American Psycho [Littérature]

americanpsychobookAmerican Psycho est un roman de Bret Easton Ellis, publié en 1991. L’histoire est racontée à la première personne par Patrick Bateman, tueur en série et homme d’affaires à Manhattan. Une adaptation cinématographique avec Christan Bale est sortie en 2000 avec des chroniques généralement favorables. The Observer note que bien que “certains pays [l’estiment] si potentiellement perturbant qu’il ne peut être vendu que sous plastique”, “les critiques s’extasient dessus” et “les universitaires se délectent de ses qualités transgressives et postmodernes”. En 2008, il a été confirmé que les producteurs David Johnson et Jesse Singer développaient une comédie musicale adaptée du roman pour Broadway. En janvier 2013, il a été annoncé que cette comédie musicale s’ouvrirait à Londres en décembre 2013.

Ellis a fait des recherches sur des meurtres à la bibliothèque publique de New York. Son premier brouillon de America Psycho laissait toutes les scènes atroces jusqu’à la fin, pour êtr rajoutées par la suite. En 2010, à un journaliste, Ellis a commenté :

“[Bateman] était fou de la même manière dont [je l’étais]. Il n’est pas venu de moi assis à vouloir écrire une grande accusation généralisée de la culture yuppie. Ça s’est engagé à cause de mon isolement et de mon aliénation à un moment de ma vie. Je vivais comme Patrick Bateman. Je glissais dans une sorte consumériste de vide qui était censé me donner de la confiance et me mettre à l’aise dans mes baskets mais je me sentais de plus en plus mal. C’est là d’où vient la tension de American Psycho. Ce n’était pas que j’allais inventer ce tueur en série sur Wall Street. Grand concept. Fantastique. Il venait d’un endroit bien plus personnel, et c’est quelque chose que je n’admet que depuis l’année dernière. J’étais tellement sur la défensive à cause de la réaction à ce livre que je n’étais pas capable d’en parler à ce niveau.

Situé à Manhattan durant le boom de Wall Street de la fin des années 1980, American Psycho suit la vie du jeune placeur riche Patrick Bateman. Bateman, en fin de vingtaine quand l’histoire commence, narre ses activités quotidiennes, de sa vie récréative au sein de l’élite de Wall Street à New York à ses incursions dans le meurtre à la tombée de la nuit. Au travers une narration flux de conscience au présent, Bateman décrit sa vie quotidienne, s’étendant d’une série de soirées du vendredi passées dans des nightclubs avec ses collègues – où ils prennent de la cocaïne, critiquent les vêtements des autres clients, échangent des conseils de mode, et remettent en question la bonne étiquette de chacun – à ses fiançailles sans amour avec une autre yuppie, Evelyn, et sa relation querelleuse avec son frère et sa mère sénile. Le flux de conscience de Bateman est rompu par occasions par des chapitres dans lesquels il s’adresse directement au lecteur afin de critiquer l’œuvre des artistes pop des années 1980. Le roman maintient un haut niveau d’ambiguïté au travers une identité erronée et des contradictions qui introduisent la possibilité que Bateman est un narrateur sur qui on ne peut compter. Les personnages sont constamment présentés comme des personnes différentes d’eux et les gens se disputent sur les identités des autres qu’ils ne voient qu’au restaurent ou en soirées. Que les crimes représentés dans le roman soient réellement arrivés ou qu’ils étaient simplement les fantasmes d’un psychotique délirant n’est seulement perpétué plus loin par l’adaptation cinématique.

Après avoir tué Paul Owen, l’un de ses collègues, Bateman s’approprie son appartement comme un endroit pour accueillir et tuer plus de victimes. Le contrôle de Bateman sur ses pulsions violentes se détériore. Ses meurtres deviennent de plus en plus sadiques et complexes, passant de simples attaques au couteau à des séquences qui n’en finissent plus de torture, viol, mutilation, cannibalisme et nécrophilie, et il commence à perdre sa santé mentale. Il introduit des histoires sur des tueurs en série dans de banales conversations et à plusieurs occasions confesse ouvertement ses activités meurtrières à ses collègues, qui ne le prennent jamais au sérieux, n’entendent pas ce qu’il dit, ou le comprennent complètement de travers – entendant par exemple les mots “murders and executions” (“meurtres et exécutions” en “mergers and acquisitions” (“fusions et acquisitions”). Bateman commence à avoir des hallucinations bizarres comme voir un Cheerio interviewé sur un talk show, être suivi par un banc anthropomorphe et trouver un os dans son savon Dove. Ces incidents culminent dans une folie meurtrière durant laquelle il tue par balles plusieurs personnes au hasard dans la rue, ce qui résulte en une équipe du SWAT à être dépêchée par hélicoptère. Cet épisode narratif voit la perspective à la première personne passer à la troisième personne et les événements subséquents sont, même si ce n’est pas la première fois dans le roman, décrits dans des termes qui se rapportent au portrait cinématique. Bateman s’enfuit à pieds et se cache dans son bureau, d’où il appelle son avocat, Harold Carnes, et confesse tous ses crimes sur le répondeur.

