lui faire confiance et écouter son opinion.

C’était Emily, extrait du nouvel album, Glasnost est le prochain morceau de Lifeblood, un mot que je n’ai ni lu ni entendu depuis au moins dix ans. Ouverture ? C’est ce que cela veut dire en russe ?

N : Exactement.

Cela se réfère à Mikhail Gorbachev et une nouvelle ouverture dans la société soviétique à la fin des années 1980. Pourquoi utiliser ce mot ?

N : Je pense que c’est un mot si beau, je pense que la langue russe est la plus puissante et la plus enivrante du monde, tu sais, des mots comme Perestroïka et Glasnost, ils résonnent en moi, dès la fin des années 1980. Mais aussi c’était l’idée de nous en tant que groupe qui s’ouvre. On s’ouvre à de nouvelles idées, on se débarrasse des cordes et des gros solos de guitare… Nos albums ont eu tendance à être dominés par la haine et l’amertume et cet album pour la première fois possède une qualité sereine – ose-je dire, il y a de l’amour dessus. Et d’était cette idée de “C’est notre Glasnost personnelle”.

Glasnost, la nouvelle ouverture des Manic Street Preachers sur le nouvel album Lifeblood, qui reçoit ce soir le traitement de l’Exposure Album Playback. J’ai avec moi James et Nicky du groupe. Always/Never est le prochain morceau et pour moi, c’est le plus Bowie-esque de l’album. Vous avez mentionné David Bowie plus d’une fois et Scary Monsters… Que pouvez-vous me dire sur Always/Never ?

J : C’était la seule chanson qu’on ait écrite d’une manière différente sur cet album. J’avais l’air avant qu’aucun mot ne soit écrit et ça n’arrive jamais avec nous, j’écris toujours la musique sur les paroles. Et j’avais un air, je l’ai donné à Nick avec des la-la, des wa-wa et des wouf-wouf… et il a écrit des paroles sur mon brouhaha. Alors c’est définitivement la chanson la plus stylisée de l’album à cause de ça. C’était plus une expérimentation musicale au début qu’autre chose. On la répétait pour la quatrième fois. Nick a commencé à jouer de la slap bass. J’ai pensé qu’il portait un blouson de cuir estampillé Hard Rock Café pendant une seconde. Je pouvais voir que la pensée que ce n’était pas cool lui traversait l’esprit. C’était cool, parce que la chanson n’était rien sans lui qui joue comme ça. Ça a affecté la manière dont Sean a joué et tout…

N : Je pense que Bowie, pour nous, en termes de notre amour – pour moi définitivement – de 1977 à 1981 – après et avant ça, je ne peux dire que je suis un grand fan vraiment mais de Low à Scary Monsters et The Lodger en passant par Heroes, ce sont les influences que l’on recherchait. Sound & Vision et des trucs comme ça.

J : Aussi, le clavier qui travaille avec nous, Nick Nasmyth, il est avec nous depuis 1996, c’est son meilleur moment sur l’album.

N : Voilà le moment “Sois sympa avec tes potes”.

Ce code de conduite auquel vous vous referiez, depuis quand existe-t-il ? Si la slap bass était sur la liste comme la route que vous ne deviez jamais prendre si vous êtes les Manic Street Preachers… Est-ce que c’est juste dans la tête et y a-t-il certaines choses dont vous avez débattues que vous ne feriez pas ?

J : Je pense, en étant ensemble depuis si longtemps, parce qu’on a grandi ensemble, acheté les mêmes disques, essayer de jouer aux mêmes jeux que ce soit le football ou le cricket, je pense qu’on a une liste de contrôle naturelle et subconsciente dans nos têtes qui nous dit ce qu’on ne doit pas faire. On a presque trop peur de le faire en face de chacun parce qu’on sait que quelqu’un sortira “Qu’est-ce que tu fais, crétin ?” Je pense qu’on a laissé tomber ça et bien sûr la slap bass en faisait partie. Qu’est-ce qu’il y avait d’autre ? Tu as une idée ?

N : Les chansons d’amour.

J : Les chansons d’amour. On s’intéresse pas aux coureurs de jupons, ça lui rappelle le rockabilly.

