Saunders Lewis

lewissaundersMentionné dans 1404 :
“If RS Thomas was compulsory
And Saunders Lewis was for free
Owain Glyndŵr our history
And Dylan kept our memories”

Saunders Lewis (John Saunders Lewis) (15 octobre 1893 – 1er septembre 1985) était un poète, dramaturge, historien, critique littéraire et activiste gallois proéminent et le fondateur de Parti National Gallois (connu plus tard sous le nom de Plaid Cymru). Lewis est habituellement reconnu comme faisant partie des figures les plus proéminentes de la littérature en langue galloise du XXème siècle. Lewis a été nommé au Prix Nobel de Littérature en 1970 et en 2005, il a été élu 10ème personne la plus importante du Pays de Galles dans un sondage de BBC Wales.

Né dans une famille galloise vivant à Wallasey en Angleterre en 1893, Lewis étudiait l’anglais et le français à l’université de Liverpool quand la première guerre mondiale a éclaté. Après avoir servi comme officier avec les Frontaliers du Sud du Pays de Galles, il est retourné à l’université afin d’être diplômé en anglais.

En 1992, il a été nommé maître de conférence en gallois à l’university College of Wales à Swansea. C’est à cette époque qu’il a produit certaines de ses œuvres de critique littéraire les plus excitantes. A School Of Welsh Augustans (1924), Williams Pantycelyn (1927) et Braslun o hanes llenyddiaeth Gymraeg (“Grandes lignes de l’histoire de la littérature galloise”) (1932).

Ses expériences durant la première guerre mondiale et sa sympathie pour la cause de l’indépendance irlandaise l’ont amené au nationalisme gallois, et en 1925, il s’est réuni avec H.R. Jones, Lewis Valentine et d’autres au meeting de National Eisteddfod de 1925, tenu à Pwllheli, Gwynedd, avec le but d’établir un parti gallois.

Des discussions pour le besoin d’un “parti gallois” circulaient depuis le XIXème siècle. Avec la génération avant 1922, il y “a eu une augmentation marqué dans la reconnaissance constitutionnelle de la nation galloise”, a écrit l’historien Dr. John Davies. En 1924, il y avait des gens au Pays de Galles “impatients de faire de leur nationalité le centre de la politique galloise”.

Lewis et Jones représentaient tous les deux deux autres organisations, fondées seulement l’année précédente, avec Lewis à la tête de Welsh Movement et Jones à la tête du Welsh Home Rulers. Le but principal du parti sera d’encourager un Pays de Galles qui parle gallois. Dans cette optique, il a été accepté que les affaires du parti se tiendraient en gallois, et que les membres cessent toutes relations avec d’autres partis britanniques. Lewis a insisté sur ces principes avant d’accepter la conférence de Pwllheli.

Selon le recensement de 1911, sur une population juste en dessous de 2,5 millions, 43,5% de la population totale du Pays de Galles parlait gallois en première langue. C’était une diminution par rapport au recensement de 1891 avec 545,4% parlant gallois sur une population de 1,5 million.

Avec ces conditions préalables, Lewis a condamné “le nationalisme gallois comme il a existé jusqu’ici, un nationalisme caractérisé par des conférences inter-parti, une obsession pour Westminster et une volonté d’accepter une position asservie de la langue galloise”, a écrit Dr. Davies. Il se peut que ce soit à cause de ses positions strictes que le parti n’a pas réussi à attirer des hommes politiques d’expérience à ses débuts. Cependant, les membres du parti croyaient que son fondement était une réussite en soi : “simplement en existant, le parti était une déclaration du caractère distinct du Pays de Galles”, a écrit le Dr. Davies.

Durant l’entre deux guerres, Plaid Genedlaethol Cymru a eu beaucoup de succès en tant que groupe de pression social et scolaire plutôt qu’en tant que parti politique. Pour Saunders Lewis, président du parti de 1926 à 1939, “le but premier du parti [est] de retirer des Gallois leur sentiment d’infériorité… d’enlever de notre bien-aimé pays la marque et la honte de la conquête”. Lewis cherchait à mettre le caractère gallois dans un nouveau contexte, a écrit Dr. Davies.

