The Quietus – 30 avril 2009 : Le Nouveau Testament : Les Manic Street Preachers à propos de Journal For Plague Lovers

John Doran parle à Nicky Wire et James Dean Bradfield à propos de Richey, l’art de Jenny Saville et travailler avec Steve Albini.

En 1994, les Manic Street Preachers ont sorti The Holy Bible, un album qui au travers de son intensité, son manque de compromis et sa vision étroite des choses a rejoint un groupe select qui inclut aujourd’hui des œuvres telles que Low, Unknown Pleasures, In Utero, Metal Box entres (peu) d’autres. C’était, comme leur biographe Simon Price l’a fait remarquer, le son de l’intolérance. Les thèmes de l’anorexie, du dégoût de soi, l’Holocauste, l’effondrement de soi, la misogynie, le totalitarisme et autres accompagnés par le genre de mélodies post-punk métalliques et en dents de scie que l’on a entendues pour la dernière fois sur les albums de groupes tels que PiL, Wire et Gang Of Four. C’était un message fracturé et une âme dissonante en parfois (dés)accord. Le radicalisme du message étant en parfait équilibre avec la force radicale du bruit rappelle It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back de Public Enemy. (Et, en ce qui me concerne, c’est mon album rock préféré des années 1990.)

Comme on en a beaucoup parlé, le parolier principal et (pour beaucoup) point central du groupe, Richey Edwards, a disparu six mois plus tard. Un cadeau de départ qu’il a laissé à ses amis, James Dean Bradfield, Nicky Wire et Sean Moore, étaient des masses de paroles, de poésie et de prose.

Une partie de ces paroles a désormais été utilisée par le groupe comme pivot de leur neuvième album Journal For Plague Lovers, enregistré aux Rockfield Studios au Pays de Galles l’hiver dernier. L’album est en quelque sorte le successeur de The Holy Bible ; afin de renforcer cette thèse, la même police de style cyrillique (qu’ils ont à l’origine empruntée à la pochette de Empires And Dance de Simple Minds) et une autre œuvre d’art étonnante de Jenny Saville orne la pochette.

Nous avons rencontré Nicky Wire et James Dean Bradfield pour discuter de l’album. À cause des mains agitées de manière permanente de votre correspondant, une tasse de thé a été renversée sur l’appareil d’enregistrement et une section de la conversation a été perdue. Pour les curieux, elle incluait James parlant fort longuement (avec mon entier encouragement) du groupe prog rock Rush et Nicky étant bienveillant à propos de ma métaphore étendue de l’album. (Qui concernait un Keith Levene noueux et dérangé et un Elliot Smith dandy et visionnaire s’affrontant lors d’un match de box.)

Alors : les paroles “Oh maman, c’est quoi un Sex Pistol” d’une chanson intitulée Jackie Collins Existential Question Time, les paroles “Nous avons manqué la révolution sexuelle quand nous avons échoué dans la physique” d’une chanson intitulée Me And Stephen Hawking. Voyons-nous un aspect surréaliste comique jusqu’ici caché chez les Manic Street Preachers ?
Nicky Wire : “Je pense qu’il y a cet élément sur le disque. Il y a du pathétique dessus. The Holy Bible est vindicatif, il est plein de dégoût de l’humanité. Avec ce disque, il semble y avoir plus de reconnaissance de défauts ou le fait qu’il soit passé par ce processus de douter absolument de tout et il semble qu’il y a plus de sérénité, plus de calme et, si j’ose dire, voire un sens de l’humour de la part de Richey et ses paroles”.

Ainsi il ne serait pas trop facile de tirer une comparaison Ancien Testament / Nouveau Testament entre les deux albums alors ?
Tous les deux : Rires
NW : “J’aime bien ça !”
James Dean Bradfield : “Facile, c’était l’un de ces mots que Richey utilisait tout le temps… Je ne sais pas cependant, vraiment. Je pense que c’est plus le fait qu’il traitait avec les répercussions de toutes les choses qui sont exprimées sur The Holy Bible. C’est la conclusion naturelle de ça”.
NW : “Je pense qu’une fois qu’on se rend compte qu’avec The Holy Bible on dirait qu’il avait perdu foi en l’humanité et peut-être qu’avec celui-là il rôde autour de l’humanité. C’est comme ça que je le ressens en tout cas”.