Le rockabilly revient d’ailleurs.

N : Mon Dieu, au secours.

C’est Always/Never, Manic Street Preachers sur Exposure XFM.

C’est Always/Never et les Manic Street Preachers, extrait du nouvel album Lifeblood. Solitude Sometimes Is est le prochain morceau, produit encore par Tony Visconti, que peux-tu nous dire dessus, sur les paroles, Nicky ?

N : C’est l’une de mes préférées je dois dire, dès qu’on a commencé à y travailler. Ça a pris beaucoup de temps pour arriver correctement à la fin et Tom Elmhirst a fait beaucoup de travail en terme de la déconstruire et d’y ajouter beaucoup de choses dans le mix final mais au niveau des paroles, c’est juste cette idée qu’être seul est excellent – que dans la société moderne on est forcées à parler aux gens, on est forcés à se faire des amis, on est forcés à parler aux gens, tu sais – l’idée d’un club littéraire – pourquoi ne peut-on pas lire un livre seul ? Pourquoi doit-on s’entourer de dix personnes et lui dire ce qu’on en pense ? POURQUOI ? Je ne comprends pas cette fascination d’être avec les gens.

Mais c’est bien d’avoir un échange d’idées.

N : À quoi ça sert quand tu traites avec des peigne-culs la moitié du temps (!!)

Mais après tu trouves “ton gang” et en parle avec eux, non ?

J : Tu “a trouvé ton gang” à 4 ans.

N : C’est juste cette idée de l’artificiel… Ton groupe artificiel d’échange d’idées. C’est étranger à moi. L’idée, c’est que la solitude peut-être vraiment positive. Que tu es sensé être bizarre si tu es seul et ce ne l’est pas. J’ai passé certains des meilleurs moments de ma vie seul. Et c’est toujours le cas. C’est génial d’être avec le groupe et c’est génial… Je suis marié depuis 11 ans et j’ai une adorable fille mais je ne peux pas nier que parfois il n’y a rien de mieux qu’être seul.

J : Comme Johnny Sack dit – “What are we, the UN now?” (“Qu’est-ce qu’on est, l’ONU maintenant ?”)

N : C’est juste qu’une beauté de ça a été totalement diminuée, c’est cette idée que, bien disons les Smiths pour moi alors, ils m’ont fait me sentir moins seul sans devoir me toucher et me sentir. Tu es juste connecté à quelque chose. Il y a un poème de Louis MacNeice que j’utilise dans la chanson aussi. L’idée derrière cette chose m’est très chère.

Solitude Sometimes Is, Manic Street Preachers, extrait du nouvel album Lifeblood. Fragments est le prochain morceau, il en reste encore deux. Sur Fragments, il y a des paroles additionnelles de Patrick Jones. J’ai aussi regardé votre site et vu le film génial qu’il a fait pour 1985. Que je recommance vivement — manics.co.uk

N : Quelque chose comme ça.

Le film est génial.

N : Il est excellent en effet. Je me suis toujours – de façon tempétueuse – bien entendu avec mon frère mais tout à coup, il s’est mis à faire ces films tout le temps. Il en a fait 6 ou 7 pour l’album. C’est vraiment sympa de l’avoir sur le site et on a essayé de mettre beaucoup d’efforts dans le site cette fois. Je ne sais pas comment utiliser la chose, mais c’est moi qui a mis le contenu.

J’étais vraiment excité en le voyant. Il y a aussi des images de vous à 16 ans je présume quand vous veniez de former le groupe et toutes sortes de trucs et c’est vraiment cool. Alors quand tu as des paroles additionnelles de Patrick, est-ce que tu l’appelles en lui disant : “J’ai un problème avec la fin d’un vers, tu peux m’aider ?” Est-ce que c’est comme cela que cela fonctionne ou est-ce que c’est après une conversation qu’il arrive avec des mots qu’il pense pourraient t’intéresser ?

N : Avec ce morceau particulier, Fragments, je pensais qu’il y avait vraiment besoin de cette douleur couverte de sang – ce sur quoi il écrit beaucoup. La bataille permanente entre lui et la société moderne. Et je l’ai juste appelé, je lui ai donné les mots et je lui ai demandé s’il pouvait me trouver quelques vers. Il a fini par écrire en gros la moitié des paroles. On se sent bien quand on est honnête. Je ne sais pas si je l’ai dit à James quand on l’a écrite.

