Sound Of Violence – 7 mai 2007 : Manic Street Preachers – Send Away The Tigers

Un nouvel album des Manic Street Preachers est toujours un événement même si notre confiance s’est effilochée au fil des trois albums précédents, tour à tour, annoncés, par les membres du groupe, comme un retour à ces sources punkrock que l’on vénère. Cette fois-ci ne déroge pas à la règle puisque Nicky Wire, lui-même, quelques semaines avant la sortie de Send Away The Tigers, alors que deux titres aux antipodes l’un de l’autre, le très Generation Terrorists, Underdogs, et le très Lifeblood, Your Love Alone Is Not Enough, sont offerts en écoute, évoque à nouveau ce fichu retour aux sources dans sa présentation de l’album.

C’est donc tout de même non sans une certaine curiosité que l’on entame l’écoute de l’opus. Le premier titre, lequel donne son nom à l’album, chose très rare chez les Manics, nous ramène dans un univers familier avec un midtempo très période Everything Must Go, dont le refrain sublime est le point d’orgue d’une rythmique poprock bien léchée. Et cette introduction donne assez bien le ton général de la réalisation car, justement, à part les deux titres déjà évoqués qui nous font osciller entre le vieux MSP et le nouveau, les huit autres compositions, depuis Indian Summer jusqu’à Winterlovers, obéissent aux mêmes critères.

On obtient donc le meilleur, non pas du groupe, cela étant à notre sens la toute première période, révolue depuis plus de dix ans, mais des albums les plus récents, à savoir This Is My Truth et Know Your Enemy, ce qui nous permet de dire avec certitude que la parenthèse Lifeblood, bien que les chansons s’y trouvant eussent pu être superbes si elles avaient été produites différemment, est définitivement refermée. Une fois encore, et c’est aussi l’une des caractéristiques de la seconde période des Manics, les thèmes politiques, à l’image de Imperial Bodybags, se mêlent aux préoccupations plus personnelles et aux chansons plus intimistes, comme I Am Just A Patsy.

Nous sommes donc en présence, comme souvent chez eux, d’un très bon album, mais qui laisse aussi, comme c’est le cas depuis plusieurs années, un goût d’inachevé et de gâchis. Comme si les MSP avaient un peu honte de leur talent et de leurs racines résolument punk, au point de saupoudrer leur musique d’une pop édulcorante, de la rendre accessible à tous, même si les deux expériences musicales solo des deux membres principaux du trio les ont autorisés à revenir à un rock pur et dur.

Tiraillés entre deux univers qu’ils ont toujours crus incompatibles et opposés, témoin la chanson emblématique The Classes Against The Masses, et même si Send Away The Tigers manifeste de bien meilleures unité et homogénéité que ses prédécesseurs, les MSP galèrent pour arriver à mélanger leurs idéaux et la musique populaire là où d’autres y sont parvenus pour transcender tous leurs genres de référence, à l’image de Kinesis et LostAlone. (4/5)

Jimprofit

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