Classic Rock : décembre 2011 – Manic Street Preachers, National Treasures – The Complete Singles (Sony)

Un véritable trésor dans le butin

L’exhaustive compilation chronologique de singles est pratiquement une aventure à la Tolkien dans les mains d’un groupe comme les rockeurs cultes gallois Manic Street Preachers. Les chapitres de leur carrière s’étalent sur ce coffret de 2 disques durant 2 heures avec des intervalles de 20 minutes (en gros) : les cris perçants d’accouchement punk ; le rock rebelle ambitieux ; le plongeon violent vers la tragédie ; l’ascension vers l’Establishment et les diverses tentatives de trouver une nouvelle identité unique en son sein. Utilement, pour un groupe méchamment disputé par des “vieux” et des “nouveaux” fans dans les années 1990, les deux CD se séparent à cette ligne de fracture précise entre Everything Must Go en 1996 et This Is My Truth Tell Me Yours de 1998, créant des disques “avant” et “après” le succès mainstream.

À ce titre, le CD1 n’est pas qu’un conte passionnant de lutte, perte et gloire, il est aussi sans faute sur le plan musical. Des cris de “Revolution!” et “We destroy rock’n’roll!” qui ont fait – qui font toujours – du premier single Motown Junk une épopée sensationnelle punk chargée sur le plan politique, via la brillance AOR à slogans des morceaux de Generation TerroristsYou Love UsMotorcycle Emptiness et Little Baby Nothing (épopée anti-porno encore plus pertinente dans les jours du porno en ligne), aux riffs mûrs de leur époque Gold Against The Soul, nous suivons un groupe déterminé à honorer leur premier serment de vendre 16 millions d’albums et splitter.

Ayant échoué à faire cela, l’auto-implosion viscérale de leur lugubre chef d’œuvre de 1994 The Holy Bible – représenté par les météores métalliques Faster et Revol – se ressent comme une dépression temporaire avant que la disparition du guitariste Richey Edwards ait poussé une renaissance solennelle et majestueuse comme rockeurs orchestraux sur A Design For Life et Everything Must Go.

Le CD2, alors, parle de tout ce qu’on fait avec le succès une fois qu’on l’a atteint. Heureusement, les consolidations peu inspirées de The Everlasting et de If You Tolerate this ne sont qu’un mauvais moment, ouvrant rapidement la voie aux retours en grâces grandiloquents comme The Masses Against The Classes et de fascinantes expérimentations du genre : la pop surf de So Why So Sad, le rock gospel de Some Kind Of Nothingness et les synthés des Pet Shop Boys de The Love Of Richard Nixon.

Bien que leurs albums les plus récents aient lutté et se soient bousculés pour l’originalité et le facteur surprise, cette compilation trace une ligne ferme et déterminée d’excellence rock mélodieuse qui défie sur le plan intellectuel sur deux décennies. De vrais trésors.

9/10

Mark Beaumont

Traduction – 1er janvier 2014

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