J : Non.

N : Mais euh…

J : Je pense que c’est Pat qui me l’a dit en premier.

N : Je pense que c’est une magnifique chanson, je pense qu’elle est très reposante et apaisante et en quelque sorte pleine d’espoir aussi. C’est une sorte de retour chez soi…

J : C’est vraiment étrange parce que les derniers morceaux de l’album Fragments et Cardiff Afterlife sont probablement les deux plus vieilles chansons je pense.

Et il a y de la guitare slide que tu joues dessus James ?

J : Oui, de la slide, une bottleneck et une dobro. Je viens de faire une interview pour Guitarist Magazine et c’est ce que je suis devenu. Je ne veux pas parler de films russes comme Come & See ou… J’ai juste parlé de dobros, de bottlenecks et d’indications de la mesure. Je suis devenu un musicien. (air résigné)

N : Quand il a fait ça James s’est tourné vers moi et a dit que je sonnais comme Daniel Lanois maintenant. Là où il y a de l’espoir, il a dit. C’est une chanson tout simplement belle, j’aime vraiment Fragments. Elle me met à l’aise avec moi-même, ce que je ne pense pas être le cas avec tous les disques des Manics mais… ça l’est. Elle est reposante.

Et la voilà. Fragments, Manic Street Preachers, extrait de Lifeblood.

C’est Fragments, Manic Street Preachers, extrait du nouvel album Lifeblood. C’est en vente la semaine prochaine mais ce soir avec Nicky et James, nous avons parcouru l’intégralité de l’album à part un morceau. Merci beaucoup d’être venus, j’apprécie et merci d’être si ouverts. Cardiff Afterlife est la prochaine chanson, que pouvez-vous me dire dessus ?

J : Bien, d’abord ces paroles sont arrivées à un moment différent parce que Nick travaillait sur son projet privée qu’était l’album Cities.

N : Dont je m’occupe.

J : Je pense qu’il y a 10 chansons sur les villes. Et toutes les paroles se trouvaient au dos d’un tableau. Et ce sont les seules paroles de cette fournée qui aient survécu.

N : On n’a pas écrit de chanson pour chaque, non ?

J : Bien, c’est assez difficile d’écrire un air sur The Dublin Lag.

N : Tokyo Hole plutôt. Leeches Over Havana.

J : Tokyo Hole était tout simplement dégradante pour être honnête.

N : Gloussement haut perché.

J : Alors c’était la seule chanson de cette fournée qui ait survécu. C’est la plus ancienne chanson de l’album je pense.

Alors de quand date cela, le projet Cities – quel âge a-t-il ?

N : On était au Japon après Know Your Enemy je pense, peut-être le Best Of, je n’en suis pas sûr. James a l’habitude de perdre les paroles. J’ai pensé que si je les écrivais sur ces énormes toiles, il ne pouvait en aucune façon les perdre. Je pense qu’il aurait pu en perdre en fait.

J : Je ne perds rien.

N : Alors je lui ai donné des trucs comme Stockholm Alone, Tokyo Hole, Leeches Over Havana… c’est cette idée de gâchis, l’idée qu’on écrit des chansons qui ne sont pas destinées à quelque chose et qu’on a dû omettre nous-mêmes. La plus grande erreur qu’on puisse faire en tant que groupe est de tout sortir, tu sais, ce genre de territoire Ryan Adams, tu sais : “J’ai enregistré une reprise dans un hôtel aux Bahamas et je la sors en single même si c’est de la merde en barre”. C’est un songwriter vraiment bon mais tu sais il ne devrait pas en sortir autant. “Tout l’album des Strokes, je le sors sur Ebay”.

J : Bah on l’a fait avec Know Your Enemy.

