Lee Harvey Oswald

oswaldMentionné dans I’m Just A Patsy :
“I am just a patsy
The Oswald in Lee Harvey
Made of my own misery
The footprints of history”

Lee Harvey Oswald (18 octore 1939 – 24 novembre 1963) était, selon quatre enquêtes gouvernementales américaines, l’assassin du président américain John F. Kennedy le 22 novembre 1963. Ancien marine qui s’était enfuit en Union soviétique et était revenu plus tard, Oswald a publiquement nié avoir tué le président et l’officier de police de Dallas J.D. Tippit, déclarant aux journalistes “I’m just a patsy” (“Je suis juste un bouc-émissaire”).

Bien que la plupart des Américains pensent qu’Oswald a eu un rôle dans l’assassinat, la plupart croient qu’il y avait un deuxième tireur ou que d’autres personnes étaient impliquées. Beaucoup croient qu’ils faisaient partie d’un complot d’assassinat plus large qui a été sujet à des tentatives pour étouffer l’affaire.

Né à La Nouvelle-Orléans en Louisiane, il connaît une enfance difficile.

Son père, Robert Lee Oswald, meurt deux mois avant sa naissance. Sa mère, qui a dû l’élever seule ainsi que son frère, Robert, et son demi-frère, John Pic, était une mère protectrice et dominatrice. La famille a eu une vie assez instable. Avant qu’il ait 18 ans, Lee avait connu 22 domiciles et 12 écoles, généralement à la Nouvelle-Orléans et à Dallas.

Oswald était un enfant taiseux et caractériel. Lorsque sa mère et lui ont emménagé pour un temps chez John Pic, qui était membre des gardes-côtes, Oswald a menacé sa mère avec un couteau. Lorsqu’ils ont vécu à New York, alors qu’il avait 14 ans, ses problèmes scolaires et caractériels ont entraîné une évaluation par un psychiatre sur ordre de l’administration. Le psychiatre a diagnostiqué chez le jeune Oswald des troubles de la personnalité avec tendance schizoïde et passive-agressive. Avant qu’une décision quelconque soit prise suite à cette évaluation, Marguerite a quitté New York et a emménagé à La Nouvelle-Orléans.

Oswald a fréquenté l’école de manière irrégulière et n’a jamais obtenu son diplôme de secondaires. Oswald a toujours eu une mauvaise orthographe, et ses erreurs ont amené certains à estimer qu’il était peut-être dyslexique. Malgré ces problèmes, il était un lecteur avide et a toujours pensé qu’il était mieux éduqué que les gens qui l’entouraient. À partir de ses 15 ans, on note son intérêt pour le marxisme provenant de sa lecture notamment du Capital. Il note dans son journal : “Je cherchais à comprendre le monde qui m’entourait, et j’ai découvert la littérature socialiste. J’ai du, pour lire ces livres, fouiller les recoins les plus poussiéreux des librairies”.

Oswald adorait son frère aîné, Robert, qui était dans les Marines. Il portait la bague du Corps de son frère et apprenait par cœur le Manuel des Marines. Sans doute du fait de cette admiration, et peut-être pour échapper à sa mère, malgré le fait qu’il se considérait comme un marxiste, Oswald s’engage chez les Marines une semaine après son dix-septième anniversaire.

Oswald a reçu un entraînement d’opérateur radar et a été assigné à la base d’El Toro, et ensuite à la base d’Atsugi, au Japon. Cette base était utilisée pour les vols de l’avion espion Lockheed U-2 au dessus de l’URSS, mais Oswald n’était pas impliqué dans ces opérations secrètes.

Toutefois, sa vie n’a pas tardé à devenir difficile. Plutôt petit et frêle par rapport au marine standard, il a été surnommé le lapin par ses camarades. Sa timidité et ses opinions socialistes n’améliorèrent pas cette situation, et plus il se sentait rejeté, plus il s’est renfermé en se vantant de son marxisme. Il lisait énormément de revues et de livres à propos de l’idéologie de Karl Marx et a tenté d’apprendre le russe afin de comprendre des journaux russes. Ses camarades l’ont alors surnommé “Oswaldskovich”.

Oswald a été traduit deux fois en Cour Martiale, une première fois pour possession illégale d’arme de poing et une seconde fois pour une bagarre, ce qui lui a valu de perdre son grade de caporal. Oswald a été, à partir de ce moment, totalement désillusionné au sujet de son avenir chez les Marines. Il a fait en sorte de rompre son contrat avec l’armée en prétextant le fait qu’il devait soigner sa mère souffrante. Lorsqu’il a pu quitter l’armée en 1959, il avait en fait déjà préparé l’étape suivante de sa vie, sa défection en URSS.

