Unknown Pleasures

unknownpleasuresCité dans Broken Up Again :
“The pictures on my wall are fading
Those unknown pleasures I was made in
Always brooding on all the damage done

Fait très probablement référence au premier album de Joy Division.Unknown Pleasures est le premier album studio du groupe de rock anglais Joy Division. Il a été enregistré aux Strawberry Studios à Stockport en avril 1979, avec Martin Hannett en tant que producteur, et est sorti le 15 juin 1979 sur Factory Records. Il fait suite à un album abandonné pour RCA Records.

Aucun single n’a été extrait de Unknown Pleasures, bien que la sortie de Transmission ait boosté ses ventes, malgré le fait que l’album n’ait pas réussi à rentrer dans les charts à l’époque. Il a depuis été acclamé par la critique et est considéré comme un disque post-punk innovant.

Joy Division se sont formés à Salford, en banlieue de Manchester en 1976 durant la première vague du punk. Bernard Sumner et Peter Hook avaient assisté séparément à un concert des Sex Pistols au Lesser Free Trade Hall de Manchester le 4 juin 1976, et les deux ont adhéré à la simplicité, la vitesse et l’agression de ce groupe. Ayant formé un groupe avec leur ami Terry Mason à la batterie, Sumner à la guitare et Hook à la basse, ils ont passé une annonce à la recherche d’un chanteur. Ian Curtis, que Sumner et Hook connaissaient déjà, a répondu, et sans à avoir à auditionner, a été accepté. Après de nombreux changements de batteur, Stephen Morris a rejoint le groupe – nommé à l’époque Warsaw – en août 1977. Afin d’éviter la confusion avec le groupe de punk londonien Warsaw Pakt, ils se sont renommés Joy Division à la fin de l’année 1977.

Après avoir signé sur RCA Records au début de l’année 1978, Joy Division a enregistré quelques démos ; cependant, ils étaient mécontents de la manière dont leur musique était mixée et a demandé à être relâchés de leur contrat. Le premier enregistrement du groupe était le EP auto-produit An Ideal For Living qui est sorti en juin 1978. Ils ont fait leurs débuts à la télévision dans le journal local de Tony Wilson Granada Reports en septembre 1978. Selon Hook, le groupe a reçu une offre de 70 000£ de la part de Genetic Records à Londres. Cependant, le manager du groupe, Rob Gretton, a approché Wilson à propos de sortir un album sur son label Factory Records. Wilson a expliqué que Gretton avait calculé qu’avec la division des bénéfices à 50/50, le groupe pouvait faire autant d’argent avec le label indé que s’il était signé sur une major. Wilson a ajouté que l’une des raisons principales de Gretton pour avoir approché Factory à propos d’une sortie d’album était qu’il “n’aurait pas à prendre un train pour Londres chaque semaine pour parler à des connards. Personne n’utilisait le mot cockney avec autant de mépris que Rob”. Gretton a calculé que l’album coûterait 8000£ à produire ; cependant, Wilson a dit en 2006 que l’avance finale était de 18 000£.

Unknown Pleasures a été enregistré aux Strawberry Studios à Stockport en Angleterre entre le 1er et le 17 avril 1979, avec Martin Hannett aux manettes de producteur. Décrivant les techniques de production de Hannett, Hook a dit, “[Il] ne pensait pas droit, mais de travers. Il te perturbait et te faisait faire quelque chose à quoi tu ne t’y attendais pas”. Hook a plus tard expliqué que “Derek Bramwood des Strawberry Studios a dit qu’on pouvait prendre un groupe qui s’entendait à merveille depuis 20 ans, le mettre dans un studio avec Martin et en cinq minutes, ils essayeront de s’entretuer”. Cependant, Hook a également dit que Hannett n’était bon que si le matériel avec lequel il travaillait était bon, “On lui a donné des chansons géniales, et comme un chef, il a ajouté  du sel et du poivre, quelques herbes et a servi le plat. Mais il avait besoin de nos ingrédients”.

Hannett a utilisé de nombreux effets sonores et technique de production inhabituels sur l’album ; dont le son d’une bouteille que l’on éclatait, quelqu’un qui mange des chips, une guitare à l’envers et le son de l’ascenseur des Strawberry Studios avec un haut parleur Leslie “qui ronronnait à l’intérieur”. Il a également utilisé le son de toilettes en sous-sol, ainsi qu’un ASM Neve (delay digital prototype), de l’écho et du rebond. Hannett a enregistré la voix de Curtis pour Insight au téléphone afin d’obtenir la “distance nécessaire”. Se référant aux sessions d’enregistrement, Hook s’est souvenu que “Sumner a commencé un synthétiseur Powertran Transcendent 2000 monté en kit, plus notamment sur I Remember Nothing, où il rivalisait avec le son de Rob Gretton qui cassait des bouteilles avec Steve et son pistolet factice”. Il a continué, “Morris… avait investi dans une batterie électronique car il croyait en avoir vue une sur la pochette de Tago Mago de Can : on la déclenchait en la frappant. [Hannett] n’était pas content parce que ce n’était pas lui le déclencheur”.

