Classic Rock – décembre 2011 : Awards 2011 – Classic Songwriters – Manic Street Preachers

De punks glamours des vallées à compositeurs mûrs et réfléchis, les Manics ont toujours compris le pouvoir d’une bonne chanson.

À une époque où les groupes sont considérés avoir une carrière s’ils réussissent à faire un troisième album, les Manic Street Preachers importent toujours. Des racines punks prétentieuses de leur premier album au bruit blanc et vacarme de The holy bible, et la perte de leur guitariste totémique Richey Edwards, ils ont perduré. Comme ils avaient toujours les chansons, ils pouvaient faire des pas de géants d’un genre à l’autre tout en restant Manic de manière passionnante. Cette année, ils suivent les pas de Queen, Ian Hunter et Roy Wood en remportant le Classic Songwriter Award. James Dean Bradfield, Nicky Wire et Sean Moore parlent des raisons pour lesquelles ils l’ont reçu.

YOU LOVE US (1991)
Le single sur Heavenly qui est réapparu plus tard sur le premier album du groupe sur une major
Sean Moore : On avait fait Motown Junk et on voulait monter d’un cran. On avait des bons amplis et du matos, et puis on l’a mixé très bas. Et on aurait dit qu’on était un peu dans l’erreur. On n’a pas vraiment transféré cette énergie live qu’on avait. C’était quand on était punks et qu’on essayait de virer rock.
Nicky Wire : À l’époque, on était toujours dans nos chambres, à peindre à la bombe nos chemises ; on n’avait aucun signe de contrat ou quoi que ce soit. Ça nous donnait la force de monter sur scène chaque soir. Je me souviens de faire la première partie des Levellers, et d’avoir dit : “Allez promener vos lévriers sur vos bouts de ficelles”, et on s’est lancés dans ça, vous nous aimerez que vous le voulez ou pas.
James Dean Bradfield : C’était quand Nick et Richey se sont vraiment rassemblés autour des paroles, et tout à coup il y avait cette tâche mise devant nous en tant que compositeurs très, très expressément. Je la réécoute et cette version est le seul moment où on sonne vraiment comme un vrai groupe de Stiff Records.

STAY BEAUTIFUL (1992)
Le groupe entre avec fracas dans le Top 40 britannique pour la première fois.
SM : Elle s’appelait Generation Terrorists, mais on pensait que c’était un titre trop provocateur pour le premier single, c’est là où Stay Beautiful est arrivé. Je pense que c’était l’idée de Richey. Steve Brown [le producteur] s’en est occupé, dont cette section médiane, qui n’y était pas là ; on était strophe, refrain, strophe, merci, bonsoir.
NW : C’est une chanson naïve et charmante. Elle me fait toujours sourire. Mais quand tu la joues sur scène à 40 ans et tout le monde crie : Va-te faire foutre, ça te donne une pause. Mais elle est bien construite et c’est l’une de nos chansons signatures à l’époque, et notre premier morceau du Top 40, ce qui était énorme à l’époque pour nous.
JDB : C’était la première fois que j’ai vu Nick et Richey cannibaliser des paroles de classiques du rock et les mettre dans une chanson – il y a quelques lignes de Born To run qui ont été bâtardisées. La chanson me fait toujours me sentir jeune. C’est cool que ta propre chanson puisse te faire ça.

MOTORCYCLE EMPTINESS (1992)
Là où James a eu son premier vrai “moment Slash”.
SM : C’est un truc genre quatre chansons en une. La partie de guitare principale, c’était le producteur, Steve Brown, qui disait à James qu’on avait besoin d’un riff qui traverse la chanson.
NW : Un véritable amalgame. Une partie de la chanson intitulée Go Buzz Baby Go, et avant c’était une chanson nommée Behave Yourself Baby, qui était le pont. Les paroles ont pris du temps. On a fourré tant de mots dedans, et c’est bizarre, si tassé. C’était la première fois qu’on s’est regardés comme un groupe et qu’on a pensé qu’o pouvait peut-être faire véritablement quelque chose.
JDB : On avait la démo de ça depuis qu’on avait 17 ans environ, mais on la jouait plus dans un style New Order à l’époque. Steve Brown a dit qu’elle avait besoin d’un solo, et il m’a juste laissé dans le studio et il m’a donné une heure. Il est revenu et a sorti : “T’es un dieu de la guitare maintenant ! ”Ça sonne cucul, mais il a fait se sentir bien ce pauvre Gallois blanc. Il m’a dit que je devais trouver mon moment Slash. C’est une bonne production, en ce qui me concerne.