Oswald avait été un bon soldat, en tout cas au début de sa carrière, et ses résultats aux tests de tir, par exemple, étaient satisfaisants (il a manqué de peu la classification de tireur d’élite). Ses résultats au tir se sont cependant dégradé au rythme de ses désillusions sur la vie militaire, élément qui a été ensuite utilisé pour faire passer Oswald comme un piètre tireur. En fait, selon les standards du Corps de Marines, Oswald était un bon tireur.

C’est au cours du séjour à Atsugi que certains auteurs estimant qu’Oswald faisait partie d’une conspiration pour tuer Kennedy situent l’entrée d’Oswald dans le monde du renseignement, quoique les avis divergent sur la question de savoir s’il a été engagé par les services américains ou soviétiques.

Le voyage d’Oswald en URSS était bien préparé: il avait économisé la quasi-totalité de son salaire de Marine et a obtenu un passeport en prétendant vouloir étudier en Europe. Après avoir atteint l’URSS en passant par la Finlande dans le cadre d’un voyage organisé, il a déclaré vouloir rester en URSS.

Les Soviétiques lui ont d’abord refusé le droit de rester, considérant que sa défection serait de peu de valeur.

Après qu’il ait eu commis une tentative de suicide, les Soviétiques, qui tentaient à ce moment là une certaine détente avec les États-Unis et craignaient un incident diplomatique, lui ont accordé le droit de rester.

ls l’ont envoyé à Minsk, où il a été surveillé en permanence pendant les trois ans qu’ont duré son séjour. Oswald a tout d’abord semblé heureux : il avait un travail dans une usine métallurgique, un appartement gratuit et une allocation gouvernementale en sus de son salaire, bref une existence confortable selon les standards de vie soviétique. Cependant, après son intérêt initial de cette vie, et l’intérêt qu’il avait éveillé au début dans la ville de Minsk où il était le premier Américain, Oswald, surnommé “Alek” par ses amis, a fini par se lasser. Il considérait que la bureaucratique Union Soviétique était une perversion du socialisme.

Lors d’un bal, Oswald a rencontré Marina Alexandrovna Medvedeva Nikolayevna Prusakova, une jeune étudiante de 19 ans. Ils se sont marié moins d’un mois plus tard. Certains pensent que Marina a surtout été intéressée par le haut standard de vie dont Oswald bénéficiait. Ils ont eu un premier enfant qu’ils ont appelé June. Oswald, qui n’avait jamais renoncé à sa citoyenneté américaine, a décidé de rentrer au pays. Après quasiment un an de lutte avec la bureaucratie, la famille Oswald a quitté l’URSS et a embarqué pour les États-Unis le 1er juin 1962.

La famille Oswald s’est installé à Dallas. Les Oswald ont eu certains contact avec des Russes émigrés qui n’aimaient pas Oswald, mais prenaient en pitié Marina, perdue dans un pays dont elle ne connaissait même pas la langue que Lee refusait de lui apprendre. C’est dans le cadre de ces contacts qu’Oswald a rencontré George de Mohrenschildt, un riche excentrique qui a pris Oswald en sympathie. Certains ont pensé que de Mohrenschildt était un agent de la CIA et avait un lien, d’une façon ou d’une autre, avec les événements qui allaient survenir. Marina s’est également lié d’amitié avec Ruth et Michael Paine.

Oswald a occupé divers postes à Dallas, dont un dans une firme de reprographie, Jaggars-Chiles-Stovall. Selon certains, cette firme exécutait des travaux secrets pour l’armée, mais en fait, il s’agissait simplement de lettrage de cartes dans une section à laquelle Oswald n’avait pas accès. Ce travail plaisait à Oswald, et il y appris les rudiments qui lui ont permis de forger un certain nombre de fausses pièces d’identité au nom d’“Alek James Hidell”. Après 6 mois, Oswald a été chassé de ce travail.

Le général Edwin Walker était un anticommuniste, partisan de la ségrégation raciale et membre de la John Birch Society, une organisation d’extrême-droite. Walker avait été relevé de son commandement par Kennedy après qu’il ait distribué de la littérature d’extrême droite à ses troupes. Il a alors démissionné de l’armée et s’est retiré à Dallas pour y commencer une carrière politique. Il a tenté d’obtenir le soutien du Parti Démocrate pour les élections au poste de Gouverneur du Texas en 1962, mais a été battu par John Connally qui a gagné les élections.