Plus tard, Bateman revisite l’appartement de Paul Owen, où il a tué et mutilé plus tôt deux prostituées, portant un masque chirurgical dans l’attente de tomber sur les corps décomposés. Il entre dans l’appartement parfaitement nettoyé et refait, cependant, rempli de fleurs au parfum fort censées, peut-être, dissimuler une mauvaise odeur. L’agent immobilier, qui voit son masque chirurgical, le pousse à déclarer qu’il venait voir l’appartement parce qu’il avait vu une “publicité dans le Times” (alors qu’il n’y avait rien eu de cela). Elle lui demande de partir pour ne jamais revenir.

À la fin de l’histoire, Bateman confronte Carnes à propos du message qu’il a laissé sur son répondeur, uniquement pour trouver l’avocat amusé par ce qu’il considère comme une blague hilarante. Prenant Bateman pour un autre collègue, Carnes déclare que le Patrick Bateman qu’il connaît est trop lâche pour avoir commis de tels actes. Dans le point culminant chargé de dialogue, Carnes tient tête à un Bateman provocateur et lui dit que sa déclaration d’avoir tué Owen est impossible, parce qu’il a dîné à Londres avec lui quelques jours auparavant, pas une fois mais deux.

Le livre finit comme il a commencé, avec Bateman et ses collègues dans un nouveau club un vendredi soir, à avoir des conversations banales. Le panneau vu à la fin du livre dit simplement “Sans issue”.

Selon Hunter, American Psycho est en grande partie une critique des “aspects superficiels et vicieux du capitalisme”. Les personnages se soucient largement du gain matériel et des apparences superficielles, des traits indicatifs d’un monde postmoderne dans lequel la “surface” règne. Cela mène Patrick Bateman à agir comme si “tout est un produit, y compris les gens”, attitude qui est évidente plus loin dans la chosification épidémique des femmes qui a lieu dans le roman. Cette distance permet à Bateman de rationaliser ses actions, dans une scène anthropophage, Bateman remarque “bien que cela ne pénètre que sporadiquement combien ce que je fais est inacceptable, je me rappelle simplement que cette chose, cette fille, cette viande, n’est rien…”

La consommation de Patrick Bateman de ce qu’il voit comme rien d’autre qu’un morceau de viande est pratiquement une interprétation littéralement parodique d’un monstre créé par la culture de la consommation. Ceci, combiné au sexe, à l violence, aux drogues et aux autres désirs du Ça, est la manière dont Bateman réalise ses pulsions de base dans un monde superficiel.

Personnages principaux :

  • Patrick Bateman : narrateur du roman.
  • Evelyn Richards : petite-amie de Bateman.
  • Timothy Price : meilleur ami et collègue de Bateman. Apparaît plus tard adolescent dans le roman de EllisZombie.
  • Paul Owen : collègue de Bateman qui est plus tard tué par Bateman.
  • Jean : secrétaire de Bateman, à laquelle Bateman se réfère comme “Jean, ma secrétaire qui est amoureuse de moi”.
  • Luis Carruthers : collègue homosexuel qui n’a pas fait son coming-out et qui est amoureux de Bateman, ce qui le dégoûte.
  • Courtney Lawrence : petite-amie de Luis qui a une liaison avec Bateman.
  • Craig McDermott : collègue de Bateman, qui fait partie d’une groupe social aux côtés de Bateman, Timothy Price et David Van Patten.
  • David Van Patten : collègue de Bateman, fait également partie du principal groupe social de Bateman.