Comment les paroles sont-elles entrées en votre possession ?
NW : “En gros, il y a un gros classeur avec une image de Bugs Bunny dessus et il y a juste opulence écrit dessus et dedans il y a beaucoup de paroles, de bouts de prose, il y a des extraits de JG Ballard, de Kerouac, il y a des collages. C’est une œuvre d’art très tactile. Il me l’a donné et a donné des copies à James et Sean, des photocopies, probablement entre trois et cinq semaines avant sa disparition. Je ne suis pas sûr de la date exacte mais c’était entre ces deux dates. À l’époque, on ne pensait pas qu’il y avait quoi que ce soit d’inhabituel parce qu’il était si prolifique à ce moment, tu sais ? Tout ce qu’il faisait, c’était lire, peindre, écrire, taper à la machine… regarder la télé… consommer la culture. Il nous donnait toujours des paroles mais avec le recul, évidement il y avait un sérieux corps d’œuvres qu’il nous laissait”.
JDB : “Je pensais qu’il nous donnait quelque chose qui disait : Il y a un double album en cours. Un concept album, peut-être notre version du 69 Love Songs de Magnetic Fields”.

Quand les avez-vous lues pour la première fois ?
JDB : “Je pense qu’on les a tous lues beaucoup environ deux semaines après sa disparition. Je pense qu’après environ deux semaines, on a tous commencé à plancher sur nos copies pour voir s’il y avait quelque chose dedans…”
NW : “J’ai bûché dessus mais définitivement, je ne les ai pas bien lues. Je les ai passé au peigne fin comme un détective de film de merde au début”.
JDB : “Ouais. Et après ça, il y a eu des périodes où je sortais les miennes du tiroir environ une ou deux fois par an pour les lire. Mais je les rangeais toujours soigneusement dans le tiroir parce que je sentais que ce n’était pas le moment de les aborder. Je ne voulais simplement pas ne pas leur rendre service en ne le accordant pas assez d’attention. Durant les années, je les ai lues de plus en plus ; je me suis pas familiarisé avec les titres et les paroles elles-mêmes et puis il y a deux ans, j’ai sorti ma copie et pour une raison ou une autre je n’arrivais pas à m’arrêter de tourner les pages. Et c’est juste comment ça s’est passé. Ça a coïncidé avec mon sentiment que je ne voulais pas faire de successeur de Send Away The Tigers. Peut-être que ça m’arrangeait mais j’ai dit à Nicky que je sentais qu’il y avait beaucoup de pression pour qu’on sorte un autre Send Away The Tigers ou même un autre This is My Truth Tell Me Yours. Je ne me sentais pas prêt et je ne me sentais pas vouloir le faire. Et à cette époque, je lisais les paroles de Richey et la manière dont mon simple esprit a rassemblé les choses, j’ai juste dt : Hmmm ! Faisons ça à la place… Et je n’avais plus peur du tout. Je pensais qu’on pouvait y rendre justice. J’ai commencé à avoir des idées tandis que je les feuilletais et je me sentais simplement à l’aise”.

Est-ce qu’il y a eu d’autres facteurs que vous avez dus considérer, comme les sentiments de la famille Edwards ou quelque chose de ce genre ?
NW : “Je pense que le fait que ça a été il y a si longtemps, d’une manière pleine de tact, ça a été naturel, en ce qui concerne la situation familiale. Et il a laissé les paroles alors il voulait manifestement qu’elle soit utilisées. C’était juste un sens tenace de la responsabilité vraiment. Soit on devait les publier dans un livre ou on devait les transformer en chansons. Et ce sont des paroles. Oui, il y a des poèmes et de la prose mais sa règle était qu’il était obsédé par la forme d’art d’écriture de paroles”.