Walker représentait tout ce que haïssait Oswald et il a commencé à le surveiller en février 1963, prenant notamment des photos de son domicile et des environs. Oswald a acheté un fusil et un revolver par correspondance. Le 10 avril 1963, alors qu’il avait été chassé de chez Jaggars-Chiles-Stovall depuis 10 jours, il a laissé une note en russe à Marina et a quitté son domicile avec son fusil. Le soir même, alors que Walker était assis à son bureau, on a tiré sur lui d’une distance de 30 mètres. Walker a survécu par un simple coup de chance : la balle a frappé le châssis en bois de la fenêtre et a été déviée.

Lorsque Oswald est rentré chez lui, il était pâle et semblait effrayé. Quand Marina a découvert ce qu’il venait de faire, elle lui à fait détruire l’ensemble des documents qu’il avait rassemblé pour préparer sa tentative d’assassinat, quoiqu’elle a conservé la note en russe.

L’implication d’Oswald dans cette tentative n’a été connue des autorités qu’après la mort d’Oswald, lorsque cette note, ainsi qu’une photo de la maison de Walker, accompagnés du témoignage de Marina, leur sont parvenues. La balle récupérée dans la maison de Walker était trop endommagée pour permettre une analyse balistique, mais l’analyse de cette balle par activation neutronique a permis de déterminer qu’elle avait été produite par le même fabricant que la balle qui a tué Kennedy.

Sans emploi, Oswald a confié Marina aux bons soins de Ruth Paine et est parti à la Nouvelle-Orléans pour trouver du travail. Il a trouvé un emploi en mai et Marina l’a rejoint.

Oswald semblait à nouveau malheureux de son sort, et quoiqu’il ait perdu ses illusions sur l’Union Soviétique, lui et Marina ont écrit à l’ambassade d’URSS pour demander l’autorisation d’y retourner. Cependant, les espoirs marxistes d’Oswald se reportaient sur Cuba et Fidel Castro. Il est devenu un ardent défenseur de Castro et a décidé de créer une section locale de l’association Fair Play for Cuba. Il a consacré 22,73$ à l’impression de 1000 tracts, 500 demandes d’adhésion et 300 cartes de membres pour Fair Play for Cuba et Marina a signé du nom de “A.J. Hidell” comme président de la section sur une des cartes.

Outre la distribution de tracts, Oswald a fait, en août 1963, une curieuse tentative d’infiltration des milieux anti-castriste : il s’est présenté comme un anticommuniste auprès de Carlos Bringuier, délégué à la Nouvelle-Orléans de l’association des étudiants cubains en proposant de mettre ses capacités de Marine au service des anti-castristes.

Quelques jours plus tard, un ami de Bringuier a repéré Oswald en train de distribuer des tracts pro-Castro. La seconde rencontre entre Bringuier et Oswald a donc été explosive, et a résulté dans une arrestation collective. Oswald a passé la nuit en prison, et son procès (ainsi que celui de Bringuier) a attiré l’attention de la presse. Oswald a alors été interviewé et filmé en train de distribuer des tracts (avec des aides qu’il venait d’engager à l’agence pour l’emploi locale). Il a suggéré à la radio d’organiser un débat entre lui et Bringier (sa correspondance montre un Oswald heureux du bruit qu’il réussit à faire autour de Fair Play for Cuba et présentant sa section – dont il était le seul membre – comme un succès).

Cependant, le débat radio-diffusé qui s’en est suivit a tourné au désavantage d’Oswald, puisque les mensonges qu’il avait proférés lors de sa précédente interview ont été dénoncés. Humilié et ayant perdu toute crédibilité, Oswald a quitté la ville un mois plus tard pour un intermède mexicain qui allait plus tard faire l’objet de beaucoup de commentaires.

Les quatre mois qu’Oswald a passé à la Nouvelle-Orléans ont été l’objet de beaucoup de spéculation et notamment de toute l’attention de Jim Garrison, le district attorney de la ville qui a pensé pouvoir lier Oswald avec Clay Shaw, un homme d’affaire local qu’il estimait être impliqué dans l’assassinat du Président John F. Kennedy.

Le lien entre Oswald et Clay Shaw était censé être Guy Banister, un ancien agent du FBI devenu détective et David Ferrie, un pilote.