Lewis souhaitait montrer combien l’héritage gallois était lié à l’un des “fondateurs de la civilisation européenne”. Lewis, qui se décrit comme un “fort monarchiste”, a écrit “la civilisation est plus qu’une abstraction. Elle doit avoir un habitat local et un nom. Ici, son nom est le Pays de Galles”. De plus, Lewis faisait son possible pour la stabilité et le bien-être des communautés parlant le gallois, décriant à la fois le capitalisme et le socialisme et promouvant ce qu’il nommait la perchentyaeth : une politique de “distribution de la propriété au sein des masses”.

Le nationalisme gallois a été enflammé en 1936 quand le gouvernement britannique s’est décidé à établir une école de bombardement à Penyberth sur la presqu’île de Llŷn à Gwynedd. Les événements qui ont entouré la protestation, connu sous le nom de Tân yn Llŷn (“Feu à Llŷn”) ont aidé à définir le Plaid Genedlaethol Cymru. Le gouvernement britannique s’est décidé pour Llŷn comme le lieu de sa nouvelle école de bombardement après que les lieux similaires Northumberland et Dorset ont été accueilli par des protestations.

Cependant, le premier ministre britannique Stanley Baldwin a refusé d’entendre le cas contre l’école de bombardement au Pays de Galles, malgré une délégation représentant un demi million de protestataires gallois. La protestation contre l’école de bombardement a été résumée par Lewis quand il a écrit que le gouvernement britannique était résolu à transformer l’un des “foyers essentiels de la culture, de l’idiome et de la littérature galloises” en un lieu de promotion d’une méthode barbare de lutte. La construction de l’école de bombardement a commencé exactement 400 ans après la première Act Of Union qui annexait le Pays de Galles à l’Angleterre.

Le 8 septembre 1936, l’école de bombardement a été incendiée et durant les investigations qui ont suivi, Saunders Lewis, Lewis Valentine et D.J. Williams ont clamé être responsables. Le procès à Caernarfon n’a pas réussi à donner un verdict et le cas a été envoyé à la Old Bailey (cour d’assises) à Londres. Les “trois” ont été condamnés à neuf mois d’emprisonnement à Wormwood Scrubs, et à leur sortie, ils ont été accueillis comme des héros par 15 000 Gallois à Caernarfon.

De nombreux Gallois ont été mis en colère par le traitement méprisant de la langue galloise par le juge, par la décision de déplacer le procès à Londres, et par la décision de l’University College de Swansea de retirer Lewis de son poste avant qu’il ne soit déclaré coupable. Dafydd Glyn Jones a écrit de l’incendie que c’était “la première fois en cinq siècles que le Pays de Galles ait répondu à l’Angleterre avec une mesure de violence… Pour les Gallois, qui avaient cessé depuis longtemps de croire qu’ils avaient cela en eux, c’était un choc profond”.

Cependant, malgré l’acclamation que les événements de Tân yn Llŷn ont généré, en 1938, le concept de la perchentyaeth de Lewis a été fermement rejeté comme un principe non fondamental du parti. En 1939, Lewis a démissionné de son poste de président du Plaid Genedleathal Cymru en citant que le Pays de Galles n’était pas prêt à accepter d’être dirigé par un catholique.

Lewis était le fils et le petit-fils de pasteurs méthodistes calvinistes gallois. En 1932, il s’est converti au catholicisme.

Lewis maintenait une stricte neutralité dans ses écrits dans la colonne Cwrs y Byd Y Faner. C’était sa tentative d’interprétation impartiale des causes et des événements de la seconde guerre mondiale.

