Musicomh.com – 24 juillet 2006 : James Dean Bradfield

The Great Western 3/5

Il semble quelque peu approprié que le premier album solo de James Dean Bradfield suive si rapidement les talons de The Eraser de Thom Yorke. Les groupes des deux hommes ont émergé à peu près au même moment au début des années 1990, gagné des disciples quasi-obsessifs et évolué musicalement durant la décennie.

La manière dont Radiohead et les Manic Street Preachers différaient cependant était dans leur style d’évolution. Tandis que Radiohead étaient à l’origine rejetés et ignorés comme un groupe indé typiquement gris, les Manics étaient les chéris de la presse dès le début. Grâce à leur image glamour et politique (une nouveauté en soi à l’époque du shoegazing) et certains morceaux vraiment incendiaires tels que Motown Junk ou Repeat, le groupe gallois n’a jamais manqué de place dans les colonnes des journaux.

Avec la disparition du membre fondateur Richey Edwards cependant, les Manics tels que nous les connaissions ont cessé d’exister et se sont transformés en un groupe rock standard. Leurs derniers albums étaient ennuyeux à l’extrême, et sentaient un groupe qui avait un besoin désespéré de faire une pause de chacun.

Il reste à voir comment Nicky Wire a réagi à la dissolution apparemment temporaire du groupe, mais elle semble certainement avoir revigoré Bradfield. The Great Western est un album rempli de grandes chansons à guitare qui descendent en piqué, avec une énergie et un enthousiasme palpable qui manquaient désespérément au répertoire récent des Manics.

Il est peu probable qu’il s’attire tous ceux qui attendent en quelque sorte une suite à The Holy Bible bien sûr, mais cela n’allait jamais arriver de toute manière. Il est peut-être plus proche du meilleur album post-Richey des Manics, Everything Must Go, étant réfléchi, un peu mélodramatique et qui peut se vanter de posséder plusieurs airs qui montent dans votre tête et y restent pendant des mois.

En effet, c’est quelque peu un choc d’entendre le morceau d’ouverture That’s No Way To Tell A Lie, avec ses clappements de main et son refrain “sha-la-la”. On l’aime et elle est accessible à la première écoute, et elle donne le ton pour le reste de l’album. Bad Boys And Painkillers (co-écrite avec Nicky Wire) a un côté sympa d’été et un refrain majestueux, tandis que Run Romeo Run est un autre grand moment entraînant.

Le morceau peut-être le plus touchant est An English Gentleman, écrit pour le regretté mentor des Manics, Philip Hall. Les seules paroles que Bradfield ait écrites avant cet album étaient celles de l’émouvante Ocean Spray, à propos de sa mère décédée, alors peut-être que ce n’est pas une surprise qu’il puisse écrire si succinctement à propos d’un ami qui est parti. Des lignes telles que “Mais tu nous a donné plus que nous en avions besoin, l’ami / Nous étions si heureux d’être à la porte d’un gentleman anglais” résument avec justesse les relations de Hall avec le groupe, et les éclats d’harmonies la transforment en une chanson qui affirme la vie plutôt qu’une qui déprime.

Pas tous les morceaux fonctionnent aussi bien – Still A Long Way To Go est un peu excédé, tandis que Émigré et Say Hello To The Pope sont un peu trop anonymes et fades pour faire une réelle impression. Pourtant en grande partie, c’est un soulagement d’entendre Bradfield chanter ses propres paroles, qui veulent dire bine plus que la polémique plutôt abstraite par moments de Wire.

Bien sûr, ceux qui trouvent la voix de Bradfield irritante ne trouveront rien pour les convaincre du contraire. Sa voix est grande et passionnée mais agace un peu sur la longueur d’un album. À la différence de son concitoyen gallois Kelly Jones cependant, il sait ne jamais mélanger passion avec grognement – effectivement, To See A Friend In Tears sonne bien mieux pour Bradfield d’être plus contenu. C’est un style qu’il devrait explorer un peu plus.

Si oui ou non The Great Western signale la fin des Manic Street Preachers, les fans de longue date devraient n’avoir aucune raison de pleurer. C’est la meilleure œuvre de Bradfield depuis un moment, et une bonne publicité pour les avantages revivifiants de partir en solo.

John Murphy

Traduction – 30 avril 2008

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