Seen It Heard It – 18 juin 2014 : Chronique : Manic Street Preachers – Futurology

Les Manics se sont constamment réinventés depuis toutes ces années, mais n’ont jamais oublié leurs racines. Ils se sont essayés aux éléments Kraftwerk dans le passé, mais Futurology est l’album qu’ils ont toujours menacé de faire, avec des éléments de LifebloodKnow Your EnemyThe Holy Bible et Journal For Plague Lovers bien répartis.

De manière intéressante, l’album s’apprécie avec le temps. Les morceaux se révèlent au fur et à mesure des écoutes, tandis que l’album précédent (et qui a été enregistré en même temps) Rewind The Film paraissait plus immédiat. 30 Years War nous avait donné un indice, mais Futurology est un disque sensationnel, rempli de sons intéressants et des meilleures paroles que le groupe nous ait données depuis des années.

FUTUROLOGY
“Un jour nous reviendrons, peu importe combien ça fait mal – et ça fait mal”

Directement l’humeur est exaltante, et les guitares électriques sont de retour. En riffs durant les couplets, avant que le gros refrain n’intervienne. Honnêtement, c’est le calme avant la tempête, et un classique Manics. C’est un début positif, avec une lente rupture, avant que le tempo ne reprenne et nous avons le droit à un autre refrain, avec plus de guitare dans le fond.

WALK ME TO THE BRIDGE
“Roulant doucement vers le pont avec rien d’autre que nous ne puissions donner”

Avec un refrain qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu avant, elle commence par un brusque riff mené par le basse, ce qui est un thème de Futurology. Pour la première fois, les synthés arrivent et mènent la danse, avec un chant classique de Bradfield. Le premier solo de guitare arrive avant le dernier refrain.

LET’S GO TO WAR
“Des squelettes de la classe ouvrière sont éparpillés dans des musées”

Waou. Morceau qui ne serait pas déplacé sur The Holy Bible ou Journal For Plague Lovers, des guitares dissonantes et une ambiance au son spectrale remplissent les vides tandis que la basse et la batterie font le gros du boulot. C’est une chanson tordue presque troublante, rompue par la foule soudaine qui crie le titre de la chanson. Un pont maussade et effrayant finit par la voix de Bradfield qui résonne “n’oubliez pas qu’on vous aime toujours…”

THE NEXT JET TO LEAVE MOSCOW
“Je suis le plus gros hypocrite vivant que tu n’as jamais connu”

Une intro de basse chaleureuse ouvre des guitares urgentes, montant sur la touche tandis qu’un piano l’accompagne, puis recommence. Quelques paroles terribles exposées ici, et on ressent que c’est auto-référentiel. Un autre solo de guitare arrive tardivement. La seule plainte, c’est qu’elle trop courte, dès que les harmoniques commencent à retentir, on sait qu’elle finit. C’est l’un des morceaux qui se distinguent du lot.

EUROPA GEHT DURCH MICH
“Fils européens, amour européen”

La plus grande diversion depuis longtemps pour les Manics. Une énorme ligne de basse fuzzy démarre la chanson et se retrouve tout le long. Pleins de lignes de guitare déchiquetée sont éparpillées sur la chanson, tandis que la chanteuse invitée Nina Hoss en rajoute au son chaotique. Elle revient deux fois plus loin sur l’album, disant les paroles avant une chanson, plus refermant l’album en les disant en anglais. L’album paraît inspiré par Europa Geht Durch Mich, et c’est clairement la pièce maîtresse.

DIVINE YOUTH
“Les bras enlacés autour de chacun, le sort tombant au loin”

Georgia Ruth chante la majorité de la première moitié de Divine Youth, morceau façon berceuse qui a des pads de synthés qui pulsent ça et là, qui font effectivement partie de l’accroche de la chanson. C’est probablement ce qui se rapproche le plus d’une ballade des Manics dans la mémoire récente, et la deuxième partie du morceau est là où Bradfield arrive, sonnant comme un crooner. N’oubliez jamais : cet homme a une voix superbe.