Il semble que dans les années 1950, Ferrie et Oswald aient été ensemble membres de la “Civil Air Patrol”, une association civile auxiliaire de l’armée de l’air.

Un lien relevé entre Guy Banister et Oswald est que Guy Banister avait un bureau au 531 Lafayette Street, et qu’Oswald a utilisé l’adresse 544 Camp Street sur certains des tracts qu’il avait distribués. Or les deux adresses donnent dans un même immeuble.

En fait, les deux entrées donnent dans des parties non communicantes de l’immeuble et on n’a pas d’élément crédible qui lie Oswald et Banister. Par ailleurs, l’adresse 544 Camp Street avait été l’adresse du Conseil révolutionnaire anti-Castro, où Carlos Bringuier avait d’ailleurs travaillé. Un résident cubain de l’adresse a témoigné avoir été approché en juillet 1963 par Oswald qui a exprimé son souhait d’aider la résistance contre Castro. Il lui avait alors dit que l’association était partie et avait conseillé à Oswald de s’adresser à Bringuier. La mention de l’adresse sur certains tracts peut donc s’expliquer par le souhait d’Oswald d’embarrasser le Conseil et Bringuier.

Alors que Ruth Paine ramenait Marina à Dallas le 23 septembre 1963, Oswald est resté en ville deux jours sans doute pour collecter son dernier chèque de chômage de 33$. Ces jours sont aussi ceux où se situe un incident qui rend incertain le trajet exact d’Oswald à partir de la Nouvelle-Orléans : il s’agit du témoignage de Sylvia Odio.

Quoi qu’il en soit, Oswald était dans un bus Houston-Laredo le 26 septembre, et continuait ensuite vers Mexico. Là, il a tenté d’obtenir un visa vers Cuba, se présentant comme un défenseur de Cuba et de Castro, et en affirmant qu’il voulait ensuite continuer vers l’URSS. L’ambassade lui a refusé le visa s’il n’avait pas au préalable un visa soviétique. L’ambassade d’URSS, après avoir consulté Moscou, a refusé le visa. Après plusieurs jours de va-et-vient entre les deux ambassades, un Oswald rejeté et mortifié est retourné à Dallas.

L’épisode mexicain a aussi été le sujet de beaucoup de spéculations. Celles-ci ont été renforcées par une erreur de la CIA qui surveillait l’ambassade d’URSS et a envoyé à la Commission Warren une photo de quelqu’un qui n’était pas Oswald, ce qui a provoqué des suppositions qu’Oswald n’était en fait pas à Mexico ou en tout cas n’y avait pas fait ce que l’on prétendait. Des années plus tard, cependant, Cuba a fait parvenir aux autorités américaines la demande de visa d’Oswald, et son écriture a été formellement identifiée.

De retour à Dallas le 3 octobre, Oswald a exprimé sa frustration à l’égard du régime de Castro. Il a décidé de laisser Marina chez Ruth Paine pendant qu’il cherchait un nouvel emploi et un nouvel appartement. Oswald a trouvé un logement à 7$ la semaine et a cherché un emploi tous les jours. Sa première logeuse, qui ne l’appréciait pas et se méfiait de lui parce qu’il téléphonait en russe à Marina, a refusé de renouveler la location. Oswald a pensé que la cause en était une nouvelle enquête du FBI. Il a donc décidé de dorénavant louer sous un faux nom et sa location suivante, le 14 octobre, a été faite sous le nom de “O.H Lee”.

Malgré ses efforts, Oswald ne parvenait pas à trouver du travail. Ce même 14 octobre, Ruth Paine discutait avec des voisines, évoquant notamment le sort des Oswald : une femme enceinte et un mari qui ne trouve pas de travail. Une des voisines, Linnie May Randle, s’est souvenu que son jeune frère, Wesley Bull Frazier, venait de passer à travers la même épreuve et avait trouvé du travail au Texas School Book Depository, un dépôt de livres qui assurait la distribution de livres éducatifs. Elle a donc suggéré qu’Oswald y tente sa chance. Ruth Paine a appelé le Texas School Book Depository (TSBD) où on lui dit qu’il y aurait peut-être une place. Le jour suivant, le 15 octobre, Oswald s’est présenté au TSBD où il a obtenu une place d’employé chargé de remplir les bons de commande (Oswald a menti en affirmant qu’il venait d’avoir une décharge honorable des Marines et qu’il n’avait jamais eu d’ennuis avec la justice) et a commencé à y travailler le 16 octobre.