LA TRISTESSE DURERA (SCREAM TO A SIGH) (1993)
Se joignant avec du retard à la fête baggy.
SM : C’est un peu une gueule de bois de la fin des années 1980 – ça a un groove ; on a essayé de copier un morceau d’Arrested Development. Je me souviens de programmer quelque chose de similaire à ce qu’ils avaient fait sur un ordinateur et de faire la partie live et d’entrer en jeu. On essayait de le mélanger un peu. Même avant le contrat j’écoutais Public Enemy, surtout Fear Of A Black Planet, qui m’a vraiment scotché.
NW : Mon instigation. J’en ai écrit une grande partie. J’ai trouvé le titre, puis Richey avait le refrain “Scream to a sigh”. Je voulais faire quelque chose qui ne soit pas tendance, et c’était d’écrire sur les héros de guerre d’une manière sympathique. Le titre vient de la note de suicide de Van Gogh. Grand solo de guitare dessus, aussi, l’un des meilleurs de James. On aurait dit un grand pas pour nous. Et la voix de James est imposante.
JDB : Le magazine Select l’a nommé le dernier grand single baggy, ce à quoi on ne s’attendait pas. Ces paroles dépassaient largement le niveau de tout ce que Nick et Rich nous ont donné sur Gold. C’était un peu basé sur Car Jamming [du Clash] et Arrested Development, et puis c’est devenu autre chose.

IFWHITEAMERICATOLDTHETRUTHFORONEDAYITSWORLDWOULDFALLAPART (1994)
Question de vie ou de mort pour les Manic Street Preachers
SM : C’est moi qui essaie d’être Topper Headon, d’une manière bizarre. Je me souviens de la citation au début – j’ai fait tous les samples. Richey se les procurait et j’étais celui qui les extrayait des vieilles cassettes vidéo. C’est une de ces chansons où c’est juste arrivé. Les idées étaient là, le petit tom rapide. Je pensais tout le temps à London Calling. Pour nous, c’était la fin – troisième album, tout foirait, merde, faisons ce qu’on veut. Trois semaines et l’album [The Holy Bible] est sorti des charts après avoir été au plus hait à la 75ème place.
NW : Je pense que c’est un vrai morceau d’album classique : une batterie inspirante, un grand riff de guitare, c’est féroce aussi. C’est l’une de ces chansons qu’on ne peut jouer sur scène que si on le sent. On ne peut pas faire semblant devant un public.
JDB : Quand j’ai lu les paroles pour la première fois, j’étais là : “Mais putain, comment voulez-vous que j’écrive de la musique là-dessus ?!” Puis j’ai vu le challenge, et juste combien il était génial – le saut de personnage, la vitesse de révision était magnifique. Il avait des touches de West Side Story, pour moi. Je n’ai aucune idée comment se sentait Richey quand il a fini des paroles comme ça, s’il était heureux ou vide. J’aurais aimé savoir.

4ST7LB (1994)
Ressentez la douleur.
SM : Elle a cette petite section additionnelle à la fin, à propos des traces de pas dans la neige, essayant de la rendre délicate comme si tu étais devenu aussi léger que tu en flotterais presque. C’est pourquoi elle part à la fin et s’élève, et tu as toute cette angoisse et cette rage au début. C’est une chanson vraiment bonne.
NW : Je la trouve incroyable. Le début à la Eton Rifles, qui se transforme en cet excellent coda qui flotte sur cette ligne : “I’ve long since reached the higher plateau”. Des paroles étonnantes qui ne peuvent venir que de quelqu’un qui ressent ce genre de douleur. C’est véritablement profond.
JDB : La seule chanson pour laquelle je n’ai pas aimé écrire la musique. Il y a des moments sur The Bible où je me sentais comme si j’étais dangereux de chanter les pensées d’autres personnes canalisées via Richey, mais je me sentais légèrement mal à l’aise de faire cette chanson. J’étais content quand j’ai eu fini. J’avais l’impression d’être indiscret quand je l’ai écrite. C’était une sensation bizarre.

