“Anyone not coming to be a dead one before coming to be an old one comes to be an old one and comes then to be a dead one as any old one comes to be a dead one.”

steingertrude(“Tous ceux qui ne viendront pas à être morts avant d’être vieux deviennent vieux et puis deviennent morts comme n’importe quels vieux deviennent morts”)
Gertrude Stein (1874-1946) – Programme de la tournée Forever Delayed

Gertrude Stein, née le 3 février 1874 à Allegheny en Pennsylvanie et morte le 27 juillet 1946 à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine près de Paris, est une poétesse, écrivain, dramaturge et féministe américaine. Elle a passé la majeure partie de sa vie en France et a été un catalyseur dans le développement de la littérature et de l’art moderne. Par sa collection personnelle et par ses livres, elle a contribué à la diffusion du cubisme et plus particulièrement de l’œuvre de Picasso, de Matisse et de Cézanne.

Elle naît en Pennsylvanie, dans une famille juive aisée qui a fait fortune dans l’immobilier et les tramways, et est la benjamine d’une fratrie de cinq enfants. Elle passe sa petite enfance à Vienne et à Paris. À l’âge de quatre ans, elle retourne avec ses parents aux États-Unis et vit en Californie. Elle entre au Radcliffe College, puis étudie la médecine à l’université Johns-Hopkins. Pendant ses études, qui resteront inachevées, elle s’intéresse à l’hystérie féminine et se penche sur les cas d’écriture pathologique. C’est à cette époque qu’elle fait la rencontre du psychologue William James, le frère du romancier Henry James.

Gertrude Stein arrive à Paris en 1904, rejoignant son frère Leo, arrivé lui en 1903. Ils sont attirés par l’effervescence artistique du quartier du Montparnasse du début du XXème siècle. Michael, l’aîné de la fratrie, et sa femme emménagent à leur tour.

Gertrude Stein par PicassoLes deux sont collectionneurs : Gertrude défend l’art moderne, notamment les cubistes et Picasso (qui fera d’elle un célèbre portrait en 1906), alors que son frère reste plus traditionaliste. Elle devient l’un des grands collectionneurs de la jeune génération de l’École de Paris. L’achat de La Femme au chapeau de Matisse par Leo en 1905 est considéré comme l’acte fondateur de la collection Stein. Il récidive en achetant Le Bonheur de vivre du même Matisse en 1906. Entre 1905 et 1920, près de 600 tableaux vont passer entre leurs mains. Gertrude côtoie notamment Henri-Pierre Roché, marchand d’art, et Francis Picabia. Elle ne fréquente pas particulièrement les dadaïstes, mais considère Tristan Tzara comme un cousin.

Son appartement du 27 rue de Fleurus devient un lieu de rencontre pour l’avant-garde du monde entier. Michael et Sarah reçoivent tous les samedis dans la tradition des salons du XVIIIème siècle à 18 heures, tandis que Gertrude et Leo reçoivent à 21 heures. Le Tout-Paris artistique s’y presse tout comme les étrangers de passage et surtout les Américains.

En 1907, elle rencontre Alice B. Toklas, la secrétaire de Leo, avec qui elle partagera sa vie de 1909 jusqu’à sa mort. Cette relation saphique, plus le soutien au mouvement Cubiste de Gertrude, brouille définitivement Leo et sa sœur.

Entre 1906 et 1908, elle écrit les mille pages de The Making of the Americans, qu’elle considère comme sa grande œuvre, mais qui est l’objet d’un différend avec son frère Leo, qui n’approuve pas cette écriture.

Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, Stein et Toklas, par fidélité à la France, leur patrie d’adoption, participent à l’approvisionnement des hôpitaux de campagne et au transport des blessés avec leur propre voiture. Elles seront récompensées par le gouvernement pour cet engagement.

Après la guerre, le salon de la rue de Fleurus a moins de succès, mais elle a le plaisir de voir paraître The Making of Americans en 1925 aux éditions Contact. Elle poursuit sa collection mais ses moyens ne lui permettant plus de s’offrir des Picasso, elle jette son dévolu sur Juan Gris et Masson puis sur Balthus et Picabia.