En dehors de la position initiale du parti sur la guerre, les membres du parti étaient libres de choisir pour eux-mêmes leur niveau de soutien à l’effort de guerre. Plaid Genedlaethol Cymru était officiellement neutre en ce qui concerne l’implication dans la seconde guerre mondiale, que Lewis et d’autres leaders considéraient comme une continuation de la première. Centrale à la politique de neutralité se trouvait l’idée que le Pays de Galles, en tant que nation, avait le droit de décider de manière indépendante de son attitude envers la guerre, et le rejet des autres nations à forcer les Gallois à servir dans leurs forces armées. Avec cette politique défiante et révolutionnaire, Lewis espérait qu’un grand nombre de Gallois refuserait de rejoindre l’armée britannique.

Lewis et les autres membres du parti tentaient de renforcer la loyauté envers la nation galloise “sur la loyauté envers l’État britannique”. Lewis avançait que “la seule preuve que la nation galloise existe est qu’il y a certaines personnes qui agissent comme si elle existait”.

Cependant, la plupart des membres du parti qui déclaraient un statut d’objection de conscience le faisaient dans le contexte de leurs croyances morales et religieuses, plutôt que d’une politique. Ils étaient quasiment tous exempts de service militaire. Environ 24 membres du parti ont fait de la politique leurs seules raisons d’exemption, desquels 12 ont reçu des condamnations à la prison. Pour Lewis, ceux qui objectaient prouvaient “qu’on résistait à l’assimilation du Pays de Galles, même sous les pressions les plus extrêmes”.

Avant 1950, les universités pouvaient élire et renvoyer des représentants au parlement britannique. En 1943, Lewis a concouru pour le siège parlementaire de l’University Of Wales lors d’une élection partielle, son adversaire était l’ancien vice-président de Plaid Genedlaethol Cymru Dr. William John Gruffydd. Gruffydd avait exprimé des doutes sur les idées de Lewis de 1933, et en 1943, il avait rejoint le parti libéral. Le “brillant mais qui n’en fait qu’à sa tête” Gruffydd était un favori des intellectuels parlant gallois et s’est attiré 52,3% des votes, contre 22% pour Lewis, soit 1330 votes.

L’élection a efficacement séparé l’intelligentsia qui parle gallois, et a laissé Lewis aigri de la politique et s’est retiré de l’implication politique directe. Cependant, l’expérience s’est révélée inestimable pour le Plaid Cymru, comme ils commençaient à se nommer, puisque “pour la première fois, ils étaient pris au sérieux en tant que force politique”. La campagne de l’élection partielle a mené directement à une “augmentation considérable” des membres du parti.

En 1962, Lewis a donné un discours radiophonique intitulé tynged yr iaith (“Le sort du langage”) dans lequel il prédisait l’extinction de la langue galloise à moins qu’on ne fasse quelque chose. L’intention de Lewis était de motiver le Plaid Cymru à avoir plus d’action directe pour promouvoir la langue, cependant cela a mené à la formation de la Cymdeithas yr Iaith Gymraeg (“La société de la langue galloise”) plus tard durant la même année lors d’une université d’été d’un Plaid Cymru tenue à Pontardawe dans le Glamorgan. La fondation de la Cymdeithas yr Iaith Gymraeg a permis au Palid Cymru de se concentrer sur la politique électorale, tandis que la Cymdeithas se concentrait sur la promotion de la langue.

Lewis a donné son discours radiophonique en réponse au recensement de 1961, qui montrait un recul du nombre de personnes parlant le gallois de 36% en 1931 à 26% d’une population d’environ 2,5 millions. Dans le recensement, le Merionnydd, le Ynys Mon, le Carmarthon et le Caernarfon possèdaient en moyenne 75% de personnes parlant le gallois, avec le recul le plus important dans les comtés du Glamorgan, du Flint et du Pembroke.

Répondant aux appels de la décentralisation galloise, en 1964, le gouvernement travailliste a donné effet à ces propositions établissant le Bureau Gallois (en gallois : Swyddfa Gymreig) et le secrétait d’État du Pays de Galles non élus.