FASTER (1994)
Le manifeste du groupe écrit en grosses lettres.
SM : Le modèle de cette chanson était From Out Of Nowhere de Faith No More. Les paroles n’étaient pas sous la forme sous laquelle elles ont fini, mais juste ce morceau “stronger than Mensa” nous suffisait.
NW : Le tout écrit avant l’âge numérique – pas de téléphone portable, pas d’ordinateur. Mais Richey transmettait juste ce sentiment d’accélération de la culture – elle accélère et accélère. C’était un grand moment pour nous. Cette chanson a tout exposé. C’était comme le manifeste d’un groupe.
JDB : C’était la plus difficile sur laquelle écrire de la musique de très loin. J’étais inquiet, puisque je savais que c’était la clé de tout sur le disque. Alors j’ai piétiné, et puis j’ai mis Never Mind The Bollocks et voila. Parfois la manière dont la voix de Johnny Rotten descend au milieu d’une chanson et change à peine, c’est une question de tournures, d’expressions et l’engagement aux mots. Et c’est exactement ce dont il avait besoin, cette ligne droite au milieu.

A DESIGN FOR LIFE (1996)
Après la disparition de Richey, les Manics créent  un hymne inattendu.
SM : On est tous revenus après six mois en pensant, “est-ce qu’on continue ?” on avait le reste de nos vies là. Je n’avais que 28 ans. Puis James a dit qu’il avait cette idée de truc valse, et il a joué en boucle sur sa gratte et je l’ai joint, et au moment qu’on est arrivés à la fin de la chanson, c’était fait, en gros. Elle avait un élan en soi. McAlmont et Butler avait cette chanson, Yes, ce gros son, les cordes. On a trouvé que c’était Mike Hedges, et il avait cette connexion avec des groupes comme les Banshees. On a pensé l’appeler, et il est venu directement à Cardiff. James l’a saoulé, même s’il a quand même fini par bosser avec lui. Cette chanson est devenue le premier single avec un numéro 1 en milieu de semaine. She Is Suffering est entré à la 36ème place et c’est comme ça qu’on lui a donné suite.
NW : C’est aussi important que Faster, à bien des égards, parce que je ne suis pas sûr combien de personnes pensaient qu’on pouvait sortir quelque chose comme ça sur le plan lyrique – qu’on pouvait changer mais toujours avoir cette intelligence, ce mordant et cette critique. La condescendance de la classe ouvrière me dégoûtait à mort. On n’est pas juste Jeremy Kyle – on a vraiment construit des bibliothèques. Mon père était mineur, pas un prof de la middle comme vous tous.
JDB : Je vivais à Shepherd’s Bush et je regardais Some Might Say sur TOTP et Noel qui levait sa guitare avec l’Union Jack dessus, et je me suis levé pour aller marcher et j’ai traîné dans Londres pendant quatre ou cinq heures totalement perplexe. “Mais merde qu’est-ce qui nous est arrivés ? On a perdu notre meilleur pote et on ne sait pas ce qu’on est ni ce qu’on va faire. comment en est-on arrivés là ?” Nick m’avait envoyé des paroles et il m’a dit  : “Voyons si on a quelque chose”. Et la chanson est sortie en cinq minutes. J’avais peur, comme j’avais fait le couplet et j’étais si content, mais après je ne savais pas si je pouvais faire le reste. C’était marche ou crève, me forçant à garder le reste simple, et puis j’ai pris une grande bouffé d’air et je me suis plongé en moi et c’était enregistré. J’ai appelé Nick et je savais qu’on le tenait, qu’on pouvait continuer. C’était comme trouver la dernière pièce d’un puzzle.

NO SURFACE ALL FEELING (1996)
Chanson pour Richey.
SM : Je l’ai écrite dans le bus pendant qu’on faisait la tournée avec Therapy?. Richey essayait toujours de me forcer à lui apprendre Come As You Are. Mais entre-temps cette chanson est arrivée. À l’époque, on écoutait les Smashing Pumpkins, on était aussi de grands fans de Hüsker Dü – Candy Apple Grey, tout ça.
NW : Une beauté absolue, je pense. J’ai écrit les paroles avant la disparition de Richey. Je pense qu’il croyait que c’étai un poil sentimental. Je pense qu’on avait besoin un peu de ça à l’époque. C’est un déluge d’émotion, et cette cascade de roulement de tambour et la grande outro de guitare.
JDB : C’était les deux dernières démos du groupe que Richey n’ait jamais entendues. Il aimait assez Surface parce qu’il aimait Siamese Dream et elle lui rappelait ça. J’étais assez frappé par ça, puisque je pensais que cette chanson était plus un moment humain pour nous et il voyait l’humanité dedans, mais ce n’était pas son dada.

