“Tyranny, like hell, is not easily conquered; yet we have this consolation with us. That the harder the conflitct, the more glorious the triumph”

paine(“La tyrannie, comme l’enfer, n’est pas facilement conquise ; pourtant nous avons cette consolation en nous. Le fait que plus difficile est le conflit, plus glorieux est la triomphe”)
Thomas Paine – Pochette de Autumnsong (45 tours) et setlist de la tournée Send Away The Tigers

(Thetford, Angleterre, 29 janvier 1737 – 8 juin 1809, New York, États-Unis) était un pamphlétaire, révolutionnaire, radical et intellectuel. Né en Grande Bretagne, il a vécu en Amérique, ayant migré dans les colonies américaines juste à temps pour participer à la révolution américaine, principalement en tant qu’auteur du pamphlet puissant et lu par beaucoup, le Sens commun (1776), défendant l’indépendance des colonies britanniques en Amérique et The American Crisis, qui soutient la révolution.

Plus tard, Paine a été une grande influence de la révolution française. Il a écrit the Rights of Man (1771) en tant que guide des idées du siècle des Lumières. Malgré qu’il ne parlait pas français, il a été élu à l’Assemblée Nationale en 1792. Considéré comme un allié des Girondins, il était vu d’un mauvais œil par les Montagnards, en particulier Robespierre.

Paine a été arrêté à Paris et emprisonné en décembre 1793 ; il a été libéré en 1794. Il est devenu notoire avec son livre, The Age of Reason (1793-94), qui défendait le déisme et engageait une controverse avec les doctrines chrétiennes.

Dans Agrarian Justice (1795), il a présenté des concepts similaires au socialisme. Paine est resté en France au début de l’ère napoléonienne, mais condamnait les gestes de Napoléon vers la dictature, en le traitant de “charlatan le plus complet qui n’ait jamais existé”. Paine est resté en France jusqu’en 1802, quand il est revenu aux États-Unis sur l’invitation de Thomas Jefferson, qui venait d’être élu président.

Paine est décédé au 59 Grove Street dans le Greenwich Village de New York le matin du 8 juin 1809.

Né en 1737, Paine a grandi autour de fermiers et de personnes non instruits, puisque ses parents, Joseph Paine, un Quaker, et Frances Coke, une anglicane, étaient pauvres. Il a quitté l’école à l’âge de 12 ans et est devenu l’apprenti de son père, fabricant de corset, à 13 ans, mais apparemment a échoué. À 19 ans, Paine est devenu marin de la marine marchande, servant brièvement avant de retourner en Grande Bretagne en avril 1759. Là-bas, il est devenu maître fabricant de corset et a ouvert une boutique à Sandwich dans le Kent. Le 27 septembre 1759, Paine a épousé Mary Lambert. Son commerce s’est effondré peu après. Sa femme est tombée enceinte, et après s’être installé à Margate, elle a accouché prématurément et est décédée avec l’enfant.

En juillet 1761, Paine est retourné à Thetford où il a travaillé comme officier surnuméraire. En décembre 1762, il est devenu employé de la régie à Grentham dans le Lincolnshire. En août 1764, il a encore été transféré, cette fois à Alford, où son salaire était de 50£ par an. Le 27 août 1765, Paine a été renvoyé de son poste pour avoir déclaré avoir inspecté les biens alors qu’en fait il n’avait seulement vu la documentation. Le 3 juillet 1766, il a écrit une lettre à la régie en demandant d’être réintégré. Le lendemain, la régie a demandé à ce que sa requête soit accordée, en cas de poste vacant. En attendant, Paine a travaillé en tant que fabricant de corset à Diss, à Norfolk et plus tard en tant que servant (les archives montrent qu’il a travaillé pour un M. Noble de Goodman’s Fields et puis pour un M. Gardiner à Kensington). Il a aussi demandé à devenir un ministre ordonné de l’Église anglicane et, selon certains dires, a prêché à Moorfields.

