The Guardian – 26 mai 2006 : James Dean Bradfield

Roadhouse, Manchester
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Mick Jagger s’est une fois demandé : “Que peut faire un pauvre garçon, à part chanter dans un groupe rock ?” et la même question semble avoir perturbé James Dean Bradfield. S’ennuyant rapidement durant les deux années sabbatiques des Manic Street Preachers, il s’est retrouvé à se lancer dans une carrière solo qu’il n’avait jamais vraiment prévue. L’ironie, c’est que les chansons de The Great Western, le futur premier album de Bradfield, sont au moins aussi bonnes que tout ce qu’il a enregistré avec son groupe.

Entassé dans la plus petite salle dans laquelle il n’ait jouée depuis 15 ans, Bradfield semble au départ distrait par l’environnement et les nouveaux musiciens. “Ça semble bizarre”, admet-il, mais rapidement, le chanteur guitariste à la chemise noire sautille sur la scène d’euphorie. Il a écrit les chansons dans le train de Cardiff à Paddington, scène des premiers pas des Preachers vers le succès, et elles étaient telles des éruptions d’émotion refoulée.

Musicalement entre Everything Must Go des Manics et Mott The Hoople, certaines chansons reviennent sur son enfance, ses débuts avec le groupe et les tragédies qui dépassent la disparition du guitariste Richey Edwards. English Gentleman se souvient d’une manière touchante de Philip Hall, dont le rôle central en tant que publiciste-mentor des Manics a été écourté par le cancer.

Un gouffre existe entre la mélancolie curieusement réjouissante des chansons et le bavardage entre elles, donnant au concert l’atmosphère magique de la catharsis intensifiée par le rire. Il introduit une chanson comme parlant “d’une vieille femme qui vivait au-dessus de moi et qui me traitait de putain d’idiot” : “Ce n’est pas très sympa”, crie quelqu’un. Il taquine les gens avec des introductions des Manics et joue Ocean Spray, les seules paroles précédentes de Bradfield, à propos de la mort de sa mère, avant de dévoiler Run Romeo Run, bijou enivrant sur la fuite de divers démons.

L’ouvrier gallois a semblé par occasions mal à l’aise avec la “célébrité” et les émotions, mais en trouvant le courage de se mettre autant à nu, il a trouvé une nouvelle voix puissante.

Dave Simpson

Traduction – 9 octobre 2007

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