IF YOU TOLERATE THIS YOUR CHILDREN WILL BE NEXT (1998)
Les Manics atteignent la 1ère place dans toute l’Europe.
SM : Notre premier numéro 1,  on a battu Steps, qui l’eût cru ? On l’a enregistré à Rockfield et on la voyait juste en face B. C’était l’une des dernières choses qu’on ait enregistrées. Je me souviens de notre producteur, Dave Eringa, qui traînait dans le studio, et j’ai dit : “Je vais faire trois prises. Je vais laisser le moteur de ma voiture tourner, et quand j’en aurais fini, je prends ma voiture et je me casse. Et c’est ce que j’ai fait.
NW : Elle sonne assez bizarre et futuriste pour nous. La guitare est très modérée ; des paroles vraiment compliquées à faire rentrer au chausse-pied, aussi. C’est l’histoire sociale galloise, la guerre d’Espagne, et essayer de mettre tout ça dans une chanson, ce n’est pas facile. J’aime comment elle plane et flotte simplement, aussi. Et c’est l’une des chansons les plus lentes qu’on n’ait jamais faites.
JDB : Le titre a piqué mon intérêt, et je suis sorti seul durant ce jour d’automne venteux et je l’ai trouvé assez rapidement. Et puis Sean y a mis sa touche et on pensait juste qu’elle ferait une bonne face B. On a fait une session d’élimination à Rockfield avec Eringa, et il a dit qu’il pensait que c’était une meilleure chanson qu’on le pensait. Le label est venu et ils étaient là : “C’est le premier single !” Ça m’a pris un moment pour que j’enregistre qu’elle était bonne.

BABY ELIAN (2001)
La propre crise des missiles cubaine du groupe.
SM : On aime bien être à contre-courant, et on aime le concept de David et Goliath. Et on a toujours eu des petits canardages contre les États-Unis, la cour de récré du diable des paroles. C’est comme ça que j’appelais les États-Unis, même si Nicky n’admettrait pas ça. L’intro en tom est piquée à Red Sleeping Beauty, une chanson de McCarthy.
NW : Il y a un morceau sur l’album intitulée His Last Painting, et la musique de ça avait été écrite à l’origine pour ça. C’était bien avant d’aller à Cuba, mais c’était dans l’air. J’aime la manière dont elle se construit. Quand on est allés à Cuba, on ne l’avait pas répétée, et puis l’appel est venu du ministre de la culture cubaine, nous demandant de la jouer, alors on l’a fait jouer en acoustique par James.
JDB : On nous a demandé de la chanter à Cuba, et j’admet librement que je l’ai bâclée. J’ai dit stop à la rencontre du bébé Elian [Gonzalez], comme je ne savais pas ce que je dirais si un journaliste de la BBC me piégeait et commençait à me poser des questions. J’avais peur, honnêtement. L’essentiel de la chanson demande : l’ADN d’une personne – peut-on le réduire à la souveraineté ? Et je ne sais pas.

FIREFIGHT (2005)
Extrait du EP gratuit God Save The Manics.
SM
: Elle aurait pu être sur un album, mais elle était prise entre Truth et Lifeblood. Elle nous rappelait Keane d’une certaine manière, et ce n’était pas vraiment où on voulait être.
NW : Je pensais que Firefight pouvait être ce mélange bizarre de ABBA, Coldplay et Manics. Je trouvais que c’était un disque brillant. Je ne pense pas qu’on l’ait jamais réussie. On l’a enregistrée environ cinq fois. on avait lu que ABBA avaient enregistré leur piano 22 fois, et on a fait ça et il sonnait toujours comme un. J’aimais la jouer sur scène.
JDB : Je vais toujours beaucoup chez mon père, et je marchais le long de la Towy et il y a beaucoup de voitures brûlées et de poubelles ; et l’eau a tourné à l’orange à cause de la mine fermée. Ce n’était pas du tout comme je me soouvenais à 12 ans, les bords déchirés et effilochés de cette déréliction de la vallée pendant que je la traversais. Alors j’ai écrit des paroles dessus – c’était choquant.