Et les paroles devraient être entendues comme faisant partie d’une chanson, n’est-ce pas, plutôt que simplement écrites.
NW : “Oui. Tu sais, elles sont tellement staccato parfois. On peut entendre ces rythmes et tout ça. Elles ne font pas de l’excellente poésie parfois mais elles font de putains de paroles excellentes. Quand je les ai regardées en détail, ça m’a fait me rendre compte combien il me manquait en tant que parolier et combien je l’enviais lui et sa capacité à fourrer et arranger tant de détails en une ligne. Je pense que c’est phénoménal. Avec ces paroles en particulier, il semble qu’il avait vraiment atteint un apogée de confiance en son art je pense. C’est quelque chose de spécial”.
JDB : “Juste s’élever au sacré challenge de regarder une partie de ces paroles… Les paroles de Pretension/Repulsion, dans le couplet… c’est juste une liste de mots ! Il y a délibérément un point après chaque mot cependant… Explored – point. Enclosed – point. Et juste voir quelqu’un poser le gant, le challenge. Ça m’a rappelé une partie de mes expériences sur The Holy Bible. Ifwhiteamericatoldthetruthforonedayit’sworldwouldfallapart – c’était sympa de revisiter ce genre de challenge”.

Est-ce que vous avez ressenti le fait que vous ne pouviez pas vous reposez sur vos lauriers ?
NW : “Il y a un peu de ça ouais. Je n’arrive pas à écrire des paroles comme ça. Et je ne le voudrais pas, tu sais ? Je pense que les paroles nous ont conduits dans des lieux différents musicalement”.

Quand on pense aux Manic Street Preachers, on ne pense pas à des gars non éduqués en survêtement qui ne sauraient pas tenir un livre dans le bons sens, mais ceci dit, cela a dû toujours avoir été difficile de choisir quelles paroles seraient sur le disque, comme certaines virent sur le Joycéen dans leur complexité.
NW : “Il y a évidemment certaines qu’on n’a pas utilisées, certaines sont justes des haikus, tu sais, juste trois vers de long. Généralement, je ne pense pas que James n’ait eu beaucoup de problèmes avec”.
JDB : “Celles avec lesquelles j’ai eu un problèmes, c’était William’s Last Words parce que c’était mettre de la prose en musique. C’était celles sur lesquelles j’étais complètement bloqué et Nick les a faites à la place. Mais le reste, c’était facile pour être honnête. Et aussi, je dois dire, c’était sympa de chanter des trucs que je ne saisissais pas”.
NW : “Je pense qu’on a tous aimé ça, on a décidé de ne pas essayer d’interpréter tout ce qu’il a écrit et tout comprendre parce qu’on ne l’a jamais fait de toute manière. Il y a des trucs sur The Holy Bible. Je sais en gros ce dont parle Yes mais je ne peux m’y identifier. Pas vraiment”.
JDB : “Et il était d’une opacité notoire quand on lui posait une question sur les paroles. On lui demandait un truc sur Yes et il disait Est-ce voyeuriste, altruiste, observatoire, personnel ? Il ne tirait pas vraiment les choses au clair parfois. Il n’était jamais très bruyant pour expliquer ces choses”.

Il y a très peu d’albums qui sont sortis dans les années 1990 sur lesquels je m’étonne à penser “qu’est-ce que ça veut dire de juxtaposer ces étapes de développement sexuel avec tous ces dirigeants communistes ?”
NW : “Revol est une chanson folle”.
JDB : “En parlant de Revol, je lui ai dit Tu fais juste coucher beaucoup de despotes ensemble, hein ? Et il a dit que c’était ça en gros”.

