Belfast Telegraph – 26 novembre 2004 : Attendre l’innatendu

Les Manic Street Preachers sont de retour et font de la musique, ainsi que l’histoire. Neil McKay discute avec eux du nouvel album, et pourquoi Belfast n’aura pas le droit à un rappel.

La seule certitude avec les Manic Street Preachers, c’est qu’on ne peut être certain de ce qu’ils vont faire… et qu’ils ne font pas de rappel.

C’est le groupe qui a juré de se séparer après leur premier album s’ils n’étaient pas aussi gros que Guns N’Roses. Ce n’était pas le cas et ils ne se sont pas séparés.

On s’attendait à ce qu’ils se séparent quand leur guitariste et principal parolier Richey Edwards a disparu en 1995. La réponse du groupe a été de faire leur meilleur et plus grand album, Everything Must Go.

Ils ont confondu les attentes à nouveau avec leur nouvel album Lifeblood, merveilleuse collection de pop à guitare qui marque une nouvelle maturité dans la musique et l’approche du groupe.

Pourtant, il contraste violemment avec leur précédent album, Know Your Enemy, qui revenait à l’année zéro du punk et contenait une partie de leur musique la plus dure et la plus conflictuelle.

Le bassiste Nicky Wire dit : “L’idée avec Lifeblood était de faire un disque accessible. Avec Know Your Enemy, on était au comble de notre politique politicienne et de notre méchanceté, et on voulait vraiment écrire une sorte d’album gracieux, un album qui reflétait notre âge – on voulait écrire dix singles.

“C’était la théorie d’avoir ce genre de pop élégiaque qui incluait tout le monde je pense. On voulait faire un disque pour les mômes de 10 ans et les sexagénaires. Know Your Enemy était un disque pour nous, mais on voulait juste faire un disque pour tout le monde.

“L’autre chose était de garder les chansons courtes, je pense que la chanson la plus longue dépasse à peine les quatre minutes.

“On a toujours été à notre meilleur quand on avait un concept derrière un disque – Everything Must Go avait un mur du son à la Spector, Holy Bible avait un concept très défini sur la façon dont on était sur le plan vestimentaire et musical – et on avait besoin de cela encore une fois. C’était très naturel, c’était le bon moment.

“Tout nous a dépassés avec le dernier disque – aller à Cuba, rencontrer Fidel Castro, on aurait dit qu’on faisait plus l’histoire qu’un disque. C’est vraiment pour cela qu’on s’est maîtrisés pour faire un album pop focalisé. On voulait juste atteindre un sentiment de clarté en son sein et moins de hype.

“On a toujours été construits autour de la hype, de la haine et des idées, mais pour la toute première fois, il y a plus de clarté et un tout petit peu d’amour sur un disque des Manic Street Preachers. On a appris un petit peu de grâce, c’est plus délicat, plus subtil et plus subversif, je pense.

“On a toujours besoin de faire une déclaration avec un disque, de secouer un peu les choses. C’est totalement inné dans nos psychés, même d’une manière profondément imparfaite, de prendre parfois l’opinion opposée.

“Je pense que la seule chose qu’on ait appris dans notre carrière, c’est être humains, apprendre à faire des erreurs. Tous les meilleurs groupes, tous mes groupes préférés, ont eu tant de hauts et de bas, ont fait tant de conneries, et on ne fait ses preuves qu’en revenant. Tu dois te présenter comme un être humain, admettre que tu as fais des erreurs, mais en tirer de la force”.

Le groupe joue au Waterfront de Belfast au début du mois prochain et leur désir de lutter contre la convention sera présent encore une fois.

Wire dit : “On a seulement fait un rappel et c’était au vieux Marquee à Londres en 1991. On ne voulait pas le faire parce que en fait cela avait été un bon concert, ce qui était assez rare au début, mais quand on est revenus, on avait tellement attendu que tout le monde s’était cassé. Il n’y avait que 50 personnes environ qui étaient restées sur 800 environ. C’était embarrassant, et voilà – on n’en a pas fait depuis.

“C’est tout simplement la bonne chose à faire. Si tu termines avec A Design For Life, tu as tendance à atteindre un tel apogée et un tel point culminant que vraiment… tu mets tellement d’énergie dans ce final qu’il est inutile de revenir”.

Les Manic Street Preachers jouent au Waterfront Hall de Belfast le 6 décembre.

Neil McKay

Traduction – 22 janvier 2005

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