En 1767, Paine a été nommé à un poste à Grampound, en Cornouailles. On lui a plus tard demandé de quitter ce poste pour attendre un poste vacant et il est devenu instituteur à Londres. Le 19 février 1768, Paine a été nommé à Lewes, dans l’East Sussex. Il s’est installé dans la chambre au dessus du Bull House du XVème siècle, bâtiment qui accueillait la boutique de tabac à priser de Samuel et Esther Ollive. C’est ici que Paine s’est impliqué pour la première fois dans des affaires civiques quand Samuel Ollive l’a introduit dans la Society Of Twelve, groupe d’élite local qui se réunissait deux fois par an pour discuter des problèmes de la ville. De plus, Paine a participé au Vestry, conseil paroissial influent qui percevait les impôts et les dîmes et qui les distribuait aux pauvres. Le 26 mars 1771, à l’âge de 36 ans, il a épousé la fille de son propriétaire, Elizabeth Ollive.

De 1772 à 1773, Paine a rejoint d’autres employés de la régie pour faire pression sur le Parlement pour obtenir une meilleure paie et de meilleures conditions de travail pour les employés de la régie, et en été 1772, il a publié The Case Of The Officers Of Excise, article de 21 pages et première œuvre politique. Paine a fait imprimer 4000 exemplaires et a passé l’hiver à Londres à distribuer le pamphlet aux membres du Parlement. Au printemps 1774, Paine a été renvoyé de la régie pour avoir été absent de son poste sans permission, et sa boutique de tabac s’est également effondrée. Le 14 avril, il a mis ses biens aux enchères pour payer ses dettes. Le 4 juin, il a signé un accord de séparation de sa femme et a déménagé à Londres où un ami l’a présenté à Benjamin Franklin en septembre. Franklin a conseillé à Paine d’émigrer dans les colonies britanniques en Amérique, et lui a écrit des lettres de recommandation. Paine a quitté l’Angleterre en octobre, arrivant à Philadelphie en Pennsylvanie le 30 novembre 1774.

Paine a failli ne pas survivre au voyage transatlantique. L’eau potable sur le bateau était si mauvaises que la fièvre typhoïde a tué cinq passagers, et Paine était trop malade pour quitter sa cabine quand il est arrivé à Philadelphie. Le médecin de Benjamin Franklin, qui était arrivé pour l’accueillir en Amérique, a dû littéralement venir le chercher pour l’emmener. Cela a demandé au docteur six semaines pour guérir Paine.

Paine était également un inventeur, recevant un brevet en Europe pour un pont de fer à travée unique, même s’il était en manque de fonds, le pont se trouvait dans un champ à Paddington à Londres. Il a développé une bougie sans fumée, et a travaillé avec John Fitch sur les premiers développements des locomotives à vapeur. Cette aptitude pour l’invention, couplée à une originalité de pensée, a fait qu’il a été défendu plus d’un siècle plus tard par le célèbre inventeur Thomas Edison. Edison a défendu les réussites de Paine et a contribué à le restituer à sa place dans l’histoire.

Le Sens Commun, monographie pro-indépendance de Paine publiée de façon anonyme le 10 janvier 1776, s’est rapidement répandu au sein des colons littérés. En moins de trois mois, 120 000 exemplaires auraient été distribués dans les colonies, qui totalisaient seulement 4 millions d’habitants libres, ce qui en a fait l’œuvre qui s’est le plus vendue en Amérique au XVIIIème siècle. Ses ventes totales en Amérique et en Europe ont atteint les 500 000 exemplaires. Il a convaincu beaucoup de colons, dont George Washington et John Adams, à demander réparation en l’indépendance politique du Royaume de Grande Bretagne, et à s’expliquer clairement qu’ils ne voudraient aucun compromis excepté l’indépendance. L’œuvre a été grandement influencée (dont son nom – Paine ayant à l’origine proposé le titre Plain Truth, “la vérité à nu”) par l’écrivain pro-indépendance tout aussi controversé Benjamin Rush et a contribué à donner naissance à la déclaration d’indépendance.

Les loyalistes ont vigoureusement attaqué le Sens commun. Une première attaque, intitulée Plain Truth, a été écrite en 1776 par le loyaliste proéminent James Chalmers. Expatrié d’Écosse, Chalmers a attaqué l’écriture de Paine comme étant du “charlatanisme”. Chalmers servira en tant que commandant du premier bataillon des loyalistes du Maryland durant la guerre.