Wesley Bull Frazier, qui vivait près de sa sœur, Ruth Paine, lui a offert de le véhiculer jusque chez les Paine quand il le voulait, mais Oswald a décidé de ne rejoindre sa femme que le week-end, ce qu’il a fait pour la première fois le vendredi 18 octobre. Le dimanche, Marina a donné naissance à leur second enfant, Audrey.

Au cours du week-end suivant, Michael Paine, le mari de Ruth, a eu une conversation politique avec Oswald et s’est rendu compte que malgré sa désillusion à l’égard des régimes socialistes, il était encore un fervent marxiste qui pensait que la révolution violente était la seule solution pour installer le socialisme. Pendant les semaines suivantes, la situation entre Marina et Lee s’est à nouveau dégradé, tandis que le FBI de Dallas s’intéressait à nouveau à Oswald du fait de son voyage à Mexico. Le vendredi 1er novembre, le FBI s’est rendu au domicile des Paine et a interrogé Marina. Lorsque Oswald a appris cela le soir même, il est devenu très nerveux. Il avait l’impression d’être harcelé par le FBI, surtout lorsqu’une deuxième visite a eu lieu le mardi suivant, 5 novembre. Sans doute suite à ces visites, Oswald s’est rendu le 12 novembre au bureau du FBI pour remettre une enveloppe à l’agent qui s’était chargé de l’enquête, James Hosty. Cet épisode a par la suite donné lieu à un acte de dissimulation par le FBI, puisque le supérieur de Hosty lui a donné l’ordre de détruire la note qui, selon Hosty, contenait une demande de laisser Marina tranquille. Cette décision a sans doute été prise pour éviter de créer le moindre lien entre Oswald et le FBI ou une accusation d’enquête bâclée.

Le 15 novembre, Oswald n’a pu aller chez les Paine parce que Michael, le mari de Ruth, y passait le week-end (les Paine étaient en instance de divorce). Pendant ce week-end, Marina a découvert que Lee avait à nouveau écrit à l’ambassade d’URSS, et qu’il s’était inscrit sous un faux nom à son logement, et ils se sont disputé au téléphone à ce sujet.

Le 19 novembre, le Dallas Time Herald a publié le trajet que le Président Kennedy utiliserait lors de la traversée de la ville. Comme Oswald avait pour habitude de lire le journal de la veille qu’il récupérait dans la salle de repos du TSBD, on présume qu’il a appris que le Président passerait devant les fenêtre du TSBD le 20 ou le 21 novembre.

Le jeudi 21 novembre, Oswald a rompu avec sa routine et a demandé a Bull Frazier s’il pouvait l’amener chez les Paine ce soir là. Au cours de la soirée, Oswald a tenté de convaincre Marina de venir avec lui à Dallas où il trouverait un appartement. Marina a cependant refusé toutes ses tentatives d’approche dans lesquelles certains ont vu une tentative de la part d’Oswald de ne pas exécuter le plan qui avait sans doute germé dans sa tête le jour même. Lorsque Marina s’est levée le lendemain, le 22 novembre, Oswald était parti en laissant sur le bureau 170 dollars, et… son alliance.

Ce matin du 22 novembre, Bull Frazier a remarqué qu’Oswald embarquait dans sa voiture avec un paquet oblong, qu’Oswald a prétendu être des tringles à rideaux. À 11h40, des travailleurs qui posaient un revêtement de sol au cinquième étage ont remarqué Oswald du côté est de l’étage.

Quinze ans après l’assassinat, une employée du TSBD dirait qu’elle se souvient avoir vu Oswald dans la salle de repos du premier étage en train de déjeuner à 12h15, mais ce témoignage était contraire à ses premiers témoignages et à celui des personnes avec qui elle était à ce moment là et qui n’ont pas vu Oswald.

Un autre employé se trouvait au 5ème étage puisqu’il y a pris son déjeuner vers 12h-12h15. Il n’a vu personne et a alors décidé de rejoindre ses collègues au quatrième étage, d’où ils ont regardé la parade de la fenêtre juste en dessous de celle d’où les tirs allaient partir (ils ont témoigné avoir entendu les tirs au-dessus d’eux et avoir même entendu le bruit du fusil que l’on rechargeait). Le fait qu’il n’a pas vu Oswald peut s’expliquer par le fait que celui-ci était caché par des piles de caisses de livres, arrangées pour cacher totalement la vue de la fenêtre de tous les autres points de l’étage.

