The Quietus – 01 mai 2009 : Manic Street Preachers. Journal For Plague Lovers – Chronique morceau par morceau

Des paroles de Richey Edwards, une production de Steve Albini et une pochette de Jenny Saville. Mais est-ce que Journal For Plague Lovers est vraiment le successeur de The Holy Bible qu’on le prétend ?

Peeled Apples
Parlons de toucher le sol en roulant… Si vous n’avez rien lu de la naissance du neuvième album des Manic Street Preachers et à la place vous vous attendiez à une progression linéaire au relativement théâtral et grandiloquent Send Away The Tigers de 2007 ; alors cette explosion d’ouverture de rock musclé gonflé et aigre va totalement vous éblouir. Enregistré dans les Rockfield Studios au Pays de Galles durant la dernière partie de l’année 2008, Journal For Plague Lovers fusionne les dernières songeries disponibles de Richey Edwards et un groupe mature avec la perspective et le désir de les traiter.

On nous a dit qu’il n’y aura pas de singles, mais s’il y en avait eu, cette chanson l’aurait été (le pont se fait même l’écho distant de Temptation de Heaven 17). C’est incroyablement immédiat aussi ; fermé mais avec des hectares d’espace libre, grâce au penchant du producteur Steve Albini de laisser un groupe se démerder et simplement documenter les résultats sur bande analogique. Les références à The Holy Bible sont certainement là ; l’intro de basse sinistre et distordue rappelant Archives Of Pain, des charlestons qui sonnent comme si elles volaient à des kilomètres du reste de la batterie aussi, mais crucialement ce sentiment de désespoir suffoquant manque.

Jackie Collins Existential Question Time
C’est intéressant ; un morceau de guitare poppy et quelque peu enjoué fondé sur le post-punk de la fin des années 1970 comme les Skids ; avec le genre de paroles surréelles qui ont dû avoir été un cauchemar à fourrer dans une chansons ; “Si un homme marié baise une catholique, et sa femme meurt sans le savoir” par exemple, mais ils le font avec style et James est de retour en pleine forme, mélangeant sa personnalité mélodieuse quand il pose la question que nous voulions tous demander “Oh maman, c’est quoi un Sex Pistol ?” avec le plein hurlement qui serait pas déplacé sur certains moments animés de Gold Against The Soul. Comme la plupart des morceaux, court et net.

Me And Stephen Hawking
Une intro stop/go, agrémentée de rien d’autre que de l’air frais gallois, puis un tatouage de batterie pratiquement étourdissant et tribal avec Sean Moore martelant sept nuances sur sa batterie ; ce doit être la seule chanson à marier efficacement l’iconique physicien théorique et le plutôt triste catcheur Giant Haystacks. Malgré le débit de Bradfield, ces paroles sont beaucoup plus joyeuse que ce à quoi on s’attend – la ligne “… Stephen Hawking et moi / Nous rions / Nous avons manqué la révolution sexuelle / Quand nous avons échoué la physique” étant un cas.

This Joke Sport Severed
Changement total de vitesse maintenant, avec une intro de guitare propre et plutôt teintée de folk. Là où Small Black Flowers That Grow In The Sky, par exemple, était aussi froide que de la viande froide, ce morceau a une énorme chaleur bienvenue et une section de milieu qui référence même les Beatles et la rupture de Day In The Life. La chanson refait alors surface avec un motif de batterie tribal et une toile de fond de cordes vraiment réjouissant, rappelant Design For Life. Tout cela contraste distinctement avec le discours de “os étant déchirés de la peau”.

Journal For Plague Lovers
Le bruit de papier remué, on présume dles pochettes internes moisies d’albums rock assortis des années 1970, prête l’oreille au début balafré de larsen, clin d’œil brillant à personne d’autre que Rush, autre trio fringuant qui combattait plus lourd que lui. Il référence spécifiquement leur hymne carte de visite Spirit Of Radio. Le solo de guitare est convenablement daté aussi, avec un côté plutôt bancal et détraqué des années 1970 et cela fonctionne à merveille. Ce n’est pas un endroit où ils ont été auparavant et une changement très intéressant de style et d’époque. Apparemment, le groupe voulait essayer de faire une chanson que des AOR édulcorés des années 1980 du genre Journey auraient écrite mais alors jouée comme Magazine.