N : Cardiff Afterlife, elle me rappelle There Is A Light des Smiths. Ça parle de la réclamation de ta mémoire, la pureté des bonnes choses, l’idée que tu ne devrais pas laisser tout devenir apocryphe ou mythique – tout le truc Richey avec nous est l’idée qu’on connait quelqu’un depuis 20 ans ; ce ne sont que les six derniers mois qui ont été sombres et fous. La plupart du temps, c’était créatif, intense ou agréable en jouant au cricket ou au football. Alors c’est une réclamation, l’idée de ne pas laisser des forces extérieures ruiner des choses pour toi. Je pense qu’on peut l’appliquer autrement qu’à notre situation – l’idée que Richey est le fils de ses parents et notre ami, ce n’est pas… euh ce n’est certainement pas un guitariste. Mais c’est quelqu’un avec qui je me suis assis à un bureau et avec qui j’ai écrit des paroles. Je ne pense pas que beaucoup ont eu cette expérience dans le rock’n’roll tu sais : dire “ce vers est merdique” et “ce vers est bon” et d’autres trucs. C’est une chanson sur la réclamation je pense.

J : (On peut entendre sa chaise craquer) Je trouvais que c’était une attaque contre le révisionnisme à la base. Je devrais toujours être réservé parce que j’ai tendance à essayer de rendre les paroles de Nick plus amères qu’elle ne le sont. Alors je me tairai à propos de celle-là.

N : Je ne pense pas qu’on ait eu de problème avec ça dans le passé, c’est juste que cette fois j’ai essayé de…

J : Me contenir.

N : Non, me contenir moi-même. Tous les mauvais trucs, je les mets dans un journal séparé et tous les trucs constructifs, je les mets dans des chansons. James joue de l’harmonica, ce qui est une chose très anti-Manics.

J : (toute petite voix) Une chose très humaine.

N : Parle un peu de la musique, parle de Sepia et d’autres trucs (à James).

J : Qu’est-il arrivé aux types forts et silencieux comme Gary Cooper ?

Il y a une belle harpe dessus aussi.

N : (s’excitant) James, Taxi Driver – assomme nous avec ça !! (optimiste, tel un môme qui demande à ses parents de lui parler lorsqu’il rentrent du travail)

J : Captain Wire… me pousse merde. Quand j’ai écrit cet air (imite l’accent londonien). Quand j’ai écrit cet air, j’ai modelé les refrains sur Taxi Driver. Là où… on a les crescendos et les cors pratiquement à l’envers et d’autres trucs comme ça et la harpe et je voulais ce genre de confusions parce que quand on est passés par Lipstick Traces et Forever Delayed, je pense qu’on est sortis de la brume, le brouillard des opinions de tous les autres. Le brouillard, la brume de…

N : Le brouillard de la guerre.

J : Le brouillard de la guerre effectivement. Tout le monde qui nous disait ce qu’ils pensaient réellement être la vérité et comment on a trahi certains souvenirs qui ne pouvaient être plus éloignés de la vérité. D’une manière métaphorique, musicalement, je voulais traverser les refrains comme une BO de Taxi Driver presque comme si on sortait de la brume de New York pour rentrer dans quelque chose de beau.

N : Il y a un moment magique parce qu’on est allés se promener à New York et on a laissé Sean et Tony Visconti – on luttait un peu avec le refrain, hein ? Et Sean a trouvé un très bon sample de harpe – le genre de travail de Sean en fait. il a trouvé la BO de Taxi Driver, l’a joué à Tony Visconti, on est revenus deux heures plus tard et ça sonnait effectivement comme ce qu’on recherchait.

J : Ce n’est pas accidentel si la toute dernière note de l’album, c’est nous qui sortons de ce refrain et c’est comme une métaphore de sortir de la tristesse et de la confusion qui ont entouré certaines choses, c’est en fait trouver la réponse pour une fois. Ne pas regarder en arrière et chercher la vengeance contre les gens.

La chanson se termine assez brusquement, n’est-ce pas ? Elle se… termine.

J : Ouais, ce qui veut dire qu’on n’a pas de souci.

En effet. Excellent. Bien, nous allons vous laisser là, sans souci. James, Nicky, merci énormément d’être venus. C’est le dernier morceau de Lifeblood, Cardiff Afterlife.

Traduction – d’après la transcription de nickywire.co.uk – 22 novembre 2004

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