Les opinions des membres du groupe différaient sur le “son spacieux et atmosphérique” de l’album, qui ne reflétait pas leur son live plus agressif. Sumner a dit, “La musique était forte et lourde, et on pensait que Martin l’avait atténuée, surtout avec les guitares. La production infligeait cette humeur sombre et lugubre sur l’album : on avait dessiné cette image en noir et blanc, et Martin l’avait colorée pour nous. On lui en voulait…” Hook a dit, “Je ne pouvais cacher ma déception alors, ça ressemblait à du Pink Floyd”. Morris n’était pas d’accord, disant, “J’étais content de Unknown Pleasures. Ma théorie sur les choses à l’époque, c’était que les deux choses – écouter un album et aller à un concert – était assez différentes. On ne veut pas entendre un disque quand on va à un concert : on veut quelque chose avec un peu d’énergie”. Curtis était également content de la production de l’album et a été impressionné par le travail de Hannett. Hook a concédé en 2006, “Il ne s’est pas avéré définitivement de la manière dont on voulait qu’il sonne… Mais maintenant je peux voir que Martin a fait un bon boulot là dessus… Y’a pas à chier, Martin Hannett a créé le son Joy Division”. Hook a également noté qu’il a pu entendre les paroles de Curtis et les parties de guitare de Sumner pour la première fois sur disque, parce que durant les concerts le groupe jouait trop fort.

En 1994, Jon Savage a décrit la musique comme “une déclaration définitive gothique du Nord : coupable, romantique, claustrophobe”. Analysant l’œuvre de Curtis, le journaliste musical Richard Cook a remarqué en 1983 : “Le sexe a disparu de ces plaisirs inconnus ; c’est une conséquence de passion où tout est (peut-être) perdu”.

L’écrivain Chris Ott a déclaré que le titre de l’album était probablement une référence à À la recherche du temps perdu de Proust.

Peter Saville, qui avait auparavant conçu des posters pour le club Factory de Manchester en 1978, a conçu la pochette de l’album. Sumner a choisit l’image de la pochette, qui se base sur une image d’ondes radio du pulsar CP 1919, extraite de The Cambridge Encyclopaedia of Astronomy. Saville a inversé l’image de noir sur blanc à blanc sur noir et l’a imprimée sur du carton texturé pour la version originale de l’album. Ce n’est pas une transformation de Fourier, mais plutôt une image de l’intensité de pulsations radios successives, comme le déclare la Cambridge Encyclopaedia. L’image a été à l’origine créée par l’astronome Harld Craft à l’observatoire de Arecibo pour sa thèse de Doctorat de 1970.

Cette image est devenue célèbre, apparaissant sur des t-shirts (voire parodiée sur un t-shirt Disney rapidement retiré du marché). Lors de sa chronique de la version remasterisée de 2007 de Unknown Pleasures, le critique de Pitchfork Media Joshua Klein a décrit la pochette comme “iconique”. Susie Goldring, chroniquant l’album pour BBC Online, a dit, “Le duochrome de la pochette de Peter Saville pour ce premier album de Joy Division en dit des tonnes. Ses lignes noires et blanches reflètent une pulsation de puissance, un élance de basse et de la colère à l’état pur. Si la pochette ne vous attire pas, la musique le fera. La pochette interne comprend une photographie en noir et blanc d’une porte avec une main près de la poignée. Ce n’est que quelques années plus tard que Saville a découvert que la photographie était Hand Through a Doorway, photographie très connue de Ralph Gibson.

Unknown Pleasures a été pressé à l’origine à 10 000 exemplaires. Les ventes de l’album étaient lentes jusqu’à la sortie du single non extrait de l’album Transmission, et les exemplaires non vendus occupaient le bureau de Factory Records dans l’apartement du co-fondateur du label, Alan Erasmus. Après la sortie du single, l’album a écoulé la totalité de son pressage initial en l’espace de semaines, et a poussé d’autres pressages. Unknown Pleasures a créé approximativemnt 50 000£ de bénéfices partagés entre Factory et le groupe ; cependant, Tony Wilson en a dépensé la majorité dans des projets Factory. À la fin d’une tournée de promotion acclamée par la critique en première partie des Buzzcocks en novembre 1979, Unknown Pleasures s’approchait des 15 000 exemplaires vendus.