Personnages secondaires :

  • “Christie” : prostituée, employée et abusée sexuellement à de multiples occasions par Bateman avant qu’il ne finisse par la tuer. Bateman lui donne ce nom ; le véritable n’est jamais révélé.
  • Elizabeth : rendez-vous galant de Bateman pour un soir, droguée et poussée à avoir des relations sexuelles avec “Christie” avant d’être tuée.
  • Marcus Halberstram : collègue de Bateman ; Paul Owen confond Bateman à maintes reprises avec Marcus.
  • Donald Kimball : détective privé engagé pour enquêter sur la disparition de Paul Owen.
  • Alison Poole : attaquée sexuellement par Bateman ; créée par l’ami de Ellis Jay McInerney dans son roman Toute ma vie et inspirée par l’ancienne petite-amie de MacInerney, Rielle Hunter ; réapparaît plus tard en personnage principal dans le roman de EllisGlamorama, dans lequel elle sort avec le personnage principal, Victor Ward.
  • Sean Bateman : petit frère de Patrick Bateman et personnage principal des Lois de l’attraction.
  • Paul Denton : ami de Paul Owen, qui apparaît également dans les Lois de l’attraction où il sort peut-être avec le frère de Patrick, Sean.
  • Christopher Armstrong : collègue de Bateman chez Pierce & Pierce.
  • Bethany : ancienne petite-amie de Patrick qu’il tue de manière particulièrement abominable après un rendez-vous.
  • Stash : ami de Evelyn, séropositif.
  • Vanden : ami de Evelyn de l’East Village qui va au Camden College, principal lieu des Lois de l’attraction.
  • Al : Sans abris que Bateman aveugle et défigure avec un couteau.

Le livre devait à l’origine être publié par Simon & Schuter en mars 1991, mais la sociét s’est retirée du projet pour cause de “différences artistiques”. Vintage Books a acheté les droits du roman et a publié le livre après l’habituel processus d’édition. Le livre n’a pas été publié en édition reliée aux États-Unis avant 2012, quand une édition limitée a été publiée par Centipede Presse, bien qu’une édition deluxe de poche était offerte. Ellis a reçu de nombreuses menaces de mort et de lettres de haine après la publication de American Psycho.

En Allemagne, le livre a été considéré “nuisible pour les mineurs” et sa vente a été sévèrement restreinte de 1995 à 2000. En Australie, le livre est vendu emballé sous plastique et est classé interdit aux moins de 18 ans selon la loi nationale en vigueur. Le livre ne peut être vendu aux mineurs. Sa vente est en théorie interdite dans l’État du Queensland et ne peut être acheté que sous plastique. À Brisbane, le roman est disponible dans les bibliothèques publiques uniquement aux majeurs et peut toujours être commandé et acheté (sous plastique) dans de nombreuses librairies malgré cette prohibition. Bret Easton Ellis a commenté là dessus en disant “Je trouve ça adorable. Je trouve ça mignon. J’adore”. En Nouvelle Zélande, le livre est interdit aux mineurs. Le livre ne peut être vendu à ou emprunté par des mineurs. Il est généralement vendu sous plastique dans les librairies. Au Canada, le livre a été à l’origine d’une nouvelle controverse durant le jugement du tueur en série Paul Bernardo après qu’il ait été découvert que Bernardo possédait un exemplaire du livre et l’avait “lu comme sa Bible”.

L’activiste féministe Gloria Steinem faisait partie de ceux opposés à la sortie du livre d’Ellis à cause de sa représentation de la violence envers les femmes. Steinem est également la belle-mère de Christian Bale, qui a joué Bateman dans le film. Cette coïncidence est mentionnée dans la fausse autobiographie de EllisLunar Park.

En 2000, l’auteur Guinevere Turner et l’auteur/réalisatrice Mary Harron ont adapté American Psycho en un film d’humoir noir sorti chez Lions Gate Films. Ce scénario a été sélectionné devant trois autres, dont un écrit par Ellis lui-même. Bateman est joué par Christian Bale avec Willem Dafoe et Reese Witherspoon dans des rôles secondaires.

En 2009, Audible.com a produit une version audio de American Psycho, narré par Pablo Schreiber, dans le cadre de ses audiobooks Modern Vanguard. Une version hongroises du roman a été écrite par Attila Hazai (1967-2012) intitulée Budapesti skizo (“Budapest Psycho”, 1997) ; c’était l’œuvre la plus connue de Hazai mais n’a jamais été traduite en anglais.

En 2013, une campagne Kickstarter a été lancée par Ellis et d’autres pour qu’une adaptation en comédie musicale soit réalisée. Il a été annoncé que la comédie musicale, avec de la musique et des paroles de Duncan Sheik, s’ouvrirait au Almeida Theatre de Londres en décembre 2013. Le rôle de Patrick Bateman est allé à Matt Smith.

Également en 2013, FX projetait une série télé, située dans le présent, avec Patrick Bateman dans la cinquantaine.

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