En 1970, il a été nommé pour le Prix Nobel de littérature. Ses œuvres littéraires incluent des pièces, de la poésie, des romans et des essais. Ils écrivait principalement en gallois, mais il a également écrit certaines œuvres en anglais. Au moment de sa mort en 1985, il faisait partie des écrivains gallois les plus célébrés.

Les “opinions élitistes” perçues de Lewis ainsi que son “attitude condescendante envers certains aspects des traditions nonconformistes, radicales et pacifistes du Pays de Galles” lui ont attiré des critiques de son concitoyen nationaliste David J. Davies, membre du parti de gauche. Davies parlait en faveur des communautés galloises anglophones engagées et soulignait l’intégrité territoriale du Pays de Galles. Davies montrait le pays scandinaves comme modèle à suivre, et a été actif dans les implications économiques de l’auto-gouvernement gallois.

À bien des égards, c’était l’idéal de Davies du nationalisme gallois qui a été adopté après la seconde guerre mondiale, a écrit le Dr. Davies. Mais c’était “l’excellence et le charme charismatique” de Lewis qui a été fermement associé au Plaid Genedlaethol Cymru dans les années 1930.

En 1936, au milieu du trouble de Tân yn Llŷn, Lewis a fait les éloges de Adolf Hitler quand il a dit “Il a immédiatement tenu sa promesse – une promesse dont se moquaient énormément les journaux londoniens des mois auparavant – d’abolir complètement la force financière des juifs dans la vie économique de l’Allemagne”.

Cependant, au sein du contexte des années 1930, d’autres hommes politiques britanniques d’autres parties ont offert un soutien à des leaders fascistes. En 1933, Winston Churchill a caractérisé Mussolini comme “le meilleur législateur sur Terre”, et a plus tard écrit dans son livre de 1937, Great Contemporaries : “Si votre pays était vaincu, j’espère que nous trouverons un champion aussi admirable (que Hitler) pour restaurer notre courage et nous remettre en place au sein des nations”. Dans la même œuvre, Churchill a exprimé un espoir que malgré les tendances dictatoriales apparentes d’Hitler, il utilisera son pouvoir pour reconstruire l’Allemagne en un digne membre de la communauté mondiale. Et en août 1936, le membre du parti libéral David Lloyd George a rencontré Hitler à Berchtesgarden et offert des commentaire publiques qui étaient d’une manière surprenante favorables envers le dictateur allemand, exprimant un chaleureux enthousiasme à la fois pour Hitler personnellement et pour les projets de travaux publics de l’Allemagne (à son retour, il a écrit d’Hitler dans le Daily Express comme “le plus grand Allemand sur Terre”, “le George Washington de l’Allemagne”).

Lewis était avant tout un dramaturge. Sa première pièce publiée a été Bladeuwedd (“La femme des fleurs”) (1923-25, révisée en 1948). D’autres pièces notables comprennent Buchedd Garmon (“La vie de Germanus”) (pièce radiophonique, 1936), Siwan (1956), Gymerwch chi sigarét? (“Allez-vous fumer une cigarette ?”) (1956), Brad (“Traîtrise”) (1958), Esther (1960) et Cymry Fydd (“Le Pays de Galles de demain” (1967). Il a traduit En attendant Godot de Samuel Beckett en gallois.

Il a publié deux romans, Monica (1930) et Merch Gwern Hywel (“La fille de Gwern Hywel”) (1954) et deux recueils de poèmes ainsi que de nombreux articles et essais dans divers journaux et magazines. Ces articles ont été réunis en volumes intitulés : Canlyn Arthur (“Sur les traces d’Arthur”) (1938), Ysgrifau dydd Mercher (“Essais du mercredi” (1945), Meistrir canrifoedd (“les Maîtres des siècles”) (1973), Meistri a’u crefft (“Les maîtres et leur art”) (1981) et Ati ŵyrifainc (“Allez-y, jeunes hommes”) (1986).

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