THE SECOND GREAT DEPRESSION (2007)
Une chanson qui aurait dû être un single.
SM : Nicky m’a donné les paroles en studio, et je suis allé travailler dessus et je suis revenu avec une idée brute de base, et puis James l’a étoffée.
NW : Elle a commencé avec cette idée de krach économique mélangé à la dépression humaine ; l’idée d’une collision de forces, les comparant vraiment. Comment quelqu’un avec tout peut toujours être déprimé au-delà de la croyance, comme la manière dont une économie peut tomber dans la dépression et répandre son virus partout. Je pense que ça aurait dû être le troisième single de l’album [Send Away The Tigers]. C’est vraiment de bonnes paroles. C’est plein d’énergie, aussi.
JDB : J’étais choqué par les paroles, que Nick ressente toujours autant de mélancolie enragée. Je me suis assis avec Sean – et il a une voix étonnante – et je savais qu’il pouvait faire le couplet, et il l’a fait. c’était juste beau, et je lui ai piqué et je me suis penché sur le refrain. Lui et moi, on travaille vraiment bien comme ça. Ça me faisait sentir que les choses finissaient. Je me sentais mal un moment. C’est bon quand des paroles peuvent faire ça.

YOUR LOVE ALONE IS NOT ENOUGH (2007)
Celle avec la chanteuse des Cardigans.
SM : Nick avait cette idée de truc homme/femme, et il voulait que Nina Persson des Cardigans le fasse depuis le premier jour. On les a toujours aimé, ce groupe. On n’a jamais pensé qu’elle le ferait. La première fois que Nick et moi, on l’a rencontrée, c’était pour le clip.
NW : C’était un moment absolu de magie. C’était ma création. Je me souviens d’écrire ça chez moi sur ma guitare blanche porte-bonheur et c’était vif et stimulant. Il y a beaucoup de Richey dans ces paroles. Je pensais beaucoup à lui à cette époque, c’était un vrai déluge.
JDB : Nick était à Londres et il m’a donné une cassette de cette chanson. Ce n’était pas fini mais il y avait beaucoup de choses dessus. Je suis rentré chez moi, et j’ai adoré. Nick repartait au Pays de Galles le même jour et je devais lui rendre la chanson avant qu’il prenne le train. C’était différent pour nous. On a tout à coup trouvé une autre manière d’écrire. J’étais ravi. Et un peu jaloux, pour être honnête.

ME AND STEPHEN HAWKING (2009)
Extrait des dernières paroles de Richey
SM : C’est mon hommage à Dinosaur Jr. – le flou de ça. C’est une chanson tornade, écrite rapidement, aussi. Les paroles me font rire, et elles sont sur en retard de leur temps. C’était bien avant que un brève Histoire du temps devienne un best-seller ou qu’Hawking apparaisse dans les Simpson.
NW : C’est Richey a son meilleur – le pathos de cette chanson. Les gens le voient comme une âme torturée. Et il a lutté, mais son sens de l’humour était là aussi. Ces paroles sur Hawking, tout l’album, c’était un album dangereux à faire. James le poussait, mais j’avais peur qu’on soit en perte de vitesse en faisant ça, que les gens pensent qu’on soit à court d’idées.
JDB : J’ai vu ces paroles et je savais que je voulais que ce soit Rush et les Minutemen mélangés. C’était génial de ressentir à nouveau ce sentiment juvénile et de pie voleuse.

A BILLION BALCONIES FACING THE SUN (2010)
Duff McKagan joue son rôle.
SM : Le caméo de Duff McKagan a été fait à distance. On lui a envoyé. J’ai fait le truc cliquetis avec les toms – c’était mon moment Steven Adler. Je me souviens du clin d’œil à JG Ballard, l’idée que dans un monde de Facebook et YouTube, on est tous des superstars maintenant.
NW : C’est l’un des meilleurs solos de guitare de James. Je l’adore. Il y a des références, et Ballard en est une. Il y a certaines parties de notre culture qui vont bientôt partir pour de bon. Il n’y a pas de Philip Larkin qui va arriver. Ce n’est pas une question de gagner un Costa Award. Je pense que notre génération a dû affronter l’ennui tout le temps et on l’a embrassé aussi, il n’y avait rien à faire. Je pense que c’était sain, ça a laissé nos imaginations courir en liberté.
JDB : Ces paroles sortaient de Nick comme du feu. On voulait que ce soit du punk old school. Je savais que j’allais faire un solo à la Lindsey Buckimgham dessus. Je le savais dès que j’ai vu les paroles.