Alors vous avez encore un magnifique tableau de Jenny Saville qui montre une jeune fille androgyne qui ressemble à Richey enfant quelques secondes après un violent incident ou accident. Pour moi, il semble capturer le moment où un enfant se rend compte de sa propre mortalité. Eh bien, c’est comme ça que je le comprends de toute manière. Comment avez-vous commencé à travailler avec Jenny Saville ?
NW : “C’est l’un des avantages d’être dans un groupe je suppose. Richey et moi, on lisait un supplément du dimanche sur l’art et elle y était. On l’a contactée et après que Richey lui ait parlé, elle nous a donné l’autorisation d’utiliser un de ses tableaux gratuitement. On a eu de la chance, je pense. Apparemment, c’est quasiment impossible d’obtenir la permission d’utiliser de l’art comme ça normalement parce qu’il y a tellement d’obstacles à franchir d’abord. On a eu de la chance cette fois aussi puisqu’elle nous a laissés utiliser un autre tableau pour la pochette. On avait une liste de souhaits qu’on voulait pour cet album : paroles de Richey, Albini pour l’enregistrer, pochette de Jenny. Je pense qu’on peut dire que c’est une belle personne”.

Est-ce que Rockfield n’est pas un peu trop pantalon de cuir dans l’entre-jambe, un concombre devant, un pied dans les retours en criant “Allez Knebworth” ?
JDB : “Je pense que oui, un petit peu mais c’est aussi [liste chaque groupe excellent qui y a joué – son argument est d’une validité écrasante]. D’un point technique, Rockfield utilise des bandes et Albini enregistre sur des bandes et n’utilise pas d’ordinateurs et il ne reste plus beaucoup de studios pour faire ça. Ils ont d’excellents magnétophones. C’est juste un grand studio”.
NW : “Aussi, The Holy Bible a été écrit au Pays de Galles, ces chansons ont été écrites et répétées au Pays de Galles et on voulait l’enregistrer là-bas aussi”.

Alors Steve Albini ruine beaucoup de disques. Il a ruiné le tout dernier album des Stooges, sûrement c’est la dernière personne que vous auriez dû appeler.
[Les deux sifflent d’indignation modérée]
JDB : “Tu ne peux pas dire ça. Je débattrais de ça en fait”.
NW : “Je sais ce que tu veux dire avec la première partie de ce que tu as dit”.

En fait, je suis facétieux  Je suis un grand fan d’Albini et de Big Black et de Shellac en particulier mais de nombreux groupes ont tenu ou se sont effondrés à cause de la manière dont il enregistre les choses. Je comprends son processus et qu’il crée juste un document audio de ce qu’un groupe était à un moment particulier.
JDB : “Son processus, c’est qu’il ne traite pas le groupe. Ce qui est là est là. Il n’essaye pas d’améliorer ce qui passe dans les micros. Il n’essaye pas de changer le son. Il n’ajoute pas d’arrangements. Mais c’est vrai que si tu n’as pas bien répété et si tu n’as pas de bonnes chansons, il ne peut pas vous faire sonner meilleur. On ne peut pas entrer en studio et faire un putain de jam avec lui là. [rires] C’est vraiment, vraiment, vraiment de la merde de zikos comme si le batteur ne sait pas accorder sa batterie et s’il ne sait pas comment il veut qu’elle sonne alors elle sera merdique. Mais si elle est optimisée comme un musicien dans ses propres sensibilités alors elle sera géniale. Mais je pense que Steve a fait… des trucs pas si bons sur ses propres disques et des trucs étonnants sur ses propres trucs. 1000 Hurts est incomparable”.
NW : “Je dirais que c’est 50/50 avec lui. Les groupes veulent trop de lui et tout ce qu’on voulait, c’était un enregistrement et c’est ce qu’il fait : il enregistre”.
JDB : “Il a été vraiment franc avec nous dès le début, ce qui m’a mis en alerte et m’a fait me rendre compte que je devais réaligner mon sens un petit peu. Je lui ai dit Je sais qu’on te l’a dit avant Steve mais j’adore les sons de batterie sur In Utero. Tout de suite, il a dit C’est comme ça que Nirvana sonnait. J’ai partagé une pièce avec vous et vous ne sonnez pas comme ça tout le temps. Et c’est vrai parce que sur Peeled Apples, c’est peut-être semblable à la violence sur des parties de In Utero et c’est la manière dont Sean le jouait. Puis je me suis rendu compte qu’il allait nous faire sonner comme on le faisait dans la pièce. Il a dit Je n’ai pas ce bouton magique sur lequel je peux appuyer et… ta da ! In Utero !
NW : “Sean l’a aimé à cause de la batterie. Il l’a faite en une semaine. Et je l’ai aimé parce que je n’ai jamais rencontré personne avant qui a tant de haine et de mépris envers d’autres musiciens. À la fin de la journée, lui et moi, on s’asseyait à mater les chaînes musicales et on se foutait de la gueule de tous les groupes qui passaient jusqu’à ce qu’on trouve un sur lequel on s’accordait. Je me suis vraiment lié à lui dans ce sens. Et ça inclut des groupes avec qui il a travaillé ! On sera un de ces groupes à l’avenir ! Je ne pense pas qu’il nous donnera un rapport flamboyant mais je pense qu’il a aimé la session”.