Unknown Pleasures n’a pas réussi à entrer dans les charts albums britanniques. Cependant, après le suicide de Curtis en mai 1980 et la sortie de leur deuxième album, Closer, en juillet, il est ressorti et a atteint la 27ème place en août de cette année. Il a eu plus de succès dans les charts indés britanniques, se plaçant à la deuxième place des premiers charts à être publié en janvier 1980 et atteignant le sommet après sa ressortie, y passant 136 semaines au total.

En 2007, une version remasterisée de Unknown Pleasures avec Closer et l’album sorti à titre posthume Still (1981) a été ressortie. L’album remasterié incluait un disque bonus d’un enregistrement live du groupe jouant à The Factory à Manchester le 13 juillet 1979. L’album est également ressorti en vinyle 180 grammes avec le track listing original en 2007, avec cette version disponible en coffret édition limitée avec Closer et Still.

Chroniquant l’album pour le Melody Maker, Jon Savage a nommé Unknown Pleasures un “manifeste opaque” et déclaré “[Quitter] le XXème siècle, c’est difficile, la plupart des gens préfèrent revenir en arrière avec la nostalgie. Bon Dieu. Joy Division au moins ouvrent la voie dans le présent avec des traînées dans le futur – on ne peut peut-être en demander plus. En effet, Unknown Pleasurespeut être l’un des meilleurs premiers LP blancs et anglais de l’année”. Max Bell du NME a loué l’album, citant de manière positive les Doors époque Strange Days et les “expérimentalistes allemands” de Can et Neu!. Red Starr, écrivant pour Smash Hits, a donné à l’album une critique généralement positive, le décrivant comme une “bande originale d’un cauchemar lugubre”. Starr a décrit les paroles comme “mystérieuses” et “menaçantes” qui se trouvaient “au sein d’une musique intense de guitare urgente, d’effets inquiétants et de rythmes conducteurs”. Cependant, Starr a tempéré sa chronique en disant ne pas “en attendre trop” étant donné que l’album était “toujours assez brut”. En août de cette année, la stature de l’album en tant que favori des critiques a été établi. Écrivant à propos de Factory pour le Melody Maker en septembre 1979, Mary Harron était moins impressionnée : “Je trouve qu’au moins la moitié de [Unknown Pleasures] est ampoulé et monotone, et le chant est lourd et mélodramatique – Jim Morrison sans flair”. Elle a continué en disant que les paroles et l’atmosphère de l’album “semblaient revenir à la fin des années 1960” et les chansons étaient “une série d’images déconnectées”.

Accordant à l’album quatre étoiles sur cinq dans sa chronique de 1981 pour Rolling Stone, le journaliste musical Mikal Gilmore a décrit l’album comme ayant “un son triste et grave qui suggérait souvent une version élaborée du Velvet Underground ou un Public Image Ltd discipliné”. Accordant un A dans sa “Consumer Guide Review” dans The Village Voice, Robert Christgau a dit que c’était la “gravité passionnée de Curtis qui rend la musique maladroite et troublante aussi convaincante”. Ned Raggett chroniquant l’album pour AllMusic des années plus tard a décrit l’album comme “Complètement viscéral, complètement émotionnel, complètement théâtrical, complètement parfait – l’un des meilleurs albums jamais enregistrés”. En relation avec la ressortie remasterisée en 2007, le journaliste du NME a décrit l’album comme “simplement l’un des meilleurs albums jamais enregistrés, et est toujours assez puissant pour vous rendre perplexe 28 ans après”. Le chroniqueur a continué en disant, “La puissance brute de l’album est toujours saisissante, notamment sur les terrifiants Day Of The Lords et She’s Lost Control.”.

Depuis sa sortie, Unknown Pleasures a reçu de nombreuses éloges de la part de la presse musicale. Décrivant l’album comme “du punk au bord du gothique, avec des échos de disco et des Doors”, Rolling Stone a placé l’album à la 24ème place de sa liste des “50 disques les plus cools”. Spin l’a placé à la 11ème place de sa liste des “50 disques punks les plus essentiels”, tout en l’incluant dans ses listes des “Quinze albums les plus influents” et le “Top 10 des classiques cultes College”. Dans le numéro de mars 2003 de Mojo, l’album a été placé à la 26ème place de son “Top 50 des albums punks”. Le magazine Q a placé l’album à la 4ème place de sa liste “Meilleurs albums des années 1970” et 43ème de sa liste des “Plus grands albums de tous les temps”.

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