(IT’S NOT WAR) JUST THE END OF LOVE (2010)
La tristesse habillée de haillons heureux.
SM : C’est moi qui essaie d’être Neil Peart [le batteur de Rush], à ma manière pathétique. C’est très dur d’être Neil Peart. Ça s’est rassemblé très rapidement, comme beaucoup de nos premiers singles. Ils arrivent tout simplement. Puis tout en découle. Des paroles géniales, enregistrée durant la première session de l’album à Cardiff.
NW : Cette chanson semblait être presque un riff Blue Öyster Cult que James avait. On peut ne plus être aussi en colère qu’avant, mais ce n’est certainement pas de l’amour.
JDB : J’étais un peu déprimé quand il m’a donné ça, puisque je pensais que c’était admettre la défaite, d’une manière. On dit qu’il n’y a plus d’idéologie devant laquelle s’incliner. L’eau, l’acier et le charbon ne reviendront jamais pour les gens – l’idée de privatiser les minéraux et l’eau et l’air qu’on respire est là pour durer. Je pensais juste qu’on admettrait la défaite, d’une manière, alors j’ai fait la chanson brillante et heureuse.

LE CHOIX DE NICKY WIRE
PROLOGUE TO HISTORY (2003)
Rare pépite exhumée sur la compilation Lipstick Traces.
Nicky Wire : Elle aurait dû être sur un album ; c’était une grosse erreur. C’est probablement les paroles que j’ai écrites mes préférées au monde, celles-ci et Tolerate…, peut-être. Elles référencent Phil Bennett et Neil Kinnock, tu sais. Si cette chanson avait été sur This Is My Truth au lieu de I’m Not Working ou Be Natural, alors l’album se serait élevé à un album néo-classique au lieu d’une grande compilation de singles qui s’épuise. Ce n’est pas nous, non plus – ce piano de tête. J’ai utilisé cette affreuse basse Baldwin, puisqu’on essayait quelque chose de différent et on se poussait. Je pense qu’on disait que même si Richey était parti, on était toujours un trio vital.

LE CHOIX DE SEAN MOORE
BAG LADY (2009)
Le morceau caché de Journal For Plague Lovers.
Sean Moore : Je me souviens quand Richey m’a donné les paroles. Je les ai toujours. Il me les a données le dernier weekend qu’on l’a vu, croyez-le ou pas. C’est le plus proche que je n’ai jamais été dans mon jeu de Dave Grohl. Je suis allé rendre visite à Richey à l’hôpital de Cardiff quand il était malade, et il n’arrêtait pas de parler de cet avocat fou qui était là en même temps qui parlait toute la nuit et qui empêchait Richey de dormir. Et il a juste écrit toutes ces paroles décousues et c’est devenu cette chanson. Alors c’est pourquoi j’aime tellement cette chanson – et le fait que je l’ai réussie en une prise. Mais notre ingé son a merdé et on a dû la refaire.

LE CHOIX DE JAMES DEAN BRADFIELD
SEND AWAY THE TIGERS / ARCHIVES OF PAIN (2007/1994)
Titre phare du huitième album du groupe et un appel impénitent aux armes extrait de The Holy Bible.
James Dean Bradfield : Send Away The Tigers parce que j’adore absolument ces paroles – la tragédie de Tony Hancock et celle de Tony Blair réunies. Et ce n’est pas incongru, ça fonctionne, et je l’ai vu dès que Nick me les a données. C’était un moment un peu Who pour nous – légèrement mécanique et puis tout à coup fluide, une poussée et des fluctuations.

Le côté face de cette pièce serait Archives Of Pain, extrait de The Holy Bible. On a vaincu, on a réussi à trouver une manière de continuer après Richey. Mais quand tu regardes les paroles de ces deux chansons et que tu voies l’ambition dans les mots écrits par Nick et Richey, tu reçois ce coup de tonnerre parfois. À part l’évidente tragédie humaine qui se passait, c’est tellement dommage qu’ils ne puissent plus écrire de paroles ensemble. Avec Archives, c’est quand j’ai su que cet album allait quelque part là où je ne pensais que personne n’était allé auparavant. J’étais excité par son courage, alors la chanson devait être cette idée de se précipiter dans la bataille.

Philip Wilding

Traduction – 22 décembre 2013

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