Il ne pense pas grand chose du chant, n’est-ce pas ?
[Tous les deux rient]
JDB : “Tu sais, je n’ai jamais relevé ça moi-même. [rit] Eh bien, il n’était pas en manquement au devoir, mais si je dépassais trois prises sur quelque chose, il était du genre [regarde sa montre et prend un accent de Chicago] Je ne sais pas pourquoi tu fais ça, je veux dire, tu l’as déjà. Je veux dire parfois demander une quatrième prise que le chant n’est pas déraisonnable”.
NW : “C’était presque un soulagement pour lui quand il m’a enregistré chantant William’s Last Words parce qu’elle a été faite si rapidement. Avec James – c’est un chanteur, un vraiment bon. Avec moi, c’était du genre C’est fait. Je suis chaud”.
JDB : “Il est beaucoup branché par le poker, il avait trois cahiers avec lui à propos de techniques avancées de poker, et tous les samedis, il sautait dans une voiture pour aller à Londres pour jouer au poker toute la nuit. Il sortait C’est un grand jeu les garçons, je vais jouer toute la nuit, j’en peux plus d’attendre. Et j’étais là Garde un peu de cet enthousiasme pour mon chant”.
[Tous les deux rient]
NW : “C’était vraiment génial. Je le referais”.

Est-ce un préjugé qu’il est misanthrope?
JDB : “Il a une éthique de très grosse soupe populaire. Il est d’un libéralisme très, très traditionnel mais alors il dépasse ça parfois aussi. On pourrait dire qu’il est misanthrope mais à la toute fin il ne pourra finir parce qu’il a dû revenir nous envoyer un cadeau. Il nous a envoyé une pile de CD et des livres de Studs Terkel, le journaliste et commentateur social de Chicago. Et Steve est très sérieux dans sa politique alors ça équilibre la misanthropie”.

Comment s’appelle le morceau caché ? J’aime cette chanson.
NW : “Elle s’appelle Bag Lady et elle aurait pu apparaître facilement sur The Holy Bible. Elle a été incluse pour une raison rock’n’roll très petite : on voulait de la symétrie. On voulait 13 morceaux sur cet album. Et on voulait un morceau secret comme sur In Utero. Bag Lady a été l’un des derniers morceaux qu’on a écrits et enregistrés”.

Maintenant, passons à William’s Last Words en ton chant dessus, Nicky. Euh, comment dire… euh, ce que j’essaye de dire ici…
[Tous les deux éclatent de rire]
Certains pourraient suggérer – des personnes cruelles et sans raison, peut-être, mais des personnes quand même – que tu n’es pas exactement un chanteur naturel…
NW : “Je ne suis pas chanteur, je suis soupireur. Je soupire. J’ai écrit la musique de celle-là alors j’ai donné la démo à James et je pense qu’il a pensé que s’il l’avait chantée, elle aurait été trop bonne. Ça aurait été une balade. Ça aurait été…”
JDB : “Je l’aurais chantée comme un mini-Tom Jones. [Imite avec tuerie Tom Jones chantant les paroles] Ça aurait été complètement à côté de la plaque”.