La force de Paine résidait en sa capacité à présenter de complexes idées de manière claire et concise, en opposition aux approches plus philosophes de ses contemporains des Lumières en Europe, et c’était Paine qui a proposé le nom États-Unis d’Amérique pour la nouvelle nation. Quand la guerre est arrivée, Paine a publié une série de pamphlets importants, the Crisis, notée pour l’inspiration qu’elle a donné aux premiers colons durant les rudes épreuves auxquelles ils ont fait face durant leur longue lutte contre les Britanniques.

En 1778, Paine a fait allusion aux négociations secrètes alors en cours avec la France dans ses pamphlets, et il y a eu un scandale qui a résulté dans le renvoi de Paine du Comité des Affaires Étrangères. En 1781, cependant, il a accompagné John Laurens durant sa mission en France. Ses services ont finalement été reconnus par l’État de New York par la concession d’une propriété à la Nouvelle Rochelle, dans l’état de New York, et il a reçu des sommes considérables d’argent à la fois de la Pennsylvanie et – à la demande de Washington – du Congrès. Plus tard, alors en France, Thomas Paine a été critique envers Washington, écrivant dans une lettre qui lui était adressée : “le monde sera perplexe pour décider si vous êtes un apostat ou un imposteur ; si vous avez abandonné les bons principes ou si vous en aviez à la base”, quand il s’est rendu compte que la révolution américaine avait été détournée par une élite, comme cela avait été le cas en France. Il était également violemment opposé au fait que Washington possédait des esclaves.

De retour en Europe, Paine a fini ses Rights of Man le 29 janvier 1791 en séjour chez son ami Thomas Rickman, dit “Clio”. Le 31 janvier, il a passé le manuscrit à l’éditeur Joseph Johnson, qui projetait de le sortir à l’anniversaire de Washington le 22 février. Johnson a reçu la visite à de nombreuses reprises d’agents du gouvernement. Sentant que le livre de Paine pourrait être controversé, il a décidé de ne pas le sortir à la date prévue. Paine a rapidement commencé à négocier avec un autre éditeur, J.S. Jordan. Une fois qu’un contrat ait été sécurisé, Paine est parti pour Paris suivant le conseil de William Blake, chargeant trois bons amis, William Godwin, Thomas Brand Hollis et Thomas Holcroft, de conclure la publication. Le livre est sorti le 13 mars, trois semaines après la date prévue à l’origine. C’était un tract politique abstrait publié en soutien à la révolution française, écrit en réponse de Reflections on the Revolution in France de Edmund Burke. Le livre – qui était grandement critique envers les monarchies et les institutions sociales européennes – s’est très bien vendu mais était si controversé que le gouvernement britannique a fait passé Paine en jugement en son absence pour diffamation séditieuse. Durant l’été 1792, il a répondu aux accusations avec les paroles suivantes : “Si exposer la fraude et l’imposition de la monarchie (…), promouvoir la paix universelle, la civilisation et le commerce, briser les chaînes de la superstition politique et élever l’homme dégradé au rang qu’il mérite, si ces choses sont diffamatoires (…) que le nom de diffamateur apparaisse en lettres gravées sur ma tombe ». Dans une seconde édition des Rights of Man en février 1792, Paine a proposé un plan de reformation de l’Angleterre, dont l’une des premières propositions d’un impôt sur le revenu progressif.

Paine supportait de manière enthousiaste la révolution française, et on lui a accordé, avec Alexander Hamilton, George Washington et Benjamin Franklin, la citoyenneté française honoraire. Malgré son incapacité à parler le français, il a été élu à la Convention Nationale, représentant le département du Pas-de-Calais. Il a voté pour la République française ; mais s’est opposé à l’exécution de Louis XVI, avançant qu’il devrait être exilé aux États-Unis d’Amérique : d’abord, à cause de la manière dont la France royaliste avait aidé la révolution américaine, et deuxièmement, à cause d’une objection morale à la peine capitale en général et aux meurtres de revanche en particulier.