SEX, POWER, LOVE AND MONEY
“Juste quatre petits mots qui ne seront pas niés”

Oh putain. Les guitares sont de retour et elles sont sérieuses. Tandis que le reste des morceaux sont plus menés par la basse et la batterie, c’est le morceau de Bradfield. Plein de notes vives, et un chant qui reste juste du bon côté du bizarre, Nicky dit le développement avant que James donne tout pour le refrain. Je n’aurais jamais pensé entendre une chanson qui finirait juste par Bradfield qui chante “Sex! Sex! Sex!”, mais voilà. Un autre solo de guitare précède cela. Doux Jésus, je pourrais m’habituer à cela.

DREAMING A CITY (HUGHESKOVA)

Confession : je n’ai jamais vraiment aimé les instrumentales des Manics. Dreaming A City a changé cela. Elle irait bien dans un jeu vidéo (comme Transistor) avec ses sons futuristes. Un superbe riff de grosse basse démarre tandis que les guitares arrivent et vous avez l’impression d’être dans une voiture volante, accélérant dans un paysage urbain de néons. Magique.

BLACK SQUARE
“Quand tous les jours tu es hanté par la perfection”

C’est plus comme les Manics que nous connaissons, et c’est un grand moment vocal sur Futurology – mixé d’une telle manière que le chant durant les couplets se chevauche, comme si Bradfield interprétait un duo avec lui-même. Les guitares acoustiques se mélangent avec des instruments qui sonnent plus futuristes, dans un refrain qui contient les mots “slowly passing always”, ce qui se ressent comme un clin d’œil au passé, avant de chanter “nettoyons l’État”. Une pause double dose de guitares électriques paraît un peu bancale, mais ne fait pas de mal à la chanson non plus.

BETWEEN THE CLOCK AND THE BED
“Je suis bien conscient du bonheur et ce qu’il faut pour l’obtenir”

Un tempo bien plus lent vous accueille pour le morceau mené par Green Gartside (Scritti Politti), avant qu’un refrain chanté rapidement voit Bradfield le rejoindre. Le morceau vous soulève avant qu’il ne se referme avec juste des chants, échangeant les devoirs. D’autres paroles excellentes. “Je revis ces moments encore et encore, des images répétées d’ennemis et d’amis”.

MISGUIDED MISSILE
“Consommé par le déni”

Une autre ligne de basse énorme ouvre ce morceau tandis que l’ambiance inquiétante vous introduit doucement à la batterie dure. Puis un refrain massif au son exaltant se finit par James qui chante “Je peux toujours remplir ton vide”. Misguided Missile est un morceau qui se glisse sous votre peau, les paroles du refrain vous poussant dans la soumission. L’un des morceaux que vous apprécierez avec le temps, avec un refrain grandement entraînant. Seuls les Manics peuvent utiliser le mot Schadenfreude dans un refrain et que cela fonctionne en effet.

THE VIEW FROM STOW HILL
“Comment cette ville a-t-elle autant vieilli ?”

Morceau acoustique rempli de souvenirs nostalgiques, et l’un des quelques morceaux sur Futurology qui aurait eu du sens sur Rewind The Film. C’est une chanson qui semble désirer le passé, avec des références aux tweets et à Facebook qui sont maladroites.

MAYAKOVSKY

Une autre instrumentale referme l’album, et elle comprend un jeu de guitare le plus rapide de Bradfield depuis Faster sur The Holy Bible. Wire est la seule voix sur le morceau, criant le titre quelques fois. Si les Manics essayaient de sonner comme les Daft Punk récemment, c’est ce morceau.

VERDICT

Futurology est un album courageux, plein de sons dont on ne s’attendrait pas à entendre venant d’un groupe qui existe depuis plus de vingt ans. Exaltant, émouvant, inspirant – il s’inspire du passé, mais est excitant jusqu’au bout. Il y a une énorme quantité de profondeur, et c’est un disque sur lequel on remarquera de nouvelles choses à citer de temps à l’autre.

Je ne sais pas comment il continuent à faire cela, mais bénis soient les Manic Street Preachers.

4.5/5

Adam Cook

Traduction – 28 juin 2014

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