Entre 12h et 12h30, plusieurs personnes ont vu un homme à la fenêtre du cinquième étage, quoique certains en ont vu deux.

À 12h30 précises, le Président traversait Dealey Plaza et était assassiné.

Quelques 90 secondes plus tard, Marrion Baker, un policier qui s’était précipité dans le TSBD pour chercher le tireur, a aperçu quelqu’un alors qu’il atteignait le premier étage. Le policier était accompagné de Roy Truly, le patron du TSBD, qui a identifié Oswald et ils ont continué à monter. Oswald a alors quitté le TSBD par l’entrée principale qui ne serait fermée qu’au moins dix minutes après l’assassinat (alors qu’ironiquement, deux passants s’étaient porté volontaires pour surveiller les accès arrières du bâtiment).

Vers 12h40, Oswald est monté dans un bus qui a été rapidement bloqué dans la circulation. Il a demandé au chauffeur une correspondance et a pris un taxi pour rejoindre son appartement où il a pris une veste beige et son pistolet. On ignore où Oswald se rendait ensuite, mais il avait marché un peu plus d’un kilomètre lorsqu’il a été intercepté vers 13h15 par J. D. Tippit, dans une direction générale qui l’aurait amené à une station de bus d’où un car partait à 13h40 vers le Mexique.

Selon les témoins, Oswald a tué J. D. Tippit alors que celui-ci avait quitté sa voiture et s’approchait de lui. Oswald a quitté les lieux en vidant les douilles de son revolver et en le rechargeant.

Il s’est fait remarquer quelques rues plus loin, alors qu’il se cachait dans le hall d’entrée d’un magasin, des voitures de police qui passaient dans la rue. Le gérant du magasin a noté son manège et est sorti pour voir où il allait. Il l’a vu entrer sans payer dans un cinéma à quelques pas de là. Il a alors alerté le responsable du cinéma qui a appelé la police pour signaler la présence d’un individu suspect dans le cinéma.

Plusieurs voitures de police sont alors arrivées et les policiers ont envahi la salle. Un officier de police a vu Oswald et lui a ordonné de se lever. Oswald lui a donné un coup de poing, a sorti son revolver et a tenté de tirer alors que le policier le ceinturait, mais le coup n’est pas parti.

Il était 13h50, Oswald était arrêté et a tout d’abord été accusé du meurtre de Tippit. Lorsque les policiers se sont rendu compte qu’Oswald était l’employé manquant du TSBD, il a également été inculpé du meurtre du Président. Oswald a nié avoir assassiné qui que ce soit. Pendant son interrogatoire, il a menti à plusieurs reprises aux policiers.

Durant sa garde à vue, Oswald a eu un accrochage impromptu en face à face avec des journalistes et des photographes dans le couloir du commissariat. Un journaliste lui a demandé : “Avez-vous tiré sur le Président ?” et Oswald a répondu : “Je n’ai pas été accusé de cela”. Les journalistes lui ont dit que oui. “En fait, je ne le savais même pas jusqu’à ce qu’un journaliste m’ait posé la question”, a ajouté Oswald. Plus tard, Oswald a dit aux journalistes : “Je n’ai tiré sur personne” et “Ils me prennent à cause du fait que j’ai vécu en Union soviétique. Je suis un bouc-émissaire !” Des plans non montés du face à face impromptu montrent également Jack Ruby, qui reste en arrière derrière les journalistes.

Le 24 novembre, après 15 heures d’interrogatoire dont peu de traces ont été conservées, Oswald a été assassiné par Jack Ruby à 11h21 en plein commissariat alors qu’on le transférait dans une prison proche.

Oswald a été enterré à Fort Worth. En 1965, Marina a épousé Kenneth Porter et ses deux filles ont pris le nom de Porter. En 1981, le corps d’Oswald a été exhumé pour vérifier que c’était bien lui qui était enterré là. Cette vérification était basée sur une théorie selon laquelle le vrai Oswald avait été remplacé par un sosie qui était un agent soviétique. Sur base de ses empreintes dentaires, le corps a été identifié comme étant celui d’Oswald.

La Commission Warren et le House Select Committee on Assassinations (HSCA) ont conclu qu’Oswald avait tué le Président, quoique le HSCA a conclu que l’assassinat avait été le résultat d’un complot.

La question de la culpabilité d’Oswald dans le meurtre du Président Kennedy ne sera jamais tranchée, en tout cas judiciairement : sa mort, le surlendemain de l’attentat a arrêté toute action à son encontre.

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