Considéré comme un allié des Girondins, il était vu avec de plus en plus de mécontentement par les Montagnards, qui étaient désormais au pouvoir, et en particulier Robespierre. Un décret est passé à la fin de l’année 1793 excluant les étrangers de leurs places à la Convention (Anacharsis Cloots a également été privé de sa place). Paine a été arrêté et emprisonné en décembre 1793.

Paine a protesté et déclaré qu’il était citoyen d’Amérique, qui était un allié de la France révolutionnaire, à la différence de la Grande Bretagne, qui était à cette époque en guerre avec la France. Cependant, le Gouverneur Morris, ambassadeur américain en France, n’a pas appuyé sa déclaration, et Paine a plus tard écrit que Morris avait été complice de son emprisonnement. Paine pensait que George Washington l’avait abandonné, et s’est querellé avec lui tout le reste de sa vie.

Emprisonné et craignant que chaque jour soit le dernier, Paine a échappé à l’exécution apparemment par chance. Un garde est passé dans la prison en marquant à la craie les portes des prisonniers qui devaient être condamnés ce jour-là. Il en a placé une sur la porte de la cellule que Paine partageait avec trois autres prisonniers, qui, comme Paine était malade à l’époque, restait ouverte à sa demande. Les prisonniers de la cellule ont alors fermé la porte de manière à ce que la marque soit à l’intérieur quand ils devaient être ramassés. Ils ont été oubliés, et ont survécu aux quelques jours qui les séparaient de la chute de Robespierre le 9 Thermidor (27 juillet 1794). Paine a été libéré en novembre 1794 largement grâce à l’œuvre du nouvel ambassadeur américain en France, James Monroe.

Avant son arrestation et son emprisonnement, sachant qu’il serait sûrement arrêté et exécuté, Paine a écrit la première partie de the Age of Reason, assaut sur la religion organisée « révélée » combinant une compilation d’inconsistances qu’il a trouvées dans la Bible avec son propre plaidoyer du Déisme.

En 1800, Paine aurait rencontré Napoléon. Ce dernier a déclaré qu’il dormait avec un exemplaire des Rights of Man sous son oreiller et est allé jusqu’à dire à Paine “qu’une statue d’or à votre effigie devrait être érigée dans toutes les villes de l’univers”. Paine est rapidement passé de l’admiration à la condamnation, cependant, alors qu’il voyait Napoléon passer vers la dictature, le traitant de “charlatan le plus complet qui n’ait jamais existé”. Paine est resté en France jusqu’en 1802, quand il est retourné aux États-Unis sur une invitation de Thomas Jefferson.

Paine est retourné en Amérique au début du Second Great Awakening et une époque de grand esprit de parti politique. The Age of Reason a donné une bonne excuse aux dévots religieux de le détester, et les Fédéralistes l’ont attaqué pour ses idées de gouvernement déclarées dans le Sens commun, pour son association avec la révolution française, et pour son amitié avec le président Jefferson. Également frais dans les mémoires du public était sa lettre à Washington, publiée six ans avant son retour.

Paine s’est éteint à l’âge de 72 ans au 59 Grove Street dans le Greenwich Village à New York le matin du 8 juin 1809. Bien que l’immeuble original n’existe plus, l’immeuble actuel a une plaque qui note que Paine est décédé à cet endroit. Au moment de sa mort, la plupart des journaux américains ont repris la notice nécrologique du New York Citizen, qui disait en partie : “Il a vécu longtemps, a fait du bien et beaucoup de mal”. Seules six personnes sont venues à son enterrement, dont deux noirs et principalement des hommes libres.

Quelques années plus tard, l’agrarien radical William Cobbett a déterré et envoyé ses os en Angleterre. Le projet était de donner à Paine un deuxième enterrement héroïque cette fois sur sa terre natale, mais les os étaient encore en la possession de Cobbett lorsqu’il est décédé vingt ans plus tard. Il n’y a pas de confirmation sur ce qui leur est arrivé après cela, bien qu’au fil des années diverses personnes ont déclaré posséder des parties des restes de Paine, telles que son crâne et sa main droite.

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