NME – 16 mai 2009 : Le bon livre

Manic Street Preachers
Journal For Plague Lovers
(Columbia) 8/10

Pas qu’une simple suite, leur retour aux paroles de Richey choisit la progression à la nostalgie

Si nous devons définir le neuvième album des Manic Street Preachers, Journal For Plague Lovers, alors commençons par ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas The Holy Bible II. Ce n’est pas un autre état de l’adresse de l’aliénation.

En 1991, l’équilibre du pouvoir dans le rock a dramatiquement changé après la sortie de deux albums : Nevermind de Nirvana et l’éponyme Black Album de Metallica. Le premier montrait que les paroles transgressives et complexes n’étaient pas un obstacle à l’attrait de masse, tandis que le deuxième prouvait que les sons lourds de manière oppressive étaient devenus une vertu positive en dehors du monde du métal. Ces réverbérations ont causé une séparation stylistique au Royaume Uni, avec les groupes proto-Britpop comme Blur choisissant d’occuper un territoire paroissial et rétro avec seulement quelques âmes hardies telles que Radiohead montant au défi lancé par les Yankees fougueux. Les petits malins des Manics avaient déjà un train d’avance cependant. À l’origine, leur mode opératoire avait été de subvertir de l’intérieur, des idées troublantes saupoudrées de sucre glace dans une coquille glam-rock FM, mais en 1994, c’était leur réponse au changement tectonique résultat qui les a libérés sur le plan sonore. Ce qui a émergé était un album qui bouillonnait. Ses soucis lyriques labyrinthiques de l’effondrement de soi contre les pires dépravations du XXème siècle était un mariage égal et malsain de paroles abrassivement militantes et de musique punitive. Il se faisait peut-être l’écho du chant du cygne de Nirvana, In Utero, mais le véritable antécédent de The Holy Bible était l’assaut de Public Enemy sur tous les fronts, It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back.

Quand il a disparu six mois plus tard, Richey Edwards a légué plus que juste son rôle dans l’une des déclarations artistiques imposantes des années 1990, cependant. Son cadeau d’adieu au bassiste Nicky Wire, au guitariste/chanteur James Dean Bradfield et au batteur Sean Moore était un recueil de ses écrits. Une partie de ces paroles ont terminé sur Everything Must Go, mais en gros elles sont restées respectueusement non touchées. Aujourd’hui, avec assez de temps passé et, de manière important, les fortunes critiques et commerciales du groupe au plus haut (ils ont cité à la fois l’album numéro 2 Send Away The Tigers et le Godlike Genius Award du NME en 2008 comme facteurs contribuants), ils ont senti qu’ils pouvaient aborder le projet sans être accusés de lascivité ou d’essayer de redémarrer une carrière stagnante.

Au premier contact, on pourrait vous pardonner de penser que vous tenez le Nouveau Testament de l’étourdissant Ancien Testament de The Holy Bible. Une autre image frappante de Jenny Saville orne la pochette. Une jeune fille androgyne (qui ressemble à un jeune Richey) fixe le spectateur, son visage marqué par une tache de vin, son regard d’une vulnérabilité choquante. Appuyez sur lecture et cette vision ne s’évapore pas rapidement, non plus. Peeled Apples s’ouvre par un sample écœurant de The Machinist, un film qui comprend une transformation horriblement absorbante de Christian Bale jouant un home hanté par l’insomnie et l’anorexie. Une ligne de basse caustique déclenche une réaction pavlovienne : yes ! Sauf que ce n’est pas Yes. Bradfield a échangé la guitare post-punk staccato bégayante pour les dynamiques fanfaronnes de Undercover Of The Night des Stones. Et à partir de ce moment, il est clair que vous écoutez un album complètement différent de The Holy Bible. En fait, il n’y a qu’une chanson ici qui aurait sonné entièrement chez elle sur les deux sorties et c’est le morceau caché Bag Lady. Son grondement métallique de basse est tel des chenilles qui roulent sur des immeubles en démolition, tandis que la guitare sonne comme l’acouphène de Keith Levene.

C’est, cependant, juste un pont imaginaire entre les âges. Le changement de vitesse ici est nécessaire et naturel. Le groupe eux-mêmes ont été affectés par le temps qui a passé et Edwards, en tant que voix, paraît plus calme, plus équilibré, son vitriol ayant en quelque sorte passé. Le groupe est sensible à ce changement de vitesse. Ils mélangent le pop-punk de Sugar avec les guitares résonnantes de Echo & The Bunnymen (Jackie Collins Existential Question Time) ; le côté sentimental acoustique et visionnaire d’Elliot Smith (This Joke Sport Severed) ; le grunge pétillant des stades de Nirvana (She Bathed Herself In A Bath Of Bleach) et même un clin d’œil terriblement groovy aux prog-rockeurs de stade aux cheveux permanentés à l’extrême, Rush (Journal For Plague Lovers). Steve Albini, le gars le plus célèbre à n’avoir jamais appuyé sur “enregistrer” sur un magnétophone, a fait un travail solide dans la captation d’un équilibre entre leur assaut live agressif et leur brillant pop enregistré.

Dans les années à venir, cette décennie sera caractérisée comme une d’ironie et d’obscurcissement bon marché et lâches. Dans le domaine du rock alternatif, les Manic Street Preachers seront considérés comme remarquables pour avoir équilibré avec succès la sincérité et l’intelligence, peu importe quelle valeur tiennent en ce moment ces choses particulières. Journal For Plague Lovers est un album remarquable dans son propre droit et n’est pas The Holy Bible. Mais alors, qu’est-il ?

John Doran

TÉLÉCHARGEZ : 1) Peeled Apples 2) Pretension/Repulsion 3) She Bathed Herself In A Bath Of Bleach

Traduction – 20 août 2009 

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