She Bathed Herself In A Bath Of Acid
D’accord, alors maintenant nous avons le premier lien le plus évident avec le passé du producteur Steve Albini parce que ce morceau aurait pu confortablement apparaître sur In Utero de Nirvana ; lui-même cousin germain de The Holy Bible et non pas simplement à cause du fait que ni Cobain et ni Edwards étaient dans un bon état mental quand chaque album a été conçu. Il possède ce son de batterie distordu sans aucune doute commun à beaucoup de matériel produit par Albini, avec le même mugissement triomphalement tourmenté de nihilisme qui caractérisait Nirvana sur la fin, au milieu de discutions quelque peu familières de distorsion physique réelle. Bien qu’on peut avancer que c’est l’un des points de référence clés du disque à d’autre matériel comparable, il reste immanquablement le leur.

Facing Page: Top Left
Encore une fois, nous avons plus de place et un peu de folk, mais cette fois, c’est mélangé avec ce qui ressemble à une harpe. De manière rafraîchissante, cependant, là où les précédents efforts discrets, encore une fois Small Black Flowers… est un bon exemple, ont été enclins à émettre des signaux d’attention de frigidité, ce morceau possède heureusement un air d’une chaleur rassurante et levé, tout en ruminant sur “la protection teintée contre les UV” et le risque associé de cancer de la peau.

Marlon J.D.
Une batterie synthétisée étouffée par des tampons d’ouate peut-être, pendant une seconde menaçant d’évoquer des pensées d’Ultravox de dernière période sont rapidement envoyées valser par ce chant particulièrement assuré et distinctement punky de Bradfield, tandis que les guitares rôdent en cercle de manière menaçante dans le fond sonore. Vocalement, cet album souligne la capacité grandement sous-estimée de s’adapter dans la structure de toute chanson et ceci est un grand exemple et un clou de l’album.

Doors Closing Slowly
Très, très sombre et claustrophobe. Marche de mort funèbre qui appelle la perte et le désespoir. C’est cette batterie avançant et répétitive et la plainte sinistre et étranglée du larsen qui dérangent vraiment et l’horloge tictacquante à la fin rajoute au sentiment général de descente imminente dans un mauvais endroit. Pour une raison ou une autre, il a le genre de côté effrayant contrôlé que, disons, le Velvet Underground et même Radiohead ont touché depuis toutes ces années.

All Is Vanity
Ce son de batterie encore une fois mais ce morceau est aussi proche du bouche-trou que possible. Après un départ post-punk initialement prometteur ponctué de batterie staccato de Moore, il se révèle ressembler à quelque chose comme, disons, Faster, mais bien moins urgent de manière robotique. Nullement la meilleure chose ici.

Pretension/Repulsion
Plus de batterie mitraillée de Moore et un son initial qui conjure des pensées de REM époque Murmur. Le refrain déçoit tristement un peu et malgré des cris de “BORN.A.GRAPHIC vs PORN.A.GRAPHIC” ne sauve en fait pas ce morceau d’être de niveau moyen.

Virginia State Epileptic Colony
Plus de cliquetis post-punk de REM avec un zeste de Wire. Le chant est plutôt inhabituel en fait et un peu maladroit aussi. En vérité, ce n’est pas si éloigné des trucs relativement lo-fi qui sont apparus sur Know Your Enemy en 2001.

William’s Last Words / Baglady
Un son qui sonne comme de gros comprimés très effervescents lâchés dans de l’eau introduit un Nicky Wire clairement très nerveux (et qui n’a pas d’oreille), qui continue en s’adonnant à faire une balade joliment douloureuse et mélancolique du style que Lou Reed pourrait avoir entrepris très, très tard la nuit. Il est difficile de présenter de bons arguments, mais ce qui est bien meilleur cependant, ce sont les quatre minutes et quelques divines de silence qui la séparent du morceau caché numéro 13, intitulé Baglady. L’attente en vaut la peine aussi, étant donné qu’il aurait pu être directement extrait de The Holy Bible sans que quelqu’un ne le remarque. Il s’assure que Journal For Plague Lovers ait le nombre requis de morceaux (THB avait 13 morceaux aussi), tout en étant le morceau qui se fait l’écho le plus bruyant de son prédécesseur.

Mark Eglinton

Traduction – 16 mai 2009

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