Alors tu t’es juste lancé sur un côté C86 Nicky ?
NW : “Oh ouais absolument. Je veux dire que je visais Lawrence de Felt comme chanteur. Je pense que j’ai fini comme Perfect Day de Lou Reed pour être honnête”.
JDB : “Avec un petit peu de Katherine Hepburn aussi”.
NW : “Je l’ai aimé mais je peux dire que je n’ai aucune prétention d’être chanteur dans un groupe ou quelque chose comme ça”.
JDB : “Oh que si putain”.
NW : “Non ! J’ai déjà dit qu’il peut la faire sur scène. J’ai déjà paniqué à ce propos. Mais je pense que ça marche en quelque sorte”.

Qu’avez-vous réglé pour les concerts au Roundhouse ?
NW : “On n’a pas eu beaucoup de temps pour y penser encore. C’était une autre de mes idées que je vais probablement regretter sur scène. On va jouer l’album en entier puis il y aura une entracte. Le temps de prendre de l’oxygène et un massage et puis de retour pour de plus vieilles chansons. Il y aura des tubes mais il y aura de belles curiosités aussi. Une chanson sur laquelle on a travaillé est une reprise de Primitive Painters de Felt, qui est l’une des meilleures chansons jamais enregistrées. On a dû la faire pour la version japonaise de l’album parce qu’ils avaient besoin d’un morceau additionnel. Oh, et je devrais mentionner les remixes parce qu’on en a quelques uns d’étonnants. Andrew Weatherall a fait une version étonnante de Peeled Apples qu’il a décrite comme Charlie Watts jouant avec PiL. The Horrors ont fait un remix de Doors Closing Slowly qui est encore plus lugubre, British Sea Power ont fait Me And Stephen Hawking qui est une chose genre Joe Meek. Four Tet ont déjà utilisé et abusé des sons d’Albini”.

Que pensez-vous de l’album des Horrors ?
NW : “Je l’adore, il est génial, putain. L’album de l’année”.
JDB : “Ouais, c’est le Screamadelica gothique”.

Je l’aime aussi mais il semble diviser les avis. Je connais beaucoup de gens qui pensent qu’ils n’ont pas les bonnes coupes de cheveux pour faire du Krautrock. Même s’ils ne font pas vraiment du Krautrock.
NW : “Vraiment ?! Ils suivent simplement leur chemin. Je veux dire qu’à la base, je les ai aimés parce qu’ils étaient un peu comme nous et étaient dépeints comme le groupe B.D. avec des cheveux en pointe et de l’eyeliner, que j’aime toujours de toute façon. Maintenant ils sont un peu comme nous quand on a enregistré The Holy Bible, ils se sont enfermés, ils n’ont écouté personne et ils ont sorti cet album qui est superbe”.

Si un autre groupe devait sortir un album comme Journal For Plague Lovers, cela signifierait la fin d’une période dans leur carrière. Un changement de vitesse ou un déplacement vers de nouveaux pâturages. Avec les Manic Street Preachers, cependant, vous avez déjà traversé deux ou trois périodes définissables depuis, alors est-ce que cet album affecte qui vous êtes et ce que vous faites en tant que groupe ?
NW : “Je ne pense pas, non. Je pense que la joie de cet album, c’est qu’on a pratiquement senti être quatre à nouveau mais je pense que le prochain disque parlera des plus petites choses de la vie. Mais [commence à chuchoter et montre James de la tête] ne lui dis pas parce qu’il panique. Mais lyriquement, je veux qu’il parle des petites choses de la vie qui donnent de la joie parce qu’au milieu de tous les débris, tout ce qu’il reste, ce sont les petites choses”.

John Doran

Traduction – 12 mai 2009

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