Le succès ne vient qu’avec The Autobiography of Alice B. Toklas en 1933, son œuvre la plus connue et la plus facile d’accès, qui lui vaudra une tournée de conférences aux États-Unis. L’œuvre raconte l’aventure de la collection, en éliminant Léo et en s’attribuant le premier rôle. Le public découvrait une Gertrude Stein que ses œuvres antérieures avaient cantonnée dans le champ plus étroit de l’avant-garde.

En 1938, Alice et Gertrude s’installent au 5, rue Christine.

Gertude Stein s’est proposée pour traduire les discours de Pétain ; un épisode soigneusement dissimulé mais qui a resurgi lors d’une exposition aux États-Unis. L’épisode était d’ailleurs connu et publié, mais escamoté, ainsi que le souligne Alex Dantchev dans la biographie de Georges Braque.

Stein et Toklas quittent Paris pour échapper aux persécutions. Elles bénéficient de la protection de leur ami Bernard Faÿ, directeur de la Bibliothèque nationale, sise rue de Richelieu à Paris, qui demande au maire de Belley dans l’Ain, le baron André Dallemagne, de veiller sur elles. Elles s’installent ainsi à Bilignin dans une gentilhommière, louée à la famille Putz. Pendant la guerre, elles se lient à Béon avec la famille d’Aiguy-Pierlot. L’ouvrage La Terre est ronde est dédié à la petite Rose d’Aiguy, petite-fille de la baronne Pierlot, amie de Gertrude Stein. Gertrude Stein s’oppose vivement à une paix de compromis entre Américains et Allemands, comme la chose a été envisagée un moment, et demande à la petite Rose d’écrire à Eleanor Roosevelt en ce sens. Elle rencontre Paul Claudel chez son amie la baronne Pierlot, qui évoque Gertrude Stein dans son journal.

La préface au catalogue de la première exposition de Francisco Riba Rovira à Paris, écrite en 1945, compte parmi les derniers textes de Gertrude Stein sur sa vision de la peinture. Elle y exprime des jugements sur Picasso, Cézanne, Matisse, Juan Gris et principalement sur Francisco Riba Rovira, artiste familier de son salon dont elle a aussi possédé certaines œuvres : “(…) Je rentrais à Paris, après ces longues années passées dans une petite campagne, et j’ai eu besoin d’un jeune peintre, un jeune peintre qui m’éveillerait. Paris était merveilleux, mais où était le jeune peintre ? Je regardais partout : mes contemporains et leurs suivants jusqu’au dernier. Je me suis promenée beaucoup, j’ai regardé partout, dans toutes les boutiques de peinture, mais le jeune peintre n’y était pas. (…) Pas un jeune peintre ! Un jour, au tournant d’une rue, dans une de ces petites rues de mon quartier, j’ai vu un homme faisant de la peinture. Je le regarde, lui et son tableau, comme je regarde toujours ceux qui font quelque chose, et j’étais émue. Oui, un jeune peintre ! Nous commençons à parler (…). Son histoire était la triste histoire des jeunes de notre temps. Un jeune Espagnol qui étudiait aux Beaux-Arts à Barcelone : la guerre civile, exil, camp de concentration, évasion, Gestapo, encore prison, encore évasion… Huit ans perdus ! S’ils étaient perdus, qui sait ? Et maintenant un peu de misère, mais quand même la peinture. Pourquoi ai-je trouvé que c’était lui le jeune peintre, pourquoi ? Je suis allée voir ses dessins, sa peinture : nous parlons. (…)Et maintenant voilà, je trouve un jeune peintre qui ne suit pas la tendance (…) C’est Francisco Riba Rovira. Gertrude Stein”.

Son dernier portrait par un peintre a été réalisé par Riba Rovira. Selon la correspondance Carl Van Vechten-Gertrude Stein rapportée par Edward Burns en mars 2013, Riba-Rovira en a peint plusieurs. Ce dernier visage que lui a donné le peintre Riba-Rovira a été montré pour la première fois depuis 65 ans en 2011/2012 dans les expositions, San Francisco, Washington, New-York, intitulées The Stein’s Collect: Matisse, Cézanne, Picasso and the others et G.Stein: Five stories où pendant environ un an bien des œuvres auxquelles elle avait été associée ainsi qu’avec ses frères ont été présentées et parfois pour la première fois.

Gertrude Stein meurt en 1946, à Neuilly-sur-Seine, d’un cancer de l’estomac. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (94ème division).

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